Bonsoir je n’ai toujours pas eu de réponse sur les points suivants :
Est-ce que dans le coran les prophètes ont commis des pêchés graves ?
Exemple :
Moïse lui-même, le grand messager de Dieu, celui auquel Dieu parlait « face à face » a été réprimandé. La Sourate du Récit (AI-Qasas) 28.15-16, :
« Or, entrant dans la ville... il y trouva deux hommes qui se battaient, celui-là de ses partisans, celui-là de ses adversaires. Puis l'homme de ses partisans l'appela au secours contre l'homme de ses adversaires à qui donc Moïse donna un coup de poing qui l'acheva. `Ça, dit Moïse, c'est du travail du Diable ! Vraiment c'est un ennemi qui manifestement égare !' Et encore : `Seigneur, je me suis manqué à moi-même ; pardonne-moi donc ! Il lui pardonna donc. C'est Lui vraiment le pardonneur, le miséricordieux !' »
D'après Yusuf Ali, Moïse n'avait pas prémédité ce meurtre de l'Egyptien, il avait uniquement voulu porter secours au Juif. C'est pourquoi Moïse demande à Dieu pardon d'avoir tué cet homme.
Que dit le Coran de Muhammad à l'égard du péché ? En est-il préservé ?
Nous allons passer en revue les versets qui en parlent, en respectant l'ordre chronologique de leur révélation. Celui qui se couvre (Al Muddathir) 74.1-5 sourate mecquoise très ancienne :
« O toi qui es revêtu d'un manteau ! Lève-toi et avertis !
Glorifie ton Seigneur ! Purifie tes vêtements !
Et fuis l'abomination » (Trad. D. Masson).
Le dernier verset est traduit ainsi par Hamidullah : « Et de ce qui irrite Dieu, écarte-toi. »
La Clarté du jour (AI-Duhâ) 93.6-7, sourate mecquoise ancienne :
«Quoi ! Ne t'a-t-il pas trouvé orphelin? Puis Il a donné asile !
Et ne t'a-t-il pas trouvé égaré (dâllan ). Puis Il a guidé ! »
C'est ce même mot qui est employé dans la Sourate du Prologue (A1-Fatiha) 1.6-7, qui remonte à la période mecquoise primitive, et que tout musulman récite plusieurs fois par jour :
« Guide-nous dans le chemin droit, le chemin de ceux que Tu as comblés de bienfaits, non pas de ceux qui ont encouru colère, ni de ceux qui s'égarent (dâllin ).
L'Ouverture (A 1am nashrah ) 94.1-7 :
« N'avons-nous pas ouvert pour toi (Muhammad) ta poitrine et mis à bas de toi ton fardeau (wizrak ) qui écrasait ton dos ? Et élevé haut pour toi ta renommée ? Oui, car à côté de la difficulté est une facilité. Quand tu es libre, donc, lève-toi et aspire à ton Seigneur. »
Il est bon de faire le parallèle entre ces versets et ceux qui décrivent le sort des incrédules en enfer, tels que les rapporte la Sourate mecquoise tardive des Bestiaux (AI An`âm) 6.31 :
« ... Et ils porteront leurs fardeaux (auzârahum ) sur leurs dos. Mauvais, n'est-ce pas ce qu'ils portent ! »
Je rappelle « nul ne peut porter le fardeau d'un autre » c'est-à-dire « qu'aucun pécheur ne peut porter le péché d'un autre ». Sourate « il s'est renfrogné » (`Abasa) 80.1-1 l, période mecquoise primitive :
« Il (le prophète) s'est renfrogné et a tourné le dos parce que l'Aveugle est venu à lui. Qui te dira ? Peut-être se purifiera-t-il ou se rappellera-t-il, de sorte-te que le Rappel lui profite !
Quant à celui qui cherche à se mettre au large, alors tu t'en occupes ! Or, que t'importe qu'il ne se purifie pas ?
Et quant à celui qui vient à toi et qui s'empresse tout en redoutant, alors tu te distrais de lui !
Non, non ! Vraiment ceci est un Rappel. »
Muhammad est repris pour avoir fait preuve de favoritisme. Hamidullah ajoute ici une note : « Ainsi la révélation n'est-elle pas toujours complaisante au Prophète. »
Le Croyant (AI-Mü'min) 40.55, sourate mecquoise tardive :
« Endure (toi, Muhammad) avec constance donc, - la promesse de Dieu est vérité - et implore pardon pour ton péché (danbika ) et, par la louange de ton Seigneur, soir et matin, chante pureté. »
Muhammad 47.19, an 1 de l'Hégire :
« Sache donc qu'en vérité, point de Dieu que Dieu lui-même. Et implore pardon pour ton péché (danbika ), ainsi que pour les croyants et les croyantes. »
Les Femmes (A1 Nisâ' ) 4.105-107, an 5-6 de l'Hégire :
« Oui, nous avons fait descendre vers toi le Livre avec vérité, pour que tu juges entre les gens, au moyen de ce que Dieu te montre. Et ne te fais pas l'avocat des traîtres.
Et implore de Dieu pardon (pour tes coupables intentions). Dieu demeure pardonneur, miséricordieux, vraiment.
Et ne dispute pas en faveur de ceux qui se trahissent eux-mêmes. Dieu, vraiment, n'aime pas celui qui demeure grand traître, pécheur. »
Autres exemples
Les mots entre parenthèses, ajoutés par un traducteur, ont été placés à cet endroit, car, d'après la plupart des commentateurs cités par Yusuf Ali, cette révélation fut donnée à Muhammad au moment où celui-ci était tenté de prendre le parti d'un musulman coupable contre un juif innocent.
"Sache donc qu'en vérité, il n'y a point de divinité à part Allah, et implore le pardon pour ton péché, ainsi que pour les croyants et les croyantes. Allah connaît vos activités (sur terre) et votre lieu de repos (dans l'au-delà)." (Sourate 47.19).
"En vérité Nous t'avons accordé une victoires éclatante, afin qu'Allah te pardonne tes péchés, passés et futurs, qu'Il parachève sur toi Son bienfait et te guide sur une voie droite;" (Sourate 48.1-2).
. Les termes de la Sourate 47.19 que Yusuf Ali traduit par "et demande la rémission de tes défauts" sont wastaghfir li-thanbik.
Dans la Sourate 12.29, les mêmes mots sont adressés à Zulaykah (le nom musulman de l'épouse de Putiphar) par son mari pour lui ordonner de se repentir de son désir de séduire Joseph. Dans ce cas-ci Yusuf Ali traduit l'expression comme "demande la rémission de ton péché". Il ne peut y avoir aucun doute que c'est la signification évidente du texte, mais le traducteur substitue le terme «défaut » à celui de "péché" dans la sourate 47.19 ppourquoi ? Le but est dans ce cas-ci de niveler vers le bas la signification du mot thanb pour le faire coïncider avec des faiblesses humaines normales ne pouvant être considérées comme des péchés réels ou des transgressions. Ce qui était le "péché" dans le cas de Zulaykah devient commodément un "défaut" dans le cas de Muhammad quoique le même mot soit employé dans les deux cas