Gérard C. Endrifel a écrit :
Tu as créé ce topic. Rien ne t'y a obligé, rien ne t'y a contraint ni ne t'a conditionné. Tu as créé ce topic non parce que tu répondais à une quelconque "programmation" mais parce que tu as choisi de le créer après en avoir pesé le pour et le contre. Voilà. Ça. C'est le libre-arbitre dans toute sa splendeur.
BoSnA a écrit :J'ai eu envi de créer ce topic après qu'une idée m'est venue à l'esprit. Cette idée m'est venue à l'esprit à cause de mes expériences de vie, mes convictions, de l'environnement et du pays où j'ai grandi, etc.
Avais-je vraiment le choix de ne pas créer ce topic?
Absolument. Tu aurais pu tout simplement en avoir l'envie sans pour autant choisir d'aller jusqu'à le créer.
Gérard C. Endrifel a écrit :Je ne suis pas sûr, mais il me semble que lorsque tu évoques cette idée d'omniscience, tu songes certainement au fait de faire toujours les bons choix. Si c'est le cas alors oui, effectivement, ne jamais se tromper et toujours choisir les meilleures options nécessitent d'avoir absolument toutes les informations, tous les tenants et les aboutissants, d'appréhender toutes les possibilités qui s'offrent pour agir - ou non - en conséquence.
BoSnA a écrit :Je ne parlais pas nécessairement des "bons" choix, mais plutôt de briser la "programmation" en quelque sorte; de ne pas faire quelque chose que notre cerveau a déjà décidé de faire.
Le passage à l'action, c'est la manifestation d'une prise de décision consécutive à une réflexion, pas le résultat d'une programmation. Un programme ne réfléchit pas, n'anticipe rien, il agit sans se poser de question. Il n'a même pas conscience d'être un programme et ne s'en rendra jamais compte. Naturellement, du coup, nous nous retrouvons à "
faire quelque chose que notre cerveau a déjà décidé de faire" puisque nous agissons en conformité avec une décision que nous avons prise au préalable, avec un choix que nous avons fait
avant de passer à l'action.
C'est ce qui caractérise une action réfléchie d'une autre qui ne l'est pas.
Et puis on ne peut évoquer l'idée d'une "programmation" sans parler du ou des "programmeurs". Si tout est déterminé à l'avance pour chacun d'entre nous, qui est celui ou ceux qui ont tout planifié ? Un jour, il y a des années, quelqu'un a décidé que le modèle BoSnA allait créer un topic sur le libre-arbitre de telle façon, telle jour, telle heure. Il dira ci, il répondra ça. Et rien d'autre.
Non. Désolé, je ne marche pas.
Des événements, des environnements, des éducations, des cultures, ce ne sont pas des êtres vivants omniscients, hautement manipulateurs, pourvu d'une conscience et d'une capacité de réflexion, ce sont des choses inertes qui ne sont "vivantes" que parce qu'on en parle. Et c'est uniquement pour cela qu'elles ont prises sur nous . En nous les remémorant, nous les rendons vivantes, nous leur accordons une place et un pouvoir décisionnaire sur nos vie à chaque fois que nous leur accordons
trop d'importance.
Il arrive que des "chiens" fassent réellement des "chats" car ces derniers ont décidé de laisser le passé là où il est pour ne s'intéresser qu'à l'instant présent et à l'avenir, des choses sur lesquelles ils ont le contrôle. Si tu veux briser quelque chose, brise donc ça, cet excès d'intérêt pour des choses qui sont derrière et qui constitue un frein, t'empêchant d'aller de l'avant.
Gérard C. Endrifel a écrit :il n'y a, d'ailleurs, que notre espèce qui possède ce formidable don qui le différencie de l'espèce animale.
BoSnA a écrit :Selon la définition que tu donnes au libre-arbitre (faire des choix tout simplement), eh bien les autres animaux aussi font des choix dans ce cas...
https://youtu.be/NRyGzlf6SpQ?t=1m9s Le singe dans cette vidéo "choisit" d'emmerder les tigres car il en a envie. Il aurait pu continuer son chemin et ne pas risquer sa vie.
Peut-être qu'il a choisi. Ou peut-être pas. Peut-être a-t-il tout simplement obéi à une pulsion primaire, sans réflexion préalable. Ou pas. Et comme cela relève du subjectif - de l'interprétation que chacun peut avoir des actions de ce singe - et qu'il est impossible de trancher pour savoir véritablement ce qu'il en est, je ne trouve pas l'argument particulièrement pertinent. A la rigueur, si demain ce même singe venait nous dire très clairement que ce jour-là, il a bel et bien choisi d'ennuyer des tigres pour telle ou telle raison alors peut-être que je reverrais ma position à ce sujet.
Gérard C. Endrifel a écrit :Là par exemple, j'ai usé de mon libre arbitre en choisissant de te répondre mais aussi en choisissant de quelle manière j'allais le faire et quelle suite donner à cet échange.
BoSnA a écrit :Comment en es-tu si sûr? Il t'es venu à l'idée de consulter le forum. Tu as obéis à cette idée. Tu as lu mon message et ça a provoqué une réaction en toi. Ton cerveau a alors voulu répondre.
Y avait-il vraiment un autre choix possible?
Bien sûr. J'aurais pu choisir de ne pas consulter le forum. J'aurais pu choisir de ne pas lire ton message, choisir d'y répondre tout de suite au lieu d'attendre de voir comment la conversation allait évoluer. J'aurais pu choisir de ne jamais y répondre ou répondre aux messages de tout le monde au lieu de les sélectionner. J'aurais pu, j'aurais pu, j'aurais pu...
L'autre choix aurait tout simplement consisté à choisir de faire l'inverse de tout ce que j'ai fais depuis le moment où j'ai connu l'existence de ton topic et plus particulièrement à partir du moment où j'ai choisi d'en connaître le contenu. Et encore ! je ne parle même pas des combinaisons possibles compte tenu du nombre total de choix que j'ai fais.
On a toujours le choix. Choisir de ne rien faire - l'inaction -, c'est
aussi un choix. TOUT est affaire de choix.
Gérard C. Endrifel a écrit :Naturellement que ces choix que j'ai fais sont conditionnés. Ils le sont par tout un ensemble de principes et de valeurs morales. Et là où c'est paradoxal, c'est que ces mêmes principes et valeurs qui conditionnent mes choix, ne peuvent le faire que parce que j'ai choisi de les suivre, j'ai choisi de les laisser me guider à travers mon utilisation de mon libre arbitre pour, non pas faire le choix parfait mais le choix le plus équilibré possible en fonction des éléments que je dispose.
BoSnA a écrit :Tu admets donc que tes choix sont faits en fonction d'un conditionnement.
Tu dis par la suite que tu te "laisses guider" par ce conditionnement. C'est paradoxal.
Oui, en effet, c'est paradoxal. Je le dis même d'ailleurs. Ça l'est parce que j'ai choisi de me laisser guider par des principes qui vont conditionner mes choix. Et pas n'importe quels principes, ceux que j'ai choisi après en avoir expérimenté d'autres. J'ai
choisi mon propre conditionnement. Si demain je n'en suis plus satisfait, alors j'en choisirais un autre.
BoSnA a écrit :Un conditionnement par définition t'obliges à faire quelque chose.
Absolument pas. Si tu es obligé de faire quelque chose, c'est que tu es sous la contrainte or, le principe du conditionnement, c'est de te faire faire quelque chose sans que tu ais le sentiment d'y être contraint. Cela repose sur l'incitation, pas l'obligation.
C'est l'illusion d'agir librement, sans qu'on nous y ait forcé, contraint, obligé d'aucune sorte.
Les personnes conditionnées agissent sans s'apercevoir qu'elles le sont et non pas quand elles en ont conscience. Elles n'éprouvent aucune gêne, aucune frustration, aucun contrainte. C'est d'ailleurs précisément lorsqu'elles commencent à ressentir ces choses que le conditionnement ne fait plus son effet étant donné que leur réaction première va être de se défaire de ce qui leur crée un inconfort.
Je reconnais sans problème être conditionné. Et ça ne me pose aucun problème, aucun sentiment d'inconfort depuis le moment où j'ai choisi d'arrêter de lutter contre mais plutôt de travailler avec en essayant d'en tirer le meilleur partie.