Toujours la Turquie laïque !

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Simplement moi

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Toujours la Turquie laïque !

Ecrit le 13 mai 2007, 16:57

Message par Simplement moi »

Plus d'un million de Turcs ont manifesté dimanche à Izmir, dans l'est de la Turquie, pour proclamer leur attachement à la laïcité et maintenir la pression sur le gouvernement turc en lui demandant de ne pas mêler la religion à la politique, a constaté un correspondant de l'AFP.

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Lip69

[Religion] Aucune [Organisation] Aucune

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Ecrit le 13 mai 2007, 20:11

Message par Lip69 »

Il existe des laïques en Turquie mais cette manifestation ne masque-t-elle pas que la majorité se prépare à un retour des religieux au pouvoir ?
La violence est le dernier recours de l'incompétence - Nous sommes éduqués à croire, et non à savoir. La croyance peut être manipulée. Seul le savoir est dangereux.

Le Serpent

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Ecrit le 14 mai 2007, 03:05

Message par Le Serpent »

Les "laiques turques" empechent leurs femmes de se montrer en public avec un voile islamique, mais comme ils sont également de bons musulmans, ils les empechent de sortir sans...
Résultat des courses ? Elles restent à la maison.

Avant de devenir le royaume des Mollah, l'Iran était plus ou moins laique... jusqu'au jour ou le Shah a décidé d'en faire un état antireligieux. Pour son malheur, la France en avait marre de payer le pétrole à son juste prix et avait précisément un Ayatollah dans sa poche... la suite est connue.

Simplement moi

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Ecrit le 14 mai 2007, 05:01

Message par Simplement moi »


yacoub

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Re: Toujours la Turquie laïque !

Ecrit le 26 sept. 2016, 10:27

Message par yacoub »

Islam : la leçon turque

Eric Conan
La volonté de construire une nation laïque sans le peuple n'a pas survécu à la disparition d'Atatürk. C'est parce qu'Erdogan est plus démocrate qu'Atatürk qu'il peut fermer la parenthèse kémaliste en se servant de l’État fort qu'il lui a laissé.
Recep Erdogan. - Yasin Bulbul/AP/SIPA

Recep Erdogan a inauguré le plus grand pont d'Europe sur le Bosphore. La prouesse a été souvent rapportée sans préciser qu'il l'avait baptisé «Selim Ier le Conquérant», du nom du premier calife ottoman, et qu'il avait exigé d'en poser la première pierre un 29 mai, jour anniversaire de la prise de Constantinople mettant fin à l'Empire chrétien d'Orient. Erdogan s'amuse. Et parle clairement.

Mais, depuis que Bernard Guetta et Alexandre Adler ont cessé de nous faire croire que cet «islamiste modéré» était une sorte de Robert Schuman instaurant le «pendant musulman de la démocratie chrétienne», les méprises s'accumulent à propos du talentueux président turc. On nous parle d'un dictateur détruisant la Turquie laïque d'Atatürk. Alors qu'il s'agit de l'inverse : c'est parce que le projet de désislamisation du grand leader républicain a échoué qu'Erdogan est plébiscité par une Turquie profonde ayant résisté au kémalisme. La preuve par Atatürk de la force de l'emprise musulmane.

Une révolution islamophobe sans équivalent dans l'Histoire

C'est un paradoxe français que cette méconnaissance du projet démiurgique d'Atatürk et de son échec, tant la France était son modèle. Ayant reçu dans des collèges progressistes de Salonique une éducation française et prussienne, ce militaire débuta en rebelle comme de Gaulle, sauvant une Turquie condamnée par le dépeçage de l'Empire ottoman des vainqueurs de 14-18. Il se mua ensuite en Robespierre, abolissant le califat et lançant une révolution islamophobe sans équivalent dans l'Histoire.

Ce grand lecteur des Lumières, de Rousseau, de Durkheim et de Renan tenait l'islam pour «une calamité qui s'[était] abattue sur la nation turque» du fait de la colonisation ottomane, et expliquait l'échec oriental par ses «traditions archaïques» hostiles au progrès. Ce despote éclairé adulé par Edouard Herriot imposa une rupture culturelle d'une brutalité inouïe : fermeture des écoles coraniques, imposition du calendrier grégorien, vendredi férié remplacé par le dimanche, alphabet latin substitué à l'alphabet arabe, fin des tribunaux islamiques et de la charia au profit du code commercial allemand, du code pénal italien et du code civil suisse. Et, sous l'invocation de «laïcité» inscrite dans la Constitution, c'est un concordat dominateur qu'imposa Atatürk : non pas la séparation de la Mosquée et de l'Etat, mais la soumission autoritaire de la religion, réduite à une activité privée contrôlée. Le gouvernement imposa le thème des prêches dans les mosquées dont les imams devenaient des fonctionnaires formés par l’État...

(...)

Cette volonté de construire une nation laïque sans le peuple ne survivra pas à la disparition d'Atatürk. (...) C'est parce qu'Erdogan est plus démocrate qu'Atatürk qu'il peut fermer la parenthèse kémaliste en se servant de l’État fort qu'il lui a laissé. C'est parce qu'il a gagné toutes les élections depuis 2002 qu'il redonne sa place à un islam majoritaire. Mais, une fois de plus, il avait été clair : «La démocratie est un moyen, non une fin : c'est comme un tramway, on en descend quand on est arrivé à destination.»
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yacoub

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Re: Toujours la Turquie laïque !

Ecrit le 06 févr. 2017, 11:49

Message par yacoub »

- Cet article est accompagné d’extraits du chapitre LXXXVII, « L’anti-Mahomet », dans Jacques Benoist-Méchin, « Mustapha Kémal ou la mort d’un empire », pp321-7

En ces temps de « politiquement correct », de « dialogue des civilisations », de « relativisme des valeurs » et de pacifisme naïf, qu’il est bon de lire Jacques Benoist-Méchin dans la biographique qu’il a commise sur Kemal Atatürk.

Dans « Mustapha Kemal ou la mort d’un empire », Benoist-Méchin nous livre les pensées du Ghazi sur l’islam (petit rappel : islam renvoie à la religion islamique, Islam renvoie à l’entité géopolitique recouverte par cette croyance prise au sens de civilisation).

Ceux qui auront de près ou de loin côtoyé certains écrits sur le père de la Turquie moderne savent qu’il n’était pas croyant et qu’il était même foncièrement irréligieux. Cet homme que beaucoup décrient aujourd’hui pour son manque d’esprit démocratique a pourtant été un visionnaire et celui par qui la Turquie est enfin venue au monde en tant que nation moderne.



Et pour y parvenir, ne devait-il pas trancher le lien qui asservissait les Turcs aux dogmes de la religion de Mahomet'

« Depuis plus de cinq cents ans, s’écriait-il dans ses moments de colère, les règles et les théories d’un vieux cheik arabe, et les interprétations abusives de générations de prêtres crasseux et ignares ont fixé, en Turquie, tous les détails de la loi civile et criminelle. Elles ont réglé la forme de la Constitution, les moindres faits et gestes de la vie de chaque citoyen, sa nourriture, ses heures de veille et de sommeil, la coupe de ses vêtements, ce qu’il apprend à l’école, ses coutumes, ses habitudes et jusqu’à ses pensées les plus intimes. L’Islam, cette théologie absurde d’un Bédouin immoral, est un cadavre putréfié qui empoisonne nos vies. »


Ainsi, Mustapha Kémal tranchait, l’un après l’autre, les liens qui rattachaient la Turquie au passé. Cependant, parmi ces liens, il y en avait un, dont la rupture pouvait avoir des répercussions si vastes que le Ghazi n’avait pas osé y toucher jusqu’ici : c’était le califat.

Pour cela, Atatürk a du combattre l’islam, ses prêtres et ses institutions pour libérer l’âme anatolienne de six siècles d’asservissement et d’endoctrinement. Ce sont là, en effet, ses propres termes, ce sont les mots d’un laïc radical, d’un disciple de Voltaire et de celui par lequel la Turquie a recouvré sa liberté. C’est même celui par qui la démocratie turque est, aujourd’hui, plus qu’une vue de l’esprit, une construction qui va en se renforçant.

L’islam n’était pas seulement pour lui une chose avilissante et morte. C’était une greffe étrangère, grâce à laquelle le clergé arabe, vaincu par les guerriers turcs, avait remis sournoisement la main sur l’âme de ses vainqueurs.


Mais de même, il y avait eu, quelque temps auparavant, une incompatibilité foncière entre la proclamation de la souveraineté du peuple et le maintien de la souveraineté impériale, de même, il était clair que la souveraineté de la nation ne pourrait s’accommoder longtemps de l’existence du califat […].

Arracher la Turquie à l’Empire ottoman ne servirait à rien si on ne l’arrachait pas en même temps à l’islam.

Le Ghazi (cela veut dire le vainqueur en turc) avait en projet un « changement de civilisation ». C’est-à-dire sortir la Turquie de l’Islam pour rattacher la jeune nation à l’Occident. L’on comprendra qu’il n’est pas nécessaire pour les Turcs de se convertir à une autre religion que l’islam mais que l’emprise excessive que la religion de Mahomet exerce sur la vie de chacun est incompatible avec les principes modernes de la citoyenneté, i.e. de la liberté individuelle et de la liberté de conscience.


Il aurait pu s’ériger lui-même en calife. Le peuple l’aurait accepté. Certains députés étaient même venus le lui proposer. Mais supprimer le califat, c’était une autre affaire! Cela pouvait lui faire perdre l’appui des paysans et par conséquent de l’armée. Cela pouvait dresser tous les Turcs contre lui, en une opposition unanime.

« L’islam, nous dit Ferdinand Lot, apporte non seulement une religion, mais un droit, une politique dont on chercherait vainement l’équivalent dans l’Évangile. Encore cette façon de parler est-elle inexacte : droits, coutumes, usages mêmes, tout est indiscernable de la religion. Impossible de toucher à quoi que ce soit sans risquer d’offenser le dogme. Et comme droit, politique, usages sont rudimentaires, constitués par une société peu évoluée, c’est une tâche surhumaine d’adapter une société musulmane à la vie moderne. Ici, la religion ne se laisse pas réduire à la portion congrue. Il est vain de chercher à la mettre à sa place, car sa place est partout et nulle part. »



L’on se plairait à imaginer Mustapha Kemal s’exprimer de nos jours dans les colonnes de nos journaux, sur les plateaux de nos chaînes de télévision ou dans son autobiographie : il serait immédiatement taxé d’islamophobie et des militants menaceraient de s’en prendre à sa vie. Les ligues de défense des droits de l’Homme l’assigneraient en justice et nos politiques prendraient une posture prudente, estimant que l’éthique de responsabilité impose de faire preuve de retenue, surtout dans le contexte actuel.

À ses yeux, la date la plus sombre de l’histoire de la Turquie […] c’était le jour où Sélim, le conquérant de l’Égypte, s’était fait remettre le titre de « Commandeur des Croyants » par un fantôme de Calife qu’il avait rencontré au Caire. Ce jour-là, le clergé musulman avait pris sa revanche. Aussi Mustapha Kémal avait-il voué une exécration particulière aux prêtres et aux moines qui propageaient une religion « bonne tout au plus pour des arabes efféminés, mais pour des Turcs conquérants et virils »

Mais, déjà à son époque, le Ghazi était menacé en raison de ses positions et d’ailleurs n’avait-il pas, pour convaincre l’establishment religieux de renoncer à ses prérogatives outrancières, employé la force à chaque fois que cela s’imposait' En France, c’est par un mélange de persuasion et de force que nous avons fait reculer l’Église; dans le monde musulman, aujourd’hui, il ne saurait être seulement question de dialogue, de relativisme ou encore de pacifisme : l’usage de la force doit accompagner les idées nouvelles à chaque fois que les séides de l’islamisme leurs barrent la route.

« Je chasserai de leurs mosquées et de leurs monastères ces fainéants improductifs », s’écriait-il en marchant de long en large dans son bureau de Chan-Kaya, « car ils sucent la moelle du peuple, s’engraissent de sa sueur et sapent à sa base l’énergie de la nation! Je n’aurai de paix ni de cesse, avant d’avoir arraché ce lierre envahissant qui empêche le jeune arbre turc de s’épanouir au soleil! ».



« Il faut choisir, disait-il [Atatürk], entre la révélation passée et la liberté future ».
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InfoHay1915

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Re: Toujours la Turquie laïque !

Ecrit le 21 sept. 2022, 17:20

Message par InfoHay1915 »

Moustafa Kémal Atatürk a supprimé le Califat en 1924 ? Pour ne pas qu'il y ait
~ un nouveau Caliphe érudit en sciences islamiques, autonome et honnête
~ qui puisse reconnaître ce crime de 1915 à l'encontre des Dhimmis arméniens.

Page Adic : http://www.globalarmenianheritage-adic. ... estion.htm

On peut voir jusqu'où peut aller "la laïcité" de la Turquie // signature du Pacte d'amitié avec l'Allemagne nazie signé à Ankara 1941.

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Le négationnisme d'un génocide, c'est vouloir tuer une deuxième fois.

Comme nier~occulter~omettre~parfumer~banaliser les deux crimes historiques de

~ la Traite négrière atlantique au point de la présenter comme une croisière
~ l'esclavage aux Amériques au point de le présenter comme un contrat à durée indéterminée,
c'est du racisme.
#540
C’est un crime que désapprouve l’humanité, l’islam et tous les musulmans ; mais ceux qui ignorent la vérité ne manqueront pas d’en jeter la responsabilité sur le fanatisme religieux. Témoignage oculaire 1915-1916 du génocide des arméniens par le chef bédouin syrien et avocat, Faïez El-Ghocein (Le Caire 1917)

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