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Théorie non doxastique de la connaissance :
Voici une formulation structurée et explicite de ma nouvelle position sur "croire, savoir, supposer, douter…" :
1. Cadre général :
Ce qui suit repose sur une distinction stricte entre :
- Prise en compte des propositions
- Traitement cognitif
- arbitrage ou non
- Adhésion ou non
- Le statut de vérité objectif des propositions (savoir)
Dans ce système l’idée que le savoir soit une forme de croyance et également rejetée.
2. Concepts fondamentaux :
2.1 Considération :
Définition : Opération cognitive consistant à simplement prendre en compte une proposition sans engagement quant à sa vérité.
- p est considérée
- non-p peut être considérée simultanément
- aucune assertion n’est faite / pas d'adhésion
→ C’est un mode de neutre sans engagement.
2.2 Supposition :
Définition : Activation contrôlée et univoque d’une proposition à des fins de raisonnement, sans engagement non plus, elle n'est pas présupposée vraie ou fausse.
- p est utilisée comme hypothèse
- aucune adhésion à p
- fonction instrumentale
→ Mode opératoire local.
2.3 Doute :
Définition : Activation simultanée de propositions incompatibles sans arbitrage ni adhésion.
- p est considérée
- non-p est considérée
- aucune sélection n’est effectuée
- aucune prise de position n’est validée
→ Structure de coexistence non tranchée, sans engagement non plus.
2.4 Arbitrage :
Définition : Processus subjectif qui mène à l'adhésion ou non à une proposition, autrement dit à l'engagement d'un proposition comme vraie ou ou chois d'une hyposthèse comme vraie.
- choix de p ou non p comme vraie et adhésion selon une raison considérée qui n'est pas nécessairement une preuve
- sélection en situation de doute entre p ou non p
- Processus qui aboutit à l'engagement d'une proposition
→ Processus cognitif de délibération et d'auto-persuation.
2.5 Affirmation (ou déclaration) :
Définition : formulation consistant à engager une proposition comme vraie.
- p est tenue pour vraie
- engagement épistémique explicite
- sélection d’un contenu comme valable
→ Mode d’adhésion.
2.6 Croire :
Définition : Engager pour soi une proposition comme vraie, adhésion subjective.
- p est subjectivement tenue pour vraie / adhésion a p comme vraie
- indépendamment de la validité objective des raisons
- peut être fondé sur des pseudo-preuves
→ État doxastique d’adhésion non normée.
2.7 Savoir :
Définition : Statut épistémique d’une proposition indépendamment de toute croyance / adhésion subjective.
- p est valide ou justifiée de manière suffisante
- ce statut ne dépend pas du fait qu’un sujet y adhère ou non
- savoir n’est pas un état mental mais une propriété épistémique
→ Le savoir est indépendant de l'état d'engagement du sujet.
3. Structure globale du système :
Niveau 1 — Prise en compte, comprendre le sens :
- considérer p
- considérer non-p
Niveau 2 — Opérations cognitives, réflexion :
- supposer p
- douter (p et non-p sans arbitrage)
- arbitrer
Niveau 3 — Engagement subjectif, adhésion :
- croire p (suite à arbitrage ou non)
- affirmer p
Niveau 4 — Statut épistémique :
- savoir p (C'est autre chose que l'adhésion subjective, et c'est indépendant de l'état mental du sujet)
4. Thèse centrale :
- Les opérations cognitives et mentales (considérer, supposer, douter, arbitrer) ne sont pas des formes de croyance.
- La croyance est un mode d’engagement psychologique qui implique une adhésion de la personne.
- Le savoir n’est pas une croyance améliorée, ni donc un état mental, mais un statut épistémique indépendant de l’adhésion subjective.
5. Conséquence générale :
Trois niveaux :
- considérer / supposer / douter / arbitrer
- croire / affirmer
- savoir
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Ce système de définitions propose une autre définition que ma définition antérieure de croire. (Croire : affirmer ou tenir pour vrai sans preuve suffisante.)
Et la différence est structurelle, pas seulement lexicale :
1. Point de départ du nouveau système :
Deux notions strictement distinctes :
- E(p) : croire = tenir p pour vrai (état d’adhésion psychologique, avec ou sans justification)
- S(p) : savoir = validité épistémique suffisante de p, indépendante de l’état du sujet
2. Relations correctes entre E et S :
2.1 Non-implication :
- E(p) n’implique pas nécessairement S(p) - (on peut croire faux ou malgré que ce soit mal justifié)
- S(p) n’implique pas E(p) - (une proposition peut être valide sans être crue par un sujet)
2.2 Possibilité de coïncidence :
- E(p) et S(p) peuvent coexister sur une même proposition.
Cela signifie : une même proposition peut être à la fois crue et valide, mais cette coïncidence est contingente, non structurelle.
3. Statut logique du système :
3.1 Il ne s’agit pas d’une indépendance totale, mais d’une distinction entre deux dimensions :
- E = dimension subjective (psychologique)
- S = dimension normative (épistémique)
3.2 Ces deux dimensions sont :
- non réductibles l’une à l’autre
- non dérivables l’une de l’autre
- mais susceptibles d’alignement ponctuel
4. Dimension distinctes mais corrélables factuellement :
Il ne serait pas juste de poser que “E et S sont indépendants au sens logique strict”.
E et S sont conceptuellement distincts mais corrélables factuellement
5. Formulation finale du point clé :
Le système établit que :
- la croyance est un état d’adhésion subjectif sans garantie épistémique
- le savoir est un statut de validité indépendant de l’adhésion
- leur relation est de type : indépendance conceptuelle + possibilité de coïncidence.
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Comment se fait alors la genèse du savoir (comment on y accède) ?
Puisque mon système définit le savoir comme indépendant des états du sujet. Il faut donc distinguer deux choses :
- S(p) : statut du savoir : indépendant de E(p)
et
- procédure d’accès à S(p) : dépendante de C(p)
1. Point de départ (côté sujet) :
Deux entrées possibles :
1.1 Depuis la croyance - E(p) :
- p est tenue pour vraie
→ possibilité d’erreur → mise à l’épreuve
1.2 Depuis l’hypothèse - Sup(p) (Supposer p) :
- p est posée sans engagement
→ démarche exploratoire
2. Processus de mise à l’épreuve :
Dans les deux cas, on passe par :
- un examen des raisons
- une confrontation au réel ou à une démonstration logique selon le cas → test de cohérence
Formellement :
E(p) -----> test(p)
Sup(p) -----> test(p)
(Attention : il ne faut pas lire cela comme une implication logique, mais comme une démarche possible.)
3. Issues possibles :
3.1 Invalidation :
- p est rejetée → ¬S(p) (absence de validité)
3.2 Suspension :
- D(p) (Douter de p)→ absence de décision
3.3 Validation :
- p satisfait les critères épistémiques → S(p)
4. Point clé du nouveau système :
Même si le chemin est :
E(p) -----> S(p)
ou
Sup(p) -----> S(p)
(Attention : il ne faut pas lire cela comme une implication logique, mais comme une démarche possible.)
Note importante :
Le processus ne produit pas le savoir, il met au jour la validité de p.
5. Reformulation rigoureuse :
Le savoir n’est pas généré par :
- la croyance
- ni l’hypothèse
Mais :
Une démarche permet de détecter ou établir que p relève de S(p).
6. Schéma global :
a) Entrée : E(p) ou Sup(p)
b) Traitement : test / vérification / critique
c) Sortie possible :
- rejet
- D(p)
- S(p)
7. Conclusion :
- On peut maintenir deux thèses sans contradiction :
- Le savoir est indépendant des états du sujet.
- L’accès au savoir passe par une démarche de test, c'est-à-dire de mise en confrontation de la croyance ou de la supposition avec le réel ou à une démonstration logique selon le cas.
Autrement dit : le savoir n’est pas produit par le sujet, mais il est atteint à travers cette démarche.
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Un cas décisif : la validation purement formelle :
1. Deux voies d’accès au savoir :
Il faut distinguer deux types de mise à l’épreuve :
1.1 Voie empirique :
- observation
- expérimentation
- confrontation au réel
1.2 Voie logique :
- démonstration
- dérivation formelle
- cohérence interne d’un système
2. Intégration de la démonstration logique :
Ajoutons un opérateur :
- Dem(p) : p est démontrée
Définition :
p est dérivée à partir d’axiomes et de règles valides.
3. Statut de la démonstration :
Point crucial dans ton système :
- Dem(p) n’est pas une croyance,
- Dem(p) n’est pas une simple opération cognitive ordinaire.
C'est une procédure de validation formelle.
4. Relation avec le savoir :
Deux possibilités :
4.1 Version forte :
Dem(p) ⇒ S(p)
Si :
- le système est valide
- les règles sont correctes
- elles sont bien suivies
Alors :
La démonstration suffit pour établir S(p).
4.2 Version prudente :
Dem(p) → condition suffisante sous hypothèses
Car :
- dépend des axiomes
- dépend du cadre logique
5. Nouvelle structure du système :
a) Entrées :
- E(p)
- Sup(p)
b) Traitements :
- test empirique
- démonstration logique (Dem)
c) Sorties :
- rejet
- doute
- S(p)
6. Point clé :
La démonstration introduit un cas particulier : un accès au savoir sans passage par la croyance
On peut :
- supposer p,
- démontrer p,
- obtenir S(p),
sans jamais avoir cru p.
7. Conséquence majeure :
Cela renforce la thèse initiale :
- le savoir n’est pas une croyance améliorée
- il peut être atteint par des procédures non doxastiques
8. Résumé :
- voie empirique → validation par le réel
- voie logique → validation par démonstration
dans les deux cas : accès à S(p) sans dépendance nécessaire à E(p).
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DeeSeek (extraits) :
Parfait. La théorie est maintenant stabilisée dans sa formulation précise.
Je vais en proposer une synthèse finale sous forme de thèses compactes, fidèles à vos validations.
Synthèse finale – Théorie non doxastique de la connaissance :
1. Thèse centrale :
Le savoir S(p) n’est pas un état mental ni une croyance améliorée.
C’est une relation formulable à une procédure de validation (empirique ou logique).
2. Indépendances :
- S(p) n’implique pas E(p) (un sujet peut ne pas croire ce qui est valide)
- E(p) n’implique pas S(p) (croire ne garantit pas la validité)
- S(p) est indépendant des sujets empiriques, mais non indépendant de toute procédure
3. Nature procédurale avec opérateur virtuel :
- Il existe une procédure formulable telle que, si un opérateur compétent idéal l’exécutait correctement, il établirait S(p).
- L’opérateur est une place logique, non un sujet réel contingent.
- → sujet virtuel nécessaire, sujet réel contingent.
4. Accès au savoir :
L’accès pour un sujet réel passe par :
- un point de départ (E(p) ou Sup(p))
- un test (empirique ou démonstration Dem(p))
- une issue possible : S(p), ¬S(p), ou D(p)
La démonstration (Dem(p)) est un cas particulier : accès à S(p) sans jamais passer par E(p).
5. Portée :
- Pas de réalisme métaphysique (le savoir n’est pas un dépôt en soi)
- Pas de psychologisme (ce n’est pas un état du sujet)
- Pas de relativisme (la procédure est formulable, pas arbitraire)
- Vérificationnisme atténué, non subjectif : la vérification est une structure normative, non un acte psychologique.
Formule brève (pour mémorisation) :
Savoir, c’est ce qu’une procédure formulable exécutée par un opérateur idéal établirait comme valide — indépendamment des croyances des sujets réels.
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Théorie non doxastique de la connaissance et des opérations propositionnelles :
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Théorie non doxastique de la connaissance et des opérations propositionnelles :
Ecrit le 23 avr.26, 03:03- La réalité est toujours beaucoup plus riche et complexe que ce que l'on peut percevoir, se représenter, concevoir, croire ou comprendre.
- Nous ne savons pas ce que nous ne savons pas.
Humilité !
- Toute expérience vécue résulte de choix. Et tout choix produit son lot d'expériences vécues.
Sagesse !
- Nous ne savons pas ce que nous ne savons pas.
Humilité !
- Toute expérience vécue résulte de choix. Et tout choix produit son lot d'expériences vécues.
Sagesse !
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