Adbel
Un autre site pour mieux comprendre .
Et voici des problèmes historiques et politiques de ce faux évangile .
Prends le temps de le lire .. !!!
L'évangile de Barnabé et l'Histoire
En cet article, nous nous contenterons d'exposer plusieurs des anachronismes et incohérences géographiques que contient l'évangile de Barnabé. Ce sont des anachronismes sérieux, qui rejettent une date tôt pour l'évangile de Barnabé.
1. Hérode et Pilate
Au chapitre 3 de l’évangile de Barnabé, il nous est indiqué qu’Hérode et Pilate, auraient tout deux régnés en Judée au moment de la naissance de Jésus :
En ce temps-là, Hérode régnait en Judée par décret de César Auguste; Pilate était gouverneur, étant pontifes Anne et caïphe. Chapitre 3
C'est historiquement incorrecte. Hérode et Pilate, n’ont jamais régné la Judée en même temps.
Hérode a régné en Judée de 37 à l'an 4 avant Jésus-Christ:
Hérode Ier le Grand
(Ascalon, 73 - Jéricho, 4 av. J.‑C.). Roi de Judée (37-4 av. J.‑C.).
D'origine iduméenne, il devint gouverneur (47), puis tétrarque (41) de Galilée avant de recevoir, du sénat romain, le titre de roi de Judée. Il dut cependant lutter pendant trois ans pour pouvoir asseoir son autorité sur l'ensemble de la Palestine (prise de Jérusalem en 37). Sa politique servile envers les Romains, Antoine et Octave, et ses cruautés (massacre de la famille des Asmonéens) le rendirent très impopulaire auprès des Juifs. Cependant, il fut un grand bâtisseur: il embellit notamment Jérusalem et mena à bien la reconstruction du Temple. L'Évangile de Matthieu lui impute le massacre des Innocents.
© 2004, Hachette Multimédia / Hachette Livre
Tandis que Pilate a régné en Judée près de trente ans après, à savoir de 26 à 36 après Jésus-Christ.
Ponce Pilate
(en latin Pontius Pilatus).
Chevalier romain (Ier s. apr. J.‑C.).
Procurateur de Judée (26-36), il eut à juger Jésus. Il se refusa à le condamner, s'en lavant symboliquement les mains, mais accepta de le laisser flageller et crucifier.
© 2004, Hachette Multimédia / Hachette Livre
2. Trois mages
Selon l'évangile de Barnabé, trois mages sont venus à Jésus:
D’Orient en Judée, trois mages sont guidés par une étoile. Ayant trouvé Jésus, ils le révèrent et lui offrent des présents. Chapitre 6
"Trois" mages, c'est conforme à la compréhension commune, seulement dans la Bible, il n'en est pas fait mention, leur nombre n'étant pas précisé. Le nombre de trois, a été fixé tardivement:
Dans l'imaginaire chrétien, les Mages ont longtemps continué leur chemin mystérieux, et il fallut plus de huit siècles pour que la légende fixe leur nombre, leurs noms et leurs fonctions :
Au cours des premiers siècles, les représentations les présentent généralement portant le vêtement habituel des Perses, sans aucun insigne royal, et en nombre variable, de deux à huit.
Avant Césaire d'Arles (470 -543 ), on ne les considère pas comme des rois mais comme des sages qui scrutaient les secrets du ciel. Peut-être le nombre trois - précisé par Origène, puis par Maxime de Turin et Léon le Grand - vient -il des trois présents qu'ils offrirent à l'enfant Jésus.
Parmi les écrivains chrétiens de l'Antiquité, les uns situent le pays d'origine des Mages en Arabie, d'autres en Perse, d'autres en Chaldée.
À cette époque, on ne les nomme pas.
Leur venue à Jérusalem est placée à des dates variées, au cours des deux premières années après la naissance de Jésus. On détaille volontiers la signification symbolique de leurs dons : la myrrhe fait allusion au sacerdoce ou à la mort, l'or à la royauté, l'encens à la divinité.
Tant en Orient qu'en Occident, les légendes fleurissent, dès le VIe siècle, reprenant souvent des éléments des légendaires locaux.
En Orient, le Livre de la caverne des trésors (VIe s.) raconte que les Mages allèrent chercher l'or, l'encens et la myrrhe qu'Adam et Ève avaient placés dans une caverne pour le jour où se lèverait l'étoile annonciatrice. Avant de partir pour Bethléem, ils auraient été baptisés par l'apôtre Thomas, qu'ils aidèrent à évangéliser leur pays.
La chronique syrienne de Zuquin (VIIIe s.) présente une légende similaire. Une autre, de provenance arménienne, les nomme, précise qu'ils étaient frères et qu'ils représentaient trois peuples : Melgon, la Perse ; Baltassar, l'Inde, et Gaspar, l'Arabie.
En Occident, selon l'Opus imperfectum in Matthaeum (VIe s.), il auraient été au nombre de douze et auraient mis deux ans à parvenir à Jérusalem.
À partir du IXe siècle (Liber pontificalis de Ravenne ), leur nombre, trois, et leurs noms sont fixés, et ils symbolisent les trois races de l'humanité alors connue :
Melchior est un descendant de Cham l'Africain
Balthasar de Sem l'Asiatique
Gaspard de Japhet l'Européen
http://kalaia.free.fr/ency/article.php? ... rche=mages
Ceci de nouveau, est en faveur pour une date tardive de l'évangile de Barnabé.
3. La pomme
D'après l'évangile de Barnabé, le fruit que croquèrent Adam et Eve, était une pomme:
Satan se présenta à la femme comme un bel ange et lui dit : " Pourquoi ne mangez-vous pas de ces belles pommes et aussi du blé ? " Eve répondit : " Notre Dieu nous a dit que si nous en mangeons, nous deviendrons impurs et il nous chassera du paradis. "… Alors Eve en prit et en mangea. Son mari une fois réveillé, elle lui rapporta tout ce que Satan lui avait dit. Il prit ce que son épouse lui présentait et en mangea. Ensuite, tandis que la nourriture descendait, il se souvint des paroles de Dieu, et voulant arrêter la nourriture, il se mit la main dans la gorge, là où tout homme en a la marque. Chapitre 40
Encore, nous trouvons l'évangile de Barnabé témoigner de sa date en retard. Effectivement, la compréhension que le fruit mangé par Adam et Eve était une pomme, n'a pas pour origine la Bible (celle-ci parle de fruit) mais la Vulgate, traduction latine de la Bible, datant du 4ième siècle après Jésus Christ:
Dans la Bible (plus précisément dans le Livre de la Genèse), c'est après avoir croqué un fruit interdit, identifié à tort à une pomme, qu' Adam et Ève furent chassés du paradis. La pomme est ainsi restée associée au péché originel , du fait de la traduction latine de la Vulgate et du nom latin de l'arbre malus, qui désigne aussi bien un arbre « mauvais », c'est-à-dire interdit, qu'un simple pommier. Du fait de cette confusion, la pomme peut symboliser aussi bien l'acte sexuel que la connaissance interdite. Ce serait l'origine de la pomme d'Adam.
http://encyclopedie.snyke.com/articles/pomme.html
Et sans surprise, nous trouvons que c'est la Vulgate, qui a été utilisé tout au long du Moyen Age (époque dont est daté l'évangile de Barnabé):
Les traductions de Jérôme, à partir du texte hébraïque ou de la Septante (pour les livres qui n'existaient qu’en grec) furent rassemblées, avec de larges sections de l'ancienne version latine, pour constituer la nouvelle édition latine. Pour divers motifs, cette nouvelle version rencontra de vives oppositions et ne s'imposa que progressivement. Au début du Moyen Age (11e siècle), on constate qu'elle était devenue une autorité reconnue partout en Occident, au point d'être surnommée la Vulgate, « la version commune ».
L'influence de la Vulgate latine fut énorme. Au Moyen Age, elle faisait autorité dans les décrets officiels de l'Église, la liturgie et les traités de théologie. Avant que les langues nationales s'affirment, elle exerçait une influence sans rivale. L'Église catholique romaine reconnut cette situation de fait en la déclarant authentique, c'est-à-dire valable, et en l'adoptant comme son texte officiel (au Concile de Trente, en 1546).
http://www.societebiblique.ca/about_bib ... bible.html
4. Dante
Dante Alighieri fut un poète célèbre du 14ème siècle. Parmi les œuvres de Dante, une qui fut très connue est son livre la Comédie Divine. Dans ce livre, Dante décrit qu’il faut d’abord monter 9 cieux, pour ensuite atteindre le paradis, et nous trouvons l’auteur de l’évangile de Barnabé dit de même :
Jésus répondit :« Le paradis est si grand qu’aucun homme ne peut le mesurer. Je te le dis en vérité, il y a neuf cieux entre lesquels se trouvent les planètes…je te le dis en vérité, je dis en vérité, le paradis est plus grand que toutes la terre et cieux ensemble » Chapitre 178
Il semble que l’auteur de l’évangile de Barnabé aurait repris l’idée des 9 cieux à Dante. L'autre problème est qu'en affirmant qu’il y a 9 cieux, l'évangile de Barnabé se met en conflit avec le Coran, qui lui affirme qu’il y en a 7 (Sourate 2:29).
5. L’année de jubilé et le Pape
L'année de jubilé est une célébration juive antique indiquée par Dieu dans la Torah. Cette fête devait être observé tous les cinquante ans:
Et vous sanctifierez la cinquantième année, vous publierez la liberté dans le pays pour tous ses habitants: ce sera pour vous le jubilé; chacun de vous retournera dans sa propriété, et chacun de vous retournera dans sa famille. Lévitique 25:10 -11
En l'année 1300 après J-C, le pape Boniface VIII a faussement proclamé que le jubilé devrait être célébré tous les 100 ans au lieu de tous les 50 ans. Plus tard, le pape Clément VI, corrigea ce faux décret, commandant que le jubilé devait être célébré tous les 50 ans.
Le premier Jubilé ordinaire fut convoqué en 1300 par le Pape Boniface VIII de la noble famille des Caetaniâ avec la Bulle "Antiquorum Habet Fida Relatio". L'occasion lointaine remonte au courant de spiritualité, de pardon, de fraternité, qui se répandait alors dans toute la chrétienté, en opposition aux haines et aux violences qui prédominaient à cette époque. L'occasion immédiate est de se rallier à la rumeur qui avait commencé à circuler en décembre 1299, selon laquelle, durant l'année du centenaire, les visiteurs de la Basilique Saint-Pierre recevraient une "rémission très complète de leurs péchés". L'énorme affluence des pèlerins à Rome amenèrent le Pape Boniface VIII à accorder l'indulgence pendant toute l'année 1300, et, à l'avenir, tous les cent ans. Parmi les pèlerins de ce premier Jubiléâ il faut citer: Dante, Cimabue, Giotto, Charles de Valois frère du Roi de France, avec son épouse Catherine. Dante Alighieri en conserva un écho dans plusieurs vers du XXXI Chant du Paradis, dans la "Divine Comédie".
Après le transfert du siège du Pape à Avignon (1305-1377) de nombreuses demandes furent faites pour que le deuxième Jubilé soit convoqué en 1350 et non pas en 1400. Clément VII accepta et fixa l'échéance tous les 50 ans.
http://www.serviam.net/jubile/histjub2.html
Par conséquent, au Moyen Age, il y a toute une période, où il a été cru par la population que le jubilé se célébrait tous les 100 ans.
Et que lisons-nous dans l’évangile de Barnabé ?
Jésus répondit : «Je suis vraiment envoyé par Dieu à la maison d'Israël, comme prophète de salut, mais après moi viendra le Messie envoyé par Dieu au monde entier; c'est pour lui que Dieu a fait le monde. Aussi, partout dans le monde, on adorera Dieu et on recevra miséricorde, et l'année du jubilé qui maintenant revient tous les cent ans, reviendra chaque année et en tout lieu, à cause du Messie!» Chapitre 82
6. Elie et les pharisiens
Au chapitre 145 de l'évangile de Barnabé, il nous est dit qu’au temps d’Elie, vivaient 17 000 pharisiens :
Vive Dieu, au temps d'Elie, ami et prophète de Dieu, il y avait douze montagnes habitées par dix-sept mille pharisiens… Chapitre 145
Le problème est que le mouvement pharisien est apparu au 2ième siècle avant Jésus Christ:
pharisien, pharisienne
nom
(latin ecclésiastique pharisaeus, du grec pharisaios)
Membre d'une secte juive apparue au IIe s. avant J.-C. et qui constitua un important mouvement politique et religieux au début de notre ère.
© Larousse 2004
Tandis qu'Elie vécut au 9 siècle avant Jésus Christ:
Élie
Prophète juif, qui exerça son ministère au IXe s. avant J.-C. dans le royaume d'Israël.
Il apparaît comme le porte-parole inspiré de la volonté divine dans les affaires publiques et le champion de la religion de Yahvé face aux cultes cananéens.
© Larousse 2004
Par conséquent, l'évangile de Barnabé, en situant les pharisiens au temps d'Elie, fait une fois de plus, un anachronisme sérieux.
En défense de l'évangile de Barnabé, certains pourraient arguer que l'évangile de Barnabé dit que le mot pharisien signifie "cherche Dieu" et que ce terme s'applique à tous les prophètes:
« Pharisien » en effet, veut justement dire « cherche Dieu » dans la langue de Canaan puisque c'est là qu'on commença à employer ce mot pour railler les bons. Les Cananéens étaient en effet adonnés à l'idolâtrie, c'est-à-dire au culte (d'œuvres) de mains humaines. En voyant ceux de notre peuple qui se tenaient à l'écart du monde pour servir Dieu, les Cananéens, quand ils en voyaient un, disaient par mode de raillerie « pharisien », c'est-à-dire : « cherche Dieu». comme pour dire : « fou, tu n'as pas de statues d'idoles et tu adores le vent ! Réfléchis et viens servir nos dieux ! » Chapitre 144
Le problème est que l'évangile de Barnabé fait une erreur sur le mot "pharisien", celui-ci ne signifie pas "cherche Dieu", mais "séparé":
PHARISAIOS (strong n°5330)
Phonétique : (far-is-ah'-yos)
Type : Nom masculin
Pharisien = "séparé"
un des trois partis Juifs, avec les Sadducéens, et les Ésséniens. Leur secte apparut semble-t-il par réaction contre l'inclination de certains Juifs pour les coutumes grecques. Ils ont réussi à dominer la vie religieuse des Juifs, défendant la doctrine de la prédestination, croyant à l'immortalité de l'âme, aux récompenses et sanctions de l'au-delà. La religion était ramenée à l'observation de la loi, la conformation aux ordonnances. La piété devint formaliste, l'acte extérieur étant plus important que la disposition de coeur. Jésus déclara que les interprétations rabbiniques traditionnelles n'avaient rien d'obligatoire (Matthieu 15.2-6). Les Pharisiens du début se distinguaient par leur droiture et leur courage, puis le niveau moral et intellectuel de leurs successeurs baissa, et Jean-Baptiste les traita de "race de vipères", bien qu'il y eut des hommes sincères (Nicodème, Paul, Gamaliel...).
http://www.houstin.info/mods/strongs/?strong=Pharisaios
En conclusion, à la lumière de ces exemples, nous avons du mal à suivre, la vue qui veut que cet évangile soit du 1er ou 2ième siècle. Les anachronismes contenues en l'évangile de Barnabé, le font remonter jusqu'à fin du Moyen Age, ce qui correspond à la date dont sont datées les manuscrits trouvés de l'évangile de Barnabé. C'est une confirmation évidente que l'évangile de Barnabé, n'est pas un écrit des premiers siècles, mais un écrit tardif, pas plus tôt que le 14ième siècle siècle