J'm'interroge a écrit : 19 janv.26, 01:35
.1. « Je n’ai pas dit que ça n’avait aucun sens de parler d’absolu »
Si. Peut-être pas mot pour mot, mais conceptuellement.
Tu dis refuser l’absolu comme concept, tout en l’utilisant comme fondement ultime : « ce sans quoi rien ne serait », « absolument nécessaire », « sans contraire », « éternel ».
On ne peut pas à la fois disqualifier un concept et s’en servir comme pivot explicatif. Ce n’est pas une question d’intention, c’est une question de cohérence logique.
- Il s’agit d’une compréhension... Et pourquoi pas d’un concept qui, pour s’en expliquer, utilise des mots qui pointent, effectivement...
2. « Je ne redouble pas, je dis qu’il n’y a que cela »
Justement.
Dire « il n’y a que cela » n’explique rien : tu rebaptises simplement le réel sous le nom d’« Absolu ».
Si l’Absolu = « ce qui est », alors le mot Absolu n’a aucune valeur explicative supplémentaire. Il ne distingue rien, ne fonde rien, ne hiérarchise rien. Il est purement déclaratif.
Un concept qui n’introduit aucune différence conceptuelle n’est pas faux : il est vide.
- Je ne rebaptise pas, j’enlève un voile pour révéler une perspective qui m’apparaît rendre compte de certaines interrogations...
3. « Il n’y a pas d’au-delà, car l’Absolu est toute réalité »
Dire « toute réalité » joue exactement le rôle de l’au-delà, même si tu refuses le mot.
Tu refuses la transcendance formelle, mais tu conserves une fonction métaphysique totale :
– nécessité
– absence de contraire
– autosuffisance
– éternité
– caractère fondant
C’est de la transcendance fonctionnelle, réinjectée dans l’immanence par changement de vocabulaire. Ce n’est pas une abolition, c’est un camouflage.
- Rien n’est camouflé, mais remis dans un certain éclairage. Si ma compréhension en rejoint une autre, quel est le problème?
Comme déjà dit, il n’y a pas d’au-delà... Donc pas de transcendance...
4. « Il n’y a ni immanence ni transcendance »
Tu supprimes les mots, pas les structures.
Quand tu parles d’un réel unique, nécessaire, sans extérieur, sans condition, tu décris exactement ce que la tradition appelait transcendance — simplement sans séparation spatiale.
Dire « ce n’est ni immanent ni transcendant » ne suffit pas à dépasser la distinction si tu en conserves toutes les propriétés opératoires.
- Il s’agit de voir avec quelle lunette vous abordez le truc ou dans quel cadre. Pour ma part, immanent et transcendant cèdent la place à l’ouvert...
5. « Il n’est pas distinct puisqu’il n’y a que lui »
Alors il n’est pas absolu, il est le réel, point.
L’absolu, historiquement et conceptuellement, n’est pas « ce qui est », mais ce par rapport à quoi le reste est relatif.
S’il n’y a plus de relatif, l’absolu perd toute signification. Tu conserves le mot après avoir supprimé la relation qui lui donne sens.
- Justement le réel est l’absolu... Il n’y a pas de reste, pas d’au-delà... Il est «ce qui est», par soi, union identitaire...
Le relatif établit des relations de liens sur un certain plan concernant ceci par rapport à cela. L’absolu n’est nullement concerné par cela puisque rien n’est relatif à «ce qui est»...
6. « Comment pourrait-il ajouter quelque chose puisqu’il est déjà tout ? »
Exactement.
Et c’est bien pour cela que le concept est inutile.
Un concept qui n’ajoute rien, ne distingue rien, ne permet aucune différence de niveau ontologique ou explicatif, n’est pas profond : il est redondant.
- Pourquoi en faire une inutilité alors qu’il est question de nécessité absolue? Qui plus est, en tant que réalité, enlevez-le et qu’est-ce qui reste?
7. « Et si le réel est sacré, où est le problème ? »
Il n’y a aucun problème — il y a une confusion.
Tu affirmes une sacralité sans critères, sans altérité, sans seuil, sans distinction.
Résultat : soit tout est sacré et le mot ne signifie plus rien, soit tu réintroduis implicitement une hiérarchie que tu refuses explicitement.
Le sacré dissous dans la totalité devient une esthétique du réel, pas une thèse ontologique.
- Je vous rappelle que c’est vous qui avez parlé de sacralité...J’attrape simplement la balle au bond. Si tout donc est sacré, où est la hiérarchie? Et c’est ici qu’il faudrait peut-être penser introduire de la couleur dans le décor...
8. « Puisque le néant n’existe pas, ce qui est n’est relatif à rien »
Erreur logique classique.
L’absence de néant n’implique pas l’absence de relations internes, de dépendances, de conditions, de niveaux d’organisation.
Le relatif ne suppose pas un néant extérieur, mais des rapports internes au réel.
Confondre relativité et comparaison à un non-être, c’est une simplification abusive.
- Bien dit... Et c’est précisément ce que je dis...
Sauf pour votre dernière phrase où il y a confusion quant aux éléments de comparaison...
9. « L’Absolu est simple, toute distinction vient du regard fini »
C’est une thèse métaphysique forte, pas une évidence.
Tu absolutises la perspective d’unité et psychologises toute différence.
Mais dire que toute distinction est illusoire revient à rendre la pensée elle-même illusoire — y compris la tienne.
Si toute distinction est illusion, alors l’opposition entre Absolu et illusion l’est aussi.
- Je n’oppose pas, je place les éléments dans une perspective. L’illusion en tant que nécessité pour distinguer, mais sur un plan particulier (relativité)...
10. « La multiplicité est une illusion nécessaire »
Nécessaire pour qui ?
Pour un esprit fini. Donc relative à une condition cognitive.
Tu réintroduis ici exactement ce que tu refuses ailleurs : une relativité structurante, sans laquelle ton Absolu n’est même pas formulable.
Évidemment je parle de multiplicité, de relations de liens, relativité de rapports pour qu'on s'y retrouve...
Ajouté 45 minutes 44 secondes après :
vic a écrit : 19 janv.26, 08:44
Si l'absolu n'est pas distinct , on ne peut plus le distinguer . De quoi parles tu ?
Il est distinct par le regard relatif... Mais en soi, il ne se distingue pas puisqu'il est «Ce qui est.»
Étant même le regard relatif, qu'y a-t-il en ce relatif qui me permet de le voir ainsi?
Il se distingue aussi par le paradoxe : «Tout est Lui donc je ne peux pas Le distinguer.»
Rappel : Pas de néant... Donc : Quelque chose par soi, ne dépendant de rien, de toute éternité, qui est (cela qui est et ne peut faire autrement que d'être)... Et je pose l'Absolu comme nécessité absolue pour que quelque chose soit...
Aussi inimaginable que la réalité elle-même...