Un "qui n'est pas sans" ne revient pas à qui un "qui est un".
Voici trois exemples simples :
1) La vue et l’œil :
La vue n'est pas sans un organe de la vision : l’œil. Pourtant, elle n'est pas l’œil.
2) Software et hardware :
L'exécution d'un programme n'est pas sans le bon fonctionnement d'un ordinateur. Pourtant, un programme c'est autre chose qu'un ordinateur qui l'exécute.
3) Le concept et sa notion :
Le concept du triangle en général, soit : "la portion de l'espace délimitée par l'intersection de trois droites", n'est pas sans quelques représentations mentales. Pourtant, le concept du triangle (abstrait/général/formel/langagier) n'est pas la notion* que l'on peut s'en faire (subjective).
* En rappelant ceci :
Un concept, est une entité formelle, autrement dit : une formulation langagière (une définition ou une relation), alors qu'une notion est un ensemble de représentations (mentales).
____
Pour ceux qui voudraient approfondir :
1)
Comment fait-t-on pour voir avec un organe qui ne peut-être vu ? Même quand on regarde son propre œil dans un miroir, ce qui est vu c'est bien une perception de son œil, mais pas cet œil tel qu'il est en soi, et qui permet de voir.
En réalité, structurellement parlant, fondamentalement, tout est avant tout en soi. Notre vécu, en y incluant nos perceptions, n'est qu'une manifestation subjective, mentale, un apparaître permis par une structure cérébrale en soi et ses relations avec le reste du réel tel qu'il y est structuré, l'apparaître découlant de l'être, l'apparaître impliquant logiquement l'être.
En pratique, pour la plupart des choses, personne ne fait la distinction entre d'une part : "ce qui est perçu ou perceptible" en tant que perceptions et d'autre part : "ce qui est perçu ou perceptible" en tant que la réalité en soi qui fait l'objet d'une perception. - Cela dit, c'est une grossière erreur.
2)
Il faut distinguer :
- I. Ce qui est en soi. Toute apparence (je parle d' "apparaître") et toute "compréhension" en découlent, mais ce réel en soi n'apparaît jamais en tant que tel ni n'est compris. Il s'agit des possibles en soi mutuellement compatibles formant la trame causale fondamentale. (Possibles en soi à distinguer de ce que nous jugeons tels. Les possibles en soi existent sans intervention extérieure et ne sont pas des suppositions.)
- II. Ce qui apparaît, c'est-à-dire : les "perceptions-affects-reconnaissances-représentations", tous essentiellement subjectifs et particuliers, comme le bleu du ciel par exemple. >>>>> Une représentation en tant que telle est un "apparaître", autrement dit : c'est une réalité propre à soi, particulière, mentale. On peut se représenter mentalement ce que d'autres se représentent, mais il n'y aura jamais identité entre ceci et cela.
- III. Ce qui se comprend (et ou s'implique de ce qui se comprend), c'est-à-dire : ce que nos représentations et formulations langagières permettent d'inférer formellement, je parle de nos concepts et lois (relations formelles), et par conséquent notamment : les vérités objectives. Une compréhension est toujours générale.
3)
Voici les trois ordres de vérités/erreurs :
- I. - Un énoncé est vrai ou faux relativement à ce qui existe indépendamment des perceptions-reconnaissances-émotions-représentations-formulations.
- II. - Un énoncé est vrai ou faux relativement à ce qui existe qu’en rapport à des perceptions/reconnaissances-affects-représentations.
- III. - Un énoncé est vrai ou faux formellement, c’est-à-dire relativement à des éléments qui n’existent que dans et par la cohérence de formulations (langage).
4)
- Perceptions, reconnaissances, afects vont toujours ensembles chez nous.
- Il n'y a pas pour nous de représentation possible sans reconnaissance, ni émotion.
- Et il n'y a pas de formulation possible sans reconnaissances et représentations (compréhension).
5)
{ I { II { III } } }
III => II => I
III seulement si II, II seulement si I
III découle de II, II découle de I
I permet II et II permet III
I est nécessaire à II et II est nécessaire à III
6)
Il y a le réel en soi, ce qui nous apparaît et ce que l’on est en mesure de comprendre.
7)
- Exemple 1 : la vue est fonction de l’œil.
>>>>> Il y a ici relation entre des réalités d'ordres I et II, la vue impliquant un organe permettant une perception à distance.
- Exemple 2 : l'exécution d'un programme est fonction d'un dispositif capable de computations (ordinateur).
>>>>> Il y a ici relation entre des réalités d'ordres I et III, le fonctionnement d'un logiciel impliquant celui d'un ordinateur.
- Exemple 3 : la compréhension est fonction de la représentation.
>>>>> Il y a ici relation entre des réalités d'ordres II et III, la compréhension impliquant la représentation*.
* Rappel : Un concept est une entité formelle, autrement dit : une formulation langagière (une définition ou une relation), alors qu'une notion est un ensemble de représentations (mentales).
8)
Il y a plusieurs types de choses impossibles à savoir :
1. La plupart des réalités en soi.
-----> exemple : les structures autres que celles accessibles à nous par la mesure.
2. La plupart des réalités subjectives.
-----> exemple : tel détail perçu, telle émotion, impression ou sentiment vécu par quelqu'un d'autre, ou encore telle représentation qu'il se fera.
3. La plupart des réalités formelles.
-----> exemple : l'ordre total sur R (math.)
- À savoir que cet ordre existe, cela a été prouvé, mais qu'il est impossible de le donner.
.
- La réalité est toujours beaucoup plus riche et complexe que ce que l'on peut percevoir, se représenter, concevoir, croire ou comprendre.
- Nous ne savons pas ce que nous ne savons pas.
Humilité !
- Toute expérience vécue résulte de choix. Et tout choix produit son lot d'expériences vécues.
Sagesse !