Saleucide : Je crois que ce sont surtout des raisons culturelles qui expliquent le célibat des prêtres dans l'Eglise catholique latine.
Karlo : C'était surtout pour protéger son patrimoine que l'Eglise a interdit à son clergé de fonder une famille.
Les biens, les terres de ces gens revenaient ainsi à l'Eglise après leur mort, et non-pas aux familles du clergé, qui auraient dispersé les possessions de l'Eglise au lieu de les accumuler. Le célibat de son personnel a aidé à la constitution de la fortune matérielle de l'Eglise.
Pour avoir étudié les débuts de la christianisation en Occident, je crois bien que c'est surtout pour ça en effet.
1. Eviter que les richesses du clergé ne partent n'importe où (à cause des héritages...) : problèmes réccurrants dans l'Antiquité chrétienne où les évêques pouvaient avoir des enfants.
2. Imposer un modèle de vertu : les prêtres (et de manière général, les clercs) représentent au haut Moyen Âge une sorte de "modèle" pour le laïcs (il n'est pas question de mes croyances, c'était juste les mentalités de l'époque, formatées par tout un tas de facteurs politiques, économiques, sociales et religieux...) et d'intermédiaire avec Dieu.
Ce modèle de vertu est ainsi plus haut placé dans la "hiérarchie des mérites" de la société médiévale. Je parle de "hiérarchie des mérites" dans le sens où il existait alors dans les mentalités un élément du christianisme très important (qui permettait de vendre un peu la religion à une époque de christianisation) : la possible vie après la mort. Or, cette vie après la mort, auprès de Dieu doit se "mériter" (je simplifie le discours de l'Eglise du haut Moyen Âge, pas taper svp ^^).
Donc en gros : les plus méritants = clercs chastes et les les moins méritants = les laïcs vicieux dont la sexualité est complètement désorganisée... (Et entre les deux : les couples, les veufs, les enfants...)
Vous me direz : le mariage n'est pas vertueux ? Oui et non. Le mariage renvoie à la sexualité et l'Eglise a rapidement diaboliser l'acte sexuel qui dans de nombreux textes médiévaux renvoient à la perte de contrôle de soi, à l'impureté, etc...
En se basant sur des références bibliques comme tout simplement la virginité de Marie, l'Eglise a défendu un modèle de vertu : l'absence de toute concupiscence qui permet ainsi de se donner complètement à Dieu, sans jamais être...distrait.
Je précise que cette diabolisation générale du corps au début du Moyen Âge peut s'expliquer par plein d'autres raisons : maladies, société que l'on cherche à ordonner, mortalités précoces, croyances païennes... Mais l'Eglise a bien joué avec en tout cas !
Du coup, les laïcs mariés sont-ils impurs ou moins méritants ? Dans la mesure ou l'acte sexuel sert à (et seulement à) la procréation, les parents époux sont méritant. Mais au-dessus d'eux resteront plus méritants : les prêtres, les moines, les nonnes, les vierges, les veuves chastes, etc...
Après, ça c'était le discours de l'Eglise du début du Moyen Âge. Cette hiérarchie des mérites est de moins en moins (surtout aujourd'hui).
Plus on avance dans le temps, plus l'argument principal devient : l'Homme/le femme ne peuvent avoir qu'un(e) seul(e) époux/se et le clerc ou la soeur a choisit d'épouser Dieu (cet argument faisait tout de même partie de ceux qui étaient utilisés au début du Moyen Âge aux côtés des autres énoncés plus haut).
Aujourd'hui, les catholique considèrent qu'un prêtre choisit de se consacrer entièrement à Dieu et non pas à une famille.
Après, est-ce qu'il faut permettre au clercs d'avoir s'ils le souhaitent une vie sexuelle ? Une vie maritale ? Une vie de famille ? Est-ce que célibat est bon ou mauvais ? Utile ou pas ? Y'a des arguments pour tout. Personnellement, je pense que je m'en fout un peu que mon curé soit marié.