Vic à écrit :
La vie après la mort n'a pas non plus de récompense que de sanction , ni d'entité physique fixe ou immuable qui se situe dans une case que dans une autre
je ne pense pas que cette loi de causalité soit stricte ....
On lit dans le sûtra Hatsunaion : “ Hommes de grande foi, parce que vous avez commis d’innombrables fautes et accumulé un mauvais karma par le passé, vous devez vous attendre à subir la rétribution de tout ce que vous avez fait. Vous serez parfois méprisés, affligés d’une laide apparence, mal vêtus et mal nourris ; vous chercherez peut-être en vain la richesse, naîtrez dans une famille misérable ou aux vues erronées, ou bien encore vous serez persécutés par votre souverain. ” Et il est dit plus loin : “ C’est le grand bienfait obtenu en protégeant la Loi qui allège en cette vie ses souffrances et ses rétributions.
Nichiren Daishonin écrit :" Celui qui monte au sommet d’une montagne doit un jour en descendre. Celui qui se moque d’autrui sera à son tour méprisé. Celui qui dénigre la beauté physique naîtra laid. Celui qui vole la nourriture ou les vêtements d’autrui est assuré de tomber dans l’état d’avidité. Celui qui se moque des gens nobles ou de quiconque observe les préceptes naîtra dans une famille pauvre. Celui qui calomnie une famille qui pratique la Loi correcte naîtra dans une famille qui pratiquera des enseignements erronés. Celui qui ridiculise ceux qui observent les préceptes naîtra parmi les gens du commun et sera persécuté par son souverain. Telle est la loi générale de cause à effet." ” Extrait de "La lettre de Sado "
Le sens du karma
Chacun de nous crée son propre karma. Nos pensées, paroles et comportments passés ont faconné notre réalité présente, et nos actions, pensées et paroles dans le present affecteront également notre avenir. L'influence du karma passe d'une vie a l'autre, après être demeurée à l'état latent entre la mort et la renaissance. La loi du karma prend en compte les conditions de notre naissance, notre nature propre et la diversité des êtres vivants et de leur environnement.
Antérieur au bouddhisme, le concept de karma imprégnait deja la société indienne bien avant l'époque de Shakyamuni. La vision prébouddhique du karma comportait cependant un certain déterminisme. Il s'agissait plutôt d'expliquer aux êtres humains les raisons de ce qui leur arrivait pour les conduire à l'accepter plutôt que d'insuffler de l'espoir en vue d'un quelconque changement ou d'une transformation.
Les enseignements bouddhiques ont développé l'idée de karma. Pour Shakyamuni, la grandeur ou la servitude d'une personne ne dépendait pas de sa naissance mais des actions entreprises. La doctrine bouddhique du karma n'a donc rien de fataliste. Le karma n'y est pas seulement un moyen d'expliquer le present mais la force potentielle permettant d'influencer notre avenir.
Le bon karma désigne des actions issues d'intentions positives, fruits de la bonté et de la compassion.
En revanche, le mauvais karma nait d'actions induites par l'avidité, la colère et l'ignorance (ou la défense de visions erronées). Certains traités bouddhiques divisent les causes du mauvais karma en dix actes ; trois actes physiques : tuer, voler ou avoir un comportement sexuel incorrect ; quatre actes verbaux : mentir, flatter (ou tenir un discours oisif et irresponsabie), calomnier, faire preuve de duplicité. Et trois actes mentaux : avidité, colère et ignorance.
Le bouddhisme enseigne que la chaine des causes et effets existe eternellement ; l'influence du karma accumulé dans les vies précédentes. Cette influence réside dans les profondeurs de notre être et, activée par les réalités transitoires de cette vie, faconne notre existence selon sa loi.
Certains effets karmiques peuvent apparaitre dans cette vie tandis que d'autres demeurent en sommeil. « Le karma fixe >> produit un résultat fixe a un moment donne, alors que « le karma modifiable >> a bien sur pour caractéristique de n'être ni fixe, ni appelé à apparaitre a un moment prédeterminé.Le karma est parfois si lourd, si profondément imprimé dans les profondeurs de la vie, qu'il ne peut être facilement transformé.
Supposez une personne qui en rende une autre délibérément malheureuse ou même provoque sa mort ; que la personne coupable échappe à sa rétribution apparente ou qu'elle soit arrêtée et traduite devant un tribunal, dans tous les cas, elle aura créé un lourd karma négatif.
Selon la stricte loi de causalité, ce karma négatif provoquera sans aucun doute une souffrance karmique dont l'éradication dépasse largement nos capacités ordinaires. Un karma aussi grave exerce généralement son influence au moment de la mort, et c'est ce karma le plus influent qui déterminera notre état de vie fondamental lors de notre prochaine existence.
L'influence d'un aspect particulier de notre karma disparalt dès lors qu'elle s'est manifestée dans notre vie présente. C'est comme une graine qui perce et fleurit pour donner une fleur ou porter un fruit. Après avoir accompli sa fonction, la même graine ne répétera jamais le même processus.
Le mauvais karma ne peut être efface qu'après avoir « fleuri >> sous forme de souffrance. Selon les enseignements antérieurs au Sutra du Lotus, l'influence d'un karma fonciérement mauvais, crée par de multiples actions, ne pouvait méme pas être éradiquee en piusieurs vies et, pour atteindre la boddhéite, il fallait accumuler de bonnes causes vie après vie. En revanche, le Sutra du Lotus enseigne que la principale cause pour atteindre la boddhéité est l'état de bouddha inherent à chacun, et que la foi dans le Sutra du Lotus ouvre la voie à cet eveil. Il n'est plus nécessaire d'endurer des austérités vie après vie. Par notre pratique assidue de la foi dans le Sutra du Lotus, nous pouvons instantanément faire apparaitre notre état de bouddha et nous libérer des effets de notre mauvais karma dans l'existence présente .
Une personne à son propre karma , une famille à son propre karma , une région , un pays , l'humanité à son propre karma . La transformation d'une seule personne peut engendrer celle de beaucoup d'autres. Une fois ce processus enclenché , ce sont des sociétés entières qui peuvent se transformer, et même toute l'humanité et le monde naturel .
En ce qui concerne le monde, il n'a ni commencement ni fin et il n'y a pas de cause première, pas plus qu'il n'y a de création du monde ou de créateur. C'est le principe de l'immanence générale. Seul l'incomposé échappe à la causalité. C'est le nirvana. La compréhension correcte du principe de causalité est une étape obligée de tout Eveil. Si peu de personnes nient le principe de causalité, dans les faits on confond souvent causalité et corrélation, ouvrant ainsi la porte à toutes les superstitions.