bonjour Navam !
Navam a écrit :Des questions me viennent à l'esprit ...
Quant on parle de perte de conscience, peut-on vraiment parler de perte de conscience ? Perte de conscience extérieure veut-il dire perte de conscience ? La conscience ne peut-elle pas être tournée vers autre part que l'extérieur ? Quant-on rêve, y a-t-il vraiment perte de conscience ? Si l'on prend les rêves lucides ou les "rêves conscients" ? (C'est une dénomination personnelle suite à une expérience afin de différencier ce type de rêve avec le rêve lucide.)
Enfin voilà ! Je te rejoins assez finalement, enfin je pense.
C'est bien toute l'ambiguïté du mot 'conscience', d'ailleurs bien reconnue par Stanislas Dehaene : il précise que ses expérimentations ne concernent que l'observation de la "prise de conscience" d'une information (et un peu plus au-delà ce qu'il se passe avec ces informations), ce pourquoi je pense qu'il vaudrait mieux qu'il parle des mécanismes de la pensée. Je soupçonne qu'il y a dans son choix d'utiliser le mot "conscience" une intention de marketing.
Là où il outrepasse alors le champ de ses expériences, c'est quand il suppute que ce mécanisme des pensées serait à lui seul le producteur de la personne. C'est un à priori de sa part, et qu'il semble en tout cas encore loin d'avoir démontré.
C'est un peu dangereux, puisqu'il travaille en lien avec des services hospitaliers qui s'occupent de personnes dans le coma, et qu'ils semblent s'orienter vers le principe qu'à partir du moment où on ne pourrait plus repérer dans le cerveau ces activités de pensée qu'il a identifiées, cela voudrait dire qu'on pourrait débrancher de telles personnes... J'espère qu'ils attendront d'avoir un peu plus prouvé leur supposition avant de mettre en œuvre un tel programme.
Ceci doit en tout cas répondre à tes questions sur ce qu'on appelle "perte de conscience". Dans un tel principe que celui supposé par Stanislas Dehaene, le fait que les activités cérébrales qu'il a identifiées se produisent encore pendant le sommeil et autres "pertes de conscience" suffisent à expliquer qu'au réveil la personne n'a pas l'impression d'avoir disparu, n'a pas l'impression d'être une autre personne toute neuve sans lien avec celle qu'elle était avant.
Ceci veut dire qu'il vaudrait sans doute mieux parler de différents modes de conscience : une conscience d'éveil, où on "sait" que des informations nous parviennent et que nous les traitons (combinons, réfléchissons), et une conscience où nous effectuons des opérations similaires, mais où on ne le "sait" pas, ou ne le "sait" pas de la même manière.
Il faudrait peut-être être plus précis encore : dans la conscience d'éveil, nous "savons" que nous traitons certaines informations, mais il y a aussi d'autres informations, que nous traitons en même temps, mais sans le savoir ou en le sachant moins. Il me semble que c'est plutôt comme ça qu'il faut voir les choses : dans l'éveil, nous sommes plus conscients du flux de traitement des informations, dans le sommeil nous en sommes moins conscients.
Encore plus précis : dans l'éveil nous pouvons avoir une conscience aiguë et concentrée sur quelques informations ciblées et/ou de leur traitement, ou une conscience plus large mais aussi moins vive d'un plus grand nombre d'informations simultanées et/ou de leurs traitements. Peut-être le sommeil est-il le passage où cette conscience plutôt large et simultanée le devient tellement que nous n'avons plus du tout, ou si peu, l'impression d'en être encore conscients ?
J'ai développé ces derniers paragraphes un peu à l'aventure. Te semblent-ils faire sens ? Notamment, par rapport à ce que tu nommes les rêves lucides, ou conscients (il faudrait que tu m'expliques mieux de quoi il s'agit), est-ce que ça donne quelques pistes d'explications ?
Inti a écrit :Tu vois anon, on aurait pu parler du phénomène de la conscience
toi, oui, tu aurais aimé parler du phénomène de la conscience, mais tu n'as visiblement aucun besoin de moi pour ça...