J'm'interroge a écrit :
Donc correction nette : tu ne défends pas une absence totale de vécu, tu explores des formulations limites pour décrire des états non stabilisés ou non assignables par des concepts clairs et stabilisés.
C'est bien ça ?
vic a écrit : 21 mai26, 21:09
Dans la pratique de vipassana, au coeur de la pratique on ne pense à rien de spécial .
C'est cela faire le vide .
Faire le vide n'est pas penser à rien , mais ne penser à rien de spécial ou particulier .
Ok, donc la méditation comme tu la définis ici serait une pratique dans laquelle il n'y aucune pensée spéciale ou particulière, mais pensée quand même et non aucune pensée du tout. Il se présente donc bien, même dans cette pratique ce que je nomme des “apparaîtres”.
vic a écrit : 21 mai26, 21:09
Même la notion de classification vécu ou non vécu devient incertaine .
Raison pour laquelle quand tu me poses la question pour savoir si il a vécu je réponds " je ne sais pas " et non " il n'y a pas de vécu" .
Je n'affirme rien de tel qu'un non vécu ici ou même un vécu .
Oui. Mais ici il est question de parler ce qui se présente aussi dans cette pratique méditative.
Sans chercher à analyser cela, il y a bien toujours des sensations, des affects, des représentations.
Tu ne veux pas les nommer mais c'est précisément ce dont je parle.
Je ne cherche pas à te faire dire qu'il se présenterait “quelque chose” qui soit autre que des apparaîtres.
Mais tu ne peux pas dire qu'il ne se présente rien.
Or, ce “non rien ni quelque chose” c'est précisément ce dont je parle, et c'est toujours divers et variable.
C'est ce que je nomme par ailleurs des “vécus”.
J'm'interroge a écrit :
Tu as écris : "En réalité en dehors de toute convention posée , il n'existe plus de distinction d'aucune manière ."
J'en déduis que pour toi la réalité c'est la convention posée .
vic a écrit : 21 mai26, 21:09
Non , la phrase peut ne prend pas parti pour la convention ou pas justement .
Ok. Comme ce la se présente, il y a des conventions, du conventionnels et du hors convention.
vic a écrit : 21 mai26, 21:09
Si on ne pense à rien de spécial , on ne pense pas particulièrement à l'absence de convention ou la convention .
C'est comme un état indéterminé avant la mesure, avant l'évaluation , le jugement , un état en suspend .
Il semble que tu parles ici d'un “avant” ou d'un état “indéterminé” par une convention que tu donnes en exemple. Bien.
Oui. Avant mesure ou convention ou hors mesure et convention, il n'y a pas rien.
Bon, il reste que j'aimerais bien savoir ce que tu entends concrètement par une indétermination d'un état, et que tu me dise si une mesure par exemple détermine quelque chose, et si oui quoi ?
vic a écrit : 21 mai26, 21:09
C'est quand tu arrêtes de méditer et que tu sors de la méditation que tu peux te rendre compte que tu ne pensais à rien de spécial , pas pendant .
C'est l'exemple que je te prenais ou une personne te vois et pense que tu es songeur et te demande " tu semble bien songeur , tu penses à quoi" ?
Là tu sors de cet état pour l'évaluer et tu réponds " à rien de spécial " .
En fait tu méditais sans le savoir .
Un peu comme si ton esprit se mettait sur reset .
Oui il y a ici expérience d' “états” méditatifs et autres.
Mais même quand on répond “à rien de spécial” c'est une manière de parler pour ne pas dire par ce qu'il en était concrètement.
Je pourrais en tel cas répondre “à rien de spécial” dans le sens qu'il ne s'agissait pas d'une réflexion sur un sujet précis, alors qu'il s'agissait d'une rêverie dont je me rappelle pourtant des éléments distincts.
vic a écrit : 21 mai26, 21:09
La méditation n'est pas anti naturelle .
Simplement , dans le bouddhisme , on utilise des techniques qui permettent plus facilement d'être dans cet état .
Ca doit correspondre à une fréquence cérébrale; peut être alpha je ne sais pas .
Je connais assez bien les théories existantes qui traitent de ce sujet.
J'm'interroge a écrit :
Tu défendais bien clairement l’idée qu’il existerait un niveau “avant” toute distinction, où les catégories mêmes d’apparaître et de non-apparaître ne seraient plus opérantes, non ?
vic a écrit : 21 mai26, 21:09
Oui, on peut dire ça .
Ok. Oui. Je comprends mieux ta position alors, pour toi quand je parle de “distinction” tu parles d'une opération analytique sur base de concepts, alors que moi non. Une distinction conceptuelle ou analytique n'étant qu'une forme de distinctions parmi d'autres comme par exemple les sensations rouge et vert qu'importe ce que sont c'est couleurs, Elle existent “avant” ou “hors” langage et distinctions conceptuelles. Elle permette d'identifier une cerise dans le feuillage d'un cerisier.
J'm'interroge a écrit :
Donc tu ne doutais pas simplement une formulation : tu contestais l’idée qu’on puisse exclure toute expérience d’un état complètement non différencié (c'est-à-dire : d'un complètement indifférencié). Cela laisse entendre que tu considérais possible, au moins comme hypothèse, quelque chose comme un vécu sans structuration identifiable, voire un “vide” de tout apparaître.
vic a écrit : 21 mai26, 21:09
Quand on ne pense à rien de spécial , on ne classe pas les choses en apparaitre ou non apparaitre .
C'est indéterminé .
Quand tu dis “quand on ne pense à rien de spécial, on ne classe pas les choses en apparaître ou non-apparaître”, je comprends ce que tu veux dire au niveau de l’expérience : il n’y a pas de découpage actif, pas de saisie conceptuelle explicite, pas de focalisation sur des objets.
Mais ça ne permet pas de conclure à une absence de différenciation.
Ne pas classer n’est pas identique à “absence de distinctions”. C’est simplement une activité classificatoire qui s’interrompt, pas le champ du vécu lui-même.
Dans cet état, il reste bien quelque chose qui se présente : flux de sensations, variations d’attention, impressions diffuses, continuités ou interruptions, même si rien n’est thématisé comme objet.
Dire “c’est indéterminé” peut décrire l’absence de découpage conceptuel actif. Mais si on en fait une propriété du réel lui-même (“ni apparaître ni non-apparaître”), on passe d’une description de mode de conscience à une thèse générale sur ce qui est.
Et c’est précisément ce glissement que je conteste : tu décris correctement une suspension de la saisie conceptuelle, mais tu en tires parfois une conclusion sur la structure même de ce qui apparaît, alors que cette structure minimale reste observable précisément dans le fait qu’il y a encore (et toujours) expérience.
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Gaetan a écrit : 22 mai26, 02:14
Si vous ne croyez pas à l'existence des esprits vous n'avez qu'à aller les voir vous même, il y a des gens qui montrent comment le faire. Une personne est Dieu parce qu'on lui a donné le pouvoir administratif de l'être, pas parce qu'il est surhumain.
Tout pouvoir m’a été donné dans le ciel et sur la terre.
(Matthieu 28:18)
Aucun phénomène directement constaté ici ne valide “esprits”, “Dieu” ou “pouvoir céleste”. Le seul élément identifiable est un texte attribué à une tradition religieuse et une assertion sociale sur l’administration du pouvoir.
“Esprits” et “pouvoir céleste” restent des constructions linguistiques sans référent vérifiable.
Le verset cité est une formulation interne à un système de croyances, non un constat observable.
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- La réalité est toujours beaucoup plus riche et complexe que ce que l'on peut percevoir, se représenter, concevoir, croire ou comprendre.
- Nous ne savons pas ce que nous ne savons pas.
Humilité !
- Toute expérience vécue résulte de choix. Et tout choix produit son lot d'expériences vécues.
Sagesse !