a écrit :j'minterroge a dit : Moi, je ne nie rien. Je ne nie pas qu'il puisse y avoir un sujet, un esprit ou un observateur. Je dis simplement que je ne les postule pas.
Je pars de ce qui se présente et je décris ce qui se présente.
- Lorsqu'il se présente une sensation, je constate qu'une sensation se présente.
- Lorsqu'il se présente une pensée, je constate qu'une pensée se présente.
- Lorsqu'il se présente un souvenir, je constate qu'un souvenir se présente.
Ben si tu postules un "je" dans chacune de tes phrases , donc qui est "je" si ça n'est pas l'observateur que tu postules ?
Ensuite , si il n'y a pas d'observateur , personne ne constate quoi que ce soit , pas de constat .
Un constat c'est un retour qu'a l'observateur sur la chose observée , ça suppose un observateur .
a écrit :J'minterroge a dit : En revanche, je ne constate pas qu'il se présenterait en plus un « sujet », un « esprit » ou un « observateur » distinct auquel tout cela se présenterait.
C'est précisément ce point qui demanderait à être montré plutôt qu'affirmé.
Quand on emploie le terme " je" c'est parce qu'on se voit comme l'observateur de la scène .
La seule idée qui tiendrait la route c'est qu'en suspendant le témoin, tu suspendes aussi toute particularité de la scène observée (*)
L'idée qui ne tient pas c'est qu'en suspendant le témoin, la scène observée et les distinctions soient là d'elles même par elles même .
Pas de distance, pas de perspective : Une "scène" exige un point de vue. Sans témoin, il n'y a plus de point de vue, donc plus de perspective.
Pas de découpage : C'est la conscience du témoin qui trace des frontières, qui dit "ceci est un arbre" et "cela est le ciel". Sans cette conscience, les distinctions s'effondrent. On ne peut pas avoir de différences sans un esprit pour les comparer.
Pourquoi la première ( *)idée tient la route (La co-naissance)
Si tu suspends le témoin, tu suspends l'acte de perception lui-même. L'observateur et l'observé sont les deux faces d'une même pièce.
L'effondrement mutuel : Dès que le témoin s'efface (par exemple dans le sommeil profond, ou dans certains états de méditation radicale), la "scène" en tant que tapisserie de phénomènes distincts s'évanouit aussi.
Le retour à l'indifférencié : Ce qui reste n'est pas "le néant", mais un fond indifférencié, une pure potentialité où rien n'est séparé de rien.
En bref : Prétendre que les distinctions sont là "d'elles-mêmes" sans témoin, c'est comme dire qu'un pont peut exister sans relier deux rives.
a écrit :J'minterroge a dit : Par exemple, la différence entre voir actuellement un arbre et se souvenir d'un arbre n'apparaît pas parce que je la nomme. Je peux la nommer parce qu'elle apparaît déjà comme telle.
Ca n'apparait pas quand on la nommes , mais quand une personne en tant qu'observateur en a conscience .Autrement dit , l'interprète de la scène est déjà en marche . Ca n'est pas une donnée brute dénueé de toute opinion pré -établie ou préjugée ou conceptuelle . Il faudrait déjà suspendre l'observateur et toute opinion sur la scène préjugée en tant que telle pour avoir la donnée brute , vierge .Hors toi tu sembles partir du fait qu'i existe des apparitions qui existent toujours et par elle même , d'elles même, indépendamment de tout observateur .