Voici un texte dit Apocryphe ....
Et beaucoup d'impurs et de malades suivirent les conseils de Jésus et se rendirent sur le bord de la rivière aux flots mouvants. Ils se déchaussèrent et se dévêtirent ; ils jeûnèrent, abandonnant leurs corps aux anges de l'air, de l'eau et des rayons du soleil. Alors les anges de la Mère, là Terre, les embrassèrent, prenant possession de leurs corps tant à l'intérieur qu'à l'extérieur. Et chacun d'eux vit ses maux, tous ses péchés et toutes ses impuretés le quitter en toute hâte. Et l'haleine de quelques-uns devint aussi nauséabonde que les matières qui s'échappent des intestins; d'autres eurent un flux de salive abondant et ils vomirent de leur intérieur des détritus nauséeux et impurs. Toutes ces impuretés s'écoulaient de leur bouche, chez quelques-uns l'écoulement avait lieu par le nez, chez d'autres par les yeux et les oreilles. Et beaucoup répandaient une sueur infecte et abominable qui filtrait par tous les pores de leur peau. Et sur plus d'un membre se formèrent d'énormes abcès cuisants, donnant passage à un pus malodorant ; et, du corps de certains malades, s'écoulait une urine abondante tandis que, chez beaucoup d'autres, l'urine était épaissie, aussi dense que du miel d'abeilles, chez d'autres encore, elle était presque rouge ou noire ou de la consistance assez semblable à la boue des rivières. Et la plupart expulsaient de leurs intestins des vents putrides, semblables aux souffles des démons. Et la puanteur qu'ils dégageaient devint telle qu'aucun d'eux ne pouvait la supporter.
Et lorsqu'ils se baptisèrent eux-mêmes, l'ange de l'eau entra dans leur corps; il s'en écoula alors toutes les abominations et toutes les impuretés de leurs péchés passés; et, de même une cascade qui descend de la montagne, ainsi de leurs corps s'écoulaient, dures ou molles, d'abondantes abominations. Or le sol où ces flux s'étaient répandus fut souillé, et si grande fut la puanteur que personne ne put rester en cet endroit. Et les démons quittèrent leurs entrailles sous la forme d'innombrables vers qui grouillaient dans le limon pollué par toutes ces excrétions intérieures. Et ils se tordaient de rage impuissante, furieux d'avoir été ainsi expulsés des entrailles des Fils des Hommes par l'ange de l'eau. Et alors, sur ces vers, s'appliqua le pouvoir de l'ange du soleil ; ils périrent là en des contorsions désespérées, à terre, écrasés sous les pieds de l'ange du soleil. Et tous les assistants tremblaient de terreur lorsqu'ils virent toutes ces abominations de Satan dont les anges les avaient délivrés. Alors, ils rendirent grâce à Dieu qui leur avait envoyé ses anges pour leur salut.
Et il y en avait quelques-uns qui étaient tourmentés par des maux terribles dont ils ne pouvaient se débarrasser; et ne sachant que faire, ils décidèrent d'envoyer un messager vers Jésus, car ils désiraient ardemment l'avoir au milieu d'eux.
Et lorsque deux d'entre eux s'en furent allés pour le quérir, ils virent Jésus qui s'approchait sur la berge de la rivière. Et alors, leurs cœurs furent remplis d'espérance et de joie lorsqu'ils entendirent Sa salutation;
« La Paix soit avec vous ! »
Et nombreuses étaient les questions qu'ils désiraient Lui poser, mais à leur grand étonnement, ils ne purent commencer la discussion, car aucune idée ne venait à leur esprit. Alors Jésus leur dit : « Je suis venu parce que vous aviez besoin de moi. » Et l'un d'eux s'écria : « Maître, nous avons un urgent besoin que Tu viennes pour nous libérer de nos maux. »
Alors Jésus leur parla en paraboles : «Vous êtes semblables au fils prodigue qui, pendant de nombreuses années, s'adonna aux festins et à la boisson et qui, avec des amis, passa toutes ses journées dans la débauche et le libertinage. Et, chaque semaine, sans que son père en eût connaissance, il contractait de nouvelles dettes, gaspillant le tout en quelques jours. Les usuriers cependant lui avançaient toujours de nouvelles sommes, parce que son père possédait de grandes richesses et payait chaque fois les dettes de son fils. Et c'est en vain que le père par de doux reproches, avait essayé de reprendre son fils ; celui-ci ne tint jamais compte des remontrances de son père qui le supplia en vain de bien vouloir renoncer à ses débauches toujours nouvelles et d'aller dans les champs pour surveiller le travail des serviteurs. Chaque fois le fils promettait tout ce qu'on lui demandait dans 1'espoir que ses anciennes dettes fussent soldée; mais le jour suivant, il recommençait de plus belle. Et, pendant plus de sept années, le fils continua sa vie déréglée. A la fin,cependant,le père perdit patience et refusa de payer aux usuriers les dettes de son fils. « Si je continue à payer chaque fois, se dit-il, il n'y aura point de fin aux péchés de mon fils. » Alors les usuriers furent grandement déçus, ils se saisirent du fils pour en faire leur esclave, afin que, par son travail journalier,il puisse leur rembourser tout l'argent qu'ils lui avaient avancé. Dès lors, festins, beuveries et excès eurent une fin.
»Depuis le matin jusqu'au soir, à la sueur de son front, le fils devait arroser les champs et, à la suite de ce travail, dont il n'avait nullement l'habitude, tous ses membres lui faisaient mal. Et il dut vivre de pain sec, n'ayant pour l'amollir que ses larmes. Et après avoir terriblement souffert de la chaleur et de la fatigue durant trois jours, il dit à son maître : « Je ne puis plus travailler, car tous mes membres sont douloureux. Combien de temps comptez-vous me tourmenter ? — Jusqu'au jour où, par le travail de vos mains, vous m'aurez remboursé toutes vos dettes, et lorsque sept ans se seront écoulés, vous serez libre. » Et le fils, désespéré, répondit en pleurant : «Mais je ne pourrai jamais supporter cette vie plus de sept jours. Ayez pitié de moi, car tous mes membres me brûlent et me font mal ! » Et le méchant usurier l'apostropha : « Avance à l'ouvrage ; si pendant sept armées tu as pu dissiper tes jours et tes nuits en débauches, maintenant tu dois travailler durant sept ans. Je ne te pardonnerai rien tant que tu ne m'auras pas remboursé toutes tes dettes jusqu'à la dernière drachme. » Et le fils, avec ses membres brisés par la douleur, s'en retourna désespéré aux champs pour continuer son travail. Lorsque vint le septième jour, jour du sabbat, durant lequel personne ne travaille dans les champs, à peine pouvait-il se tenir sur ses pieds, telles étaient ses douleurs et sa faiblesse.
»Alors le fils rassembla ce qui lui restait de force et se rendit en chancelant à la demeure de son père. Et, se jetant aux pieds de son père, il lui dit : « Père, pour cette fois, crois-moi et pardonne toutes mes offenses contre toi. Je te fais serment que jamais plus je ne vivrai dans la débauche et que je serai un fils obéissant en toutes choses. Délivre-moi des griffes de mon oppresseur. Père regarde et vois mes membres douloureux et n'endurcis point ton cœur. » Alors les larmes vinrent aux yeux du père, et il prit son fils dans ses bras et dit : « Soyons dans l'allégresse, car aujourd'hui une grande joie nous est donnée, mon fils bien-aimé, que j'avais perdu, est enfin retrouvé. » Et il le vêtit des plus beaux vêtements et, tout le long du jour, ils furent dans la joie. Et dès le matin du jour suivant, le père donna à son fils un sac d'argent pour qu'il puisse s'acquitter de toutes ses dettes contractées envers ses créanciers. Et lorsque le fils revint à la maison, le père lui dit : « Mon fils, vois combien il est facile par une vie de débauche de contracter des dettes pour sept années, mais leur payement est difficile et ne se solde que par sept ans de dur labeur. - Père, il est déjà très dur de devoir les solder par un travail de sept jours seulement. » Alors son père lui fit cet avertissement, disant : « C'est pour cette fois uniquement qu'il t'a été permis de payer tes dettes en sept jours en lieu et place de sept années, le reste t'a été remis. Mais prends bien garde à l'avenir de ne pas contracter de nouvelles dettes. Car je te le dis en vérité, ton père ne te pardonnera pas encore une fois tes dettes parce que tu es son fils. En effet, pour toute dette nouvelle, tu aurais à travailler durement pendant sept années pour t'en acquitter ainsi qu'il est commandé dans nos lois. »
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