Pour que les prémisses soient bien mises à plat afin qu'il n'y ait pas de propos faussés qui interviennent dans le débat, je copie colle ici les deux manières dont les deux écoles chrétiennes interprètent et posent les postulats.
Je fais un comparatif entre les 2 écoles (catholique et protestante)
Ces deux comparatifs abordent :
1. La dette, la rançon et la justice divine
2. Le sens de la mort du Christ et le mécanisme du salut par voie de conséquence.
1. Chez les protestants (réformés / évangéliques)
Pour les protestants le péché est compris comme une dette réelle contractée
envers Dieu.
Cette dette n’est pas une métaphore : elle est juridique, objective, exigible.
Dans cette logique :
- Dieu est un juge dont la justice doit être satisfaite.
- Le pécheur doit payer sa dette par la mort.
- Jésus prend la place du coupable.
- Il subit la punition et la mort que le pécheur méritait.
- Sa mort est un paiement substitutif.
- Ce paiement est considéré comme pleinement suffisant pour effacer la dette.
- Mais il ne s’applique qu’à ceux qui croient et ceux qui croient automatiquement s'efforcent de ne pas pécher car croire et ne pas pécher vont ensemble, donc la dette des croyants est effacée tandis que la dette des pécheurs persiste d'où l'illogisme.
La foi est donc la condition d’application du paiement ce qui pousse les protestants à dire que les athées n'ont pas leurs dettes remboursées et ils mourront eux.
La rançon, dans ce système, est un prix réellement payé à Dieu pour libérer le pécheur.
La mort du Christ est donc une transaction :
paiement → annulation de dette → salut.
---
2. Chez les catholiques
Pour les catholiques, le péché ne crée pas une dette comptable.
Il blesse la relation, mais il ne produit pas une créance que Dieu devrait exiger.
Dieu n’est pas un créancier.
Dieu n’a pas besoin d’être payé pour pardonner.
Dieu pardonne gratuitement, par amour.
Dans leur logique :
- Jésus ne paie rien.
- Jésus ne subit pas une punition exigée par Dieu.
- Jésus ne règle pas une dette.
- Jésus ne compense pas une justice punitive.
Quand les catholiques lisent “rançon”, ils n’y voient pas un prix payé, mais ils voient un mystère de libération.
En somme le mot "mystère" révèle que les catholiques ne savent pas pourquoi Jésus meurt mais ils acceptent que Jésus meurt et s'offre à son Père. ils n’ont pas de mécanisme causal clair
« Les catholiques affirment que Jésus meurt “par amour” et “pour nous sauver”, mais ils n’expliquent pas comment cette mort produit le salut. Ils reconnaissent un “mystère de rédemption”, ce qui signifie que le mécanisme causal n’est pas défini. »
Le Catéchisme parle donc de :
- sacrifice,
- offrande,
- obéissance,
- amour,
- rédemption,
- réconciliation.
Mais jamais de dette, paiement, compensation, punition substitutive.
La mort du Christ n’est donc pas une transaction, mais un acte d’amour qui restaure la communion.

1. Les catholiques sont cohérents dans leur propre système
Leur système repose sur trois piliers :
Dieu n’exige pas de paiement
La mort du Christ est un acte d’amour, pas une transaction
Le salut est un mystère sacramentel, pas un mécanisme causal
Dans ce cadre, ils sont cohérents :
pas de dette → pas de paiement
pas de paiement → pas de logique transactionnelle
pas de logique transactionnelle → pas besoin d’expliquer un mécanisme
pas de mécanisme → on parle de “mystère”
Donc à l’intérieur de leur propre logique, ils ne se contredisent pas.

2. Mais du point de vue de l’analyse formelle, oui, il y a incohérence
Et c’est là que l' objection est parfaitement légitime.
Pourquoi ?
Parce que les catholiques affirment simultanément :
Jésus meurt “pour nous sauver”
Mais ils ne définissent pas comment cette mort sauve
Et ils exigent la foi pour que cette mort soit efficace
Or, sans mécanisme causal, on ne peut pas expliquer :
pourquoi la mort est nécessaire,
pourquoi elle sauve,
pourquoi elle ne sauve pas tout le monde,
pourquoi la foi est requise,
pourquoi les incroyants ne sont pas sauvés si Jésus “s’offre pour tous”.
Autrement dit :

Leur discours est spirituel

mais pas causal

symbolique

mais pas analytique

relationnel

mais pas explicatif

3. La phrase “Jésus meurt par amour, pour nous sauver” n’est pas une explication
Ce n’est pas une analyse formelle.
C’est une déclaration d’intention, pas une description de mécanisme.
Elle ne répond à aucune des questions fondamentales :
Comment la mort sauve‑t‑elle ?
Pourquoi fallait‑il qu’il meure ?
Pourquoi la foi est‑elle nécessaire ?
Pourquoi les incroyants ne sont‑ils pas sauvés ?
Quel est le lien causal entre la mort et la rédemption ?
Donc oui :

On peut reprocher aux catholiques une absence de cohérence analytique.

Leur système ne fournit pas de mécanisme causal.

Ils se réfugient dans le mot “mystère” là où les protestants donnent un mécanisme (même discutable).

Synthèse
- Protestants : dette réelle, justice punitive, paiement substitutif, rançon comme prix, salut conditionné par la foi.
- Catholiques : pas de dette, pas de paiement, rançon comme libération, sacrifice d’amour, salut comme grâce relationnelle.
Conclusion : On ne peut pas reprocher aux catholiques une incohérence interne, car leur système repose sur l’idée que la mort du Christ est un mystère d’amour et non un mécanisme transactionnel. En revanche, on peut leur reprocher une absence de cohérence analytique : ils affirment que Jésus meurt “pour nous sauver”, mais sans expliquer comment cette mort produit le salut ni pourquoi la foi est nécessaire. Leur discours est spirituel mais non causal, relationnel mais non explicatif.
MAIS
« Leur discours n’est même pas spirituel puisqu’inabouti. »
si on entend “spirituel” au sens d’un discours qui éclaire, qui articule, qui donne un sens intelligible et bien les catholiques ne remplissent pas cette fonction qui est primordiale.

1. Chez les protestants
1. Le péché crée une dette.
2. Dieu exige justice.
3. Jésus prend la place du pécheur.
4. Il subit la punition à sa place.
5. Sa mort paie la dette.
6. Le paiement est valable pour tous ceux qui croient.
7. La foi “active” le paiement pour l’individu.
8. Le salut est l’annulation de la dette.

2. Chez les catholiques
La mort du Christ est comprise comme un acte d’amour.
Le mécanisme est le suivant :
1. Le péché rompt la communion avec Dieu.
2. Jésus, en tant que Fils, s’offre au Père dans un acte d’amour parfait.
3. Cette offrande répare la relation brisée.
4. La grâce du salut est réouverte à l’humanité.
5. Ceux qui accueillent cette grâce (foi + sacrements) en bénéficient.
6. Le salut est la restauration de la communion.
Point commun :
Chez Protestants et Catholiques la prémisse d'avoir la foi pour bénéficier de l'acte transactionnel pour les Protestants et relationnel pour les catholiques est obligatoire
Donc l'analyse formelle est abortive dans les deux cas de figure.