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Il y a les faits, ce qu'on leur rajoute, ce qu'on en ignore et ce qu'on en occulte.

Posté : 20 févr.26, 23:52
par J'm'interroge
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Le fait objectif :
Données de base sélectionnées et/ou construction théorique vérifiée. Sans cadre sémantique, théorie-cadre et protocole, il n’y a que du vécu organisé a posteriori, pas de connaissance.

Ce qu’on lui rajoute :
Du sens excédentaire : métaphores explicatives, intentions projetées, causalités finales. L’imaginaire opère comme liant cognitif. Plus la construction est robuste, plus l’ajout devient indiscernable.

Ce qu’on en ignore :
La charpente : présupposés, conventions, arbitrages méthodologiques, genèse historique. Cette ignorance est constitutive : il y a toujours des angles morts assumés ou non, du laisser hors champ parmi ce qui rend la connaissance possible.

Ce qu’on en occulte :
Ce qui fragilise la cohérence du cadre ou le confort cognitif : anomalies persistantes, données récalcitrantes, hypothèses fortes du cadre ou celles concurrentes. L’occultation commence là où la pertinence est confondue avec la convenance ou lorsqu'elle dérange les certitudes. Elle s’énonce souvent par un « ce n’est pas pertinent » injustifié.

La confusion centrale :
Confondre validation et énonciation. La logique et l’expérience ne disent pas le réel, elles tracent les limites du dicible et de l’opérable.

La tentation permanente :
Naturaliser le construit, oublier sa genèse transforme un accord provisoire en évidence ontologique. Le temps anesthésie la critique : le nouveau inquiète, l’ancien rassure. L’ancienneté donne une illusion d’authenticité.

Le point aveugle :
Ce qui échappe au langage, aux instruments et aux questions disponibles : c'est l’impensable du cadre actuel. C'est là où le problème n'est pas encore posé.

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Il y a les faits, ce qu'on leur rajoute, ce qu'on en ignore et ce qu'on en occulte.

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