Décadence

Sujet d'actualité Au Québec l'accommodement raisonnable, un sujet d'actualité.
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Shlomo Ben Cohen

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Décadence

Ecrit le 21 déc.09, 08:24

Message par Shlomo Ben Cohen »

Qu'est ce qu'un décadent, qu'est ce que la décadence pour une civilisation?
La décadence est-elle forcément une chose aussi mauvaise qu'on le dit?
Une civilisation en décadence n'est-elle pas une civilisation ayant compris l'inutilité de son existence (une sorte de maturité atteint grâce à l'expérience, l'âge)?
L'argument des "historiens" officiels: « Il ne faut pas demander comment, techniquement, un tel meurtre de masse a été possible ; il a été possible techniquement puisqu’il a eu lieu » (Le Monde, 21 février 1979, p. 23)

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zynaa

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Re: Décadence

Ecrit le 21 déc.09, 08:33

Message par zynaa »

Synonymes

décadence : 14 synonymes.
affaiblissement, agonie, chute, déclin, décrépitude, dégradation, déliquescence, descente, détérioration, diminution, éclipse, effondrement, régression, relâchement.

:D

erwan

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Re: Décadence

Ecrit le 21 déc.09, 08:37

Message par erwan »

ben pour moi , le décadent est celui qui régresse.
Une civilisation décadente est une civilisation qui ouvli ses principes du début , ces intentions de corriger des erreurs et ces intentions qui font que l'homme donne tout ce qu'il a pour la construction de cette civilisation , mais les générations suivantes oublient ces principes et commence alors la décadence.
C'est comme le différence que l'on peut avoir entre une personne qui a travailler dure pour obtenir ce qu'il a et un autre qui obtient ce qu'il a pas héritage.
Shlomo Ben Cohen a écrit :Une civilisation en décadence n'est-elle pas une civilisation ayant compris l'inutilité de son existence
non je pense plutôt que la décadence est une fatalité.
[3:186]
Certes vous serez éprouvés dans vos biens et vos personnes; et certes vous entendrez de la part de ceux à qui le Livre a été donné avant vous, et de la part des Associateurs, beaucoup de propos désagréables. Mais si vous êtes endurants et pieux... voilà bien la meilleure résolution à prendre.

Ren'

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Re: Décadence

Ecrit le 21 déc.09, 09:15

Message par Ren' »

Shlomo Ben Cohen a écrit :Qu'est ce qu'un décadent, qu'est ce que la décadence pour une civilisation?
Pour enrichir le débat, voici un point de vue musulman du XIVe siècle incontournable compte tenu du sujet :
Ibn Khaldoun a écrit :Lorsqu’un empire a acquis sa forme naturelle par l’établissement de l’autocratie et par l’introduction du luxe, il tend vers sa décadence.

Ce principe peut se démontrer de plusieurs manières : d’abord, l’établissement de l’empire entraîne nécessairement celui de l’autocratie. Tant que les familles (dont se compose la tribu) participent au pouvoir et qu’elles travaillent avec ensemble pour le maintenir, leur désir de vaincre et leur ardeur à se défendre servent de frein à leur insubordination et à leur orgueil, en les portant toutes à la recherche de la gloire. Pour élever l’édifice de cette gloire, elles affrontent la mort avec joie et préfèrent le trépas au déshonneur. Si un membre de la tribu parvient à s’emparer de toute l’autorité, il réprime leur insubordination, les tient en bride et s’attribue tout le butin à leur exclusion. Dès lors, leur ardeur pour la gloire se refroidit, leur courage fléchit et elles s’habituent à l’abaissement et à la soumission.

La génération qui les remplace, ayant été élevée dans la dégradation, se figure que la solde dont le sultan la gratifie est la juste rétribution du service qu’elle lui rend en le soutenant par les armes et en protégeant le territoire de l’empire. Elle ne le comprend pas autrement. Dans cette race déchue, on trouve rarement un individu qui accepte une solde avec la pensée que cela l’oblige à risquer sa vie ; aussi l’empire s’affaiblit et, en perdant les forces qu’il tenait de l’esprit de corps, il s’engage dans une voie qui mène à la décadence et à la décrépitude.

En second lieu, il est dans la nature des choses que le luxe s’introduise dans un empire, ainsi que nous l’avons déjà exposé. On prend de plus en plus les habitudes du faste, on dépense au delà des traitements, le revenu devient insuffisant, les pauvres meurent d’indigence, les riches dissipent leurs émoluments en dépenses de luxe, et cet état de choses s’empire de génération en génération, jusqu’à ce que les traitements deviennent insuffisants. On commence alors à sentir les atteintes du besoin ; le sultan ordonne aux officiers de réserver leurs moyens pour les frais des expéditions militaires, et, comme ils ne le peuvent pas, il les punit, saisit les revenus assignés à la plupart d’entre eux, se les approprie, ou les donne à ses enfants et à ses protégés. Cela rend impossible aux officiers de remplir leurs devoirs et affaiblit ainsi la puissance du maître de l’empire.

De plus, lorsque le luxe a fait de grands progrès dans une nation et que les traitements deviennent insuffisants, le chef de l’État, c’est-à-dire, le sultan, se voit forcé de les augmenter, afin de tirer d’embarras ses employés et de réparer les brèches faites à leur fortune. Or l’impôt produit une somme fixe que l’on ne saurait augmenter ni diminuer, et l’accroissement que l’on voudrait lui donner en établissant des impôts extraordinaires a aussi une limite infranchissable.

Si l’on veut consacrer les revenus de l’État à la solde de l’armée, et qu’on augmente cette solde afin de remédier aux embarras dans lesquels les militaires se sont jetés par leurs habitudes de luxe et de dépense, on commencera par diminuer le nombre des troupes. L’augmentation accordée, le luxe fait de nouveaux progrès, une nouvelle augmentation devient nécessaire et le nombre des troupes continue à diminuer ; cela se répète une troisième et une quatrième fois, jusqu’à ce que l’armée, étant maintenant très réduite, ne suffit plus à la garde du pays. L’empire montre sa faiblesse ; les nations voisines, ou bien les peuplades et les tribus soumises à son autorité, s’enhardissent au point de l’attaquer ; enfin il disparaît du monde, avec la permission de Dieu, dont la volonté a prescrit un sort semblable à tout ce qu’il a créé.

Ajoutons que le luxe corrompt le peuple en portant les esprits vers le mal et la dépravation, ainsi que nous l’expliquerons dans la section qui traite de la vie sédentaire. On perd alors les nobles qualités qui servent à désigner une race digne de commander, et l’on se fait remarquer par des vices qui annoncent le mouvement rétrograde, la ruine de l’État. Tel est le sort que Dieu réserve à toutes ses créatures. L’empire tombé en décadence voit disparaître sa prospérité, et subit périodiquement les attaques de la décrépitude jusqu’à ce qu’il succombe.

Troisièmement, dans un empire, on est porté naturellement à aimer la tranquillité et le repos. Comme toutes les habitudes, l’indolence devient pour le peuple une seconde nature. La génération suivante, ayant été élevée au sein de l’abondance et dans le luxe, n’a plus cette rudesse de moeurs qui se contracte dans la vie nomade ; elle a perdu cette bravoure qui mène aux conquêtes, elle a oublié ses habitudes de brigandage, elle ne sait plus ni voyager dans le désert, ni se diriger dans les lieux solitaires. Un tel peuple ne se distingue de la vile populace que par sa finesse d’esprit et par son habillement ; il devient incapable de garder le pays, il perd son énergie et sa vigueur.

Tout cela retombe sur l’empire, revêtu déjà de la robe de la vieillesse. Ces gens continuent à prendre de nouvelles habitudes de luxe en jouissant de la vie sédentaire ; ils s’abandonnent au repos, à l’indolence et à la mollesse ; plus ils s’y plongent, plus ils s’éloignent de la simplicité de la vie nomade et plus ils se dépouillent de la rudesse de moeurs qui naît dans le désert ; ils perdent ce courage au moyen duquel ils avaient protégé l’empire ; et ils deviennent une telle charge pour le gouvernement qu’ils auraient eux-mêmes besoin de troupes pour les protéger. Le lecteur en trouvera assez d’exemples dans l’histoire des diverses dynasties ; qu’il consulte ces volumes et il conviendra que nous avons raison.

Il arrive quelquefois que, dans un empire atteint de la faiblesse que produisent le repos et les jouissances du luxe, le souverain prend des partisans et des défenseurs chez les autres peuples ; il choisit des hommes habitués à mener une vie rude et il en forme un corps de milices bien plus vaillant que les anciennes troupes, bien plus capable de soutenir les fatigues de la guerre, la faim et les privations. De cette manière, il remédie à la décrépitude qui allait atteindre l’empire.

Cela est arrivé en Orient pour l’empire des Turcs (mamlouks) ; la majeure partie de l’armée se compose des dépendants et des clients des chefs. Le sultan choisit parmi les esclaves que l’on importe dans le pays un certain nombre d’hommes pour en faire des cavaliers et des fantassins. Ces nouvelles troupes sont plus braves et plus endurcies aux fatigues que leurs prédécesseurs, les fils des mamlouks, gens élevés dans les délices, au sein du pouvoir et sous l’abri de la souveraineté. En Ifrîkiya, le même fait s’est reproduit ; le sultan almohade choisit ordinairement ses troupes parmi les tribus zenatiennes et arabes ; il en augmente le nombre tous les jours et laisse de côté les Almohades, peuple énervé par le luxe.

De cette manière, l’empire reçoit une nouvelle vie et se garantit contre les atteintes de la décrépitude
Le copier/coller n'est pas mon genre, mais là, je trouve que ça en valait la peine.
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Re: Décadence

Ecrit le 21 déc.09, 09:43

Message par Shlomo Ben Cohen »

C'est excellent, son analyse (surtout vers les derniers paragraphes concernant les armées) permet même de prédire la chute de l'empire ottoman (qui n'existait pas encore à son époque, tout du moins, en tant que véritable empire).
Merci pour l'extrait.
L'argument des "historiens" officiels: « Il ne faut pas demander comment, techniquement, un tel meurtre de masse a été possible ; il a été possible techniquement puisqu’il a eu lieu » (Le Monde, 21 février 1979, p. 23)

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Re: Décadence

Ecrit le 21 déc.09, 09:50

Message par Ren' »

Shlomo Ben Cohen a écrit :C'est excellent, son analyse
Ibn Khaldoun est le précurseur de la sociologie moderne, et ses Prolégomènes suivent une démarche dont il était lui-même conscient de la nouveauté : http://blogren.over-blog.com/article-33089624.html
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Re: Décadence

Ecrit le 21 déc.09, 09:52

Message par erwan »

en effet merci ren (y)
[3:186]
Certes vous serez éprouvés dans vos biens et vos personnes; et certes vous entendrez de la part de ceux à qui le Livre a été donné avant vous, et de la part des Associateurs, beaucoup de propos désagréables. Mais si vous êtes endurants et pieux... voilà bien la meilleure résolution à prendre.

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