inti a écrit :
Avoir la foi c'est croire que sa culture religieuse incarne le nec plus ultra du parfait humain sur terre. Y a pas de choc des civilisations ou des cultures. Y a seulement une humanité en choc avec sa propre culture "philosophique". As-tu déjà remarque que plus on a questionné et remis en question la notion de "droit divin" plus la notion "de droit humain" a fait surface? Devrait on penser à l'inverse que plus la notion de "droit divin" reprendra ses droits comme dans le cas des militants islamistes plus la notion de "droit humain" retournera dans les limbes desquels elle est sorti. Serait-ce là la démarcation entre la régression et la progression philosophique?
La question est intéressante, ou les questions dois-je dire, mais tu n’as pas voulu réfléchir quand je t’ai parlé d’empire, de sa crise et du néant qui le guette à cause de son excès de contrôle.
Bref, on peut reprendre la discussion autrement, une des dernières que je vais avoir ici, car je vais partir bientôt...
De ton point de vue alors le monde, le monde s’effondre car les tenants du « droit divin » montent au créneau et demandent plus à une société civile de « droit humain » jusqu’ici apaisée.
Apaisée, l’était-elle vraiment ? ne vivait-elle pas béate se complaisant dans sa félicité après avoir en interne liquidé ses propres tenants d’une société de « droit humain ». N’a -t-elle pas mué en silence, dans l’indifférence de l’électeur bercé par une promesse d’opulence et de grandeur, un électeur tenu en respect par la crainte. Une crainte amplifiée par le bruit et la fureur qui règnent par - delà les murs. Cette société civile de « droit humain » a mué aux yeux et à la barbe des bons penseurs endormis (comme toi

) et bercés par l’ivresse d’une hégémonie sans partage sur les ressources passées et futures d’une terre exsangue, l’histoire du monde écrite par avance pour des centaines d’années à venir...
Alors que partout, si les bons penseurs (étaient en nombre suffisant) et s’étaient donné la peine de regarder, ils auraient vu la déliquescence des contrées en dehors de ses murs. Ils auraient vu l’œil du cyclone rassurant dans lequel ils vivaient coupés du monde extérieur...
Comment une société bâtie sur le « droit humain » comme tu la présentes, a-t-elle pu laisser se développer une telle situation ?. une situation qu’on peut décrire par un mot tout simple : Injuste. Pas la peine d’invoquer quoi que ce soit pour défendre l’indéfendable, tu te réclames des grands équilibres, en voici un que tu n’as pas vu ou que tu n’as pas voulu voir. L’échange forcé inégal.
L’homme étant ce qu’il est, il utilise tout ce qu’il a sous la main pour essayer d’équilibrer la course du balancier. Il se trouve que la religion a la faculté de mobiliser, elle est utilisée par tous. personne n’a le monopole de l’intégrisme.
inti a écrit :
Comme si le carcan culturel monothéiste et anthropocentrique était devenu trop étroit pour continuer d'assurer les conditions d'évolution humaine sur terre. L'humanité aurait soif de grandir. L'évolution n'est pas seulement une science c'est aussi une pulsion vers l'avant, une ouverture biologique. Peu importe les prises de consciences les choses se feront car les conditions présentes ne sont qu'une étape entre ce qui fut et ce qui sera. Le monde moderne est issu du monde antique. On ne change pas un monde des idées comme on change de chemise après avoir suer dedans. Si tu souhaites oeuvrer au rétablissement du fondamentalisme religieux fais le au moins en toute transparence pour ne pas avoir à te lire entre les lignes.
Tu te trompes dans tes déductions @inti, il n’y a rien qui me relie au fondamentalisme religieux mais, bien sûr, si je devais choisir un camp religieux, ce serait évidemment l’œucuménisme, c’est le moindre mal dans la situation actuelle où les fanatiques de tous bords n’hésitent pas à envisager des solutions radicales. Celui qui a des yeux pour voir n’a qu’à regarder où se situent les injustices flagrantes, un petit geste d’apaisement et on peut encore gagner des décennies paisibles.
Sinon, oui, je suis d’accord, les choses se feront, quand l’eau coule et descend de la montagne, on a beau mettre des murs, construire des barrages, cela ne l’empêchera pas de descendre. C’est dans l’ordre des choses, un des grands principes de l’univers, les systèmes évoluent dans le sens de la diminution de l’énergie libre. On ne peut pas indéfiniment maintenir une situation qui demande une dépense colossale d’énergie.
Par ailleurs, oui, « l’humanité aurait soif de grandir » comme tu dis, la relation avec Dieu est certainement appelée à évoluer. Si l’homme continue à croire, Dieu doit s’adapter à la nouvelle donne, il doit se rendre compte que son enfant a grandi, qu’il faut le traiter en adulte désormais et ne plus exiger de lui une obéissance aveugle jusqu’à lui demander le sacrifice d’un fils.
Dieu n’a pas besoin de l’homme, et encore moins a -t-il besoin que l’homme fasse quoi que ce soit pour lui. Dieu par nature, et par la compréhension que l’homme a de la divinité n’a nul besoin de l’homme pour accomplir sa volonté. Présomptueux celui qui dit agir au nom de Dieu, ou dit accomplir la volonté de Dieu. C’est l’homme qui a besoin de Dieu pour surmonter sa peur de la vie, sa peur de la mort et du néant qui le guette. en se réfugiant dans le girons de Dieu, offrant sa foi en échange de voir sauvée son âme éternelle, il conclut un marché de dupes : l’intégrité de la raison escamotée par l’aberration de l’autosuggestion. comprenne qui pourra.
Oui, Il doit certainement exister une possibilité d’avoir une conversation plus apaisée avec Dieu, une relation plus équilibrée respectant la nature de chacun. Mais la condition essentielle pour cela est qu’une conversation préalable entre les hommes se soit produite. Ils doivent arrêter leur folie meurtrière et œuvrer pour le bien commun. Actuellement, il y a les moyens pour tous de vivre dans la dignité. Le contrôle des uns par les autres est une voie sans issue qui aboutira à l’anéantissement ...