ou la création de l'ennemi à partir de mythes bibliques...
Chirac, Bush et l'Apocalypse
En 2003, le président français comprit, par un coup de fil de son homologue américain, ce qui poussait ce dernier à vouloir faire la guerre à l'Irak.
Directeur de la rédaction du Journal du dimanche entre 1999 et 2005, Jean-Claude Maurice rencontre à une dizaine de reprises, en tête à tête, Jacques Chirac, alors chef de l'Etat. Et notamment en 2003, avant la guerre que les Etats-Unis s'apprêtent à déclencher en Irak et à laquelle le président français s'opposera. Dans Si vous le répétez, je démentirai, à paraître le 5 mars, il raconte. Extraits.
[...] Jacques Chirac l'a appris, le mois précédent, de la bouche même de Bush Jr. Une révélation reçue d'abord avec étonnement, puis, renseignement pris, avec effroi. Lors de cette conversation téléphonique visant à convaincre son homologue français de se joindre à la coalition, George Bush Jr. a utilisé un argument singulier, affirmant que... "Gog et Magog sont à l'oeuvre au Proche-Orient" et que "les prophéties bibliques sont sur le point de s'accomplir". Sur le moment, Jacques Chirac, stupéfait, ne réagit pas. Il sait Bush religieux, mais il a du mal à comprendre que le président de la première puissance du monde soit à ce point fondu des Ecritures qu'il batte le rappel des duettistes Gog et Magog pour justifier son combat! Chirac s'en ouvre à ses conseillers, d'abord portés à sourire. Il les charge de l'éclairer plus précisément sur Gog et Magog.
Un jour plus tard, George Bush récidive, prononçant ces deux noms mystérieux lors d'une conférence de presse sur "l'axe du mal". L'Elysée consulte d'urgence un spécialiste. Pas en France, mais en Suisse, pour éviter d'éventuelles fuites. C'est Thomas Römer, professeur de théologie à l'université de Lausanne, qui est mis à contribution. Son rapport a de quoi glacer le sang. Gog, prince de Magog, c'est l'apocalypse. Ce personnage apparaît dans la Genèse, et surtout dans deux des plus obscurs chapitres du Livre d'Ezéchiel, prophétie d'une armée mondiale livrant la bataille finale à Israël. Un conflit voulu par Dieu qui doit, terrassant Gog et Magog, anéantir à jamais les ennemis du peuple élu avant que naisse un monde nouveau.
Pour un esprit français, l'évocation de Gog et Magog pouvait prêter à rire. Chirac, lui, ne rit pas. Cette parabole d'une apocalypse annoncée pour réaliser une prophétie l'inquiète et le tourmente. Il s'interroge aussi sur l'inculture religieuse à l'heure où les soubassements religieux sont beaucoup plus déterminants qu'on ne veut le croire dans les décisions politiques et militaires. [...]
Jacques Chirac dès lors ne s'y trompe pas. Le président américain a sommairement décrypté les Ecritures: une armée mondiale islamiste fondamentaliste menace le monde occidental qui soutient Israël. Les attentats du 11 septembre contre les tours de Manhattan en sont la preuve. [...] "Ils vont mettre la région à feu et à sang. Ils ne comprennent rien à rien et sont d'une inculture crasse en ce qui concerne un Orient déjà compliqué. Demandez-leur de vous citer le nom d'un poète arabe. C'est tout juste si pour eux l'affrontement entre chiites et sunnites ne renvoie pas à la finale d'un Super Bowl du Moyen-Orient!" Et d'énumérer tout ce qui va se passer. "Vous verrez: ils vont mener une guerre de Pandore, la gagner rapidement, mais le plus dur alors commencera. Sunnites et chiites vont se déchirer. Après l'invasion, une guerre civile fera plus de victimes civiles que les combats de la guerre éclair. Al-Qaeda trouvera en Irak un terrain de manoeuvre qui lui est jusqu'ici interdit. Dans un an, il faudra envoyer des renforts. Et dans trois ans, quand 3000 GI seront morts, ils n'auront le choix qu'entre le retrait et l'envoi de nouvelles troupes." http://www.lexpress.fr/actualite/politi ... 46203.html
Chirac, Bush et l'Apocalypse
Règles du forum
Le dialogue interreligieux est une forme organisée de dialogue entre des religions ou spiritualités différentes. Ultérieurement, la religion a considéré l'autre comme n'étant pas la vérité révélée. C'est ainsi que les premiers contacts entre l'islam et le christianisme furent souvent difficiles, et donnèrent lieu à des guerres impitoyables comme les croisades.
Le dialogue interreligieux est une forme organisée de dialogue entre des religions ou spiritualités différentes. Ultérieurement, la religion a considéré l'autre comme n'étant pas la vérité révélée. C'est ainsi que les premiers contacts entre l'islam et le christianisme furent souvent difficiles, et donnèrent lieu à des guerres impitoyables comme les croisades.
Chirac, Bush et l'Apocalypse
Ecrit le 25 sept.16, 23:08Ne pas railler, ne pas déplorer ni maudire, mais comprendre. Baruch Spinoza
Re: Chirac, Bush et l'Apocalypse
Ecrit le 25 sept.16, 23:35Chirac a été visionnaire, il aurait du être écouté par les américains mais ils sont trop imprégnés de religion et ils ont la haine des arabes. Ils ne savent même pas que 20% des arabes sont des chrétiens. Ils croient que tous les musulmans sont arabes alors que seulement 20% des musulmans sont arabes.

Le premier forum tunisien qui a inspiré les forums de religion Recherche "les religions font peu de bien et beaucoup de mal" Voltaire
Re: Chirac, Bush et l'Apocalypse
Ecrit le 26 sept.16, 00:05oui il était visionnaire et quand on voit ce que l'on a eu après, on finit presque par le regretter ! et que dire de De Gaulle !
Moi ce qui m'inquiète dans tout cela, c'est que le discours anti islam, si il a son utilité pour comprendre le fonctionnement de certains musulmans, commence a rejaillir sur les musulmans du quotidien, qui n'y sont pas vraiment pour grand chose dans cette histoire.
un témoignage en passant...
Ahmed français
Depuis le 7 janvier 2015, on me demande mon avis. Si je peux expliquer. Si j’avais vu cela venir. On me demande de me « désolidariser ». On m’exhorte à condamner, comme pour supprimer un éventuel doute. Avec des millions d’autres, mon prénom, mon teint ont fait de moi, aux yeux de bien trop de mes concitoyens, une personne en lien avec les terroristes. Moi qui connais la France depuis mon premier jour. Moi qui ne suis allé que six ou sept fois dans ce pays auquel on me renvoie inconsciemment quotidiennement, et duquel je suis sensé être un représentant. À moi, et à tant d’autres, on demande perpétuellement d’apporter la preuve d’un attachement réel pour la France.
Les salles de spectacles, les terrasses, et les stades sont à nouveau pleins. Mais plus qu’une terreur collective, c’est une terreur intime qui monte, nous poussant à douter de l’autre et à commettre la plus grande des erreurs : celle de classer nos concitoyens, de se demander lesquels sont plus français, et lesquels le sont moins. En triant nos citoyens, nous sommes en train de rompre avec ce qui accompagnait initialement notre idéal de Liberté, d’Égalité et de Fraternité : l’unité de la République.
Car ceux qui défendaient hier avec tant de force cette République lorsqu’elle était mise à mal, se taisent aujourd’hui. Les journalistes, les représentants du peuple, les associations, les intellectuels, et d’autres, jusqu’à récemment encore, rassuraient tous les membres de la communauté nationale sur leur appartenance à celle-ci. Où sont-ils passés, alors que les Français – tous les Français – ont plus que jamais besoin d’eux ? Ils n’ont pas déserté. Non, ils ont dérivé : et pire, ils disent désormais : « ce n’est pas moi qui dérive, c’est le phare qui s’éloigne… ».
Je repense ici au Président Chirac qui, en 2005, au moment d’un autre État d’urgence, proclamait :
« L’adhésion à la loi et aux valeurs de la République passe nécessairement par la justice, la fraternité, la générosité. C’est ce qui fait que l’on appartient à une communauté nationale. C’est dans les mots et les regards, avec le cœur et dans les faits, que se marque le respect auquel chacun a droit. Et je veux dire aux enfants des quartiers difficiles, quelles que soient leurs origines, qu’ils sont tous les filles et les fils de la République.
Nous ne construirons rien de durable sans le respect. Nous ne construirons rien de durable si nous laissons monter, d’où qu’ils viennent, le racisme, l’intolérance, l’injure, l’outrage. Nous ne construirons rien de durable sans combattre ce poison pour la société que sont les discriminations. Nous ne construirons rien de durable si nous ne reconnaissons pas et n’assumons pas la diversité de la société française. Elle est inscrite dans notre Histoire. C’est une richesse et c’est une force. » [Jacques Chirac, 14/11/2005]
De plus en plus rares sont les voix qui défendent notre cohésion nationale et rappellent que vouloir séparer les Français n’est pas acceptable, qu’être musulman n’est pas un crime, que ceux qui tuent n’ont pas plus à voir avec l’Islam que le Ku Klux Klan avec la chrétienté. Pire, ces rares voix qui veulent maintenir notre unité nationale, qui dénoncent simplement les claires dérives idéologiques et les propos outranciers, sont désormais insultés de de « traîtres », de « lâches », de « collabo ».
Les premières victimes sont et resteront ceux morts, ceux aux corps et aux âmes meurtris par les actes terroristes : nous nous devons de leur faire honneur en bravant notre terreur intime, en luttant contre une scission de notre communauté nationale. Car voilà l’objectif central des terroristes, qui ne s’en sont jamais cachés. Ainsi, nous nous devons de rester, plus que jamais, soudés. Car oui, la menace extrémiste existe bel et bien. Oui, il y a un sérieux problème de fondamentalisme à combattre. Vous ne trouverez aucun angélisme de ma part – nous sommes tous la cible des terroristes. Reste qu’en identifiant mal l’ennemi, on lui confère un grand pouvoir : celui d’être tout le monde, et donc personne.
Je perçois un malaise immense. Je vois mon frère, cadre supérieur en informatique, changer de prénom sur son CV pour augmenter ses réponses favorables. Je vois des personnes bienveillantes gênées à l’idée d’utiliser le mot « arabe », ne sachant plus s’il a une valeur péjorative ou non. Je vois des amis qui se font contrôler trop souvent pour un visage pas assez clair ou une voiture trop belle pour leur teint. Je vois emmener un enfant de 8 ans au commissariat pour « apologie de terrorisme ». Je vois exclue de l’école une fille pour une jupe trop longue. Je vois qu’on tente de mener un débat aussi stérile qu’immonde sur « l’identité nationale ». Je vois des agressions de femmes voilées. Je vois des policiers forcer une femme à se dévêtir sous peine de devoir quitter la plage. Je vois des hebdomadaires associer à l’Islam des idées si négatives que leurs questions deviennent des affirmations frôlant l’insulte. Bref, je vois et je sens cette grave dérive qui fait de moi – comme de tant d’autres – un français qui l’est un peu moins que les autres…
Les inacceptables propos entendus et, bien pire encore, l’absence totale de condamnations fermes de journalistes, patrons de médias, politiciens, ne peuvent que gravement interpeller. Aujourd’hui, il est possible d’affirmer qu’être français c’est être blanc, c’est être catholique, c’est avoir un prénom chrétien, le tout sans être disqualifié ou discrédité. Au contraire, ce qui était hier encore une tache indélébile sur son parcours est devenu un fait d’arme médiatique ou politique. Malgré le 11 septembre 2001, malgré le 21 avril 2002, jamais je n’aurais pu penser voir un jour la banalisation de l’ignominie dans ce pays où tant de gens ont été persécutés, déportés, assassinés parce qu’ils pensaient ou croyaient différemment, parce qu’ils s’appelaient Salomon ou Rachel, parce qu’ils ne criaient pas avec les loups, parce qu’ils rêvaient une France indivisible.
Et dans cette course à qui sera le plus français, nous perdrons tous : car être Français n’est pas une matière dont on dispose en plus ou moins grand volume. Être Français, c’est une qualité, pas une quantité. C’est un sentiment, pas un bien. C’est une valeur, pas un prix. Et déjà, je vois les yeux rougis de tant Français – car ils le sont ! – qui se sentent insultés, blessés, rejetés. J’entends des discours pour lesquels, j’en suis sûr, nous aurons honte ensemble dans quelques temps. J’ai mal, désormais, pour tous ceux qui, dans les rangs de l’Armée, de la Police n’ont pas un « prénom chrétien », alors qu’ils mettent leurs vies quotidiennement en danger pour défendre des citoyens qui doutent de leur identité. Je pleure pour les morts et leurs familles qui, à Paris ou à Nice, entendent que certaines victimes ne sont peut-être pas complètement françaises, finalement. C’est une France qui s’avilit. C’est une tragédie. C’est une honte qui, comme l’Histoire l’a montré tant de fois, en appellera malheureusement d’autres.
Nous faisons ainsi totalement le jeu de nos ennemis, matraqués que nous sommes par des médias en plein naufrage. Certains ont même passé tellement de temps à combattre l’extrême-droite qu’ils en ont oublié de combattre ses idées, idées dont ils sont parfois même devenus malgré eux le porte-voix. Comment ne pas être atterrés en entendant des journalistes demander « Qu’est-ce qu’on fait des Musulmans ? » dans ce pays où on s’est demandé « Que faire des juifs ? » il y a trois quarts de siècle ? Comment ne pas être estomaqués à la question « Comment faire ? Bombarder, nettoyer, tuer ? » ? Comment ne pas frémir lorsque certains crient « il ne faut pas avoir peur de se faire traiter d’islamophobe » ? Devons-nous leur rappeler qu’une critique raisonnable et argumentée de l’islamisme et des extrémismes en général sera toujours audible, soutenue dans son droit de manière quasi-unanime ? Que ceux qui utilisent un tel alibi pour légitimer la diffusion de leur rejet de l’Islam et des musulmans – racisme policé – utilisent les mêmes arguments que ceux qui répandaient hier leur antisémitisme ? Que penserions-nous d’un individu qui proclamerait qu’il ne faut pas avoir peur d’être taxé de judéophobie ? C’est cette mentalité qui a clairement contribué à abattre les murs porteurs de la résistance à la xénophobie, bête immonde qui est en train de se réveiller progressivement sous nos yeux. Réveillons-nous !
Mais attention : toutes ces questions, toutes ces réflexions nous font hélas oublier qu’ils y a des mots qui blessent, qu’il y a des êtres humains qui souffrent de ces dérives. Alors moi, en attendant, que dois-je dire à ma mère, née en Algérie ? De partir ? Pour un pays qu’elle n’a connu que quelques années et qui la considère – ironie de l’histoire – comme une Française ? De quitter sa ville, ses collègues, son jardin ? Tout ça parce qu’une poignée de terroristes se sont habillés du drapeau de ses convictions pour mieux les bafouer en assassinant des innocents ? À elle qui vit paisiblement depuis toujours, que dois-je lui dire ? Qu’elle doit apprendre à être traitée comme une citoyenne de seconde zone après 40 ans de présence, parce que certains voient en elle un mauvais souvenir, voire une menace ? Que dois-je lui dire quand, à la radio, on lui dit « qu’il n’y a pas de différence entre islam et islamisme » alors qu’en Algérie, les islamistes on fait un carnage durant dix ans sans que personne ne lève le petit doigt ? Dois-je lui dire qu’elle serait islamiste sans le savoir ? Que dois-je lui dire quand, devant la télé où on présente sa religion comme belliqueuse, elle répète « Mais ça, ce n’est pas l’Islam ! » ? Dois-je lui dire qu’elle ne doit pas pleurer avec le reste de la France lorsque le temps s’arrête un 7 janvier, un 13 novembre ou un 14 juillet ? Je ne sais plus. Et cela me fait mal. Très mal.
Ahmed
P.S. À ceux qui se demanderont, si je suis musulman, catholique, athée ou autres, je leur réponds que cela n’a aucune importance : je suis Français.
Article écrit pour le site http://www.les-crises.fr, librement reproductible en intégralité (en citant la source ou pas, comme bon vous semble…).
Moi ce qui m'inquiète dans tout cela, c'est que le discours anti islam, si il a son utilité pour comprendre le fonctionnement de certains musulmans, commence a rejaillir sur les musulmans du quotidien, qui n'y sont pas vraiment pour grand chose dans cette histoire.
un témoignage en passant...
Ahmed français
Depuis le 7 janvier 2015, on me demande mon avis. Si je peux expliquer. Si j’avais vu cela venir. On me demande de me « désolidariser ». On m’exhorte à condamner, comme pour supprimer un éventuel doute. Avec des millions d’autres, mon prénom, mon teint ont fait de moi, aux yeux de bien trop de mes concitoyens, une personne en lien avec les terroristes. Moi qui connais la France depuis mon premier jour. Moi qui ne suis allé que six ou sept fois dans ce pays auquel on me renvoie inconsciemment quotidiennement, et duquel je suis sensé être un représentant. À moi, et à tant d’autres, on demande perpétuellement d’apporter la preuve d’un attachement réel pour la France.
Les salles de spectacles, les terrasses, et les stades sont à nouveau pleins. Mais plus qu’une terreur collective, c’est une terreur intime qui monte, nous poussant à douter de l’autre et à commettre la plus grande des erreurs : celle de classer nos concitoyens, de se demander lesquels sont plus français, et lesquels le sont moins. En triant nos citoyens, nous sommes en train de rompre avec ce qui accompagnait initialement notre idéal de Liberté, d’Égalité et de Fraternité : l’unité de la République.
Car ceux qui défendaient hier avec tant de force cette République lorsqu’elle était mise à mal, se taisent aujourd’hui. Les journalistes, les représentants du peuple, les associations, les intellectuels, et d’autres, jusqu’à récemment encore, rassuraient tous les membres de la communauté nationale sur leur appartenance à celle-ci. Où sont-ils passés, alors que les Français – tous les Français – ont plus que jamais besoin d’eux ? Ils n’ont pas déserté. Non, ils ont dérivé : et pire, ils disent désormais : « ce n’est pas moi qui dérive, c’est le phare qui s’éloigne… ».
Je repense ici au Président Chirac qui, en 2005, au moment d’un autre État d’urgence, proclamait :
« L’adhésion à la loi et aux valeurs de la République passe nécessairement par la justice, la fraternité, la générosité. C’est ce qui fait que l’on appartient à une communauté nationale. C’est dans les mots et les regards, avec le cœur et dans les faits, que se marque le respect auquel chacun a droit. Et je veux dire aux enfants des quartiers difficiles, quelles que soient leurs origines, qu’ils sont tous les filles et les fils de la République.
Nous ne construirons rien de durable sans le respect. Nous ne construirons rien de durable si nous laissons monter, d’où qu’ils viennent, le racisme, l’intolérance, l’injure, l’outrage. Nous ne construirons rien de durable sans combattre ce poison pour la société que sont les discriminations. Nous ne construirons rien de durable si nous ne reconnaissons pas et n’assumons pas la diversité de la société française. Elle est inscrite dans notre Histoire. C’est une richesse et c’est une force. » [Jacques Chirac, 14/11/2005]
De plus en plus rares sont les voix qui défendent notre cohésion nationale et rappellent que vouloir séparer les Français n’est pas acceptable, qu’être musulman n’est pas un crime, que ceux qui tuent n’ont pas plus à voir avec l’Islam que le Ku Klux Klan avec la chrétienté. Pire, ces rares voix qui veulent maintenir notre unité nationale, qui dénoncent simplement les claires dérives idéologiques et les propos outranciers, sont désormais insultés de de « traîtres », de « lâches », de « collabo ».
Les premières victimes sont et resteront ceux morts, ceux aux corps et aux âmes meurtris par les actes terroristes : nous nous devons de leur faire honneur en bravant notre terreur intime, en luttant contre une scission de notre communauté nationale. Car voilà l’objectif central des terroristes, qui ne s’en sont jamais cachés. Ainsi, nous nous devons de rester, plus que jamais, soudés. Car oui, la menace extrémiste existe bel et bien. Oui, il y a un sérieux problème de fondamentalisme à combattre. Vous ne trouverez aucun angélisme de ma part – nous sommes tous la cible des terroristes. Reste qu’en identifiant mal l’ennemi, on lui confère un grand pouvoir : celui d’être tout le monde, et donc personne.
Je perçois un malaise immense. Je vois mon frère, cadre supérieur en informatique, changer de prénom sur son CV pour augmenter ses réponses favorables. Je vois des personnes bienveillantes gênées à l’idée d’utiliser le mot « arabe », ne sachant plus s’il a une valeur péjorative ou non. Je vois des amis qui se font contrôler trop souvent pour un visage pas assez clair ou une voiture trop belle pour leur teint. Je vois emmener un enfant de 8 ans au commissariat pour « apologie de terrorisme ». Je vois exclue de l’école une fille pour une jupe trop longue. Je vois qu’on tente de mener un débat aussi stérile qu’immonde sur « l’identité nationale ». Je vois des agressions de femmes voilées. Je vois des policiers forcer une femme à se dévêtir sous peine de devoir quitter la plage. Je vois des hebdomadaires associer à l’Islam des idées si négatives que leurs questions deviennent des affirmations frôlant l’insulte. Bref, je vois et je sens cette grave dérive qui fait de moi – comme de tant d’autres – un français qui l’est un peu moins que les autres…
Les inacceptables propos entendus et, bien pire encore, l’absence totale de condamnations fermes de journalistes, patrons de médias, politiciens, ne peuvent que gravement interpeller. Aujourd’hui, il est possible d’affirmer qu’être français c’est être blanc, c’est être catholique, c’est avoir un prénom chrétien, le tout sans être disqualifié ou discrédité. Au contraire, ce qui était hier encore une tache indélébile sur son parcours est devenu un fait d’arme médiatique ou politique. Malgré le 11 septembre 2001, malgré le 21 avril 2002, jamais je n’aurais pu penser voir un jour la banalisation de l’ignominie dans ce pays où tant de gens ont été persécutés, déportés, assassinés parce qu’ils pensaient ou croyaient différemment, parce qu’ils s’appelaient Salomon ou Rachel, parce qu’ils ne criaient pas avec les loups, parce qu’ils rêvaient une France indivisible.
Et dans cette course à qui sera le plus français, nous perdrons tous : car être Français n’est pas une matière dont on dispose en plus ou moins grand volume. Être Français, c’est une qualité, pas une quantité. C’est un sentiment, pas un bien. C’est une valeur, pas un prix. Et déjà, je vois les yeux rougis de tant Français – car ils le sont ! – qui se sentent insultés, blessés, rejetés. J’entends des discours pour lesquels, j’en suis sûr, nous aurons honte ensemble dans quelques temps. J’ai mal, désormais, pour tous ceux qui, dans les rangs de l’Armée, de la Police n’ont pas un « prénom chrétien », alors qu’ils mettent leurs vies quotidiennement en danger pour défendre des citoyens qui doutent de leur identité. Je pleure pour les morts et leurs familles qui, à Paris ou à Nice, entendent que certaines victimes ne sont peut-être pas complètement françaises, finalement. C’est une France qui s’avilit. C’est une tragédie. C’est une honte qui, comme l’Histoire l’a montré tant de fois, en appellera malheureusement d’autres.
Nous faisons ainsi totalement le jeu de nos ennemis, matraqués que nous sommes par des médias en plein naufrage. Certains ont même passé tellement de temps à combattre l’extrême-droite qu’ils en ont oublié de combattre ses idées, idées dont ils sont parfois même devenus malgré eux le porte-voix. Comment ne pas être atterrés en entendant des journalistes demander « Qu’est-ce qu’on fait des Musulmans ? » dans ce pays où on s’est demandé « Que faire des juifs ? » il y a trois quarts de siècle ? Comment ne pas être estomaqués à la question « Comment faire ? Bombarder, nettoyer, tuer ? » ? Comment ne pas frémir lorsque certains crient « il ne faut pas avoir peur de se faire traiter d’islamophobe » ? Devons-nous leur rappeler qu’une critique raisonnable et argumentée de l’islamisme et des extrémismes en général sera toujours audible, soutenue dans son droit de manière quasi-unanime ? Que ceux qui utilisent un tel alibi pour légitimer la diffusion de leur rejet de l’Islam et des musulmans – racisme policé – utilisent les mêmes arguments que ceux qui répandaient hier leur antisémitisme ? Que penserions-nous d’un individu qui proclamerait qu’il ne faut pas avoir peur d’être taxé de judéophobie ? C’est cette mentalité qui a clairement contribué à abattre les murs porteurs de la résistance à la xénophobie, bête immonde qui est en train de se réveiller progressivement sous nos yeux. Réveillons-nous !
Mais attention : toutes ces questions, toutes ces réflexions nous font hélas oublier qu’ils y a des mots qui blessent, qu’il y a des êtres humains qui souffrent de ces dérives. Alors moi, en attendant, que dois-je dire à ma mère, née en Algérie ? De partir ? Pour un pays qu’elle n’a connu que quelques années et qui la considère – ironie de l’histoire – comme une Française ? De quitter sa ville, ses collègues, son jardin ? Tout ça parce qu’une poignée de terroristes se sont habillés du drapeau de ses convictions pour mieux les bafouer en assassinant des innocents ? À elle qui vit paisiblement depuis toujours, que dois-je lui dire ? Qu’elle doit apprendre à être traitée comme une citoyenne de seconde zone après 40 ans de présence, parce que certains voient en elle un mauvais souvenir, voire une menace ? Que dois-je lui dire quand, à la radio, on lui dit « qu’il n’y a pas de différence entre islam et islamisme » alors qu’en Algérie, les islamistes on fait un carnage durant dix ans sans que personne ne lève le petit doigt ? Dois-je lui dire qu’elle serait islamiste sans le savoir ? Que dois-je lui dire quand, devant la télé où on présente sa religion comme belliqueuse, elle répète « Mais ça, ce n’est pas l’Islam ! » ? Dois-je lui dire qu’elle ne doit pas pleurer avec le reste de la France lorsque le temps s’arrête un 7 janvier, un 13 novembre ou un 14 juillet ? Je ne sais plus. Et cela me fait mal. Très mal.
Ahmed
P.S. À ceux qui se demanderont, si je suis musulman, catholique, athée ou autres, je leur réponds que cela n’a aucune importance : je suis Français.
Article écrit pour le site http://www.les-crises.fr, librement reproductible en intégralité (en citant la source ou pas, comme bon vous semble…).
Ne pas railler, ne pas déplorer ni maudire, mais comprendre. Baruch Spinoza
Re: Chirac, Bush et l'Apocalypse
Ecrit le 26 sept.16, 00:19heureusement que la France avait J.Chirac comme chef d'état à ce moment là , il faut lui dire merci et que les autres auraient du prendre comme exemple 
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Re: Chirac, Bush et l'Apocalypse
Ecrit le 27 sept.16, 06:43il est juste et victorieux, ils s'est incliné au pieds des lettres, et il appellent le monde, démagogues, et ils aiment qu'on leur raconte des conneries, car ils aiment manger la poussière... presque tout le monde...
Alors vous pouvez regardez ( vous savez: regardez c'ets ouvrir le syeux et réfléchir un peu )
vous avez vu ? : promesse tenue...
1 2 3 soleil ! et l'éternel fait sentir sa puissance à ses serviteurs.. ( quand vous écouter ce qsue disent certains musulmans, ils restent dans l'attente patiente que Leur seigneur vienne à leur rencontre )
éxaucés..
toc toc toc : j'ai des ennemis ? je sais pas attends que je vérifie...
ah bah c'tes toi qui décides, ais même à reculons, c'est compréhensible...
il ne s'agit que de jeux de mots alices, et j'aurai bien aimé que tu les fasses toi même...
il y a des précédents à ce qu'a fait bush... il est juste et victorieux... il est monté dans le trône de son père.. comme salomon a vaincu et s'est assis sur le trône de david...
alors le dragon poursuivit la femme qui allahhhhh wak ba!!! mettre au monde l'enfant mâle; qui devait paître les nations avec une verge de fer...
le fin mot de l'histoire en revenant à la palme d'or:
qui a livré la gaule aux pillards? n'est-ce pas l'éternel ? ô on voudrait me faire porter le chapeau dit l'éternel, pour ce qu'ils ont fait eux même ?
loin de moi cette idée éternel, mais ils ont été vainqueurs.. les fils de la délaidssée sont plus nombreux que ceux de celle qui enfante: exaucé...
abraham: c'ets à toi et ta postérité que je donnerai telle ou tele choses: exaucé:
vous avez voulu des rois: exaucés
vous les appeler seigneurs.. exaucé par ma fureur
promesses tenues?
aviez vous rien vu ici ? et les fils et les filles de la délaissée: tenait absolument à faire pareil que celle qui les a enfanté;
etc etc ....
et ceci mes enfants: depuis que noé fût un homme juste et intègre en son temps : exaucés exaucéés exaucés exaucés, quand l'éternel s'énerve: dieu se souvint de telle ou telle promesse..;
mais
on vous demande voyez vous ?
voyez vous: la pyramide sur le billet vert? non!!! voyons un complot judéo maçonnique... car comment l'argent pourrait iol nous conduire en égypte ( alors lisez donc la génèse... joseph avait beaucoup de visions : et israël son père dit: joseph, tu azss beaucoup de visions, va voir tes frères: et dit moi tout ce que tu auras vu... voyez vous ? ils répondirent non..
voyez vous ? guerre de 6 jours: et dieu se reposa le 7 ème jour ...
non ils ne virent pas: et puis une attaque pendant la fête de la sortie d'égypte: le yom kippour...
donc... thomas dit le jumeau tomba des coté de la rivière: 2 bouddhas en afganistan: 2 tours à new york...
les 2 témoins qui se tiennent devant le seigneur de toute la terre
ô puis zut: l'humanité: cham, fût juste et intègre en son temps...
comprenez vous ? et m'ont m'a dit: ah ! tu te prends pour le seigneur parfaitement compris comme abraham a parfaitement comprit: qu'y a t il entre toi et moi pour cette terre de 400 cicles d'argent ? enterre ton mort... et .. de 1600 à 1200 avant jc: les enfants d'israël ont été esclaves... ( comprenez vous: ils avait été vainqueurs de leur père )
alors qui qui c'est qui fût avec l'enfant ? n'est ce pas dieu... afin qu'il soit... mais l'enfant fût très récalcitrant: il refusait d'apprendre à lire alors
qu'est ce qu'essayer de me comprendre entre vous et moi même ?
les uns comme les autres... les enfants d'israël se sont encore saisi de la gloire d'israël, la seconde: les demi tribu de mannassé elles se trouvent où vous croyez...?
il ne s'agit que de jeux de mots...
Alors vous pouvez regardez ( vous savez: regardez c'ets ouvrir le syeux et réfléchir un peu )
vous avez vu ? : promesse tenue...
1 2 3 soleil ! et l'éternel fait sentir sa puissance à ses serviteurs.. ( quand vous écouter ce qsue disent certains musulmans, ils restent dans l'attente patiente que Leur seigneur vienne à leur rencontre )
éxaucés..
toc toc toc : j'ai des ennemis ? je sais pas attends que je vérifie...
ah bah c'tes toi qui décides, ais même à reculons, c'est compréhensible...
il ne s'agit que de jeux de mots alices, et j'aurai bien aimé que tu les fasses toi même...
il y a des précédents à ce qu'a fait bush... il est juste et victorieux... il est monté dans le trône de son père.. comme salomon a vaincu et s'est assis sur le trône de david...
alors le dragon poursuivit la femme qui allahhhhh wak ba!!! mettre au monde l'enfant mâle; qui devait paître les nations avec une verge de fer...
le fin mot de l'histoire en revenant à la palme d'or:
qui a livré la gaule aux pillards? n'est-ce pas l'éternel ? ô on voudrait me faire porter le chapeau dit l'éternel, pour ce qu'ils ont fait eux même ?
loin de moi cette idée éternel, mais ils ont été vainqueurs.. les fils de la délaidssée sont plus nombreux que ceux de celle qui enfante: exaucé...
abraham: c'ets à toi et ta postérité que je donnerai telle ou tele choses: exaucé:
vous avez voulu des rois: exaucés
vous les appeler seigneurs.. exaucé par ma fureur
promesses tenues?
aviez vous rien vu ici ? et les fils et les filles de la délaissée: tenait absolument à faire pareil que celle qui les a enfanté;
etc etc ....
et ceci mes enfants: depuis que noé fût un homme juste et intègre en son temps : exaucés exaucéés exaucés exaucés, quand l'éternel s'énerve: dieu se souvint de telle ou telle promesse..;
mais
on vous demande voyez vous ?
voyez vous: la pyramide sur le billet vert? non!!! voyons un complot judéo maçonnique... car comment l'argent pourrait iol nous conduire en égypte ( alors lisez donc la génèse... joseph avait beaucoup de visions : et israël son père dit: joseph, tu azss beaucoup de visions, va voir tes frères: et dit moi tout ce que tu auras vu... voyez vous ? ils répondirent non..
voyez vous ? guerre de 6 jours: et dieu se reposa le 7 ème jour ...
non ils ne virent pas: et puis une attaque pendant la fête de la sortie d'égypte: le yom kippour...
donc... thomas dit le jumeau tomba des coté de la rivière: 2 bouddhas en afganistan: 2 tours à new york...
les 2 témoins qui se tiennent devant le seigneur de toute la terre
ô puis zut: l'humanité: cham, fût juste et intègre en son temps...
comprenez vous ? et m'ont m'a dit: ah ! tu te prends pour le seigneur parfaitement compris comme abraham a parfaitement comprit: qu'y a t il entre toi et moi pour cette terre de 400 cicles d'argent ? enterre ton mort... et .. de 1600 à 1200 avant jc: les enfants d'israël ont été esclaves... ( comprenez vous: ils avait été vainqueurs de leur père )
alors qui qui c'est qui fût avec l'enfant ? n'est ce pas dieu... afin qu'il soit... mais l'enfant fût très récalcitrant: il refusait d'apprendre à lire alors
qu'est ce qu'essayer de me comprendre entre vous et moi même ?
les uns comme les autres... les enfants d'israël se sont encore saisi de la gloire d'israël, la seconde: les demi tribu de mannassé elles se trouvent où vous croyez...?
il ne s'agit que de jeux de mots...
http://www.lire-des-livres.com/alice-au ... erveilles/ ( celui là se commence au commencement )
http://www.lire-des-livres.com/de-lautr ... du-miroir/ ( celui là se commence par la fin )
Constater que de l'autre coté du miroir le style change légèrement.
http://www.lire-des-livres.com/de-lautr ... du-miroir/ ( celui là se commence par la fin )
Constater que de l'autre coté du miroir le style change légèrement.
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