Posté : 31 mai04, 02:27
Concernant la nature des anges (héb. mal'ak ; gr. angelos), le Dr J. Theodore Mueller a écrit :
Les anges sont des esprits (pneumata), c'est-à-dire des être spirituels dépourvus de forme corporelle. Leur attribuer une corporéité, ne serait-ce qu'éthérale, comme la chose a été faite dans l'antiquité et aussi dans les temps modernes, c'est aller à l'encontre de Luc 21.39 et d'Éphésiens 6.12 qui refusent catégoriquement la corporéité aux esprits. Les corps dans lesquels les anges apparaissent aux hommes de temps à autre ne sont qu'assumés (unio accidentalis), Genèse 18.2 ; 19.1. L'absorption de nourriture par les anges, Genèse 18.8 ; 19.3, ne doit être considérée ni comme une manduction naturelle ni comme une simple imitation, mais comme un acte que nous ne pouvons pas plus comprendre que leurs apparitions sous une forme corporelle. «Homines edunt et bibunt ob egestatem, angeli autem instar flammae consumunt cibum ob potentiam», dit J.-A. Osiander. L'absorption de nourriture, comme l'emprunt d'une forme corporelle, sert à convaincre les personnes auxquelles les anges apparaissent de leur présence réelle. Les anges sont des pneumata, Hébreux 1.14, et Dieu est pneûma, Jean 4.24 ; il y a pourtant entre les anges et Dieu une différence aussi grande qu'entre le fini et l'infini. A l'inverse de l'âme humaine, qui est un esprit incomplet (spiritus incompletus), parce qu'elle a été créée pour être unie au corps avec lequel elle forme essentiellement l'homme, les anges sont des esprits complets (spiritus completi), c'est-à-dire qu'à l'état d'esprit, ils forment des créatures complètes. A l'inverse de Dieu, le Créateur infini, les anges sont des créatures finies. Comme les hommes, ils sont des personnes réelles (hupostaseis) douées d'intelligence et de volonté, Éphésiens 3.10 ; Hébreux 1.14. Les anges déchus sont également doués d'intelligence et de volonté, Genèse 3 ; Matthieu 4, encore que leur esprit soit pervers et leur volonté dépravée. Selon l'Écriture Sainte, les anges, bien qu'étant des êtres immatériels, peuvent agir sur le corps des hommes, Genèse 19.16 ; Matthieu 4.5, comme l'âme humaine agit sur le corps. Puisque les anges sont des créatures douées d'intelligence, ils sont capables de se faire connaître des autres anges et des hommes, Luc 1.13-19. Pourtant, ils ne connaissent qu'à la manière des créatures, et non comme Dieu qui seul possède l'omniscience et la prescience. Quelle que soit cette connaissance, ils la possèdent a) soit en vertu de leur nature particulière (2 Samuel 14.20 : connaissance naturelle) ; b) soit par la révélation divine (1 Pierre 1.12 ; Luc 2.9-12 : connaissance révélée) ; c) soit par la bienheureuse vision dont ils jouissent (Matthieu 18.10 : connaissance béatifique).
Les anges sont des être spirituels, nous leur reconnaissons les attributs suivants : a) l'indivisibilité qui vient de leur incorporéité ou de leur immatérialité ; b) l'invisibilité qui est une conséquence de leur spiritualité ; c) l'immutabilité, en ce sens qu'ils ne sont sujets à aucune modification physique : ils n'engendrent ni ne sont engendrés, Matthieu 22.30 ; ils ne croissent ni ne décroissent, ils ne vieillissent ni ne dépérissent ; et pourtant, ils ne possèdent pas, comme Dieu, l'immutabilité absolue ; ils ne sont que relativement immuables, c'est-à-dire immuables par rapport aux hommes ; d) l'immortalité, encore que Dieu pourrait les réduire à néant s'il le voulait ; e) la durée perpétuelle, c'est-à-dire que s'ils ont un commencement, ils n'ont pas de fin, Matthieu 18.10 ; Jude 6 ; f) l'illocalité, puisqu'étant des êtres incorporels ils n'occupent aucun espace tout en étant présents de manière définie (in ubi definitivo) en un certain endroit ; ils ne sont pourtant pas omniprésents comme Dieu qui est présent partout réplétivement ; g) l'agilité ou la vélocité, c'est-à-dire qu'ils sont capables de changer de « lieu » avec une grande rapidité, – ce terme ne comportant évidemment aucune notion de déplacement corporel ou matériel.
De plus, en tant qu'êtres intelligents, les anges sont doués d'une volonté libre et, pour accomplir le service qui leur a été confié, d'un grand pouvoir. La volonté des anges est libre en ce qui concerne a) les actes immanents tels que le choix ou le refus, Jude 6, et b) les actes extérieurs tels que le mouvement, la parole, l'adoration de Dieu, etc., Luc 2.9-15. Ayant été déclarés ennemis de Dieu, les anges mauvais ne peuvent que s'opposer à lui ; néanmoins, c'est de leur propre vouloir qu'ils le font, Jean 8.44. Le pouvoir des anges est très grand, Psaume 103.20 ; 2 Thessaloniciens 1.7 ; 2 Rois 19.35 ; mais il s'agit d'un pouvoir limité, tout entier placé sous le contrôle de Dieu, Job 1.12 ; et si leur pouvoir est surhumain, Psaume 91.11-12, c'est-à-dire plus grand que celui de l'homme, Luc 11.21-22, les anges ne sont pourtant pas tout-puissants ; ils demeurent les sujets de Dieu qui règne sur eux, Daniel 7.10. Disons encore que si, à strictement parler, seul Dieu accomplit des miracles (Psaume 72.18), il arrive que, comme l'enseigne l'Écriture Sainte, les anges bons (2 Rois 19.35), les prophètes (2 Rois 6.5-6) et les apôtres (Actes 3.6-12) en accomplissent en son nom et par son pouvoir divin (Exode 15.23-25). Et lorsque le démon accomplit des exploits qui, aux hommes, semblent être des miracles (mirabilia seu mira), il ne s'agit en réalité que des «prodiges mensongers» ou des «signes trompeurs» par lesquels Dieu lui permet d'égarer «tous ceux qui n'ont pas cru à la vérité, mais qui ont pris plaisir à l'injustice», 2 Thessaloniciens 2.9-12.
Certains affirment, en se basant sur Genèse 6.2, qu'il arriva jadis aux anges de s'unir aux hommes par le lien du mariage ; mais c'est là une assertion aussi folle que contraire à l'Écriture, Matthieu 22.30. Les «fils de Dieu» dans Genèse 6 n'étaient pas des anges, mais des enfants de familles croyantes.
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Source : J. Theodore Mueller, La doctrine chrétienne. Manuel de théologie doctrinale pour pasteurs, instituteurs et fidèles. Strasbourg : Éditions « Le Luthérien », 1987, pages 240-242.
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Un autre théologien a écrit :
Le mot ange, aussi bien en hébreu qu'en grec, signifie «messager». Les disciples que Jean envoya à Jésus sont appelés aggeloi, ou messagers (Luc 7.24). Seul le contexte nous permet de déterminer clairement si le mot s'applique à des messagers humains ou surhumains.
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Source : Henry C. Thiessen, Guide de doctrine biblique. Fondement d'une vie nouvelle. France/Canada : Éditions Farel/Éditions Béthel, 1995, page 156.
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Les anges sont des esprits (pneumata), c'est-à-dire des être spirituels dépourvus de forme corporelle. Leur attribuer une corporéité, ne serait-ce qu'éthérale, comme la chose a été faite dans l'antiquité et aussi dans les temps modernes, c'est aller à l'encontre de Luc 21.39 et d'Éphésiens 6.12 qui refusent catégoriquement la corporéité aux esprits. Les corps dans lesquels les anges apparaissent aux hommes de temps à autre ne sont qu'assumés (unio accidentalis), Genèse 18.2 ; 19.1. L'absorption de nourriture par les anges, Genèse 18.8 ; 19.3, ne doit être considérée ni comme une manduction naturelle ni comme une simple imitation, mais comme un acte que nous ne pouvons pas plus comprendre que leurs apparitions sous une forme corporelle. «Homines edunt et bibunt ob egestatem, angeli autem instar flammae consumunt cibum ob potentiam», dit J.-A. Osiander. L'absorption de nourriture, comme l'emprunt d'une forme corporelle, sert à convaincre les personnes auxquelles les anges apparaissent de leur présence réelle. Les anges sont des pneumata, Hébreux 1.14, et Dieu est pneûma, Jean 4.24 ; il y a pourtant entre les anges et Dieu une différence aussi grande qu'entre le fini et l'infini. A l'inverse de l'âme humaine, qui est un esprit incomplet (spiritus incompletus), parce qu'elle a été créée pour être unie au corps avec lequel elle forme essentiellement l'homme, les anges sont des esprits complets (spiritus completi), c'est-à-dire qu'à l'état d'esprit, ils forment des créatures complètes. A l'inverse de Dieu, le Créateur infini, les anges sont des créatures finies. Comme les hommes, ils sont des personnes réelles (hupostaseis) douées d'intelligence et de volonté, Éphésiens 3.10 ; Hébreux 1.14. Les anges déchus sont également doués d'intelligence et de volonté, Genèse 3 ; Matthieu 4, encore que leur esprit soit pervers et leur volonté dépravée. Selon l'Écriture Sainte, les anges, bien qu'étant des êtres immatériels, peuvent agir sur le corps des hommes, Genèse 19.16 ; Matthieu 4.5, comme l'âme humaine agit sur le corps. Puisque les anges sont des créatures douées d'intelligence, ils sont capables de se faire connaître des autres anges et des hommes, Luc 1.13-19. Pourtant, ils ne connaissent qu'à la manière des créatures, et non comme Dieu qui seul possède l'omniscience et la prescience. Quelle que soit cette connaissance, ils la possèdent a) soit en vertu de leur nature particulière (2 Samuel 14.20 : connaissance naturelle) ; b) soit par la révélation divine (1 Pierre 1.12 ; Luc 2.9-12 : connaissance révélée) ; c) soit par la bienheureuse vision dont ils jouissent (Matthieu 18.10 : connaissance béatifique).
Les anges sont des être spirituels, nous leur reconnaissons les attributs suivants : a) l'indivisibilité qui vient de leur incorporéité ou de leur immatérialité ; b) l'invisibilité qui est une conséquence de leur spiritualité ; c) l'immutabilité, en ce sens qu'ils ne sont sujets à aucune modification physique : ils n'engendrent ni ne sont engendrés, Matthieu 22.30 ; ils ne croissent ni ne décroissent, ils ne vieillissent ni ne dépérissent ; et pourtant, ils ne possèdent pas, comme Dieu, l'immutabilité absolue ; ils ne sont que relativement immuables, c'est-à-dire immuables par rapport aux hommes ; d) l'immortalité, encore que Dieu pourrait les réduire à néant s'il le voulait ; e) la durée perpétuelle, c'est-à-dire que s'ils ont un commencement, ils n'ont pas de fin, Matthieu 18.10 ; Jude 6 ; f) l'illocalité, puisqu'étant des êtres incorporels ils n'occupent aucun espace tout en étant présents de manière définie (in ubi definitivo) en un certain endroit ; ils ne sont pourtant pas omniprésents comme Dieu qui est présent partout réplétivement ; g) l'agilité ou la vélocité, c'est-à-dire qu'ils sont capables de changer de « lieu » avec une grande rapidité, – ce terme ne comportant évidemment aucune notion de déplacement corporel ou matériel.
De plus, en tant qu'êtres intelligents, les anges sont doués d'une volonté libre et, pour accomplir le service qui leur a été confié, d'un grand pouvoir. La volonté des anges est libre en ce qui concerne a) les actes immanents tels que le choix ou le refus, Jude 6, et b) les actes extérieurs tels que le mouvement, la parole, l'adoration de Dieu, etc., Luc 2.9-15. Ayant été déclarés ennemis de Dieu, les anges mauvais ne peuvent que s'opposer à lui ; néanmoins, c'est de leur propre vouloir qu'ils le font, Jean 8.44. Le pouvoir des anges est très grand, Psaume 103.20 ; 2 Thessaloniciens 1.7 ; 2 Rois 19.35 ; mais il s'agit d'un pouvoir limité, tout entier placé sous le contrôle de Dieu, Job 1.12 ; et si leur pouvoir est surhumain, Psaume 91.11-12, c'est-à-dire plus grand que celui de l'homme, Luc 11.21-22, les anges ne sont pourtant pas tout-puissants ; ils demeurent les sujets de Dieu qui règne sur eux, Daniel 7.10. Disons encore que si, à strictement parler, seul Dieu accomplit des miracles (Psaume 72.18), il arrive que, comme l'enseigne l'Écriture Sainte, les anges bons (2 Rois 19.35), les prophètes (2 Rois 6.5-6) et les apôtres (Actes 3.6-12) en accomplissent en son nom et par son pouvoir divin (Exode 15.23-25). Et lorsque le démon accomplit des exploits qui, aux hommes, semblent être des miracles (mirabilia seu mira), il ne s'agit en réalité que des «prodiges mensongers» ou des «signes trompeurs» par lesquels Dieu lui permet d'égarer «tous ceux qui n'ont pas cru à la vérité, mais qui ont pris plaisir à l'injustice», 2 Thessaloniciens 2.9-12.
Certains affirment, en se basant sur Genèse 6.2, qu'il arriva jadis aux anges de s'unir aux hommes par le lien du mariage ; mais c'est là une assertion aussi folle que contraire à l'Écriture, Matthieu 22.30. Les «fils de Dieu» dans Genèse 6 n'étaient pas des anges, mais des enfants de familles croyantes.
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Source : J. Theodore Mueller, La doctrine chrétienne. Manuel de théologie doctrinale pour pasteurs, instituteurs et fidèles. Strasbourg : Éditions « Le Luthérien », 1987, pages 240-242.
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Un autre théologien a écrit :
Le mot ange, aussi bien en hébreu qu'en grec, signifie «messager». Les disciples que Jean envoya à Jésus sont appelés aggeloi, ou messagers (Luc 7.24). Seul le contexte nous permet de déterminer clairement si le mot s'applique à des messagers humains ou surhumains.
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Source : Henry C. Thiessen, Guide de doctrine biblique. Fondement d'une vie nouvelle. France/Canada : Éditions Farel/Éditions Béthel, 1995, page 156.
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