tguiot a écrit : "Croyance" est un mot peut-être un peu fort. Je dirais plutôt que j'ai une approche plus matérialiste du monde. Et cette approche a bien un fondement, contrairement à ce que tu voudrais dire. Ce n'est pas un fondement "prouvé", c'est un fondement juste "raisonnable". Simplement parce que, avec un même tout petit coup d'œil sur l'établissement de nos connaissances, on se rend compte que c'est l'approche matérialiste, la seule que la science peut exploiter, qui permet d'aboutir à des certitudes (attention, certitudes au sens scientifique du terme, ce qui n'est pas vraiment la même chose qu'au sens de la foi). En gros, jusqu'à preuve du contraire, le monde est matériel, ou en tout cas, c'est le seul auquel on ait accès. S'il y a un monde immatériel en plus, nous ne savons rien de lui, jusqu'à son existence même, tout simplement parce que notre système cognitif (jusqu'à preuve du contraire) est dans le monde matériel.
J'imagine que pour quelqu'un comme toi, tu ne trouverais pas le "jusqu'à preuve du contraire" très pertinent. Tu penserais que c'est tout aussi légitime de poser l'existence d'un monde immatériel jusqu'à preuve du contraire. Si j'ai vu juste, sache que je ne suis pas d'accord avec cela. Je ne dis pas qu'il est impossible qu'un monde immatériel existe, je dis juste que le monde matériel (je veux dire surtout l'approche matérialiste du monde) a fait ses preuves de très très nombreuses fois (cf les avancées scientifiques, semblant ne rencontrer aucune limite). L'approche "immatérialiste" reste cantonné au domaine de la croyance, c'est-à-dire de l'acceptation sans réflexion.
Et enfin, si tu trouves que la comparaison de mon approche matérialiste avec la croyance d'un dieu qui écoute les prières et fait des miracles est pertinente, permets-moi d'être fondamentalement en désaccord là-dessus.
Oui, c’est un fondement raisonnable qui est parfaitement justifiable. Mais c’est très occidental comme manière d’appréhender le monde
et la vie : en Occident, la pensée rationnelle s’est construite en se détachant de la religion, voire en opposition avec la spiritualité. Ailleurs comme en Inde, en Chine ou dans le monde musulman, des philosophies imprégnées de spiritualité proposent une approche originale de la connaissance qui n’est ni théologique, ni purement démonstrative. Finalement, les Occidentaux sont presque les seuls à opposer raison
et spiritualité (mais la culture occidentale domine encore le monde). Ailleurs, l’intégration de la spéculation la plus rationnelle à la spiritualité caractérise la recherche de la vérité. Chacune à sa manière, ces différentes cultures n’ont jamais séparé le mythe
et la raison, la preuve universellement démontrable
et ce que nous nommons la « vérité révélée ». Ces philosophies ont au contraire mis la raison au service de la spiritualité.
L’illusion de l’identification au mental, qui nous maintient perpétuellement dans le cercle vicieux de la cherche de la satisfaction de nos désirs
et de la fuite devant nos peurs, nous détourne de la volonté de clore une fois pour toutes le cycle désespérant du plaisir
et de la souffrance, autrement dit l’illumination. Pourquoi se priver d’approfondir nos connaissances tout en mettant en place des pratiques de méditation sous la direction d’un Maître spirituel ? Pourquoi n’utiliser qu’une seule de nos deux jambes ?
En misant tout sur la raison tout en occultant le spirituel, tu privilégies la recherche extérieure en oubliant la recherche intérieure. Il est difficile de trouver l’équilibre de l’harmonie en étant bancal. Les deux pôles existent, il n’y a pas de raison d’en privilégier un au détriment de l’autre.
Quant au « Dieu qui fait des miracles
et écoute les prières », encore une fois ta vision est très occidentalisée. Il est certain que celui qui prie pour que l’OM gagne le prochain match ou pour obtenir une promotion dans son travail ne sera pas écouté. Ce qui va dans le sens de la satisfaction des désirs n’est pas spirituel.
Par contre, rien n’arrive jamais pour rien dans l’Univers, aucun événement n’existe indépendamment du reste. Toutes les situations qui se présentent à nous dans notre vie sont les plus exactement appropriées pour nous emmener doucement vers l’Eveil spirituel. Ce n’est pas pour rien que nous discutons ensemble toi
et moi : j’ai un message à te faire passer
et tu as un message à me faire passer.
Il existe un dicton Bouddhiste pour illustrer cela : "La neige tombe, avec chaque flocon à la bonne place".
Si quelqu’un souhaite quelque chose qui aille dans le sens de son élévation en
conscience (à supposer qu’il sache ce dont il a besoin pour cela), l’Univers aura tôt fait de créer la situation adéquate.
tguiot a écrit : Je n'ai pas non plus prétendu que j'ai un accès à volonté et en toutes circonstances sur cet "état". La plupart du temps, c'est très bref, et je t'assure que je sais la sensation que cela procure. Ca ne se ressent pas dans mes écrits parce que j'ai conscience que si je devais le décrire, je verserais dans la phraséologie ésotérico-mystique, et cela ne sert franchement pas mes propos. Il est certain que la sensation est tout à fait particulière, mais je continue de penser qu'il ne s'agit que d'une activité du cerveau rien de plus. Ou peut-être même d'une inactivité au contraire, car il me semble que cet état se caractérise surtout par l'absence de pensée, autrement dit la "désactivation" du module de la pensée dans le cerveau. Je caricature un peu, et pour avoir étudié la neurologie, je me permets l'abus de langage.
Donc, si je semble relativement imperturbable sur le sujet, c'est avant tout parce que les conclusions que je tire de cette expérience, quoique extrêmement singulière, restent fondamentalement matérialistes. Toujours aucune transcendance pour moi.
Ce qui se passe lors de l'interprétation musicale n'est pas tout à fait similaire au vide de la pensée. Car la pensée reste bien présente pendant le jeu. Il y a juste cette sensation, comme tu l'exprimes assez bien, de n'être qu'un vecteur de quelque chose de plus grand. Bien que je voie dans l'art (surtout l'art musical!) une certaine forme de transcendance, je tiens à préciser que je mets toutes les précautions du monde dans ce terme. Rien à voir avec la transcendance comme elle s'entend dans les débats théologiques. Mais mon approche de l'art est sans doute différente du citoyen lambda, étant moi-même un artiste profondément engagé dans mon art.
Si cet état t’apparaît très agréable, pourquoi ne cherches-tu pas à l’approfondir ? Pourquoi lui coller automatiquement une étiquette mentale « configuration neuronale sans plus » au lieu de chercher à l’étudier humblement ? Bien sûr, cette « étude » ne peut être qu’intérieure, méditative.
tguiot a écrit :
Je crois qu'ici la divergence provient du fait que tu penses que je ne vois l'appréhension du monde qu'à travers la pensée consciente. C'est loin d'être le cas. La pensée en soi n'est pour moi qu'un module parmi d'autres permettant d'approcher le réel. C'est un module assez particulier, mais je ne le vois pas comme le seul, ni comme la synthèse des autres.
Nous pouvons parler de ce que tu appelles la « pensée consciente » au niveau neurologique si tu le souhaites, cela nous permettra de clarifier certaines choses. Je me permets donc une petite digression sur le sujet ; j’espère que tu me pardonneras les éventuelles longueurs
et répétitions, mais il me semble important d’évoquer le système réticulaire activateur (SRA) : c’est l’un des systèmes les plus importants qui interviennent dans le cerveau puisqu’il joue littéralement le rôle de « portier » de notre
conscience. C’est le mécanisme qui utilise nos émotions comme la carotte
et le bâton pour nous forcer à préserver nos aliénations de sécurité, de sensation
et de pouvoir (acquises durant la petite enfance
et la vie intra-utérine)
et à mobiliser continuellement notre énergie pour les renforcer. Le SRA décide, à chaque instant, quelle donnée sensorielle afférente, s’il y en a une, doit être transmise à notre
conscience. Le SRA peut nous endormir ou nous réveiller. Si notre
conscience est très occupée, le SRA peut bloquer l’entrée de tout autre stimulus pour que nous puissions nous concentrer. En ce moment même où tu lis ces lignes, ton SRA bloque sans doute les sensations auditives pour que tu ne perçoives pas les sons autour de toi,
et sans doute a-t-il supprimé l’information sur le confort
et l’inconfort de ton corps pour que ton attention reste centrée sur ton écran d’ordinateur. Par contre, ton SRA est programmé pour outrepasser ta concentration sur l’écran aussitôt que quelqu’un entre dans la pièce
et mentionne ton nom.
L’interaction entre notre SRA
et notre programmation inconsciente définit notre perception du monde. Nous ne voyons pas le monde comme il est. Nous donnons une énorme importance à la parcelle du monde qui vibre de concert avec nos peurs, nos désirs, nos exigences, nos espoirs
et nos attentes. A mesure que nous évoluons vers une
conscience supérieure, notre SRA entrera en relation avec une programmation d’amour
et d’acceptation
et alors, notre amour créera le monde. Nous verrons toutes choses comme la manifestation de l’énergie de l’amour, jusqu’à voir le monde comme un réseau complexe
et magnifique d’énergies de l’ici
et maintenant, qui nous apporte tout ce dont nous avons besoin pour devenir un être pleinement conscient.
Le SRA n’analyse ni n’interprète les données qui se présentent. Il fonctionne à partir de la puissance de l’impulsion électromagnétique
et de la conformité de l’impulsion nerveuse avec les modèles programmés. Par exemple, si tu vis à proximité d’une voie ferrée, ton SRA est conditionné à considérer une série de sons ressemblant au tonnerre
et les vibrations de la maison comme quelque chose d’habituel quand tu dors. Pour quelqu’un dont le SRA n’aurait pas reçu le même conditionnement, ces sons pousseraient le SRA à réveiller immédiatement la personne
et à mobiliser toute l’attention de sa
conscience sur le grondement du tonnerre, sans parler des répercussions sur son système limbique !
Le SRA entretient un système réciproque d’échange d’information avec le cortex. A titre de « portier » de notre
conscience, le SRA est affecté par ce qui se passe dans notre
conscience en même temps qu’il joue un rôle primordial dans la décision de ce qui doit y entrer ou pas. Quand nous fonctionnons à des niveaux de
conscience inférieurs, le SRA agit en quelque sorte comme le président d’un pays en guerre. L’information qui a le plus de chances de dominer sa
conscience concerne les questions militaires. Dans ces moments-là, notre SRA est surtout susceptible de transmettre à la
conscience les « questions militaires » du genre sécurité, sensations
et pouvoir. Avec le retour de la paix, le président peut accorder son attention à tous les autres aspects du pays. Sa
conscience n’est plus dominée par les communiqués militaires d’urgence
et les sauve-qui-peut.
Pour utiliser notre merveilleux cerveau (qu’on pourrait appeler « bio-ordinateur ») de façon optimale, nous devons constamment
et fermement nous donner des instructions à nous-mêmes en vue d’éliminer notre programmation désuète (elle était faite à la base pour les temps reculés où nous vivions dans la jungle)
et de la remplacer par une programmation non-aliénante. Quand cette programmation commence à s’enregistrer dans le fonctionnement de notre cerveau, elle soulage notre SRA de la domination d’instructions pressantes inhérentes à la
conscience inférieure.
Lorsque nous atteignons les niveaux supérieurs de
conscience, nous cessons de voir le monde à travers les filtres des niveaux inférieurs qui déforment notre perception. A ces niveaux de claire perception, nous ne sommes plus désorientés par un point de vue égocentrique. Le fonctionnement du SRA permet donc une réorientation de l’énergie. Ce dernier cesse d’être un instrument servant à satisfaire
et à apaiser les exigences de nos conditionnements, tant individuels que ceux des us
et coutumes de notre groupe social. Il commence à fonctionner comme un véhicule encourageant les actions qui maintiennent en tout temps un courant permanent d’harmonie entre nous
et notre environnement. A ce niveau, nous nous abandonnons totalement de sorte que tout le monde autour de nous participe au déroulement harmonieux de notre vie. Nous ne sommes plus une personne individuelle au sens ordinaire du terme, mais un être qui s’engage volontairement dans l’évolution de la
conscience. Un tel être encourage la croissance de tous ceux qui l’entourent par le pouvoir de son ouverture, de son acceptation
et de son unité.
A mesure que le SRA réagit à nos efforts d’améliorer notre programmation, nous réduisons progressivement l’étendue l’inextricable toile d’araignée de nos exigences encouragées par nos émotions que, par mégarde, nous avions identifiées à notre « moi ».
Nous observons notre corps
et notre mental jouer leur rôle dans un scénario où pensées, émotions, sensations
et actions sont en perpétuel changement. Nous nous rendons compte que nous n’avons pas un « moi » rigide ou une individualité rigide qui demeure intacte. Notre nom
et notre mémoire basée sur notre ego ne nous donnent plus l’illusion d’être une personne individuelle.
A mesure que nous évoluons vers les niveaux supérieurs de la
conscience, nous cessons de confondre notre essence avec notre corps, notre statut social, notre programmation ou les élucubrations de notre mental. Nous vivons notre essence comme étant la pure
Conscience-témoin qui regarde simplement se jouer le scénario de notre vie sur les mille
et une scènes du monde.
tguiot a écrit :
Sujet très très complexe quand on entre dans l'art. Je crois que ça mérite bien un topic, un grand, à lui tout seul. J'avais tendance à voir les choses de la même façon que toi. J'ai un peu revu cette approche. Je ne suis toujours pas souvent convaincu par l'art contemporain, mais comme j'ai fait pour un temps le Conservatoire, on avait un cours sur la musique contemporaine. Depuis, j'ai beaucoup remis en question mes points de vue là-dessus.
Mais soit, on sort du sujet. Si tu souhaites continuer là-dessus, je ne peux que t'inviter à ouvrir un nouveau topic.
Très volontiers, mais je te laisse l’initiative de ce nouveau topic car je n’évoquais l’art qu’à titre d’exemple. Je vis avec une femme depuis peu qui se trouve être artiste peintre,
et nous avons eu de longues
et passionnantes conversations (durant la nuit en général, l’ambiance mystérieuse s’y prête mieux…) concernant la question de savoir si l’art est spirituel ou non. Grand débat…
tguiot a écrit :
C'est bien que tu dénonces le mental collectif comme "entité la plus dangereusement démente et destructrice". Car s'il est quelque chose qui génère un mental collectif, c'est bien la religion! Je vois dans l'athéisme une attitude beaucoup plus indépendante, et paradoxalement, cela renforce beaucoup plus le sentiment d'humanisme.
Le mental collectif concerne toutes les personnes identifiées à leur mental, c’est-à-dire environ six milliards d’êtres humains, ou plutôt d’egos humains devrais-je dire. Cette folie n’est en aucun cas le monopole de telle ou telle catégorie
et n’a rien à voir avec telle ou telle posture intellectuelle, sociale ou culturelle.
tguiot a écrit :
La dualité matière/esprit est bien obsolète. En sciences en tout cas, cela fait longtemps que le concept est dépassé. Il a été montré (et je ne souhaite vraiment pas te refaire l'histoire des neurosciences).
Et non, ce n'est pas une croyance! C'est une observation, tout simplement. Lorsqu'on se rend compte que la vision est produite par l'excitation (en réalité, la "désexcitation") de cellules rétiniennes, on est bien en droit de se poser la question "est-on sensible à quelque chose qui ne soit pas le produit de nos cellules nerveuses?" Jusqu'à présent, il est facilement montrable que tout ce que nous pensons, vivons, sentons, touchons, voyons, etc etc est le produit d'interactions entre notre système nerveux et le monde extérieur (ou au sein du système nerveux lui-même). Mais si tu souhaites en parler, je te propose d'étudier les trois premières années de médecine, sans quoi le bagage de connaissances n'est forcément pas acquis.
Non, tu m’expliques le processus de la vision, mais pas « ce » qui voit. Qu’est-ce qui perçoit ce qui est vu ? Tu dis : « tout ce que nous pensons, vivons, sentons, touchons, voyons, etc etc est le produit d'interactions entre notre système nerveux
et le monde extérieur », mais qu’est-ce que ce « nous » dont tu parles ? La
conscience, que j’ai appelé « esprit » en l’occurrence.
A ce sujet je vais te citer une partie du débat que j’ai eu avec Vicomte pour te montrer qu’il n’est absolument pas démontré que ce serait la matière qui engendre l’esprit :
Tan a écrit :Or, que se passe-t-il au niveau de l’étude de la conscience ?
- Il existe des phénomènes tels que la non-séparabilité qui ont une influence causale sur notre monde sans être constitués de matière ni d’énergie (j’espère que tu es attentif).
- La conclusion minimale que l’on peut tirer de la MQ, c’est que ce qui existe ne se limite pas à des choses inclues dans le temps et l’espace.
- Cela fournit donc un écrin possible d’un esprit non localisé dans le temps et l’espace et non constitué de matière et d’énergie.
- Depuis l’article de Beck et Eccles en 1992, le principal obstacle théorique au dualisme (le cerveau ne produit pas la conscience) a disparu.
- Le dualisme est la solution la plus logique aux extraordinaires expériences de Libet montrant que la conscience peut remonter le temps (et donc n’est pas totalement située dans le temps).
- De nombreux scientifiques célèbres partagent la position selon laquelle le cerveau et l’esprit seraient 2 choses identiques (monisme), position magistralement réfutée par les expériences de Libet, tout en nous expliquant que le dualisme est antiscientifique. Bel exemple d’illustration de la parabole de la paille et de la poutre.
- Le dualisme est la meilleure explication du fait que les sujets au cerveau coupé en deux (dans les cas où l’on a pratiqué une callosotomie, c’est-à-dire la séparation totale des deux hémisphères cérébraux en sectionnant le corps calleux les reliant entre eux) gardent une identité unique.
- Le dualisme est la meilleure explication lorsqu’on voit qu’une instance peut, au moment crucial, arrêter des processus commencés inconsciemment par le cerveau et manifester ainsi l’existence d’un libre arbitre.
- Le dualisme est la meilleure explication lorsqu’on voit que l’INTENTION de faire quelque chose peut avoir des conséquences physiques sur le cerveau et même sur le système immunitaire.
Ce qui est stupéfiant après le développement de tant de techniques sophistiquées pour voir penser le cerveau, après tant d’expériences de pointe toujours effectuées dans un cadre conceptuel dans lequel le cerveau produit la conscience, c’est qu’une sommité de la neurochirurgie comme Wilder Penfield qui n’avait jamais penché du côté de la thèse dualiste puisse conclure cela :
Il a été amplement démontré par la science que la conscience, l’idéation pure, active effectivement certaines régions déterminées du cortex cérébral. La maîtrise mentale de l’activité cérébrale est si vaste que l’on peut présumer une totale domination du cerveau par la conscience. Et voilà que pour la première fois se trouve formulée une hypothèse sur la manière dont le mental influence l’activité cérébrale sans enfreindre les lois de conservation de l’énergie. La critique matérialiste du dualisme par Dennett, Changeux, Edelman perd donc tout son fondement scientifique… […] Puisque les solutions matérialistes ne parviennent pas à expliquer l’unicité dont nous avons conscience, j’en suis réduit à conclure que l’unicité de la conscience ou de l’âme provient d’une entité située dans un autre niveau de réalité […] rendue nécessaire par la certitude de l’existence d’un noyau de cette individualité. J’avance qu’aucune autre position n’est défendable.
(John Eccles, « Comment la conscience contrôle le cerveau », Fayard, 1997, p.201)
J’ajoute à tout cela les questions non efficiellement résolues par la
science concernant la
conscience (source Wikipedia) :
- Quelle est la nature de la
conscience (
et, par suite, son origine
et son développement) ?
- Quelles sont ses caractéristiques ? Où se trouve le siège de la
conscience ?
- Quel est son mode d’existence ? Comment peut-elle exister à partir d’entités non-conscientes ?
- Quelle est sa fonction ? A-t-elle une causalité propre
et, si oui, de quelle nature ?
- Quelles relations la
conscience entretient-elle avec les autres phénomènes de la réalité, physiques
et mentaux ?
tguiot a écrit :Je veux bien effectivement que tu me proposes une version de Dieu différente que celle que nous servent habituellement les croyants de tous bords. Ces dieux-là sont terriblement décevants car ils ne résistent pas une seconde à l'examen logique.
Tu confonds la réalité incommensurable
et sans forme qu’abrite le mot « Dieu » avec les dogmes (aberrants, nous sommes d’accord) religieux. C’est la raison pour laquelle tu es déçu.
tguiot a écrit : (NB avant de répondre vraiment, le cerveau ne fait pas battre le coeur. Celui-ci possède son propre petit système nerveux, le réseau de Purkinje principalement. Ceci dit, le cerveau, via le système ortho- et parasympathique peut influencer sa fréquence de battement)
Je suis au courant car je peux quasiment arrêter les battements de mon cœur par simple concentration mentale. Enlève le cerveau
et le cœur s’arrêtera de battre.
tguiot a écrit : Donc, comment définis-je un concept? Pas facile comme question.
Disons qu'un concept est une mise en commun d'un certain nombre de traits d'objectivation, tous tendant vers une même réalité. Les traits d'objectivation peuvent avoir des formes très diverses, tous nos sens y participent.
Par exemple, le concept "maison", peut tout aussi bien inclure des informations à propos de la géométrie, de la fonction, mais ça peut être aussi l'odeur de la maison dans laquelle on y a grandi, même les souvenirs qui y sont associés.
Et à un niveau beaucoup plus concret, un concept est en fait une configuration neuronale. Toute idée est un ensemble de neurones interconnectés selon un pattern bien précis. En bref et imprécis, chaque fois que ce complexe est traversé par un courant, cela correspond à un son entendu, un souvenir évoqué, un mot prononcé, etc etc.
Quand on comprend à quel point le cerveau et ses subalternes sont impliqués dans notre relation au monde, toute hypothèse faisant entrer une quelconque est presque automatiquement superflue. Dans l'état actuel des connaissances, si le corpus du savoir neuroscientifique n'est pas complet, c'est-à-dire que subsistent encore (moins qu'on ne le croit souvent) des zones d'ombre sur comment fonctionne telle ou telle chose, on est amené à supposer que l'explication manquante ne s'éloigne pas trop de tout ce qu'on connait déjà sur le sujet.
À vrai dire, vouloir faire intervenir la transcendance, ce serait en réalité compliquer les choses, pour rien. Si le principe de parcimonie (ou le rasoir d'Occam) n'est pas le garant absolu de la vérité, il est tout de même beaucoup plus agréable de s'en servir quand le contexte s'y prête.
A la lecture des passages que je viens de citer, tu conviendras que la production de la
conscience par le cerveau est loin d’être la plus simple…
Quant à ta définition de concept, sincèrement je la trouve presque incompréhensible, ce qui montre à mon avis que c’est pour toi un peu nébuleux. Je préfère donc définir « concept » par « objet mental », en l’honneur de mon ami Occam...
PS : Antimondain, merci pour tes belles références.