Pollux a écrit : 09 sept.26, 14:21
La Bible contient des fables, des textes poétiques, des paraboles, des récits fantastiques, etc., mais tous ces styles littéraires servent à transmettre des leçons ou des message divins. Le plus important ce n'est pas l'emballage mais ce qu'il contient.
Encore une fois , tu parles de l'effet Barnum .
Dans l'effet Barnum classique, le texte est flou de naissance.
Dans la lecture religieuse que tu décris, le texte est rendu flou par le lecteur. En déclarant qu'un verset gênant est « métaphorique », le croyant injecte lui-même du flou là où le texte était pourtant très direct. Il crée artificiellement les conditions de l'effet Barnum pour pouvoir y projeter ce qu'il veut.
C'est ce qu'on appelle en psychologie la rationalisation : transformer un énoncé problématique en une formule assez vague ou poétique pour qu'elle devienne inattaquable et toujours « vraie » sur le plan spirituel.
Mais en faisant ça , le résultat final c'est que le livre n'a plus de fond , il devient la propre imagination du croyant . C'est un livre creux .
Quand un texte peut signifier une chose et son contraire selon les besoins du moment, il perd sa valeur d'autorité objective. Le mécanisme produit alors trois conséquences directes :
1) Un miroir déformant : Le livre cesse d'instruire le lecteur ; c'est le lecteur qui projette ses propres valeurs morales modernes sur le texte. Le croyant croit suivre la volonté divine, alors qu'il ne fait que valider ses propres convictions préexistantes.
2) La perte de substance historique : En transformant tout passage dérangeant en symbole ou en allégorie, on efface la réalité brute du texte d'origine, son contexte historique, juridique et sociologique.
3) L'infaillibilité artificielle : Un texte qui ne peut jamais avoir tort parce qu'on en change le sens à volonté devient ce que le philosophe Karl Popper appelait un système non réfutable. S'il peut tout dire, il ne dit plus rien de fixe.
C'est précisément cette dérive que reprochent les critiques rationalistes aux apologètes : à force de diluer le sens littéral pour sauver la morale du texte, on se retrouve avec un ouvrage réceptacle où chacun lit ce qu'il a envie d'y trouver.