Le Royaume de Dieu,...
Posté : 06 juil.07, 16:12
Infos que j'aie trouvé assez bien ;pour en faires part .
L’idée que Jésus attendait une fin du monde imminente et que par conséquent le royaume de Dieu qu’il prêchait ne se réaliserait pas dans ce monde mais dans celui que nous appelons « l’au-delà », est encore très répandue. Les Evangiles contiennent en effet quelques affirmations qui se prêtent à cette interprétation. Mais celle-ci ne tient pas si l’on considère l’ensemble des paroles du Christ. « L’enseignement de Jésus n’est pas une éthique pour ceux qui attendent une fin du monde proche mais pour ceux qui ont fait l’expérience de la fin de ce monde et de l’avènement dans ce monde, du royaume de Dieu : pour ceux qui savent que ‘les choses anciennes sont passées’ et que le monde est devenu une ‘nouvelle création’, car Dieu y est descendu comme un roi » (Ch. Dodd). En d’autres termes, Jésus n’a pas annoncé la fin du monde, mais la fin d’un monde, et cela n’a pas été démenti par les faits.
Jean-Baptiste également prêchait ce changement, parlant d’un imminent jugement de Dieu. Où se trouve donc la nouveauté du Christ ? La nouveauté est entièrement renfermée dans un adverbe de temps : « à présent », « maintenant ». Avec Jésus, le royaume de Dieu n’est plus seulement une chose « imminente », mais présente. « L’aspect nouveau et exclusif du message de Jésus, écrit le pape, consiste dans le fait qu’il nous dise : Dieu agit maintenant – c’est l’heure à laquelle Dieu, d’une manière qui dépasse toutes les précédentes, se révèle dans l’histoire comme son Seigneur, comme le Dieu vivant ».
C’est de là que vient le sentiment d’urgence qui transparaît dans toutes les paraboles de Jésus, spécialement celles que l’on appelle les « paraboles du royaume ». L’heure décisive de l’histoire a sonné, le moment est venu de prendre la décision qui sauve ; le banquet est prêt : refuser d’entrer parce que l’on vient de se marier ou que l’on vient d’acheter un bœuf ou pour tout autre motif, signifie en être exclu pour toujours et voir sa place prise par d’autres.
Partons de cette dernière réflexion pour une application pratique et actuelle du message écouté. Ce que Jésus disait à ses contemporains vaut également pour nous aujourd’hui. Cet « à présent » et cet « aujourd’hui » resteront inchangés jusqu’à la fin du monde (He 3, 13). Ceci signifie que la personne qui écoute aujourd’hui, peut-être par hasard, la parole du Christ : « Le temps est accompli et le Royaume de Dieu est tout proche : repentez-vous et croyez à l’Evangile » (Mc , 15), se trouve face au même choix que ceux qui l’écoutaient il y a deux mille ans dans un village de Galilée : ou croire et entrer dans le royaume, ou refuser de croire et en être exclu.
Malheureusement, croire semble être la dernière des préoccupations de beaucoup de ceux qui lisent aujourd’hui l’Evangile ou écrivent des livres sur l’Evangile. Au lieu de se soumettre au jugement du Christ, beaucoup se font ses juges. Jésus n’a jamais été autant jugé. Il s’agit d’une sorte de « jugement universel » à l’envers. Ce sont surtout les chercheurs qui courent ce risque. Un chercheur doit « dominer » l’objet de la science qu’il cultive et rester neutre face à cet objet ; mais comment peut-on « dominer » ou rester neutre face à l’objet quand celui-ci est Jésus Christ ? Dans ce cas, plus que « dominer », ce qui compte, c’est « se laisser dominer ».
Le Royaume de Dieu était tellement important pour Jésus qu’il nous a enseigné à prier chaque jour pour qu’il vienne. Nous nous tournons vers Dieu en disant : « Que ton règne vienne », mais Dieu se tourne aussi vers nous et nous dit, par l’intermédiaire de Jésus : « Le royaume de Dieu est arrivé au milieu de vous : n’attendez pas, entrez ! »
Part :Cantalamessa OFM
L’idée que Jésus attendait une fin du monde imminente et que par conséquent le royaume de Dieu qu’il prêchait ne se réaliserait pas dans ce monde mais dans celui que nous appelons « l’au-delà », est encore très répandue. Les Evangiles contiennent en effet quelques affirmations qui se prêtent à cette interprétation. Mais celle-ci ne tient pas si l’on considère l’ensemble des paroles du Christ. « L’enseignement de Jésus n’est pas une éthique pour ceux qui attendent une fin du monde proche mais pour ceux qui ont fait l’expérience de la fin de ce monde et de l’avènement dans ce monde, du royaume de Dieu : pour ceux qui savent que ‘les choses anciennes sont passées’ et que le monde est devenu une ‘nouvelle création’, car Dieu y est descendu comme un roi » (Ch. Dodd). En d’autres termes, Jésus n’a pas annoncé la fin du monde, mais la fin d’un monde, et cela n’a pas été démenti par les faits.
Jean-Baptiste également prêchait ce changement, parlant d’un imminent jugement de Dieu. Où se trouve donc la nouveauté du Christ ? La nouveauté est entièrement renfermée dans un adverbe de temps : « à présent », « maintenant ». Avec Jésus, le royaume de Dieu n’est plus seulement une chose « imminente », mais présente. « L’aspect nouveau et exclusif du message de Jésus, écrit le pape, consiste dans le fait qu’il nous dise : Dieu agit maintenant – c’est l’heure à laquelle Dieu, d’une manière qui dépasse toutes les précédentes, se révèle dans l’histoire comme son Seigneur, comme le Dieu vivant ».
C’est de là que vient le sentiment d’urgence qui transparaît dans toutes les paraboles de Jésus, spécialement celles que l’on appelle les « paraboles du royaume ». L’heure décisive de l’histoire a sonné, le moment est venu de prendre la décision qui sauve ; le banquet est prêt : refuser d’entrer parce que l’on vient de se marier ou que l’on vient d’acheter un bœuf ou pour tout autre motif, signifie en être exclu pour toujours et voir sa place prise par d’autres.
Partons de cette dernière réflexion pour une application pratique et actuelle du message écouté. Ce que Jésus disait à ses contemporains vaut également pour nous aujourd’hui. Cet « à présent » et cet « aujourd’hui » resteront inchangés jusqu’à la fin du monde (He 3, 13). Ceci signifie que la personne qui écoute aujourd’hui, peut-être par hasard, la parole du Christ : « Le temps est accompli et le Royaume de Dieu est tout proche : repentez-vous et croyez à l’Evangile » (Mc , 15), se trouve face au même choix que ceux qui l’écoutaient il y a deux mille ans dans un village de Galilée : ou croire et entrer dans le royaume, ou refuser de croire et en être exclu.
Malheureusement, croire semble être la dernière des préoccupations de beaucoup de ceux qui lisent aujourd’hui l’Evangile ou écrivent des livres sur l’Evangile. Au lieu de se soumettre au jugement du Christ, beaucoup se font ses juges. Jésus n’a jamais été autant jugé. Il s’agit d’une sorte de « jugement universel » à l’envers. Ce sont surtout les chercheurs qui courent ce risque. Un chercheur doit « dominer » l’objet de la science qu’il cultive et rester neutre face à cet objet ; mais comment peut-on « dominer » ou rester neutre face à l’objet quand celui-ci est Jésus Christ ? Dans ce cas, plus que « dominer », ce qui compte, c’est « se laisser dominer ».
Le Royaume de Dieu était tellement important pour Jésus qu’il nous a enseigné à prier chaque jour pour qu’il vienne. Nous nous tournons vers Dieu en disant : « Que ton règne vienne », mais Dieu se tourne aussi vers nous et nous dit, par l’intermédiaire de Jésus : « Le royaume de Dieu est arrivé au milieu de vous : n’attendez pas, entrez ! »
Part :Cantalamessa OFM