ostervald a écrit :
Bonsoir Djimo,
Je ne comprends pas très bien, reprends moi si je me trompe.
D'après toi si quelqu'un prononce mal un nom qui est écrit dans un livre, le fait de brûler ce livre donnera à la personne une bonne prononciation?
Sans vouloir te vexer ni être inconvenant, c'est du n'importe quoi pourvu que ça mousse!
Il y a un gateau que ma femme fai et qui s'appelle "makrout", excusez l'orthographe, cela la fait bien rire car je prononce très mal le nom de ce gâteau.
Si je suis ton idée, le fait de brûler tous les livres de cuisine ou le nom de ce gâteau est marqué me fara acquérir une bonne prononciation.
allez A+
Il nous faut reconstituer l'histoire du texte du Coran pour comprendre le problème des différentes versions et de leurs lectures. Comme nous le verrons il n'existe pas un Coran unique. A la mort de Mahomet en 632, il n'existait aucun texte de ses prophéties. Plusieurs de ses disciples tentèrent alors de recueillir toutes les révélations connues et d'en faire un codex. Très rapidement les textes se multiplièrent, tels ceux de :
- Ibn Masud
- Ubai b. Kab
- Ali
- Abu Bakr
- Al Ashari
- Al Aswad et bien d'autres encore...
Les villes de La Mecque, Médine, Damas, Kouffa et Basra avaient chacune leur propre Codex métropolitain. Uthman avait tenté de mettre de l'ordre dans cette situation chaotique en officialisant le Codex de Médine et en ordonnant que tous les autres fussent détruits. Le problème était aggravé par le fait que le texte consonantique n'était pas pointé, c'est à dire qu'il lui manquait les points qui auraient permis de distinguer par exemple un b d'un t. Plusieurs autres lettres (f et q, j, h, et kh, s et d, r et z, s et sh, d et dh, t et z) étaient source de confusion. Par conséquent, il était possible d'obtenir un très grand nombre d'interprétations différentes suivant la façon dont on pointait le texte. Les voyelles représentaient une difficulté encore plus grande car, à l'origine, les Arabes n'avaient pas de signe pour transcrire les voyelles courtes, celles-ci furent introduites que bien plus tard. Donc, après avoir résolu le problème des consonnes, les musulmans devaient toujours décider quelles voyelles employer : choisir des voyelles différentes donnait, bien sûr, des lectures différentes.
Cette difficulté conduisit inévitablement au développement de différentes écoles avec leurs propres traditions sur la vraie façon de pointer et de voyelliser le Coran. En dépit de l'ordre d'Uthman qui voulait détruire tout autre texte que le sien, il est évident que d'autres codex survécurent. Charles Adams insiste "
sur le fait que plus d'un texte survécut intact à l'ordre d'Uthman. Il existait réellement des milliers de lectures différentes pour un même verset. Le codex d'Uthman faisait lui aussi l'objet de variantes à tel point qu'il était difficile de reconnaître le texte original". Certains musulmans préféraient d'autres Corans que celui d'Uthman, par exemple ceux de :
- Ibn Masud
- Ubai ibn Kad
- Abu Musa
Finalement, sous l'influence du grand érudit Ibn Mujahid (mort en 935), on adopta définitivement un seul système consonantique et on limita les interprétations à sept lectures :
1- Nafi, de Médine (mort en 785)
2- Ibn Kathir, de La Mecque (mort en 737)
3- Ibn Amir, de Damas (mort en 736)
4- Abu Amr, de Basra (mort en 770)
5- Asim, de Kouffa (mort en 744)
6- Hamza, de Kouffa (mort en 772)
7- Al Kisai, de Kouffa (mort en 804)
Certains érudits acceptaient malgré tout dix lectures, voire plus. Les sept interprétations d'Ibn Mujahid permettaient quatorze lectures, car chacune des sept était reconstituée par deux transmetteurs, à savoir :
1- Nafi, de Médine d'après Warsh et Qaln
2- Ibn Kathir, de La Mecque d'après Al Bazzi et Qunbui
3- Ibn Amir, de Damas d'après Hisham et Ibn Dhakwan
4- Abu Amr, de Basra d'après Al Duri et Al Susi
5- Asim, de Kouffa d'après Hafs et Abu Bakr
6- Hamza, de Kouffa d'après Khalaf et Khallad
7- Al kisai, de Kouffa d'après Al Duri et Abul Harith
En fin de compte, seuls trois systèmes l'emportèrent, pour des raisons qui n'ont pas été totalement élucidées. De nos jours, deux versions sont encore en usage : Celle d'Asim, de Kouffa d'après Hafs, qui reçut une sorte de sceau officiel en étant choisie pour l'édition egyptienne du Coran en 1924, et celle de Nafi d'après Warsh.
Il est important d'attirer l'attention sur une source possible de confusion en ce qui concerne les diverses lectures du Coran. Les sept versions font référence à de véritables différences entre les textes écrits et oraux et à des versions distinctes d'interprétation de versets coraniques, lesquelles différences, aussi minimes soient-elles, sont néanmoins réelles et substantielles. Puisque l'existence des différentes versions et des différentes lectures du Coran va à l'encontre de la doctrine que professent les musulmans contemporain vis-à-vis de leur livre saint (non créé), il est assez fréquent, dans un contexte apologétique, de s'entendre expliquer que les sept versions ne sont que des modes de récitation. En réalité, la technique de récitation est un tout autre problème. En vérité, toute version ou toute lecture différente pose de sérieux problèmes aux musulmans orthodoxes. Ils sont donc tentés d'occulter tout codex qui s'éloignerait du texte d'Uthman.