Je ne défends pas le Vatican, je rectifie de fausses affirmations. Nuance.
Le Vatican en est encore à l'ère diplomatique, alors que le monde est dans l'ère médiatique. Jean-Paul II -ancient acteur de théâtre- était capable de s'adapter à cette nouvelle ère ; Benoît XVI, un universitaire, ne l'est pas. Il l'a déjà prouvé à Ratisbonne (avec un discours qui, avec le temps, a eu des conséquences très positives au niveau du dialogue islamo-chrétien, mais dont les conséquencs immédiates furent parfois dramatiques)
Le Vatican est encore prisonnier de minables luttes de pouvoir intestines, avec ses subtils coups bas. Parmi ceux-ci, citons :
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la nomination de Mgr Wielgus à l’archevêché de Varsovie en 2006 ; celui-ci avait écrit au Vatican pour signaler son passé avec le régime communiste... Mais Benoît XVI n'a jamais eu ce document. Et
le cardinal Re, alors à la tête de la Congrégation pour les Evêques, de déclarer aux médias qu'il ignore tout de cette affaire.
[En 2008, Re passe au Conseil pontifical pour les Textes Législatifs...]
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Les propos négationnistes de Williamson et la levée des excommunications : le pape veut tendre la main à la FSPX, mais la mise en oeuvre est remise entre les mains du Conseil pontifical pour les Textes Législatifs, qui omet de signaler au pape le cas Williamson (où nous retrouvons
le cardinal Re)
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Le drame brésilien : un archevêque irresponsable ajoute au scandale... Et un cardinal du Vatican en rajoute :
le cardinal Re...
Alors, non, je ne défends pas le Vatican en tant qu'état (dés)organisé. Mais lorsqu'un cardinal non-missionné pour le faire s'exprime, il le fait bel et bien en son nom, et non "en celui du Vatican"... c'est-à-dire du pape.
Un point maintenant sur l'excommunication :
Catéchisme de l'Eglise a écrit :1463 Certains péchés particulièrement graves sont frappés de l’excommunication, la peine ecclésiastique la plus sévère, qui empêche le réception des sacrements et l’exercice de certains actes ecclésiastiques, et dont l’absolution, par conséquent, ne peut être accordée, selon le droit de l’Église, que par le Pape, l’évêque du lieu ou des prêtres autorisés par eux. En cas de danger de mort tout prêtre, même dépourvu de la faculté d’entendre les confessions, peut absoudre de tout péché
On arrive enfin au drame brésilien. Il y a le dogme catholique, non négociable : l'être humain est reconnu dès sa conception, et donc tuer un embryon est aussi grave que tuer un adulte. Et puis il y a la mise en pratique de ce dogme, qui relève de la réflexion juridique. L'état actuel des chose est celui que j'ai moi-même signalé :
Catéchisme de l'Eglise a écrit :2272 La coopération formelle à un avortement constitue une faute grave. L’Église sanctionne d’une peine canonique d’excommunication ce délit contre la vie humaine. Qui procure un avortement, si l’effet s’en suit, encourt l’excommunication latæ sententiæ par le fait même de la commission du délit, et aux conditions prévues par le Droit. L’Église n’entend pas ainsi restreindre le champ de la miséricorde. Elle manifeste la gravité du crime commis, le dommage irréparable causé à l’innocent mis à mort, à ses parents et à toute la société
Le drame vécu par cette fillette n'a jamais été envisagé par les juristes catholiques...
J'aimerais que le Vatican rectifie le tir ; j'ai peur qu'il ne le fasse pas (contrairement au cas Williamson). Et s'il ne le fait pas, je suis parfaitement d'accord : ce serait très grave.
Quant au violeur de cette fillette, il est lui-même en état de péché mortel, et donc hors de la communion de l'Eglise, quoiqu'en disent archevêque et cardinal...