Extrait du livre : "Dieu malgré Lui" du dr Brown.
La Trinité: Le fondement de la foi pour certains, la cible du ridicule pour d'autres, mais un mystère pour tous. Et cela ne devrait pas être surprenant. Pour citer les affirmations des autorités, "Ce mot n'apparaît pas dans l'Ecriture …"115 et, "La doctrine de la Trinité comme telle n'est révélée ni dans l' Ancien Testament ni dans le Nouveau Testament …"116
Alors d'où est-il venu?
Le mot grec trias pour "triade" était "un mot pour la première fois utilisé concernant la Trinité dans la divinité par Théophile d'Antioche, qui désigne par La Triade : Dieu, Sa parole et Sa Sagesse."117 Ceci, tout au moins, est une triade qui a quelque sens une fois qu'une personne accepte que les paroles de Dieu soient une expression de Sa sagesse. Pourquoi Théophile s'est-il senti obligé de séparer Dieu de Ses attributs, est une question à part entière, et largement hors de propos pour la discussion. L'Histoire indique que le mot latin trinitas a été proposé pour la première fois en l’an 220 par Tertullien, un écrivain du troisième siècle et un des premiers apologistes chrétiens de Carthage, qui a théorisé la participation tripartite à la divinité, entre Dieu, Jésus, et le Saint Esprit. Le fait que Tertullien était un avocat chatouille l'imagination de ceux qui ont remarqué que les mots incompréhensibles ou à double sens ont fréquemment pour origine des avocats et des politiciens (dont plusieurs sont avocats en tous cas, mais sans la nécessité politique supplémentaire de négliger même les éthiques minimes de la profession légale). On se demande quelles étaient les conditions imprimées en petites lettres du contrat de Tertullien, et sur quelle évidence il a basé sa théorie.
Qu'est-ce qui a fait éclore la théorie qui, d'une manière ou d'une autre, a échappé aux esprits des écrivains de l'évangile, aux disciples, et à Jésus lui-même?
Personne ne devrait pas s'attendre à trouver une référence scripturale définitive, car, "à travers tout le Nouveau Testament, tandis qu'il y a croyance en Dieu le Père, en Jésus le Fils et au Saint-Esprit de Dieu, il n'y a aucune doctrine d'un seul Dieu en trois personnes (façons d'être), aucune doctrine d'un 'tri-un Dieu', une 'trinité'."118 Franchement parlé, "La doctrine formelle de la Trinité comme elle a été définie par les grands conciles ecclésiastiques des quatrième et cinquième siècles ne peut être trouvée dans le Nouveau Testament."119 Au mieux, on peut alors seulement espérer trouver des passages qui paraissent suggérer la Trinité, en concept, pas en désignation.120(NE).
Même ainsi, nous devrions nous attendre à être frustré, parce que "La formule trinitaire a été formée dans un processus de pensée extrêmêment complexe, parfois contradictoire, et en tous les cas, lassant."121
Et ceci est précisément ce que nous avons trouvé. Les doctrines formelles de la Trinité et de la filiation divine ont toutes
deux jailli du Concile de Nicée et ont été incorporées au sein de la Croyance Nicéenne – "Une profession de foi qui a obtenu l'accord, bien qu'avec quelques craintes à cause de sa terminologie non-biblique, des évêques à Nicée I (325EC) afin de défendre la foi véritable contre l'Arianisme" (L'italique est le mien).122 Maintenant, stop. Rembobinez, et re-jouez. Les évêques de Nicée ont dérivé la doctrine de la Trinité sur base d'une terminologie
non-biblique, ont prononcé la leur, la foi "véritable", et puis ont attribué à Arius, dont les doctrines unitaires étaient prises de la Bible, l'enseigne d'hérétique?
Normalement, dans les discussions religieuses, nous préférons éviter le terme "salauds" mais dans ce cas–là…
Hem. Où en étais – je? Oh, oui …
Imaginez donc les pères de l'église, quelque trois cent ans à la suite du ministère de Jésus, recevant en main la Trinité – une invention mystique qu'ils n'ont simplement pas pu reconnaître comme l'enfant doctrinal conçu à travers les enseignements de Jésus. Comment l'église a-t-elle agi avec les évêques opposés à cette invention? Elle les a exilés, de pair avec Arius, après quoi aucun des autres n'a osé renier la doctrine.123
C'est seulement après avoir triomphé d'Arius et d'autres Unitariens proéminents que la Trinité et la Croyance Nicéenne ont été formellement
ratifiées par le Concile de Constantinople en l’an 381.124
Hmm. Le Concile de Nicée en 325, puis le Concile de Constantinople en 381. Combien d'années séparent les deux? Cinquante – six années.
Maintenant, cela pourrait paraître bien peu dans l'étendue de l'histoire humaine, mais, pour se décider, cela représente un temps très très long pour une église. Assez long pour que la plupart des membres originaux du Concile, sinon tous, soient décédés. Par comparaison, la plupart des érudits bibliques sont d'accord que la mission de Jésus a duré, quoi, trois années seulement, c’est bien cela?
Alors pourquoi a-t-il fallu cinquante–six ans à l'Eglise pour mettre au point la doctrine trinitaire?
Ça n'a pas pris ce temps là. Pas aussi longtemps. En fait, il s’est passé autre chose dont il faut tenir compte.
La raison véritable n'était pas tant que l'Eglise avait besoin que le temps passe, mais plutôt l'Eglise avait besoin que les gens passent… c'est-à-dire, outre-vie.
Voici ce qui est arrivé: Durant le règne de l'Empereur Constantin, l'Empire Romain était affaibli par les combats religieux intérieurs, tandis qu'il menait en même temps la guerre sur des fronts multiples. Comme résultat, Constantin chercha à fortifier l'Empire Romain intérieurement en unissant son royaume sous une seule foi chrétienne. Dans ce but, "L'Empereur non seulement a convoqué le Concile (de Nicée) et pris charge de sa procédure, mais il exerça une influence considérable sur ses décisions. Il n'était pas encore un plein membre de l'Eglise, car il n'a guère reçu le baptême que sur son lit de mort, mais pratiquement, il agissait comme s'il présidait l'Eglise, et, ce faisant, il a
établi un précédent qui a été suivi par ses successeurs byzantins."125 Et cela, après tout, c'est ce que toute église désire, n'est-ce pas (hem, hem) – un politicien qui est non seulement non-instruit dans la foi, mais aussi n’est même pas pleinement un membre, prenant "charge de sa procédure" et exerçant "une influence considérable sur ses décisions"?
Comme résultat, "La controverse concernant la doctrine cessa d'être le souci privé de l'Eglise, mais fût influencée par les besoins politiques et devint un élément important dans la vie politique autant qu'ecclésiastique. En outre, les intérêts séculiers et ecclésiastiques étaient loin de converger, et la coopération entre les deux autorités était souvent remplacée par le conflit. Tout ceci était évident même au temps de Constantin qui ont vu l'intervention de l'Etat dans les différends de l'Eglise."126 Houla. Et penser que certaines gens endossent la séparation de l'église de l'Etat (Quels que soient ces gens, ils ne sont sûrement pas des empereurs romains). Mais le point à noter est que, quels que soient les efforts déployés, Constantin n'a jamais résolu la controverse unitarienne– trinitaire.
En fait, il a même échoué à mettre d’accord ses fils sur ce sujet.
Après sa mort, un fils, Constantius, "régna sur la moitié orientale (de l'Empire Romain) et déclara l'adoption de l'Arianisme" tandis que l'autre fils, Constans, "contrôla l'Occident et reconnut la Croyance Nicéenne."127 Les deux frères convoquèrent le Concile de Sardica en 343 pour réconcilier ces deux perspectives, mais échouèrent.
Constans était le plus puissant, et ainsi, il a établi les évêques trinitaires "orthodoxes" sous son autorité, malgré les objections de Constantius. Cependant, Constans est mort le premier, et à ce moment – là, Constantius a inversé la politique de son frère et proclamé l'Arianisme la religion du royaume aux synodes de Sirmium et Rimini en 359.
L'empereur romain suivant, Julien (361-363) essaya de ressusciter les cultes païens, qui demeuraient puissants, tant en nombre qu'en richesse. Il fut vite remplacé par l'Empereur Jovian (363-364), un Chrétien, qui fut encore plus vite remplacé par ses fils, Valentinien (364-75) et Valens (364-78). Ceci nous ramène à un royaume divisé, car comme avec les fils de Constantin, Valentinien régna sur l'Empire Romain Occidental et reconnut la Croyance Nicéenne, tandis que Valens gouverna l'Orient en tant qu'un Arien. Leur successeur, Théodose le
Grand (375-83), mit fin à tout cela.
L'empereur Theodosius rédigea une série de décrets qui établissaient le Christianisme Trinitaire comme la seule religion approuvée de l'Empire Romain. Le Concile de Constantinople confirma la doctrine Nicéenne et établit le Christianisme Trinitaire comme orthodoxe.
"C'était durant son règne (celui de Théodose) que le Christianisme devint la religion de l'Etat, gagnant ainsi le monopole, pendant qu’à d'autres religions et croyances fut refusé le droit d'exister."128
Alors qu'est-ce qui est arrivé entre le Concile de Nicée en 325 et le Concile de Constantinople en 381? Beaucoup de choses on le voit. La Croyance Nicéenne a été rédigée sous Constantin, le royaume a été divisé entre l'Arianisme et le Christianisme Trinitaire sous les fils de Constantin, confirmé sur l'Arianisme par deux synodes sous Canstantius, retourné au paganisme sous Julien, rendu au Christianisme sous Jovien, de nouveau divisé entre l'Arianisme et le Trinitarisme sous Valentinien et Valens, et puis confirmé sur le Trinitarisme durant le règne de Theodosius.
La Croyance Nicéenne fut par la suite érigée au rang d’autorité au Concile de Chalcédoine en 451. Le reste, hélas, fait partie de l’Histoire.
Le processus de la dérivation de la formule trinitaire a été tellement tardif, contorsionné, et discutable, qu' "Il est difficile, dans la seconde moitié du vingtième siècle, d'offrir un compte-rendu clair, objectif, et sans complications de la révélation, l'évolution doctrinale, et l'élaboration théologique du mystère de la Trinité. La discussion trinitaire, catholique romaine ou autre, présente une
silhouette quelque peu instable."129
"Instable," en vérité: "La formule elle-même ne reflète pas la conscience immédiate de la période des origines; c'était le produit de trois siècles de développement doctrinal … C'est ce retour contemporain aux sources qui est en dernier lieu responsable de la silhouette instable." .130
En d'autres mots, du point de vue de l'Eglise le problème est que les laïcs éduqués commencent à avoir plus confiance en l'Ecriture qu'aux esprits imaginatifs et aux sources non bibliques desquelles l'église a dérivé son dogme.
Nous pouvons comprendre leur souci. Après tout, il est beaucoup plus facile de dire aux gens ce qu'ils doivent croire (et payer la dîme) que d'avoir à faire avec les questions problématiques qui résultent d'une analyse objective. Des questions comme, comme, comme … eh bien, comme celles-ci !
En tous cas, comme si la précédente citation n'était pas suffisante, la New Catholic Encyclopedia continue: La formulation "un seul Dieu dans trois Personnes" n'était pas solidement établie, et certainement pas pleinement assimilée dans la vie chrétienne et sa profession de foi, avant la fin du quatrième siècle. Mais c'est précisément cette formulation qui a la première prétention au titre le dogme trinitaire.
Parmi les Pères Apostoliques, il n'y avait rien eu qui approche, même de loin, une telle mentalité ou perspective.131
Ça va, asseyons-nous tous confortablement, grattons nos têtes, et disons collectivement un "Hein?"
L'Eglise admet que la Trinité était inconnue aux Pères Apostoliques,132 et que la doctrine était dérivée de sources non bibliques, mais insiste que nous y croyions de toute façon? Pas étonnant qu'il lui a fallu si longtemps pour devenir populaire.
Une fois approuvé par les conseils ecclésiastiques, plusieurs autres siècles passèrent avant que ce concept étranger eût gagné l’adoption générale. La New Catholic Encyclopedia observe que la dévotion à la Trinité n'était pas suivie et ce jusqu'au huitième siècle, où elle commença à prendre racine dans des monastères à Aniane et à Tours.133
Au milieu de cette prise de conscience croissante des différences entre la doctrine trinitaire et la période des origines, on pourrait être surpris de trouver un groupe prétendant être les disciples de Jésus Christ (i.e., les Musulmans!) lisant ce qui suit dans leur livre de guidance (i.e., le Saint Coran):
Ô gens du Livre! Ne dépassez pas la mesure dans votre religion; ne dîtes, sur Dieu, que la vérité. Oui, le Messie, Jésus, fils de Marie, est le Prophète de Dieu, sa Parole qu'Il a jetée en Marie, un Esprit émanant de Lui. Croyez donc en Dieu et en Ses prophètes. Ne dites pas: "Trois"; cessez de le faire; ce sera mieux pour vous. Dieu est unique! Gloire à Lui! (Le Très Haut) Comment aurait–Il un fils? Ce qui est dans les cieux et sur la Terre Lui appartient. Dieu suffit comme protecteur. (TSC 4: 171).
Et cet avertissement:
Dis: Ô peuple du Livre! Ne vous écartez pas de la Vérité dans votre religion. Ne vous conformez pas aux désirs des hommes qui se sont
égarés autrefois et qui en ont égaré beaucoup d'autres hors du droit chemin. (TSC 5:77).
On pourrait se demander ce qui, du Nouveau Testament, sépare ces deux groupes par une aussi large étendue de compréhension. Trinitaires, Unitariens et Musulmans, tous allèguent suivre les enseignements de Jésus. Mais qui les suit vraiment et qui ne les suit pas?
Des siècles durant, l'argument a été avancé que les Trinitaires suivent la théologie pauline de préférence à celle de Jésus. Cette accusation est difficile à nier, car Jésus enseignait la Loi de l'Ancien Testament, alors que Paul la reniait. Jésus prêchait la croyance juive orthodoxe; Paul prêchait les mystères de la foi. Jésus parlait de la responsabilité; Paul proposait la justification par la foi. Jésus se décrivait lui-même comme un prophète ethnique; Paul le définissait comme un prophète universel.134(NE)
En un manque de respect pour des milliers d'années
de révélation communiquée à travers une longue chaîne de prophètes estimés, et contrairement aux enseignements du Rabbin Jésus, Paul a mis l'emphase non sur la vie et les enseignements de Jésus, mais sur sa mort. Comme Lehrmann l'a écrit, "La seule chose que Paul considère importante est la mort du Juif Jésus, qui a détruit tous les espoirs de libération par un Messie. Il produit le christ victorieux du Messie juif raté, le vivant du mort, le fils de Dieu du fils de l'homme."135
Plus d’un érudit considère Paul comme le corrupteur principal du Christianisme Apostolique et des enseignements de Jésus, et ils ne sont pas les seuls. Plusieurs sectes chrétiennes des premiers temps le pensaient aussi, y compris la secte chrétienne du second siècle connue du nom des Adoptianistes.
Selon Bart D. Ehrman, "En particulier, (les Adoptianistes) considéraient Paul, l'un des plus proéminents auteurs de notre Nouveau Testament, comme étant un archi-hérétique plutôt qu'un apôtre."136
Peut-être la contribution la plus concluante à cet argument se trouve dans les Rouleaux de la Mer Morte, vu que plusieurs érudits sont convaincus qu'ils condamnent Paul pour son abandon de la Loi de l'Ancien Testament et sa rébellion contre les enseignements de Jésus et les premiers leaders chrétiens. La fin du « Document de Damas », en particulier, semble documenter la malédiction et l'excommunication de Paul par la communauté chrétienne des premiers temps.137
Eisenman nous informe que les Ebionites – les descendants de la Communauté Chrétienne de Jacques à Jérusalem – considéraient Paul comme "un apostat de la Loi." A propos des Ebionites, il écrit:138 Ils sont certainement la communauté qui tient la mémoire de
Jacques dans la plus haute estime, tandis qu'ils considéraient Paul comme "l'Ennemi" ou l'Antéchrist … Une telle position n'est pas sans parallèle dans des passages cruciaux de la lettre au nom de Jacques dans le Nouveau Testament. Nous avons déjà démontré que cette lettre, en répondant à un quelconque adversaire qui croyait qu'Abraham était justifié seulement par la foi, dit qu'en se faisant lui-même "un ami de l'homme," cet adversaire s'est transformé en "l'Ennemi de Dieu." La terminologie "Ennemi" est aussi connue dans la "parabole de l'ivraie" de Matthieu 13: 25-40, peut-être la seule parabole anti-pauline dans les Evangiles, où un "Ennemi" sème "l'ivraie" parmi les bonnes graines. A la "récolte" l'ivraie sera déracinée et jetée dans le feu.139
Johannes Lehmann écrit, "Ce que Paul proclamait comme "Chrétienté" était pure hérésie qui ne pouvait être basée ni sur la foi juive ou Essène, et non plus sur l'enseignement du Rabbin Jésus. Mais comme Schonfield le dit, "L'hérésie pauline devint les fondations de l'orthodoxie chrétienne et l'Eglise légitime a été désavouée comme hérétique."140
Il continue, "Paul a fait quelque chose que Rabbin Jésus n'a jamais fait et a refusé de faire. Il a étendu la promesse de Salut de Dieu aux Gentils; il a aboli la loi de Moïse, et il a empêché l'accès direct à Dieu en introduisant un intermédiaire."141
Bart D. Ehrman, auteur de The New Testament: A Historical Introduction to the Early Christian Writings et peut-être la voix contemporaine la plus compétente en la matière nous rappelle que
"Le point de vue de Paul n'était pas universellement accepté ou, pourrait-on dire, n'était pas même largement accepté," et qu'il y avait des leaders chrétiens proéminents, y compris le plus proche disciple de Jésus, Pierre, "Qui l'ont contredit avec véhémence à ce sujet et qui considéraient les idées de Paul comme une corruption du message véritable du Christ."142
Commentant les opinions de quelques premiers Chrétiens dans la littérature Pseudo Clémentine, Ehrman écrit,
" Pierre, et non Paul, est l'autorité véritable pour comprendre le message de Jésus. Paul a corrompu la vraie foi sur base d'une brève vision, qu'il a sans doute mal interprétée. Paul est ainsi l'ennemi des apôtres, non leur chef. Il est hors de la vraie foi, un hérétique qui doit être banni, et non pas un apôtre à suivre."143
D'autres élèvent Paul à la sainteté. Joel Carmichael s’oppose clairement à eux:
Nous sommes dans un univers loin de Jésus. Si Jésus est venu
"seulement pour accomplir" la Loi et les Prophètes; s'il pensait que "pas un iota, pas un point" ne "passerait hors de la Loi," que le commandement cardinal était "Ecoutez, O Israël, le Seigneur Notre Dieu, le Seigneur est un," et que "Nul n'est bon sauf Dieu" … Qu'aurait-il pensé du travail effectué par la main de Paul!
Le triomphe de Paul signifiait l'oblitération finale du Jésus historique; il nous arrive embaumé dans le Christianisme comme une mouche dans l'ambre.144
Tandis que plusieurs auteurs ont souligné la disparité entre les enseignements de Paul et de Jésus, le meilleur d'entre eux a évité le
commentaire opiné et s'est focalisé de simplement exposer les différences. Dr. Wrede commente:
Chez Paul, le point central est un acte divin, dans l'histoire mais transcendant l'histoire, ou un complexe de tels actes, qui octroie à toute
l'humanité un salut tout prêt. Toute personne qui croit en ces actes divins – l'incarnation, la mort, et la résurrection d'un être céleste, reçoit le salut.
Et ceci, qui pour Paul représente la somme de la religion – le squelette de l'édifice de sa piété, sans lequel elle s'effondrait – ceci peut-il être une continuation ou un remodelage de l'évangile de Jésus? Où, dans tout ceci, peut on trouver cet évangile-là, que Paul dit avoir compris? De ce qui est tout pour Paul, combien Jésus lui-même en sait-il ? Rien du tout.145
Et Dr. Johannes Weiss contribue, "Ainsi la foi en Christ telle que maintenue par les églises primitives et par Paul, était quelque chose de nouveau en comparaison de ce que Jésus a prêché; c'était un nouveau type de religion."146
Baigent et Leigh résument nettement la situation ainsi:
Dans toutes les vicissitudes qui suivent, on doit souligner que Paul est, en fait, le premier hérétique "chrétien", et que ses enseignements –
qui sont devenus les fondations du Christianisme ultérieur – sont une flagrante déviation de la forme "originale" ou "pure" louée par l'avantgarde … Eisenman a démontré que Jacques émerge comme le conservateur du tronc original des enseignements, le défenseur de la
pureté doctrinale et de l'adhérence rigoureuse à la Loi. La dernière chose qu'il aurait pu avoir en tête, aurait été de fonder une "nouvelle religion".
Mais c’était précisément de que Paul était en train de faire… Cependant, comme les choses avaient transpiré, la tendance générale du nouveau mouvement s'est graduellement agglutinée durant les trois siècles suivants, autour de Paul et de ses enseignements.
Ainsi, à l'horreur posthume indubitable de Jacques et de ses associés, une religion entièrement nouvelle était en fait née – une religion qui devait peu à peu de moins en moins à voir avec ses fondations originelles.147
Quelle théologie a triomphé en fin de compte – pourquoi et comment – est une question laissée aux analyses des auteurs plus haut cités. Une fois que nous reconnaissons que les enseignements de Paul et de Jésus se contredisent, nous sommes forcés de choisir de quel côté nous ranger. Michael Hart a mentionné ce qui suit dans son tome scolastique, The 100, a ranking of the Most Influential Persons in History:
"Bien que Jésus était responsable des préceptes éthiques et moraux du Christianisme (dans la mesure où ceux-ci différaient du Judaïsme), Saint Paul était le concepteur essentiel de la théologie chrétienne, son prosélyte principal, et l'auteur d'une large portion du Nouveau Testament."148
"Une large portion" du Nouveau Testament? Des 27 livres et épîtres, Paul en a écrit 14 – plus de la moitié. Cela représente un levier littéraire d’ampleur afin d’hausser sa théologie au sommet. Concernant la perspective de Paul, "Il n'interroge pas ce qui a conduit à la mort de Jésus, il voit seulement ce que cela signifie personnellement pour lui. Il transforme un homme qui appelait les gens à la réconciliation avec Dieu, en un sauveur. Il transforme un mouvement juif orthodoxe en une religion universelle qui s'est heurtée, en fin de compte, au Judaïsme."149
En fait, les enseignements de Paul ont séparé le Christianisme trinitaire du tronc du monothéisme révélé. Tandis que les enseignements monothéistes communiqués par Moïse, Jésus et Muhammad sont tous alignés dans une continuité homogène, les enseignements de Paul sont distinctement disloqués.
Pour commencer, Jésus a enseigné l'unicité de Dieu: "Jésus répondit: "Le premier, c'est: Ecoute, Israël, le Seigneur notre Dieu est l'Unique Seigneur; tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur, de toute ton âme, de toute ta pensée et de toute ta force." Ceci est le premier commandement. " (Marc 12: 29- 30). Non seulement Jésus a-t-il souligné l'importance de ses mots en les intercalant entre la phrase répétée "Ceci est le premier [certaines traductions disent plus grand"] commandement," mais l'importance de cet enseignement est également mise en valeur dans Matthieu 22:37 et Luc 10:27. Reconnaissant sa continuité à partir du Judaïsme, Jésus a communiqué son enseignement du Deutéronome 6:4-5 (tel que reconnu dans les commentaires de toutes les Bibles renommées).
Hans Küng contribue, "En tant que Juif pieux, Jésus lui-même a prêché un strict monothéisme. Il ne s'est jamais lui-même nommé Dieu,
bien au contraire: "Pourquoi m'appelles-tu bon? Nul n'est bon que Dieu seul." (Marc 10:18) … Il n'y a aucune indication dans le Nouveau
Testament stipulant que Jésus se décrivait lui-même comme une seconde personne dans Dieu et qu'il était présent à la création du Monde. Dans le Nouveau Testament, Dieu lui-même (ho theos', 'le Dieu', 'Dieu') est toujours le seul Dieu et Père – non le Fils."150
Et cependant, la théologie pauline est arrivée, d'une manière ou d'une autre, à la Trinité. Mais de quelle manière? Jésus s'est référé à l'Ancien Testament. A quoi les théologiens pauliniens se sont-ils référé?
Absente d'une façon significative dans les enseignements de Jésus est l'association de lui-même avec Dieu. Ce ne sont pas les occasions ni les places qui manquent, à travers tout le Nouveau Testament, pour Jésus de proclamer son partenariat en divinité, si c'était vrai. Mais il ne l'a pas fait. Il n'a pas dit:
"Ecoute, O Israël, le Seigneur notre Dieu est l'unique seigneur – mais ce n'est pas aussi simple que ça, alors laissez-moi expliquer …"
Pour réviser les points essentiels dans cette discussion:
1. La formule trinitaire a été conçue au troisième siècle et codifiée au quatrième, distante en temps et théologie de la période de la révélation.
2. La formule trinitaire était complètement inconnue aux Pères apostoliques.
3. La trinité ne se trouve ni dans l'Ancien ni le Nouveau Testaments, que ce soit en nom ou en concept.
4. L' "accomplissement" de la théologie pauline – la formule trinitaire – a été conçu par des hommes, à base des mysticismes de Paul, et en
conflit direct avec le strict monothéisme communiqué dans l'Ancien Testament et dans les enseignements de Jésus Christ.
Alors avec toutes ces preuves contre la Trinité, quelles sont les preuves qui, elles, y seraient en faveur ? Y en a-t-il seulement ?
Cela dépend à qui vous poserez la question.
Les laïcs chrétiens aiment citer Johannine Comma (Première épître de Jean, versets 5:7-8), bien qu'aucun érudit biblique sérieux ne le ferait. Et il y a une bonne raison à ne pas le faire: Les versets disent: "C'est qu'ils sont trois à rendre témoignage au ciel: le Père, le Verbe, et le Saint-Esprit; et ces trois sont un. Et ils sont trois à rendre témoignage sur terre: L'Esprit, l'eau et le sang, et ces trois convergent dans l'unique témoignage." Un problème – la phrase "le Père, le Verbe, et le Saint Esprit; et ces trois sont un" a été reconnue depuis longtemps comme une interpolation (une insertion déroutante).
La Interpreter's Bible commente:
Ce verset dans la KJV doit être rejeté (avec la RSV). Il n'apparaît dans aucun ancien manuscrit grec et il n'est cité par aucun père grec; dans
aucune version, seule celle en Latin le contient, et même celle-ci, dans aucune de ses sources les plus anciennes. Les premiers manuscrits de la Vulgate ne contiennent pas ce verset. Comme Dodd (Epîtres de Johannine, p. 127n) nous le rappelle, "Elle est premièrement citée comme une partie de 1 Jean par Priscillian, l'hérétique espagnol, mort en 385, et elle a graduellement fait son chemin au sein des manuscrits de la Vulgate latine jusqu'à être acceptée comme partie du texte latin autorisé.151
Dr. C. J. Scofield, D. D., soutenu par huit autres Docteurs en Théologie, affirme ce qui précède d'une façon encore plus claire dans sa note en marge de ce verset: "On est généralement d'accord que ce verset ne fait autorité dans aucun manuscrit et qu'il a été inséré."152
"Généralement d'accord"? Comme l'expriment les professeurs Kurt et Barbara Aland, "Un coup d'oeil aux données dans l'appareil critique de Nestle – Aland (qui est exhaustif sur ce passage) devrait rendre tout autre commentaire inutile pour démontrer la nature secondaire de cette addition et l'impossibilité qu'elle soit d'aucune façon associée à la forme originale du texte de 1 Jean."153
Professeur Metzer, qui lui aussi attribue ce passage ou bien à Priscillian ou à son disciple l'Evêque Instantius, écrit, "Le fait que ces mots soient fallacieux et n'ont aucun droit d'existence dans le Nouveau Testament est certain…"154 Dans une autre oeuvre, il ajoute, "Les érudits catholiques romains modernes, cependant, reconnaissent que les mots n'appartiennent pas au Testament dans sa version grecque …"155
Comment donc 1 Jean 5:7 a-t-il envahi l'Ecriture? Ceci n'est pas un mystère pour les étudiants en théologie. Il paraît avoir été originellement écrit en marge de l'Ecriture par un copieur tardif du manuscrit. Ceux qui cherchaient un soutien pour l'idéologie trinitaire ont transporté la note marginale au sein du texte et l'ont incorporée dans l'Ancienne Bible Latine quelque temps durant le cinquième siècle.156 De cette manière, ils ont adopté ce verset non pas parce qu'il était valable, mais parce qu'il était utile. Selon les mots de E. Gibbon:
Le texte mémorable, qui affirme l'unité des Trois qui rendent témoignage au ciel, est condamné par le silence universel des pères orthodoxes, les anciennes versions, et les manuscrits authentiques … Une interprétation allégorique, dans la forme, peut-être, d'une note marginale,
a envahi le texte des bibles latines, qui ont été renouvelées et corrigées au cours d'une obscure période de dix siècles. Après l'invention de
l'imprimerie, les éditeurs du Testament Grec ont cédé à leurs propres préjugés, ou à ceux de leurs temps, et la fraude pieuse, qui a été
embrassée avec un zèle égal à Rome et à Genève, a été infiniment multipliée dans chaque pays et en chaque langue de l'Europe moderne."157
Ehrman, dans son Misquoting Jesus, expose brillamment comment ces versets se sont infiltrés dans le Grec sous la forme d'un forgeage au seizième siècle.158
Tout ceci explique pourquoi les laïcs aiment 1 Jean 5:7, et les érudits ne l'aiment pas.
Bien que les versions de King James et la Catholic Douay-Rheims Bible retiennent le verset, les érudits ont sans cérémonie omis 1 Jean 5 :7 de traductions plus modernes et réputées, incluant les Revised Standard Version de 1952 et 1971, New Revised Standard Version de 1989, New American Standard Bible, New International Version, The Good News Bible, La Nouvelle Bible Anglaise, La Bible de Jérusalem, La Darby's New Translation, et d'autres. Le plus frappant, cependant, n'est pas le nombre de traductions qui ont supprimé ce verset, mais le nombre de celles qui l'ont retenu malgré son manque d'autorité manuscrite. Que devrions-nous conclure – que cette dévotion est pour la vérité, ou pour la convention doctrinale? La New King James Version, apparemment peu disposée à corriger la version de 1611 au risque de perdre l'audience payante, semble se classer dans la catégorie de la convention doctrinale.
Même la New Scofield Reference Bible retient le verset. Et ici est un exemple important de manque de sincérité dans la traduction de la Bible. La Scofield Reference Bible est destinée à pourvoir aux besoins des érudits et des étudiants en Théologie, et, comme telle, reconnaît l'illégitimité de 1 Jean 5:7 à travers la note marginale mentionnée. D'autre part, The Scofield Study Bible est destinée à l'oeil moins critique des laïcs chrétiens, et retient le verset sans même faire allusion à son illégitimité. Il semblerait que la vérité dans la traduction est
ajustée au gré de l'audience.
Alors qu'est-ce que les érudits citent comme évidence scripturale pour la Trinité?
Très peu de chose en fait. La New Catholic Encyclopedia écrit: "Dans les Evangiles, l'évidence de la Trinité se trouve explicitement exprimée seulement dans la formule baptismale de Mt 28:19."159 Et quelle est la formule baptismale de Mathieu 28: 19? Dans ce verset, Jésus commande à ses disciples, "Allez donc: de toutes les nations faites des disciples, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit." Ceci étant le seul verset de l'Evangile qui mentionne explicitement le Père, le fils et le Saint-Esprit ensemble,160 nous ne devrions pas
être surpris de le voir refléter dans les enseignements de Paul – "La grâce du Seigneur Jésus Christ, l'amour de Dieu, et la communion du Saint Esprit soient avec vous tous." (2 Corinthiens 13:14).
Néanmoins, nous pouvons répéter cette bénédiction mille fois, et un abîme de divergence continuera d'exister entre Mathieu 28:19 et le mur infranchissable de la doctrine trinitaire – un abîme qui nécessite un bond de la foi sans la protection d'un filet de preuves solides. Personne ne lit, "Lions et tigres et ours, ça alors," et imagine une bête « tri-unique ». Pourquoi donc sommes – nous invités à lire la bénédiction citée et à imaginer un Dieu « triunique? »"
Marc 16:15-16 cite exactement la même "Grande Commission" que Mathieu 28:19, et pourtant la formule, "Père, Fils et Saint Esprit" est
remarquablement absente. Pourquoi? Les deux évangiles décrivent le dernier commandement de Jésus à ses disciples, mais tandis que les théologiens trinitaires ont plié Matthieu 28:19 (de nouveau, le seul verset évangélique qui mentionne explicitement le Père, le fils et le Saint-Esprit ensemble) à leur service, Marc 16:15-16 ne fournit pas un tel soutien. Alors quel auteur de l'évangile l'a bien compris, et quel autre l'a mal compris, et comment pouvons nous le savoir?
Une façon de décider lequel de ces deux passages est correct est d'examiner ce que les disciples de Jésus ont réellement fait. Les lettres de Paul révèlent que le baptême dans l'église de la première période était fait au nom de Jésus seulement (A titre d'exemples: Actes 2:38, 8:16, 10:48, 19:5, et Romains 6:3), et non pas "au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit." En supposant que les disciples ont réellement fait ce qu'ils étaient appelés à faire, leurs actions confirment Marc 16:15-16 et condamnent Mathieu 28:19 et 2 Corinthiens 13: 14. D'autre part, si les disciples n'ont pas fait ce qu’ils étaient appelés à faire, alors nous n'avons aucune raison d'avoir confiance en ce qu'ils ont enregistré concernant ce qu'ils ont dit ou fait. Et si on ne peut pas faire confiance aux disciples eux-mêmes, qui ont vécu avec Jésus, alors comment faire confiance à Paul qui n'a même jamais rencontré Jésus?
Quand les explications ecclésiastiques ne convainquent plus, le clergé et les laïcs de même ont recours à la citation d'une litanie de versets, chacun d'eux pouvant être facilement écarté. Par exemple, Jean 10:38 est lu: "Le Père est en moi comme je suis dans le Père. " Jean 14:11 dit presque la même chose. Mais qu'est-ce que cela veut dire? Si nous proposons que ces versets soutiennent la participation en la divinité, nous devons tenir compte de Jean 14:20 dans l'équation, comme suit: "En ce jour là, vous (les disciples) connaîtrez que je suis en mon Père et que vous êtes en moi et moi en vous."
En considérant que l'Araméen et l'Hébreu possèdent une habileté beaucoup plus grande pour la métaphore que l'Anglais ou le Français, la seule conclusion logique est que ce langage est à prendre au sens figuré. Ainsi aucune des citations susmentionnées ne peut être utilisée pour défendre la doctrine trinitaire. La seule autre option, serait blasphématoire … que le concile de Nicée n'a pas réussi à reconnaître une dizaine de disciples comme partenaires avec Jésus et Dieu. Infiniment plus raisonnable est d'admettre que des expressions familières vieilles de deux mille ans sont justement cela – des expressions fleuries qui, prises littéralement, défigurent la réalité. L'Ancien Anglais de sept
siècles passés, est incompréhensible à tous sauf aux érudits. Que connaissons – nous alors des traductions grecques vieilles de 1600 ans de l’ancien Hébreu et Araméen, et encore moins de leurs expressions familières?
Considérons une autre soi-disant « preuve » parfois avancée.
Jean 14:9 rapporte que Jésus a dit: "Celui qui m'a vu a vu le Père." A supposer que le langage soit littéral, ce qui est une supposition audacieuse, nous devons encore rectifier Jean 14:9 avec Jean 5:37, qui cite, "Mais jamais vous n'avez ni écouté Sa voix ni vu ce qui Le manifestait." Jean 1:18 est encore plus emphatique: "Personne n'a jamais vu Dieu." Sans tenir compte de "notre vie sans fin" de notre ami Melchisédech, dans Hébreux 7:3, Paul était apparemment d'accord: "(Dieu) le Seul qui possède l'immortalité, qui habite une lumière
inaccessible, que nul homme n'a vu ni ne peut voir." (1 Timothée 6:16). Les descriptions "inaccessible" et "que nul homme n'a vu ni ne peut voir" ne s'appliquent certainement pas à la personne accessible et visible de Jésus.
L'argument de Jean 14:9, quand appliqué, se révèle invalide. Le seul pas scriptural vers l’avant glisse trois pas en arrière lorsqu'on apprend que Jésus s'est tenu corporellement devant les yeux de ses disciples et les a informé en disant, "Mais jamais vous n'avez ni écouté Sa voix ni vu ce qui Le manifestait."
Quand toute autre chose échoue, Jean 10:30 rapporte que Jésus a dit, "Moi et le Père ne faisons qu’un." Court, succinct, droit au but, et terriblement défectueux. Dans ce verset, le Grec du manuscrit correspondant au Français "un" est heis.161 Ce mot se trouve aussi dans Jean 17:11 et 17:21-23. Jean 17:11 est lu, "Père saint, garde-les en ton nom que Tu m'as donné, pour qu'ils soient un comme nous sommes un." Littéral ou métaphorique? Jean 17:21 renforce la métaphore avec ces mots: "Que tous (i.e., tous les croyants) soient un comme toi, Père, tu es en moi et que je suis en toi, qu'ils (i.e. tous les croyants) soient en nous eux aussi, afin que le monde croie que tu m'as envoyé." (L'italique est le mien). Si une personne est fidèle à l'équation, la somme totale se monte à beaucoup plus que trois-en-un; une personne doit ou bien penser plus grand et plus blasphématoire, ou réécrire les règles de mathématiques, si la Trinité doit être préservée.
Jean 10:30 étant un verset mal appliqué par un grand nombre de personnes, mérite toutefois d'être examiné de plus près. La Chrétienté trinitaire allègue que Jésus a déclaré, "Moi et le Père, nous sommes un," et sur ce, les Juifs se préparèrent à le lapider pour blasphème selon leur accusation que, "toi qui es un homme tu te fais Dieu" (Jean 10:33). L'argument est que les Juifs ayant reconnu la prétention de Jésus à être Dieu, donc tous devraient comprendre Jean 10:30 similairement. Ceci pourrait sembler un argument raisonnable à première vue, mais seulement si le passage est pris hors du contexte.
Pour analyser le passage d'une façon appropriée, nous pourrions commencer par le verset précédent, Jean 10:29, qui souligne les natures
séparées et distinctes de Dieu et de Jésus – L'Un le donneur, l'autre le receveur.
Plusieurs qui ont par la suite lu Jean 10:30 ont saisit que ce verset rapporte que Jésus et Dieu sont d'accord, un dans la compréhension, ou un dans l'objectif. Et notons ici la réaction de Jésus à son accusation par les Juifs de la prétention à la divinité. S'est-il mis debout avec une confiance divine et a-t-il insisté, "Vous m'avez bien entendu, je l'ai dit une fois, et je le dirai de nouveau!"? Tout au contraire; il a dit qu'ils avaient mal compris, et il a cité Psaumes 82:6 pour rappeler aux Juifs que les expressions "Fils de Dieu" et "vous êtes des dieux" sont des métaphores. Voici les mots de la Bible, Jésus leur répondit: "N'a-t-il pas été écrit dans votre Loi: J'ai dit: "vous êtes des dieux"? [Psaumes 82:6] Il arrive donc à la Loi d'appeler dieux ceux auxquels la parole de Dieu fut adressée. Or nul ne peut abolir l'Ecriture. A celui que le Père a consacré et envoyé dans le monde, vous dîtes: "Tu blasphèmes," parce que j'ai affirmé que je suis le Fils de Dieu. (Jean 10:34-36).
Jésus s'est compté lui-même parmi ceux "auxquels la parole de Dieu [i.e., la révélation] fut adressée et qui étaient identifiés dans le verset référencé Psaumes 82:6 comme "dieux" avec un D minuscule ou "fils de Dieu." Psaumes 82:1 utilise une métaphore hardie en identifiant des juges comme "dieux" – et non comme des hommes vertueux, non comme des prophètes, non comme fils de dieu, mais dieux. En outre, Psaumes 82:6-7 ne laisse aucun doute que "fils de dieu" fait référence à des êtres humains mortels: "Je (Dieu) le déclare, vous êtes
des dieux, vous êtes tous des fils du Très – Haut, pourtant vous mourrez comme des hommes, vous tomberez tout comme les princes." Et en dernier lieu, n'oublions pas que le Grec huios, traduit comme "fils" dans la citation susmentionnée, était "très communément utilisé à propos d'une parenté immédiate, lointaine ou figurée."162
Ainsi, en lisant Jean 10:30 dans son contexte, nous découvrons que Jésus s'est lui-même identifié avec d'autres mortels pieux, a insisté sur le sens figuré de "fils de Dieu," renié sa propre divinité, et agi comme un prophète en chair et en os est supposé le faire. Après tout, si Jésus était un partenaire dans la divinité, n'aurait-il pas défendu son rang avec la confiance d'une omnipotence divine?
Dans le même ordre d’idées, à chaque fois qu’un verset est cité comme preuve en faveur de la Trinité, il y en a un ou plus qui le discréditent ou le disqualifient du statut de preuve. Pour la grande frustration du monde chrétien, la confirmation biblique que Jésus a enseigné la Trinité, n'est pas seulement rare, elle n'existe tout simplement pas. Or, le cas opposé est notoire. Trois fois Jésus est rapporté comme ayant insisté sur le premier commandement, disant, "le Seigneur notre Dieu, est l'unique Seigneur" (Mars 12:29; Matthieu 22:37; et
Luc 10:27). Dans aucune de ces trois occurrences, l’allusion à la Trinité n’existe. Et qui a plus d'autorité biblique que Jésus?
Les vaines analogies s'effondrent semblablement.
L'argument trinitaire que" Dieu est Un, mais un dans un être tri-unique, comme un oeuf est un, mais un composé de trois couches séparées et distinctes" est facile à retenir, mais insatisfaisant.163(NE) Il fut une époque où le monde était plat, et au centre de l'univers, les métaux sans valeur pouvaient être transformés en or, et une fontaine de jeunesse promettait l'immortalité à ceux qui pouvaient
la trouver. Où plutôt c'est ce que les gens croyaient. Mais les bonnes explications ne font pas la réalité. La question n'est pas si une analogie plausible au concept de la Trinité existe, mais en tout premier lieu si la doctrine est correcte. Et Jésus l'a-t-il enseignée? Les réponses, selon l'information susmentionnée, sont Non et Non.
Par conséquent, les partisans de la doctrine trinitaire sont arrivés à bout d'arguments. A défaut d'évidence biblique, certains sont allés aussi loin que de suggérer que Jésus a enseigné la Trinité en secret. Même cette allégation a une réponse, car la Bible rapporte Jésus ayant dit, "J'ai parlé ouvertement au monde, j'ai toujours enseigné dans les synagogues et dans le temple où tous les Juifs se rassemblent, et je n'ai rien dit en secret." (Jean 18:20 – L'italique est de moi).
Ainsi nous avons Moïse enseignant l'unicité de Dieu, Jésus enseignant l'unicité de Dieu, mais les autorités ecclésiastiques nous enseignant de croire ce qu'ils nous disent, et pas ce que nous lisons dans la Bible avec nos propres yeux.
Qui devrions–nous croire, Jésus ou les théologiens pauliniens? Et à quoi devrions-nous faire confiance, à l'Ecriture ou à une doctrine? Et encore, une doctrine basée sur des sources non bibliques?
Il est notoire que le Saint Coran non seulement confirme l'unicité de Dieu (Allah) mais réfute la Trinité, établissant ainsi un fil conducteur monothéiste entre les enseignements de Moïse, Jésus et du Saint Coran:
1.
"Ne parlez pas de Trinité! Finissez-en!" (TSC 4:171).
2.
"Tout aussi impie est cette autre affirmation: "Dieu est la troisième personne d'une Trinité!" Il ne peut y avoir qu'un Dieu Unique!" (TSC 5; 73).
3.
"Votre Dieu est un Dieu unique. Que ceux qui espèrent rencontrer un jour leur Seigneur fassent oeuvre pie et L'adorent sans rien Lui
associer." (TSC 18:110).164(NE)
Maintenant, ceux-ci sont des enseignements du Saint Coran, mais cela attise l'imagination afin de considérer ce que Jésus Christ dirait, s'il se joignait à nous pour bavarder dans un café du coin (c’est nous qui payons, bien sûr). Nous pouvons bien l'imaginer assis voûté devant un décaf latté, remuant d’un air morose un troisième paquet de sucre en poudre (il prend son café sucré, je n'en doute pas), balançant lentement sa tête inclinée en murmurant, "Je leur ai dit une, deux, trois fois. Avaient-ils besoin que je fasse tailler cela dans la pierre?
Ça na pas réussi pour Moïse, pourquoi est-ce que ça aurait donné un meilleur résultat pour moi?"
Il est beaucoup plus facile d'imaginer Jésus disant, "ne parlez pas de Trinité! Finissez-en! …" ou "Tout aussi impie est cette autre affirmation: "Dieu est la troisième personne d'une Trinité!" Il ne peut y avoir qu'un Dieu Unique!" que de l'imaginer disant, "Eh bien, certainement j'ai dit qu'il n'y a qu'un Dieu unique, mais ce que je voulais réellement dire était …"
Il est compréhensible que quelques personnes perçoivent la clarté du monothéisme islamique, une fois confrontés au réseau enchevêtré et
indéfendable de l'idéologie trinitaire, et se demandent, "Eh bien, qu'est-ce qui ne va donc pas avec l'Islam?" D'autres continuent à objecter, "Mais Jésus est Dieu!"
Sur base de points de vue si opposés sont tracées les lignes des différences religieuses, des guerres sont menées, des vies sont fauchées, et, plus important encore, des âmes sont perdues.
Pour ceux qui veulent toute les références elles sont disponible dans le livre " Dieu malgré Lui " Chapitre 8 : La Trinité.
Le livre est disponible gratuitement au format pdf ici :
http://www.leveltruth.com/books/TRANSLA ... FRENCH.pdf