Continuons à réfléchir à l'évolution de la prédication de Mahomet au cours des 22 ans de sa prétention au prophétisme...
Le sujet du Jugement dernier est moins amusant à analyser que l'évolution des relations à l'argent de Mahomet (
) , ou de son expérience de l'ivresse (
), mais il est également significatif du travail d'élaboration très humaine qui a eu lieu.
La forme du Jugement dernier va s'élaborer au fil de la récitation.
- Initialement, le salut est collectif. Ainsi, un chef entraîne-t-il tout son clan avec lui, vers le salut ou vers la damnation : «
Qu'on rassemble ceux qui prévariquaient, leurs épouses aussi, ceux également qu'ils adoraient en dehors de Dieu. Puis, qu'on les guide au chemin de la Géhenne. » (S. 37, 22-23 ; 56e récitée). Un chef de famille impie entraîne toute sa famille à la damnation (S. 39, 15 : 59e récitée) : «
Tu les verras présentés à la Géhenne, humiliés d'impuissance, regardant d'un oeil furtif, tandis que ceux qui croient diront : « Les perdants, oui, ce sont ceux qui font leur propre perte et celle de leur famille, au jour de la résurrection. » » (S. 42, 45 ; 62e récitée).
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Puis une évolution survient : les actions individuelles prennent un poids prépondérant dans le Jugement. Néanmoins, la personne sauvée conserve l'espérance de se voir rejointe par sa famille : «
Ceux qui ont cru, et que leur descendance aura suivi en la foi, Nous ferons que leur descendance les rejoigne. Nous ne rognerons cependant quoi que ce soit de leurs oeuvres, chacun étant l'otage de ce qu'il se sera acquis. » (S. 52, 21 ; 76e récitée).
- Plus tard encore, le salut devient individuel : «
Le criminel aimerait pouvoir se racheter du châtiment de ce jour, par ses enfants et sa compagne et son frère et son clan même qui lui donnait asile, et tout ce qui est sur la terre, tout, puis se sauver. Non, non ! Vraiment, ce sera un enfer-Lazā, à arracher les membres. » (S. 70, 11-15 ; 79e récitée).
Il ne faut désormais plus compter sur son clan pour être sauvé. L'ancestrale solidarité tribale se voit ici abolie, rompant avec les traditions préislamiques.
- À Médine, les choses iront encore plus loin. Pour être sauvé, un homme doit se désolidariser des membres pécheurs de sa famille (S. 58-22 ; 105e récitée ; S. 64, 14 ; 108e récitée).
Au moment de la mort, toutes les actions qui ont été soigneusement notées, seront rappelées (S. 6, 61). Au début, comme le salut est collectif, ce sont les actions des tribus, soigneusement consignées, qui sont présentées : «
Tu verras agenouillée chaque communauté. Chaque communauté sera appelée vers son livre : « on va vous payer aujourd’hui de ce que vous oeuvriez. » Voilà Notre Livre ! » (S. 45, 28-29 ; 65e récitée). Mais, finalement, que le jugement soit collectif ou individuel, il se déroulera en fonction du livre, du Kitāb, de chacun (S. 50, 21-23).
Voilà encore une preuve des contradictions internes du Coran et de son évolution en fonction des réflexions de Mahomet.
Mais, ce qui m’intéresse surtout, c'est de constater les mécanismes de croyance qui emprisonnent les musulmans. En effet, malgré l'évidente origine humaine du Coran, les musulmans sont incapables d'un regard objectif, ils ont été rendu incapables de voir l'évidence origine humaine du Coran démontrée par ses incohérences internes.
Qu'est-ce qui explique cette incapacité à accéder à la logique chez les musulmans ?
-Est-ce la terreur du Jugement ?
-Est la jouissance de la soumission envers un Dieu silencieux, absent et terrifiant ?
-Est-ce le désir archaïque de se soumettre à une loi de meute ? Tout le monde en file, au garde-à-vous devant le chef (l'imam), dans le silence et l'obéissance ?
En tout cas, il me semble évident que le déclin des sciences musulmanes au Moyen-age provient de cette impossibilité à réfléchir avec logique et à accéder à une pensée objective et autonome.