Gérard C. Endrifel a écrit : 06 juin26, 09:04
Ah non ? Si le Père Noêl se présente en robe de bal à moi et à toi en tenue rouge avec bonnet, cela remettrait-il en cause son existence ? Est-ce que ma description du Père Noël tel qu'il s'est présenté à moi te semblerait pertinente ? Non. Tu t'attendrais qu'il se présente à toi de la même manière alors qu'il en a décidé autrement. Et quand il se présentera à toi en tenue rouge avec un bonnet, tu ne le verras pas comme le Père Noël parce que tu t'attendras à ce qu'il se présente à toi selon MA description. Et si toutefois tu le vois comme le Père Noël, tu m'accuseras d'être dans la croyance parce que ce qui se sera présenté à toi ne se sera pas présenté de la même manière pour moi et au lieu de te dire qu'il apparaît à chacun selon sa personne, tu te réfugieras dans l'absolu confort qu'il n'y a que toi qui sait ce qui est vrai.
Tu as choisi de croire uniquement ce que tu vois. Dans la vie d'un humain, cette position n'est pas suffisante. Il n'a pas été conçu pour ça.
Dans ce que j'ai développé jusqu'ici, je ne cherche pas à défendre l'intersubjectivité, les critères publics ni même des conditions théoriques de validation scientifique dans un cadre paradigmatique abstrait.
Je reviens toujours à quelque chose de plus élémentaire : ce qui est donné dans l'expérience.
Avec toi Gérard, le problème est que remplace mon propos par un autre.
Je ne dis pas : « si Dieu existe, il doit apparaître de la même façon à tout le monde ».
Je dis quelque chose de plus fort : « Dieu ne se présente pas dans l'expérience. »
Ton histoire de Père Noël ne répond donc pas à la question.
Donc Gérard,
Je ne vois pas le rapport avec ce que je dis.
Je n'ai jamais affirmé qu'une chose devait apparaître de la même manière à tout le monde pour exister.
Mon propos est beaucoup plus simple : où est Dieu dans l'expérience ?
Ton exemple suppose déjà que le Père Noël se présente.
Sous une forme ou sous une autre, il est donné dans l'expérience. On peut alors discuter de son apparence.
Mais concernant Dieu, c'est précisément ce qui manque.
Tu me parles d'une apparition différente selon les personnes. Très bien. Mais qu'est-ce qui apparaît exactement ?
Je ne rencontre jamais Dieu. Je rencontre des sensations, des affects, des représentations de toutes sortes, des phénomènes identifiables.
Le mot "Dieu" arrive après, comme interprétation.
C'est cela que je souligne depuis le début.
Et non, je n'ai pas choisi de croire uniquement ce que je vois.
D'ailleurs je ne croise strictement rien.
Je me contente de partir et de revenir à de ce qui est effectivement donné.
Si tu affirmes que Dieu est présent dans l'expérience, alors montre-le, désigne le, décris le tel qu'il se présente.
Pas comme interprétation. Pas comme conclusion. Pas comme croyance.
Comment se présente-t-il concrètement dans ce qui se présente ?
Ce qui m'intéresse c'est l'expérience immédiate, le donné, et la distinction entre ce qui apparaît et ce qu'on ajoute ensuite comme explication.
Les baratins m'intéressent très peu.
___
Il fallait que je recentre la discussion sur mon propos duquel tu devies.
Car,
Je ne demande pas une preuve scientifique de Dieu.
Je ne demande pas un consensus intersubjectif.
Je ne demandes même pas une validation publique.
Je demande quelque chose de beaucoup plus élémentaire :
-----> Où est Dieu dans ce qui se présente ?
Et surtout :
-----> Que désigne exactement le mot « Dieu » dans l'expérience elle-même ?
Quand je dis :
« Je ne rencontre jamais Dieu. Je rencontre des sensations, des affects, des représentations de toutes sortes, des phénomènes identifiables. »
et
« Le mot "Dieu" arrive après, comme interprétation. »
C'est le cœur de la réponse que je te fais.
Elle replace la charge de la preuve.
Jusqu'ici, tu tentes de déplacer la discussion vers :
« Dieu peut apparaître différemment selon les personnes. »
Mais cela suppose déjà que Dieu apparaît.
C'est pourquoi je te dis :
Très bien Gerard, mais où est-il avant l'interprétation ?
Autrement dit :
-----> Comment Dieu se présente t-il dans ce qui se présente tel qu'il se présente indépendamment de toute interprétation ?
Et c'est là que beaucoup de discours spirituels tomberont dans l'évitement, la confusion, les déplacements et autres subterfuges, et dans les baratins et autres blablas.
Parce qu'au lieu de désigner un phénomène, ils propose une interprétation, autrement dit : une théorie invérifiable qu'ils l'appellent « Dieu ».
Mais ce que je demande est antérieur à cette nomination :
-----> Qu'est-ce qui est donné avant que tu ne l'appelles Dieu ?
En bref :
-----> Je ne demande pas pourquoi tu appelles cela Dieu. Je demande ce qui se présente avant que tu le nommes ainsi.
Et cette question est difficile à contourner sans revenir à des récits, des croyances ou des interprétations.
C'est précisément pour cela qu'elle est cruciale dans une approche empiriste stricte.
.