Ce qu'on vit n'est pas ce qu'on en dit.
Posté : 17 avr.26, 03:49
.
La confusion récurrente :
Je pointe souvent un problème récurrent dans les discussions : la confusion entre ce qu’on vit et ce qu’on en dit, qui fait que beaucoup prennent leur théorie pour l’expérience elle-même.
Une question peut se poser en réaction :
Si toute compréhension est théorique, et que le vécu pur est indicible (car le dire est déjà théorique), comment distinguer un énoncé qui facilite l’attention à l’expérience d’un énoncé qui la recouvre par une croyance ? Autrement dit : y a-t-il un usage non baratineur du langage pour parler du vécu ?
Voici la réponse que j'en donne :
Je dis que tout énoncé sur le vécu est déjà théorique. Donc, strictement parlant, il n’existe pas d’énoncé qui ne soit pas théorique. La distinction ne se situe donc pas entre « énoncé théorique » et « énoncé non théorique », mais entre les énoncés qui reconnaissent leur propre caractère théorique et ceux qui présentent leur théorie pour le vécu lui-même ou la réalité elle-même.
- Dans le premier cas, on peut parler du vécu sans le confondre avec le discours.
- Dans le second cas, on croit que « vivre Dieu » ou « vivre l’arbre » est un pur vécu, alors que c’est déjà une interprétation théorique chargée de croyances.
Ce qui distingue un énoncé « non baratineur » d’un énoncé « baratineur » (selon ce que j'en dis) :
- Énoncé baratineur : il y est affirmé que ce qui y est dit est le vécu, ou que ce qu'il expose est l’expérience elle-même ou la réalité elle-même. Exemple : « Je vis Dieu » pris comme description littérale et non comme interprétation théorique.
- Énoncé non baratineur : il peut dire quelque chose sur le vécu, l'expérience, mais sans prétendre que le discours tenu est le vécu lui-même ou l'expérience elle-même. Il garde la conscience que ce qu’il dit est une construction théorique, et que l’expérience reste non engagée en tant que telle. Exemple : « Quand j’emploie le mot “arbre” en parlant de ce que je vois, c’est une théorie. Mon vécu visuel n’est pas l’“arbre”, c’est une pure sensation que je ne peux pas communiquer directement. »
Un usage non baratineur du langage pour parler du vécu est donc possible, à condition :
- De ne pas confondre le mot et la chose.
- De ne pas confondre la compréhension ou l'interprétation (qui peut-être une simple croyance) et l’expérience.
- De ne pas attribuer à l’expérience ce qui relève de la théorie (Dieu, essence, absolu, etc.).
- De ne pas attribuer à la théorie (Dieu, essence, absolu, etc.) ce qui relève de l’expérience.
- D’admettre que tout ce qu’on en dit est une reformulation, jamais la chose même.
.
La confusion récurrente :
Je pointe souvent un problème récurrent dans les discussions : la confusion entre ce qu’on vit et ce qu’on en dit, qui fait que beaucoup prennent leur théorie pour l’expérience elle-même.
Une question peut se poser en réaction :
Si toute compréhension est théorique, et que le vécu pur est indicible (car le dire est déjà théorique), comment distinguer un énoncé qui facilite l’attention à l’expérience d’un énoncé qui la recouvre par une croyance ? Autrement dit : y a-t-il un usage non baratineur du langage pour parler du vécu ?
Voici la réponse que j'en donne :
Je dis que tout énoncé sur le vécu est déjà théorique. Donc, strictement parlant, il n’existe pas d’énoncé qui ne soit pas théorique. La distinction ne se situe donc pas entre « énoncé théorique » et « énoncé non théorique », mais entre les énoncés qui reconnaissent leur propre caractère théorique et ceux qui présentent leur théorie pour le vécu lui-même ou la réalité elle-même.
- Dans le premier cas, on peut parler du vécu sans le confondre avec le discours.
- Dans le second cas, on croit que « vivre Dieu » ou « vivre l’arbre » est un pur vécu, alors que c’est déjà une interprétation théorique chargée de croyances.
Ce qui distingue un énoncé « non baratineur » d’un énoncé « baratineur » (selon ce que j'en dis) :
- Énoncé baratineur : il y est affirmé que ce qui y est dit est le vécu, ou que ce qu'il expose est l’expérience elle-même ou la réalité elle-même. Exemple : « Je vis Dieu » pris comme description littérale et non comme interprétation théorique.
- Énoncé non baratineur : il peut dire quelque chose sur le vécu, l'expérience, mais sans prétendre que le discours tenu est le vécu lui-même ou l'expérience elle-même. Il garde la conscience que ce qu’il dit est une construction théorique, et que l’expérience reste non engagée en tant que telle. Exemple : « Quand j’emploie le mot “arbre” en parlant de ce que je vois, c’est une théorie. Mon vécu visuel n’est pas l’“arbre”, c’est une pure sensation que je ne peux pas communiquer directement. »
Un usage non baratineur du langage pour parler du vécu est donc possible, à condition :
- De ne pas confondre le mot et la chose.
- De ne pas confondre la compréhension ou l'interprétation (qui peut-être une simple croyance) et l’expérience.
- De ne pas attribuer à l’expérience ce qui relève de la théorie (Dieu, essence, absolu, etc.).
- De ne pas attribuer à la théorie (Dieu, essence, absolu, etc.) ce qui relève de l’expérience.
- D’admettre que tout ce qu’on en dit est une reformulation, jamais la chose même.
.