Ren' a écrit :
Merci pour ces hadiths... Visiblements ignorés par les premiers musulmans.
les premiers musulmans etaient sous l'autorité du messager paix et salut sur lui et personne ne transgressait ces ordres intentionnellement.
je ne veux pas entrer dans une spiralle de condamnation reciproque ,mais je voudrais seulement vous montrer un extarait qui concretise la pure barbarie gratuite :
La " noble " expédition
Pour nos esprits occidentaux, formés par les versions hollywoodiennes de l'histoire, les Croisades sont les hauts-faits d'armes de nobles chevaliers se portant au secours de jeunes filles en détresse.
A-t-on jamais vu pareil mensonge ?
Les Croisades se sont transformées en une suite de massacres, de viols et de pillages. Malheur aux pauvres Juifs qui se présentaient sur leur chemin ! Les Croisades vont constituer, en fait, les premières manifestations de violences à grande échelle dirigées contre les Juifs, manifestations qui deviendront malheureusement un modèle dont on s'inspirera pendant des centaines d'années. Les pogroms futurs ne seront rien d'autre qu'une répétition de ces atrocités.
Les Juifs n'ont pas été les seules victimes de loin s'en faut des Croisés. Les Musulmans l'ont été bien plus. Tout observateur averti de l'islam sait que l'attitude du monde arabe, aujourd'hui, est due en grande partie à l'image qu'il a conservée des Croisades. Les atrocités dont il a été victime l'ont ruiné au plan économique, l'ont renfermé sur lui même et ont contribué à sa haine du monde occidental.
(Pourquoi les Arabes peignent ils, aujourd'hui encore, les portes de leurs maisons en bleu ? Pour se préserver du mauvais œil. Pourquoi en bleu ? L'une des explications est que les Européens qui sont venus les massacrer avaient les yeux bleus.)
Il y a eu au total dix Croisades, qui se sont poursuivies entre le onzième et le treizième siècles :
La première Croisade, de 1095 à 1099, a abouti à la prise de Jérusalem sur les Musulmans, au massacre des populations de la ville tant musulmanes que juives, et à l'instauration par les Croisés du Royaume latin de Jérusalem, qui a duré jusqu'en 1187.
La deuxième Croisade, de 1147 à 1149, a été organisée pour aider les Chrétiens à récupérer les territoires qu'ils avaient perdus au profit des Turcs, mais elle se termina par un échec cuisant.
La troisième Croisade, de 1189 à 1192, a été organisée après que Saladin, le Sultan d'Egypte, eut repris Jérusalem. C'est à cette Croisade que participa Richard Cœur de Lion. Elle s'acheva sur un échec.
La quatrième Croisade, de 1202 à 1204, aboutit à la prise de Constantinople, alors occupée par les Chrétiens grecs-orientaux de rite orthodoxe, qui ne reconnaissaient pas l'autorité du Pape.
La " Croisade des enfants ", en 1212, envoya des milliers d'enfants en Terre Sainte
La cinquième Croisade, de 1217 à 21, avait pour objectif l'Egypte, mais elle échoua.
Quatre autres croisades, organisées au treizième siècle, n'ont pas permis de reconquérir les gains obtenus par les Musulmans. En 1291 tomba le dernier bastion des Croisés, à Saint-Jean-d'Acre.
Nous venons de brosser une description générale des Croisades. Examinons à présent ceux de leurs aspects qui ont le plus rejailli sur les Juifs.
Le Pape Urbain II organisa la première campagne, en partie pour répondre à un appel à l'aide des Chrétiens assiégés par les Musulmans à Constantinople. Son objectif était de lutter contre les " infidèles " (appellation que les Chrétiens appliquaient aux autres monothéistes) et de reprendre la Terre Sainte.
Pour leur dorer la pilule, le Pape promit à ceux qui y prendraient part un important butin, en plus du bénéfice spirituel d'un entier pardon de leurs péchés par Dieu.
Le Pape reçut une réponse enthousiaste. Une armée de 15 000 hommes, dont 5 000 chevaliers et le reste en infanterie, se mit en route après avoir reproduit sur leurs vêtements extérieurs une grande croix rouge (d'où leur nom de " Croisés ", dérivé du mot " croix ", quoiqu'ils se désignassent comme des " pèlerins ").
A cette armée se joignirent des meutes de paysans. Ces paysans ont précédé, dans leur traversée de l'Europe, l'armée des Croisés, et comme ils avaient besoin de nourriture, ils se sont procuré de quoi manger en pillant les campagnes. Chemin faisant, l'idée commença de germer qu'ils pourraient tout aussi bien se débarrasser des infidèles dans leur propre milieu, c'est à dire des Juifs.
Voici une narration rapportée par un témoin oculaire de l'agression des Juifs de Mayence en mai 1096. Elle est extraite de l'ouvrage The First Crusade, par August Krey, sous la forme d'une lettre écrite par un Juif survivant :
Les Juifs de la ville, informés du massacre de leurs frères, s'enfuirent auprès de l'évêque de Röthardt, espérant y trouver sécurité. Ils déposèrent un trésor en échange de sa protection. Il installa les Juifs dans une salle très spacieuse dans sa propre maison afin qu'ils restent sains et saufs en un lieu sûr et protégé.
Cependant... la bande tint conseil, et elle attaqua à l'aube les Juifs dans la salle avec des flèches et des lances, forçant les serrures des portes. Ils tuèrent près de 700 Juifs, incapables de résister à tant de milliers d'assaillants. Ils tuèrent également les femmes et transpercèrent de leurs épées leurs tendres enfants, quel que fût leur âge et leur sexe...
Voilà comment disparut entre 30 et 50 % de la communauté juive d'Europe. Sur une population estimée à 20 000 ou 30 000 personnes, 10 000 ont été massacrées par les bandes de Croisés.
La chute de Jérusalem
Après avoir pris Antioche, en Turquie, les Croisés arrivèrent à Jérusalem, non sans avoir essuyé de lourdes pertes dans les combats qui ont marqué leur progression.
Arrivés aux portes de Jérusalem, et luttant par un soleil torride qui les accablait sous leurs lourdes armures, beaucoup d'entre eux tombèrent au combat.
(Signalons que c'est de l'époque des Croisades que provient le cri : " Hep ! Hep ! ". Il représente les initiales des mots latins : Hierosolyma est perdita [" Jérusalem est perdue ! "]. Avec le temps il est devenu : " Hip, hip, hip, hourrah ! " une exclamation qu'un Juif ne devrait jamais employer.)
Qu'est-il arrivé après l'entrée des Croisés dans la ville ?
Nous disposons d'un témoignage de Ibn Al Kalanisi, un chroniqueur musulman, qui décrit leur comportement marqué par une férocité inutile. Les malheureux Juifs s'étaient tous blottis ensemble dans une synagogue, et c'est là que les Croisés les ont découverts. Ils y ont mis le feu et les ont brûlés vivants.
Mais les Juifs ont toujours pleuré d'être séparés de la ville sainte. L'un d'eux, qui a bravé l'occupation de la Terre Sainte par les Croisés, n'était autre que le célèbre écrivain et poète Yehouda HaLévi (dont nous avons parlé de l'œuvre maîtresse, le Kouzari, au chapitre 44).
Yehouda HaLévi a réussi à atteindre la ville, mais il fut piétiné à mort par un cavalier arabe chrétien alors qu'il atteignait l'une des portes de la ville. On raconte qu'il récitait au moment de mourir l'un de ses propres poèmes : " Sion, je te vois... Je chérirai tes pierres et les embrasserai, et ton sol me sera plus doux que du miel. " (Voir Martin Gilbert, Jerusalem: An Illustrated Atlas, p. 21.)