Re: la guerre,la violence et la torture....
Posté : 18 oct.09, 00:28
La violence, les violences
1/9 Les faits : violences évidentes
Analyse de différents faits de violences collectives ou individuelles, légales ou illégales, acceptées ou refusées...
Analyses sur : meurtres, viols, tortures, guerres, génocides, terrorisme, destruction de la nature, purification ethnique...
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1 Les faits
Introduction
Pour les dictionnaires, la définition de "violence" est : "contraindre par la force". La force peut être de différentes natures et les contraintes, directes ou indirectes, "acceptées" ou refusées...
Dans ce chapitre il ne s’agit pas d’être à tout prix exhaustif mais de montrer les différents visages de la violence : monstrueux ou angélique, énorme ou "insignifiant", individuel ou collectif, légal ou illégal, consensuel ou dérangeant... Ce pour bien montrer l’ampleur du phénomène en parlant des aspects qui ne sont pas comptés d’habitude.
La plupart du temps, je ne citerai pas de faits précis, chacun trouvera des exemples abondants dans sa vie, dans l’actualité présente ou passée...
Dans les deux premiers paragraphes (1-1 et 1-2), je ne ferai pas de distinction entre ce qui est considéré comme légal ou illégal. Je noterai simplement tout ce qui m’apparaît comme étant des violences, au regard des principes de respect de la vie, de l’intégrité et de la liberté des personnes.
1.1 Violences évidentes
1.1.1 Individuelles
Ce sont les violences commises par un individu contre un autre, contre un groupe ou contre la nature.
Bien sûr, la distinction entre action individuelle et collective est souvent difficile à maintenir, les deux étant liées. Pour ce problème, voir chapitre 1-4.
- Meurtres
Un individu se donne le droit d’ôter la vie à un autre être humain. Il existe évidemment de multiples cas de figure, avec des motivations variées :
* Les crimes passionnels : où amour, haine, jalousie, possessivité, dépendance... peuvent donner un cocktail explosif.
* L’intérêt : pour avoir un héritage, éliminer un concurrent de manière radicale, protéger sa maison ou son tiroir caisse.
* Les vengeances : pour cause d’humiliation, de mauvais traitements...
* "La folie" : le type sans histoire qui exécute un jour dix personnes dans la rue, l’adolescent qui tue toute sa famille.
* Les idéaux (politiques, religieux...) : ce qui peut donner des attentats ciblés contre des "ennemis du peuple", des présidents... Il y aurait aussi les attentats à la bombe, aveugles, mais eux visent le collectif, la "société".
* En temps de guerre : même s’il s’agit de violences collectives, il y a bien toujours un individu qui en tue un autre, surtout dans les guerres civiles et l’épuration ethnique, où les combats sont plus rapprochés qu’avec la guerre “propre” des missiles téléguidés.
Les motivations pour tuer ne manquent pas et les moyens de le faire non plus. J’ajoute que ces différentes catégories sont valables aussi bien pour les organisations criminelles que pour les citoyens ordinaires et la guerre économique.
Tous ces meurtres, bien évidemment, peuvent être accompagnés de tortures préalables (voir la suite) pour faire durer le plaisir en prolongeant l’agonie.
- Viols
Pendant longtemps cette pratique était à peu près tolérée, les femmes étant considérées comme une sous-humanité, des objets sexuels faits pour assouvir toutes les pulsions viriles, des ventres destinés à mettre bas le plus possible de mâles.
Maintenant, c’est interdit : on s’est aperçu que la femme était aussi un être humain. Bien qu’elle soit toujours moins payée et avec des postes moins prestigieux.
Enumérons rapidement quelques catégories et motivations :
* Les viols conjugaux, feutrés.
* Les viols collectifs, où un troupeau de mâles fait la fête.
* Les viols à but de torture (dans ce cas des hommes peuvent aussi les subir), ou pour pratiquer une épuration ethnique en ensemençant les femelles avec les bons gènes (pratique qui fut à l’honneur en Bosnie), ou les deux à la fois.
* Les viols pratiqués par des gens plus ou moins détraqués, plus ou moins conscients de leurs actes.
Les moeurs sont très variables suivant les pays. Chez les islamistes fanatiques, les femmes sont des quasi-esclaves et on peut les violer et les tuer si elles refusent le mariage, et les égorger si elles ont été violées ou si elles ont un amant.
Les viols sur des hommes adultes semblent plus rares, sauf peut-être dans certains couples, dans certains commissariats ou en temps de guerre (à défaut de femelles). Par contre les enfants (filles ou garçons) en sont souvent victimes ; il faut dire qu’ils ont moins de force pour se défendre.
- Tortures
Souvent les tortures sont pratiquées à plusieurs et sont couvertes par des hiérarchies. Il n’empêche qu’il s’agit d’actes individuels responsables.
Dans les pays dits démocratiques, il y en a moins qu’ailleurs pour les gens ordinaires, même si de temps en temps un immigré décède dans un avion ou un commissariat.
Mais la torture est utilisée partout couramment, en temps de paix, sur des terroristes ou des criminels, des contestataires ou des homosexuels... Ce peut être simplement pour le plaisir ou pour extorquer de force des renseignements. Il peut s’agir aussi d’humilier, de briser des gens dérangeants ou tout simplement différents. La prison, en tout cas telle qu’elle existe, est aussi un centre de torture en lui-même. Il existe aussi des justifications farfelues : du genre forcer la conversion à une religion ou faire avancer la médecine.
Dans une dictature, on torture les défenseurs des Droits de l’Homme, tandis que dans les "démocraties" on torture les fanatiques et les terroristes.
Par contre, en tant de guerre, tout le monde est d’accord. "Démocraties" et dictatures ne se gênent pas et emploient tous les moyens, de manière plus ou moins discrète et systématique, pour apporter la victoire à la patrie. Ce qui fait qu’on torture et exécute au nom de la démocratie, de la liberté, de Dieu même. Il s’agit de défendre la nation civilisée contre les barbares. "Nous sommes obligés d’utiliser les mêmes moyens qu’eux..." disent-ils.
L’ingéniosité "humaine" a inventé des tas de manières de torturer, adaptées à chaque cas de figure, avec des coutumes locales, des spécialités tenues secrètes... Les médecins sont souvent là pour apporter leur science, ou pour éviter que le patient ne meurt prématurément. Les limites de la résistance humaine sont toujours repoussées et les raffinements toujours renouvelés.
La torture peut se classer en trois catégories : les drogues chimiques, les agressions physiques, les violences psychologiques. Je ne vous ferai pas la liste de toutes les pratiques, ça serait trop long et il serait dommage de vomir sur votre clavier ou vos papiers.
Dernier point
Ajoutons encore toutes les bagarres, rixes, duels qui ne vont pas jusqu’à mort d’homme, même si les participants crient avec fureur : "on va tous les tuer" ou "à mort l’arbitre".
1.1.2 Collectives
Si les actes collectifs ne viennent pas tout seuls et sont le fait d’une somme d’individus (voir 1-4), il y a bien une sorte d’enchaînement (dans les deux sens du terme) collectif.
a. Guerres
Depuis les origines de l’homme, la guerre est toujours présente, sous toutes les formes et avec toutes les justifications possibles. Seuls les moyens techniques pour la faire ont évolué : songez qu’on est passé de la hache de pierre à la bombe à neutrons ! Quel merveilleux progrès !
Avant c’étaient surtout les soldats et les mercenaires qui s’entretuaient (la population civile était seulement pillée), maintenant les civils sont largement mis à contribution grâce aux moyens de destruction massive. Là encore, quel progrès fantastique, signe d’une époque humaniste pleine de Lumières ! (Je veux parler des flashs d’explosions des bombes)
Avant, il suffisait de dégager les cadavres et les objets contondants pour pouvoir réoccuper un champ de bataille. Maintenant il faut des dizaines d’années et des frais considérables pour enlever les mines éparpillées dans tout le pays, décontaminer un sol radioactif, boucher les trous d’obus, enlever les obus non explosés... Sans compter tous les civils mutilés par une mine dans le champ qu’ils avaient le malheur de vouloir cultiver. Ici encore, saluons le génie humain, si prompt à inventer les techniques les plus pernicieuses pour se faire le plus de mal possible, et sur plusieurs générations tant qu’à faire.
A présent, la planète est partagée entre des Etats souverains. Chaque millimètre carré de terrain appartient à un pays.
Les Etats se sont formés par la violence : une région en a annexé d’autres pour s’agrandir, elle-même s’est faite phagocyter par l’Etat voisin qui, lui, convoite tel autre royaume... Des territoires très différents se sont retrouvés amalgamés de force, sous un même drapeau et avec le même hymne patriotique. Leurs populations ont dû le plus souvent renoncer, par la contrainte (larvée ou militaire), à leurs particularités régionales (langue, traditions, culture, architecture, métiers...) pour se fondre dans le troupeau dominant et bêler avec les autres les mêmes inepties.
Les Etats, issus de la guerre, ne sont pas restés en paix pour autant, les combats continuent.
On peut distinguer deux sortes de guerres :
A l’intérieur d’un Etat
Différentes factions et sous-factions veulent le pouvoir pour elles seules (ex-Zaïre). Ou bien une région précise réclame l’indépendance, ou simplement plus d’autonomie (Kosovo). Ou des rebelles veulent déloger un dictateur... C’est un peu le mouvement inverse de la constitution des Etats. Tout ça donne des guerres plus ou moins larvées, qui peuvent durer des dizaines d’années (Irlande du Nord, Palestine, Kurdes, Amérique du sud, Pays Basque, Corse...).
Entre Etats
Il y a toujours des Etats qui ont besoin de s’agrandir, de nouvelles matières premières, ou de faire partager leur culture supérieure. Ils trouvent toujours un bout de territoire qui leur revient de droit depuis des millénaires. Parfois c’est Dieu qui leur ordonne de détruire un Etat voisin !
Bref, les Etats se font la guerre, c’est dans leur nature. Les deux camps trouvent toujours une bonne raison de s’agresser. L’Etat attaqué est bien obligé de se défendre. Il s’agit de préserver cette chère identité patriotique, forgée sur les décombres des différentes régions assemblées de force.
Il arrive que tout dégénère en guerre mondiale quand plusieurs Etats s’associent. Heureusement, ça n’arrive pas tous les jours, trop de destructions feraient du mal aux fragiles marchés financiers.
b. Génocides et autres purification ethniques
Avec ou sans état de guerre, il est toujours tentant d’éradiquer des catégories sociales ou des peuples entiers.
On peut distinguer plusieurs “sortes” de génocides :
International
L’élimination est de grande ampleur, à l’échelle d’un continent. Comme par exemple la colonisation de l’Amérique du Sud et du Nord, où la guerre, l’esclavage et les maladies ont laissé le champ libre aux Européens.
Il y a aussi l’holocauste des juifs, tziganes et homosexuels perpétré dans toute l’Europe par les nazis et leurs complices. Dans ce cas, les motifs étaient idéologiques et racistes, mais sûrement aussi financiers (pour les juifs).
Un Etat contre une région
Il s’agit souvent de colonialisme radical. En effet, si la majeure partie de la population initiale est massacrée, les risques de rébellion sont limités et les colons peuvent s’installer sans risques. Et si la main d’oeuvre manque, on peut toujours importer des esclaves d’autres régions. Citons par exemple le cas de la France, à Madagascar.
A l’intérieur d’un Etat
La frontière entre guerre et génocide peut être floue, les deux coexistant souvent.
Un Etat a besoin de cohésion nationale pour tenir son rang. Il ne veut ni contestataires, ni indépendantistes, ni autonomistes sur son sol. Il a peur de l’éclatement et préfère le rouleau compresseur qui permet de faire rentrer tout le monde dans le même moule. Seulement, les Etats ayant amalgamé de force des ethnies très diverses, il est logique qu’un jour où l’autre certaines de ces ethnies se réveillent et réclament le droit de vivre selon leur culture.
Si on ajoute les oppositions idéologiques, on trouve la source de beaucoup de conflits.
Et certains n’hésitent pas à éliminer systématiquement des minorités (ou majorités d’ailleurs) encombrantes pour être sûrs de leur suprématie.
Hommes, femmes, enfants, vieillards, tous sont massacrés pour faire place nette à une idéologie ou à un peuple (Rwanda, Bosnie, Arménie, Cambodge...).
N’oublions pas que les victimes de génocides peuvent être (ou avoir été) aussi barbares, et que les indépendantistes veulent constituer un Etat par nature aussi violent que les autres.
c. Les catastrophes naturelles
En plus d’être “victimes” d’eux-mêmes et des autres, les hommes sont souvent à la merci de la nature déchaînée.
Dans ce cas, on serait tenté de plaindre ces innocents frappés par un “sort” injuste et aveugle. Tempêtes, ouragans, tremblements de terre, épidémies et inondations frapperaient au hasard et sans raisons. “Mon Dieu, pourquoi as-tu fait la nature si cruelle ?” peut-on entendre.
Si la nature n’est pas toujours tendre, on peut aussi se dire que les gens sont responsables de ce qui leur arrive, collectivement et/ou individuellement selon les cas. Ce serait quand même trop vache si les gens morts dans les catastrophes dites naturelles n’avaient aucune responsabilité dans leur sort.
On peut déjà remarquer que les hommes, collectivement, préparent le terrain aux cataclysmes, qu’ils les cherchent, ou qu’ils créent des conditions aggravantes. On peut relever notamment :
* La déforestation massive, avec les risques d’inondations (ou de sécheresse), de coulées de boue, d’avalanches... Une action qui doit certainement modifier le climat.
* Les gaz à effet de serre : risque de changement de climat... Les barrages géants : modification du climat, risque de tremblements de terre.
* Les constructions en zone inondable.
* Les bâtiments en zones à risque connu pour les séismes, qui n’y sont pas adaptés.
* Les habitations trop près de volcans.
* Des équipements pas assez résistants en cas d’intempéries (manque de prévoyance, économies).
Les modifications de climats et/ou “d’équilibres écologiques” peuvent créer ou aggraver des catastrophes naturelles. Ajoutons que la pauvreté, la course au profit, la guerre... n’arrangent jamais les choses, quand elles ne créent pas de toutes pièces le drame.
Mais ces éléments n’expliquent pas tout. Aux errances collectives il faudrait ajouter les “déviances” individuelles. Pour cet aspect, voir chapitre 3.
d. Les accidents
On peut opérer le même raisonnement que pour les catastrophes naturelles. Aux imprudences et mauvais entretiens, il faut ajouter les responsabilités individuelles.
Les accidents, pas plus que les suicides, n’arrivent par hasard, malgré leur côté spectaculaire et imprévisible. Les conséquences et causes matérielles ne font que relayer et refléter les choix existentiels des individus, au niveau collectif et/ou individuel.
e. Le Terrorisme
Tout le monde est d’accord pour condamner le terrorisme, surtout quand les bombes frappent des civils dans la rue. On considère que c’est un crime épouvantable, à éradiquer par tous les moyens.
Le terrorisme est moche, comme toutes les violences, et doit effectivement être rejeté. Des justifications du type “combat pour la liberté ou pour un idéal” ne peuvent l’excuser. Et quelles que soient les violences exercées par un Etat ou une multinationale, répondre par la violence n’est jamais une solution. On ne peut pas, par définition, bâtir un monde nouveau à l’aide de crimes, même si les personnes visées par les attentats (genre PDG, général...) ne sont que des cloportes sans âmes qui “mériteraient” 100 fois la mort.
L’Etat à intérêt à diaboliser et à éliminer le terroriste. Car même si ce dernier choisit une voie sans issue et condamnable, c’est parfois une des rares personnes qui critiquent radicalement la “société”.
L’hypocrisie, dans cette affaire, consiste à exacerber la haine du terroriste et à focaliser la vindicte populaire sur quelques individus ou groupuscules qui ne font “que” quelques victimes par an. Tandis que les millions de morts et de blessés dus à la compétition économique et à l’exploitation des pauvres par les riches ne génèrent pas la même colère.
Il faut dire qu’il est plus facile de s’acharner sur quelques terroristes (qui renvoient, en fait, la violence de “la société”) plutôt que de critiquer et de changer un système (dont chacun fait partie) universel et incrusté partout.
Il est plus facile de désigner les crimes de quelques-uns plutôt que les massacres de masse commis par un système dont on est complice plus ou moins actif.
Il est plus facile de beugler “à la chaise le terroriste” avec le troupeau plutôt que de reconnaître que : “nous sommes responsables des destructions, famines, bidonvilles, guerres en tous genres qui infectent le moindre recoin du globe.”
f. Destruction de la nature
La pollution, la chasse, l’urbanisation... causent de gros vides sur la planète. Des espèces, des forêts, des vallées... sont rayées de la carte par les prédateurs humains. Seul compte le profit à court terme, qu’importe ces bestioles bizarres éradiquées, seul compte l’HOMME, de préférence blanc, riche et de sexe mâle. Parfois, par peur et/ou par intérêt, quelques espaces sont préservés du rouleau compresseur, mais quelles gouttes d’eau insignifiantes !
Les riches exploitent les pauvres et la nature, et les miséreux saignent à blanc leur environnement pour survivre. Les complexes pétrochimiques et autres centrales nucléaires défigurent complètement le paysage, quand ils ne polluent pas à outrance.
C’est normal, ça fait partie du progrès. Alors on se tape les kilomètres de bouchons sur l’autoroute qui traverse une vallée, jadis verte, pour accéder à l’air pur des montagnes vierges parsemées de pylones de remonte pentes et de résidences temporaires. Pour fuir l’urbanisation étouffante, urbanisons les accès aux reliques de paysages plus harmonieux !
http://www.mutations-radicales.org/La-v ... s,115.html