mythe sur l'islam modéré
Posté : 16 juin04, 19:08
Extrait de „L’obsession anti-américaine“ (p 123-128) de Jean-François Revel
Un deuxième mensonge a été cultivé après le 11 septembre 2001, c'est le mythe d'un islam tolérant et modéré. Ce mythe est partage en deux volets. Le premier relève de l'histoire des religions et de l'exégèse des textes sacres. C'est l'affirmation selon laquelle le coran enseignerait la tolérance et ne contiendrait aucun verset autorisant l'usage de la violence contre les non-musulmans ou contre les apostats. Malheureusement, cette légende lénifiante ne résiste pas au plus sommaire examen du livre saint de l'islam, qui fourmille, au contraire, de passages faisant obligation aux croyants d'exterminer les infidèles. Dans les discussions a ce sujet, ravivées de plus belle après les attentats, de nombreux commentateurs rappelèrent cette vérité, en citant force versets l'illustrant et la démontrant sans contestation possible. Je citerai, entre autres, le livre de Jacques Rollet, Religion et Politique ou encore l'article de Ibn Warraq, «L’Islam, une idéologie totalitaire». Ibn Warraq est un indo-pakistanais, auteur d’un livre retentissant intitule Pourquoi je ne suis pas musulman. Depuis la publication de son livre, il doit vivre caché (comme, depuis 1989, Salman Rushdie, l’auteur des Versets sataniques, ou la Bangladaise Taslima Nasreen, qui osa protester, en 1993, contre la condition des femmes en pays d’islam). Repéré, Ibn Warraq se ferait abattre par ses infiniment tolérants ex-coreligionnaires. Il a transcrit un chapelet édifiant de sourates coraniques, par exemple celle-ci (sourate IV, verset 76) : « Tuer les idolâtres partout ou vous les trouverez ». C’est d’ailleurs le pieux devoir que n’ont pas manqué d’accomplir les bons musulmans barbus qui, le dimanche 28 octobre2001, à Bahawalpur, au Pakistan, firent irruption avec des mitraillettes dans un temple protestant ou se déroulait l’office, tuèrent le pasteur et seize fidèles (quatre enfants, sept femmes et cinq hommes) auxquels s’ajoutèrent plusieurs dizaines de blesses graves, dont une fillette de deux ans. Il y a, noyés parmi cent quarante millions de musulmans, environ deux millions de chrétiens pakistanais, catholiques ou protestants, qui ne peuvent évidemment être, ni de près ni de loin, fautifs des méfaits que les fous d’Allah imputent à l’Occident. C’est donc bien et uniquement en qualité d’infidèles que ces victimes innocentes ont été assassinées. D’ailleurs Ben Laden venait de lancer le mot d’ordre : « Tuez les chrétiens ! » Il a été entendu. Peu après, il a tourne sa prunelle meurtrière contre Kofi Annan, le secrétaire général de l’Onu, qualifie par lui de « criminel ». À propos de « victimes innocentes », il ne m’est pas revenu que la gauche européenne ait versé beaucoup de pleurs sur ces chrétiens pakistanais.
Ce qui dicte la vision du monde des musulmans, c’est que l’humanité entière doit respecter les impératifs de leur religion, alors qu’ils ne doivent eux-mêmes aucun respect aux religions des autres, puisqu’ils deviendraient alors des renégats méritant l’exécution immédiate. La « tolérance » musulmane est à sens unique. Elle est celle que les musulmans exigent pour eux seuls et qu’ils ne déploient jamais envers les autres. Soucieux de se montrer tolérant, le pape a autorisé, encourage même, l’édification d’une mosquée à Rome, ville où est enterré saint Pierre. Mais il ne saurait être question de construire une église à La Mecque, ni nulle part en Arabie Saoudite, sous peine de profaner la terre de Mahomet. En octobre 2001, des voix islamiques, mais aussi occidentales, ne cessèrent d’inviter l’Administration américaine à suspendre les opérations militaires en Afghanistan durant le mois du ramadan, qui allait commencer à la mi-novembre. Guerre ou pas guerre, la décence – disaient les bien-intentionnés – impose certains égards pour les fêtes religieuses de tous. Belle maxime, sauf que les musulmans s’en tiennent pour les seuls exemptes. En 1973, l’Égypte n’a pas hésité à attaquer Israël le jour même du Kippour, la plus importante fête religieuse juive, guerre qui est restée dans l’histoire précisément sous l’appellation la « guerre du Kippour ».
Le deuxième volet du mythe de l’islam tolérant consiste à soutenir hautement que le gros des populations musulmanes désapprouve le terrorisme, et au premier rang l’immense majorité des musulmans résidents ou citoyens des pays démocratiques d’Europe ou d’Amérique. Les muphtis ou recteurs des principales mosquées en Occident se sont fait une spécialité de ces assurances suaves. Après chaque déferlement d’attentats meurtriers, par exemple en France en 1986 et en 1995, ou après la fatwa ordonnant de tuer Salman Rushdie en 1989 ou Taslima Nasreen en 1993 pour « blasphème », ils n’ont pas leurs pareils pour garantir que les communautés dont ils ont la charge spirituelle sont foncièrement modérées. Dans les milieux politiques et médiatiques, on leur emboîte avec empressement le pas, tant la crainte nous étrangle de passer pour racistes en constatant simplement les faits. Comme le dit encore Ibn Warraq, « la lâcheté des Occidentaux m’effraie autant que les islamistes ».
Ainsi le quotidien Le Parisien-Aujourd’hui, dans son numéro du 12 septembre 2001, publie un reportage sur l’atmosphère de liesse qui a régné durant toute la soirée du 11 dans le XVIIIième arrondissement de Paris, où vit une importante communauté musulmane. « Ben Laden, il va tous vous niquer ! On a commence par l’Amérique, après ce sera la France ». Tel était le type de propos « modérés » adresses aux passants donc le faciès semblait indiquer qu’ils n’étaient pas maghrébins. Ou encore : « Je vais faire la fête ce soir car je ne vois pas ces actes [les attentats de New York et de Washington] comme une entreprise criminelle. C’est un acte héroïque. Ca va donner une leçon aux États-Unis. Vous les français, on va tous vous faire sauter ».
Ce reportage du Parisien n’a eu d’équivalent dans aucun autre organe de presse écrite et fut passe sous silence par la quasi-totalité des médias. En tout cas, auditeur assidu, chaque matin, des diverses revues de presse radiophoniques, je ne l’ai entendu mentionner dans aucune d’entre elles, sauf erreur, ce 12 septembre.
Malgré l’imprécision des statistiques, on considère que la population vivant en France compte entre quatre et cinq millions de musulmans. C’est la communauté musulmane la plus nombreuse d’Europe, suivie, loin derrière, par celles d’Allemagne et de Grande-Bretagne. Si « l’immense majorité » de ces musulmans était modérée, comme le prétendent les muphtis et leurs suiveurs médiatico-politiques, il me semble que cela se verrait un peu plus. Par exemple, après les bombes de 1986 puis de 1995, à Paris, qui tuèrent plusieurs dizaines de Français et en blessèrent bien davantage, il aurait bien pu se trouver, sur quatre millions et demi de musulmans, dont une bonne part avait la nationalité française, quelques milliers de « modérés » pour organiser une manifestation et défiler de la République à la Bastille ou sur la Canebière. Nul n’en a jamais vu l’ombre.
En Espagne, des manifestations rassemblant jusqu’à cent mille personnes ont souvent eu lieu en 2001 pour honnir les assassins de l’ETA militaire. Elles se sont déroulées non seulement dans l’ensemble du pays, mais au Pays basque même, où les manifestants pouvaient craindre des représailles, quoique les partisans des terroristes y fussent effectivement très minoritaires, comme l’ont prouvé les élections régionales de novembre 2000.
Si, au rebours, les musulmans modérés en France osent si peu se manifester, la raison n’en serait-elle pas qu’ils savent que ce sont eux les minoritaires au sein de leur communauté et non les extrémistes ? Voilà pourquoi ils sont modérés … avec modération. Il en va de même en Grande-Bretagne, où l’on vit, en 1989, les musulmans, pour la plupart d’origine pakistanaise, se déchaîner et hurler à la mort contre Salman Rushdie, mais où l’on ne vit aucun d’entre eux protester contre ces cris barbares. Après le 11 septembre, tel porte-parole qualifié des musulmans britanniques, El Misri, définit les attentats contre le World Trade Center comme des actes de « légitime défense ». Tel autre, Omar Bakri Mohammed, lança une fatwa ordonnant de tuer le président du Pakistan, coupable d’avoir pris position en faveur de George Bush contre Ben Laden. Chacun a eu beau tendre l’oreille, personne n’a entendu la moindre foule « modérée » islamo-britanique protester dans les rues contre ces appels au meurtre, parce qu’il n’en existe aucune, pas plus qu’il n’y a de foule « modérée » islamo-française. La notion que « l’immense majorité » des musulmans fixés en Europe serait modérée se révèle n’être qu’un rêve, ce qui fut mis spectaculairement en lumière durant les deux mois qui suivirent les attentats contre les États-Unis.
Le président Bush a bien agi lorsqu’il a proclamé solennellement, dès le lendemain de ces attentats, qu’il était sûr du patriotisme des citoyens américains de confession musulmane ; et il a eu raison de se rendre dans des mosquées pour illustrer cette confiance de sa part. Il s’agissait d’éviter que, sous l’effet de la fureur soulevée par l’ampleur du crime, les Arabo-Américains ne fussent la cible de représailles indignes. George Bush s’est ainsi conformé à la meilleure morale démocratique. Et plusieurs chefs d’état ou de gouvernement européens ont avec sagesse agi de même. Ce scrupule démocratique honore Américains et Européens, mais ne doit pas les rendre aveugles devant la haine pour l’Occident de la majorité des musulmans vivant parmi nous.
Les dirigeants démocratiques, après le 11 septembre 2001, ont pris grand soin de souligner que le combat des Occidentaux contre le terrorisme n’était pas un combat contre l’islam. Mais les islamistes, de leur coté, ne se sont pas gênés pour proclamer que leur combat terroriste était un combat contre les Occidentaux. Leur objectif est le fruit d’un délire, sans doute, mais il est bel et bien de détruire la civilisation occidentale en tant qu’impie et impure. C’est pourquoi toutes les explications de l’hyper terrorisme par l’hyper puissance américaine et la mondialisation capitaliste, bref pas des causes économiques et politiques analysables rationnellement sont ici dénuées de pertinence. Ce que les intégristes reprochent a notre civilisation, ce n’est pas ce qu’elle fait, c’est ce qu’elle est, ce n’est pas ce qu’elle rate, c’est ce qu’elle réussit. Aussi toutes les ritournelles sur la nécessite de rechercher une « solution politique » à l’islamo-terrorisme reposent-elles sur l’illusion qu’une telle solution puisse exister dans un univers mental à ce point coupé de la réalité.
Un deuxième mensonge a été cultivé après le 11 septembre 2001, c'est le mythe d'un islam tolérant et modéré. Ce mythe est partage en deux volets. Le premier relève de l'histoire des religions et de l'exégèse des textes sacres. C'est l'affirmation selon laquelle le coran enseignerait la tolérance et ne contiendrait aucun verset autorisant l'usage de la violence contre les non-musulmans ou contre les apostats. Malheureusement, cette légende lénifiante ne résiste pas au plus sommaire examen du livre saint de l'islam, qui fourmille, au contraire, de passages faisant obligation aux croyants d'exterminer les infidèles. Dans les discussions a ce sujet, ravivées de plus belle après les attentats, de nombreux commentateurs rappelèrent cette vérité, en citant force versets l'illustrant et la démontrant sans contestation possible. Je citerai, entre autres, le livre de Jacques Rollet, Religion et Politique ou encore l'article de Ibn Warraq, «L’Islam, une idéologie totalitaire». Ibn Warraq est un indo-pakistanais, auteur d’un livre retentissant intitule Pourquoi je ne suis pas musulman. Depuis la publication de son livre, il doit vivre caché (comme, depuis 1989, Salman Rushdie, l’auteur des Versets sataniques, ou la Bangladaise Taslima Nasreen, qui osa protester, en 1993, contre la condition des femmes en pays d’islam). Repéré, Ibn Warraq se ferait abattre par ses infiniment tolérants ex-coreligionnaires. Il a transcrit un chapelet édifiant de sourates coraniques, par exemple celle-ci (sourate IV, verset 76) : « Tuer les idolâtres partout ou vous les trouverez ». C’est d’ailleurs le pieux devoir que n’ont pas manqué d’accomplir les bons musulmans barbus qui, le dimanche 28 octobre2001, à Bahawalpur, au Pakistan, firent irruption avec des mitraillettes dans un temple protestant ou se déroulait l’office, tuèrent le pasteur et seize fidèles (quatre enfants, sept femmes et cinq hommes) auxquels s’ajoutèrent plusieurs dizaines de blesses graves, dont une fillette de deux ans. Il y a, noyés parmi cent quarante millions de musulmans, environ deux millions de chrétiens pakistanais, catholiques ou protestants, qui ne peuvent évidemment être, ni de près ni de loin, fautifs des méfaits que les fous d’Allah imputent à l’Occident. C’est donc bien et uniquement en qualité d’infidèles que ces victimes innocentes ont été assassinées. D’ailleurs Ben Laden venait de lancer le mot d’ordre : « Tuez les chrétiens ! » Il a été entendu. Peu après, il a tourne sa prunelle meurtrière contre Kofi Annan, le secrétaire général de l’Onu, qualifie par lui de « criminel ». À propos de « victimes innocentes », il ne m’est pas revenu que la gauche européenne ait versé beaucoup de pleurs sur ces chrétiens pakistanais.
Ce qui dicte la vision du monde des musulmans, c’est que l’humanité entière doit respecter les impératifs de leur religion, alors qu’ils ne doivent eux-mêmes aucun respect aux religions des autres, puisqu’ils deviendraient alors des renégats méritant l’exécution immédiate. La « tolérance » musulmane est à sens unique. Elle est celle que les musulmans exigent pour eux seuls et qu’ils ne déploient jamais envers les autres. Soucieux de se montrer tolérant, le pape a autorisé, encourage même, l’édification d’une mosquée à Rome, ville où est enterré saint Pierre. Mais il ne saurait être question de construire une église à La Mecque, ni nulle part en Arabie Saoudite, sous peine de profaner la terre de Mahomet. En octobre 2001, des voix islamiques, mais aussi occidentales, ne cessèrent d’inviter l’Administration américaine à suspendre les opérations militaires en Afghanistan durant le mois du ramadan, qui allait commencer à la mi-novembre. Guerre ou pas guerre, la décence – disaient les bien-intentionnés – impose certains égards pour les fêtes religieuses de tous. Belle maxime, sauf que les musulmans s’en tiennent pour les seuls exemptes. En 1973, l’Égypte n’a pas hésité à attaquer Israël le jour même du Kippour, la plus importante fête religieuse juive, guerre qui est restée dans l’histoire précisément sous l’appellation la « guerre du Kippour ».
Le deuxième volet du mythe de l’islam tolérant consiste à soutenir hautement que le gros des populations musulmanes désapprouve le terrorisme, et au premier rang l’immense majorité des musulmans résidents ou citoyens des pays démocratiques d’Europe ou d’Amérique. Les muphtis ou recteurs des principales mosquées en Occident se sont fait une spécialité de ces assurances suaves. Après chaque déferlement d’attentats meurtriers, par exemple en France en 1986 et en 1995, ou après la fatwa ordonnant de tuer Salman Rushdie en 1989 ou Taslima Nasreen en 1993 pour « blasphème », ils n’ont pas leurs pareils pour garantir que les communautés dont ils ont la charge spirituelle sont foncièrement modérées. Dans les milieux politiques et médiatiques, on leur emboîte avec empressement le pas, tant la crainte nous étrangle de passer pour racistes en constatant simplement les faits. Comme le dit encore Ibn Warraq, « la lâcheté des Occidentaux m’effraie autant que les islamistes ».
Ainsi le quotidien Le Parisien-Aujourd’hui, dans son numéro du 12 septembre 2001, publie un reportage sur l’atmosphère de liesse qui a régné durant toute la soirée du 11 dans le XVIIIième arrondissement de Paris, où vit une importante communauté musulmane. « Ben Laden, il va tous vous niquer ! On a commence par l’Amérique, après ce sera la France ». Tel était le type de propos « modérés » adresses aux passants donc le faciès semblait indiquer qu’ils n’étaient pas maghrébins. Ou encore : « Je vais faire la fête ce soir car je ne vois pas ces actes [les attentats de New York et de Washington] comme une entreprise criminelle. C’est un acte héroïque. Ca va donner une leçon aux États-Unis. Vous les français, on va tous vous faire sauter ».
Ce reportage du Parisien n’a eu d’équivalent dans aucun autre organe de presse écrite et fut passe sous silence par la quasi-totalité des médias. En tout cas, auditeur assidu, chaque matin, des diverses revues de presse radiophoniques, je ne l’ai entendu mentionner dans aucune d’entre elles, sauf erreur, ce 12 septembre.
Malgré l’imprécision des statistiques, on considère que la population vivant en France compte entre quatre et cinq millions de musulmans. C’est la communauté musulmane la plus nombreuse d’Europe, suivie, loin derrière, par celles d’Allemagne et de Grande-Bretagne. Si « l’immense majorité » de ces musulmans était modérée, comme le prétendent les muphtis et leurs suiveurs médiatico-politiques, il me semble que cela se verrait un peu plus. Par exemple, après les bombes de 1986 puis de 1995, à Paris, qui tuèrent plusieurs dizaines de Français et en blessèrent bien davantage, il aurait bien pu se trouver, sur quatre millions et demi de musulmans, dont une bonne part avait la nationalité française, quelques milliers de « modérés » pour organiser une manifestation et défiler de la République à la Bastille ou sur la Canebière. Nul n’en a jamais vu l’ombre.
En Espagne, des manifestations rassemblant jusqu’à cent mille personnes ont souvent eu lieu en 2001 pour honnir les assassins de l’ETA militaire. Elles se sont déroulées non seulement dans l’ensemble du pays, mais au Pays basque même, où les manifestants pouvaient craindre des représailles, quoique les partisans des terroristes y fussent effectivement très minoritaires, comme l’ont prouvé les élections régionales de novembre 2000.
Si, au rebours, les musulmans modérés en France osent si peu se manifester, la raison n’en serait-elle pas qu’ils savent que ce sont eux les minoritaires au sein de leur communauté et non les extrémistes ? Voilà pourquoi ils sont modérés … avec modération. Il en va de même en Grande-Bretagne, où l’on vit, en 1989, les musulmans, pour la plupart d’origine pakistanaise, se déchaîner et hurler à la mort contre Salman Rushdie, mais où l’on ne vit aucun d’entre eux protester contre ces cris barbares. Après le 11 septembre, tel porte-parole qualifié des musulmans britanniques, El Misri, définit les attentats contre le World Trade Center comme des actes de « légitime défense ». Tel autre, Omar Bakri Mohammed, lança une fatwa ordonnant de tuer le président du Pakistan, coupable d’avoir pris position en faveur de George Bush contre Ben Laden. Chacun a eu beau tendre l’oreille, personne n’a entendu la moindre foule « modérée » islamo-britanique protester dans les rues contre ces appels au meurtre, parce qu’il n’en existe aucune, pas plus qu’il n’y a de foule « modérée » islamo-française. La notion que « l’immense majorité » des musulmans fixés en Europe serait modérée se révèle n’être qu’un rêve, ce qui fut mis spectaculairement en lumière durant les deux mois qui suivirent les attentats contre les États-Unis.
Le président Bush a bien agi lorsqu’il a proclamé solennellement, dès le lendemain de ces attentats, qu’il était sûr du patriotisme des citoyens américains de confession musulmane ; et il a eu raison de se rendre dans des mosquées pour illustrer cette confiance de sa part. Il s’agissait d’éviter que, sous l’effet de la fureur soulevée par l’ampleur du crime, les Arabo-Américains ne fussent la cible de représailles indignes. George Bush s’est ainsi conformé à la meilleure morale démocratique. Et plusieurs chefs d’état ou de gouvernement européens ont avec sagesse agi de même. Ce scrupule démocratique honore Américains et Européens, mais ne doit pas les rendre aveugles devant la haine pour l’Occident de la majorité des musulmans vivant parmi nous.
Les dirigeants démocratiques, après le 11 septembre 2001, ont pris grand soin de souligner que le combat des Occidentaux contre le terrorisme n’était pas un combat contre l’islam. Mais les islamistes, de leur coté, ne se sont pas gênés pour proclamer que leur combat terroriste était un combat contre les Occidentaux. Leur objectif est le fruit d’un délire, sans doute, mais il est bel et bien de détruire la civilisation occidentale en tant qu’impie et impure. C’est pourquoi toutes les explications de l’hyper terrorisme par l’hyper puissance américaine et la mondialisation capitaliste, bref pas des causes économiques et politiques analysables rationnellement sont ici dénuées de pertinence. Ce que les intégristes reprochent a notre civilisation, ce n’est pas ce qu’elle fait, c’est ce qu’elle est, ce n’est pas ce qu’elle rate, c’est ce qu’elle réussit. Aussi toutes les ritournelles sur la nécessite de rechercher une « solution politique » à l’islamo-terrorisme reposent-elles sur l’illusion qu’une telle solution puisse exister dans un univers mental à ce point coupé de la réalité.