J'm'interroge a écrit : Ce que l'on nomme des "états méditatifs", et même ce que l'on nomme des "états de transes", c'est ici du vécu. Je peux en parler de manière non théorique.
vic a écrit : 27 mai26, 01:48
Du vécu de quoi ?
Du vécu sans contenu particulier c'est du vécu ?
Le mot vécu devient creux non ?
Quand je parle de vécu, je ne parle pas forcément d’un contenu conceptuellement déterminé ou d’un objet particulier clairement identifié. Je parle simplement de ce qui se présente dans sa richesse et sa variété, y compris lorsque cela est flou, diffus, peu structuré ou difficile à décrire, bien que ces vécus puissent être aussi clairement identifiables hors langage.
Le mot “vécu” ne devient pas creux pour autant, puisqu’il renvoie justement aux apparaîtres eux-mêmes. Ce qui serait creux, ce serait de rajouter derrière cela des entités ou formulations du type “pensée sans pensée”, “sensation sans sensation” ou “au-delà de l’apparaître”, alors qu’aucune différenciation identifiable ne correspond clairement à ces formulations.
J'm'interroge a écrit :Il n'y a personne ici pour lâcher prise. Ici il n'y a que ce qui se présente comme il se présente.
vic a écrit : 27 mai26, 01:48
Il se présente quoi si il n'y a personne ?
Tu nous fais de gzabirdji ?
Quand je dis “il n’y a personne ici pour lâcher prise”, je ne nie pas qu’il se présente des sensations, des affects, des représentations ou des états méditatifs. Je souligne simplement que l’idée d’un “moi” substantiel qui posséderait ou contrôlerait ces processus est déjà une construction théorique supplémentaire.
Donc non, je ne fais pas du “gzabirdji”. Je distingue simplement dans ce qui se présente : les constructions théoriques langagières avec leur idées associées, du reste de ce qui se présente.
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Dans ce qui précède je maintiens bien la ligne directrice de ma position méthodologique : distinction entre description empirique et surinterprétation théorique.
Le point névralgique c'est relativement à ce que je disais :
« Le fait de nommer une impression sensorielle comme telle, un affect comme tel ou une représentation comme telle, ne crée pas la distinction, mais se greffe sur une distinction non théorique. »
C’est le cœur du désaccord. Car tu tends à considérer que toute distinction est déjà une opération conceptuelle, alors que je soutiens qu’il existe des différenciations directement données auxquelles le langage vient ensuite se raccorder.
J'insiste aussi sur une distinction importante faite entre expérience méditative et discours sur sur cette expérience.
C’est précisément là où je situe le problème : non dans l’expérience, mais dans les formulations du type :
- « pensées sans penser »
- « sensations sans sensations »
- « variations sans variations »
Car ces formulations ne sont pas de simples silences descriptifs, ce sont encore des constructions théoriques, bien que paradoxales.
(Il n'y a de paradoxe que dans des formulations.)
Là où tu glisses constamment aussi, c’est quand tu transformes un refus de conclusion métaphysique en métaphysique implicite de l’indétermination. Ton “je ne sais pas” n’est pas neutre lorsqu’il est accompagné de formulations qui suggèrent :
- un au-delà ou un au-deçà des distinctions,
- un état “avant” les catégories,
- ou une suspension de l’apparaître lui-même.
Et oui, dire : « je ne sais pas », n’est pas équivalent à dire « il n’y a rien à décrire ».
Enfin, sur les neurosciences :
Les corrélats neuronaux d’états méditatifs ou de sommeil profond ne valident pas tes formulations philosophiques. Ils montrent seulement :
- des configurations neurophysiologiques,
- pas l’existence de “pensées sans penser” au sens ontologique ou paradoxal que tu suggères parfois.
Je continuerais par conséquent de m'en tenir à ma ligne méthodologique stricte :
- description empirique du vécu : ________________________ oui
- théorisation métaphysique ou pseudo-paradoxale : _________
non
- reconnaissance des états méditatifs : ____________________ oui
- réification verbale de ces états en “ultime” indéterminé : _____
non
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