Gad a écrit :Examiner l'existence de Dieu suivant une approche que tu appelle "epistémologique" ne te permets aucune conclusion péremptoire du genre de celle qui se trouve au bas de ton post.
Tu vas un peu vite. Tu décides
a priori qu'elle est péremptoire alors que je la présente comme le résultat d'une démonstration. Je n'affirme pas que ma démonstration est juste, mais je crois que le qualificatif "péremptoire" est impropre, surtout lorsque tu l'attribues de manière... péremptoire.
Gad a écrit :Si je veux prouver l'existence par la vue d'un atome en empruntant les lunettes a double foyers de ma grand-mère j'ai peu de chance de percevoir l'atome par mes sens. Le début de ton analyse est déja faussé car tu démarre sur de mauvaises bases.
Peut-être. Examinons tes arguments...
Gad a écrit :
L'atome est reel n'est-ce pas?...peux tu m'expliquer comment ton esprit en perçoit les manifestations?
La portion de réel qui se manifeste à nous sous l'étiquette "atome" est le fruit de l'application d'un filtre cognitif qui est composé d'un ensemble de concepts
et de dispositifs issus de la
science. Changeons ce filtre
et autre chose se manifeste à nous (un simple petit changement de trait en fait soit une onde, soit une particule).
Gad a écrit :
pourquoi ne pas plutot parler de perception?
Parce que nous ne sommes pas dans la perception mais l'application d'un filtre cognitif.
Gad a écrit :
Donc si quelque chose,energie , puissance n'a pas traversé le filtre de ta pensée elle n'existe pas? expliques...
Je n'ai jamais dit que ce qui ne se manifestait pas à nous à travers notre filtre cognitif était nécessairement inconnaissable. Il est en tout cas inconnu
et, donc, nous n'en formons aucun concept
et n'y pensons même pas.
Lorsque tu désignes un "quelque chose, énergie, puissance [qui] n'a pas traversé le filtre", tu le portes en fait déjà dans le champ du connaissable (je n'ai pas dit du connu).
Gad a écrit :
Cela entraine-t-il l'existence ou la non-existence de ces objets? ou juste leur perception?
Rien n'existe
en soi mais seulement
pour nous. Si ces objets existent, c'est
pour nous. Selon un autre filtre cognitif, ce ne seraient pas les mêmes objets, même si le réel qui est à la source de ces manifestations demeure inchangé quant à lui (du moins il est raisonnable de le supposer).
Et, encore une fois, ce n'est pas affaire de perception mais de cognition.
Gad a écrit :
Il n'existe donc rien d'objectivable pour les uns qui ne soit automatiquement perceptible par d'autres? par quel cheminement arrives tu a cette conclusion?
Je n'ai rien dit de tel. C'est toi qui interprètes cela comme un problème de perception.
Gad a écrit :
Donc on ne peut pas etre si l'on n'est pas objectivé par nos sens limités? Et comment est-on certain que rien n'existe en dehors de nos limites? de notre reflexion? de nos pensees? de notre "vue"? n'y-a-il dans ton raisonnement aucune place pour le doute?
Encore une fois, exister n'a de sens que du point de vue du sujet connaissant. S'il n'y a pas de sujet, il n'y a pas d'existence non plus.
Quant à la place du doute, elle se situe au niveau du sujet connaissant qui évalue un ensemble de traits d'objectivation en regard des manifestations du réel.
Un concept n'est pas le réel auquel il renvoie, mais le résultat de la relation du sujet au réel. Rien ne dit que cette relation soit fiable (c'est d'ailleurs le rôle de la
science de produire de la fiabilité médiate), d'où l'importance du doute.
(Je passe sur un certain nombre de tes arguments qui découlent de ce que tu as dit plus haut
et qui, me semble-t-il, ont déjà été réfutés. L'erreur principale vient de la notion de perception que tu introduis de manière non valide.)
Gad a écrit :En effet les atomes n'existent pas car les lunettes double foyers de ma grand-mere ne m'ont pas permis d'en "objectiver" le reel. Ils peuvent pourtant se situer dans un champs qui échappe a ma comprehension
et a ma connaissance meme si je peut manifester une intense "masturbation intellectuelle" qui reste cependant stérile car inadaptée a l'objet de mon investigation.
que puis-je retenir d'utile de ce discours sur "l'approche epistémologique"? qu'il me permets de voir Dieu autant que les lunettes de ma grand-mère me permettent de voir un atome.

Je dirais plutôt : dès lors qu'on énonce le concept de dieu, on l'introduit nécessairement dans le champ du connaissable. Les traits permettant de l'objectiver supposent une interaction avec nous (exemple : il nous a créé, il nous surveille, il exauce les prières, nous lisons la perfection de sa pensée dans celle de l'univers, etc.) donc le croyant l'énonçant comme un objet existant le définit bel
et bien comme une manifestation du réel. Aussi n'y a-t-il aucune raison pour que l'ensemble de ces traits échappe à l'examen de sa validité épistémologique. C'est le projet de cette démonstration
et son résultat, que tu n'as pas encore réfuté, est bien qu'un tel objet ne peut pas exister (objectivé de manière invalide
et quand bien même par un miraculeux hasard il correspondrait effectivement à "quelque chose", nous tomberions dans le paradoxe de la montre arrêtée).