Les arabes dans le monde perspectives
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Re: Les arabes dans le monde perspectives
Ecrit le 04 nov.16, 08:28up...
Unir l'humanité. Un seul Dieu. Les grandes religions de Dieu. Femmes, hommes sont égaux. Tous les préjugés sont destructeurs et doivent être abandonnés. Chercher la vérité par nous-mêmes. La science et la religion en harmonie. Nos problèmes économiques sont liés à des problèmes spirituels. La famille et son unité sont très importantes.
Re: Les arabes dans le monde perspectives
Ecrit le 04 nov.16, 08:291600
Giordano Bruno est brûlé vif à Rome, condamné pour hérésie. Il avait osé définir l'univers comme étant "infini", et émis l'hypothèse de l'existence de formes de vie hors de la terre. C'en était trop pour l'église. Au bout de huit ans de procès, au cours duquel des aveux lui sont arrachés par la torture, il est condamné à mort comme "hérétique obstiné et impénitent". Il se défend en essayant de montrer que ses idées ne sont pas en contradiction avec les doctrines chrétiennes, en vain. Il est brûlé en public à Rome, au Campo dei Fiori. On aura soin de le bâillonner avant de l'amener au lieu d'exécution, pour éviter tout risque que ses paroles ne troublent la foule venue assister au spectacle. Son principal accusateur, le Cardinal Bellarmin, un pieux et docte Jésuite, qui donnera tous ses biens aux pauvres, sera plus tard canonisé, et, en 1930, proclamé "Docteur de l'église".
Il est intéressant de noter que, si, dans le cas de Galilée, l'église catholique exprimera quelques regrets à la fin du XXème siècle, et le réhabilitera même partiellement en 1992, elle ne se repentira jamais de l'exécution de Bruno. Bien au contraire, elle s'opposera avec véhémence à l'installation d'une statue de Giordano Bruno à Rome en 1889. En 1929, le pape demandera à Mussolini de détruire cette statue, avant de canoniser, puis de nommer "Docteur de l'Église" le Cardinal Robert Bellarmin, accusateur de Giordano Bruno. Plus récemment, en février 2000, lorsque se tient à la faculté théologique de Naples une conférence sur Giordano Bruno, le Saint Siège fait envoyer au président de la conférence un "message", signé par le Cardinal Angelo Sodano, secrétaire d'état au Vatican, ou il est écrit que "Le cheminement de sa pensée [de Giordano Bruno, note de l'éditeur] (...) l'a porté à des choix intellectuels qui se révélèrent progressivement, sur certains points décisifs, incompatibles avec la doctrine chrétienne.". Le message attribue ensuite "l'issue violente" au "pouvoir civil" : autrement dit la faute n'est pas du commanditaire, l'inquisition, mais du pouvoir civil, qui exécuta la sentence demandée par l'inquisition (on rappelle que c'était le "bras séculier" qui exécutait les sentences de l'inquisition). Pour apprécier à sa juste valeur ce subtil distinguo des prélats de l'an 2000 défendant leurs collègues de 1600, il faut se souvenir que Rome était en 1600 une monarchie absolue ayant à sa tête le Pape, soit le chef de l'église catholique. Le document du Vatican continue sur le même ton en affirmant que "Ce qui émerge historiquement laisse penser que les juges du penseur étaient animés par le désir de servir la vérité et de promouvoir le bien commun, tout en faisant ce qui était possible pour lui sauver la vie". Il faut bien prendre conscience de ce fait que ce texte est une communication officielle et publique du Vatican datée du 17 février 2000, disponible sur Internet (site officiel du Vatican), et pas un obscur texte moyenâgeux.
1609
Expulsion des Maures d'Espagne
Après l'expulsion des juifs d'Espagne, l'inquisition s'ennuyait un peu dans ce beau pays. Elle lance donc la chasse aux Morescos, les arabes convertis au christianisme. Sont suspectés d'être des faux convertis et exécutés tous ceux qui refusent de boire du vin ou de manger du porc, ou qui sont trop propres: en effet, l'Islam, contrairement au christianisme, prescrit des lavages périodiques. La propreté n'a jamais été aussi dangereuse qu'au XVI siècle en Espagne! Enfin, en 1609, craignant sans doute d'avoir raté des "Faux convertis", l'inquisition obtient du roi l'expulsion des Morescos vers l'Afrique du Nord. Le nombre d'expulsés est mal connu: les estimations varient entre 300000 et 3 millions. Des régions rurales furent dépeuplées. Les expulsés arrivent en terre islamique, et l'Islam prévoit la peine de mort pour toute personne qui renie l'Islam.
L'inquisiteur général Diego de Spinoza proclama après l'expulsion que "L'Espagne respire enfin avec soulagement", et salua l'opération comme le triomphe "de la propreté sur la pourriture".
1619
Le philosophe italien Lucilio Vanini est brûlé vif par l'inquisition. Ses fautes: il a donné des explications "naturelles" à des miracles, et émis l'hypothèse que l'homme pourrait descendre des grands singes, et, encore plus grave, il aurait nié l'immortalité de l'âme. Il doit fuir l'Italie, mais l'inquisition le rattrape à Toulouse. Il comparaît devant le Tribunal Ecclésiastique où il est reconnu coupable d'athéisme, et condamné à avoir la langue coupée avant d'être brûlé vif.
1615
Les protestants à la chasse des sorcières
L'on croit souvent que la chasse aux sorcières serait une spécialité catholique. Hélas, les protestants partagent, dès la Réforme, cette passion de leurs frères catholiques. Il est difficile d'évaluer le nombre total de personnes brûlées vives pour sorcellerie par les protestants car il n'y a pas, pour les multiples églises protestantes, de fichier central bien ordonné comparable à celui du Saint Office de l'Inquisition (aujourd'hui Congrégation pour la doctrine de la foi) des catholiques. Or, les protestants intensifient la chasse aux sorcières que les catholiques avaient commencée avant eux. Sont en particuliers accusés de sorcellerie les personnes qui, en pays catholique, sont considérés comme douées de dons divins particuliers, comme les exorcistes et d'autres guérisseurs. Par exemple, à Genève, la folie meurtrière des clercs protestants porte à l'exécution de 21 sorcières au cours du seul mois de mai 1571.
Pour donner une idée de l'étendue, sur la durée, de la chasse aux sorcières pratiquée par les protestants, en absence de chiffre globaux, nous prendrons l'exemple du Pays de Vaud, colonie Bernoise en Suisse Romande, dont le territoire correspond approximativement à l'actuel canton de Vaud en Suisse. Dans cette province rurale, la chasse aux sorcières tue, dans les 200 ans qui suivent la Réforme, 2000 personnes, soit presque une personne par mois. Le 90% des accusés sont condamnés à la peine capitale - exécutée sur le bûcher. En 1615, la folie de la chasse aux sorcières s'abat sur le petit village de Golion (Vaud): de ses 200 habitants, 25 seront brûlés vifs pour "sorcellerie" sur une période de 16 ans, à compter de 1615. Un à un, chaque accusé avoue avoir rencontré un diable, avoir signé avec lui un pacte, puis avoir accompli sur son ordre divers méfaits tels que l'empoisonnement de bétail ou le jet de mauvais sorts. Des marques diaboliques, qui peuvent être un simple mélanome ou une cicatrice, sont découvertes sur le corps de chaque accusé. Chaque accusé avoue aussi le nom d'autres sorciers et sorcières. Il y a parmi les victimes des hommes et des femmes de tous âges et toutes conditions, à l'exception des nobles et des clercs de l'église réformée, car les nobles sont souvent les exécutants de cette chasse initiée par les pasteurs protestants.
Supplice de la corde, détail du tableau "Le Procès" de Alessandro Magnasco, environ 1710-1720
Comme cela est usuel en pays protestant, les aveux sont obtenus par la corde: l'accusé a les bras liés derrières le dos, après quoi le bourreau le soulève par la corde qui lui tient les bras, et diverses fractures en résultent. Si l'accusé est récalcitrant et hésite à passer aux aveux, l'on utilise la corde avec les poids: des poids sont attachés aux pieds de l'accusé, puis l'on procède à de nouveaux levages, jusqu'aux aveux. Comme les aveux ne sont considérés complets que si l'accusé a dénoncé d'autres sorcières, l'alimentation du système répressif protestant en matériel humain à torturer puis à brûler est assurée, et les fréquentes exécutions permettent de maintenir dans la population une saine crainte des diables. Il faudra attendre le siècle des lumières pour que la chasse aux sorcières cesse enfin en Suisse.
1633
Procès à Galilée. Pour avoir douté de la théorie géocentrique de Ptolémée (qui, soit dit en passant, n'était pas chrétien!), Galileo Galilei est forcé à se rétracter: on lui montre les instruments de torture, qui seraient employés si il insiste.
Ses œuvres avaient déjà été mises à l'index en 1616. Il passera le reste de sa vie confiné dans sa villa (arrêts domiciliaires). Sa réputation internationale de scientifique lui permet d'éviter des conséquences plus graves, et seule sa rétractation lui évite la torture.
L'Église catholique sera très lente à admettre le fait que la Terre tourne bien autour du soleil. Jusqu'en 1757, la Congrégation de l'Index interdira la parution d'ouvrages "traitant du mouvement de la terre". Les œuvres de Galilée et de Copernic resteront inscrites à l'Index jusqu'en 1835.
Il faudra attendre le pape Jean-Paul II pour que l'église catholique reparle de Galilée. En 1979, il promet la formation d'une commission de l'Académie pontificale des sciences, chargée d'approfondir "l'examen du cas Galilée (...) dans une reconnaissance loyale des torts de quelque côté qu'ils viennent". La commission est effectivement mise en place en 1981. En 1992, elle rendra ses conclusions au pape, qui émet de nombreuses réserves: tout en admettant les erreurs de juges de l'époque, le pape indique que ni Galilée, ni ses juges, ne surent faire la distinction qui s'impose entre "l'approche scientifique de phénomènes naturels" et "la réflexion sur la nature de l'ordre philosophique". Galilée aurait, d'après le pape, fait une grave erreur en refusant la suggestion qui lui était faite de "présenter comme hypothèse le système de Copernic, tant qu'il n'était pas confirmé par des preuves irréfutables". La commission et le pape s'accordent pour laisser une large part de responsabilité à Galilée, car celui-ci a commis aussi une autre erreur: il avait cru que les marées étaient la preuve irréfutable du mouvement de la terre. L'église absout donc finalement Galilée, tout en insistant sur le fait qu'il est au moins aussi responsable qu'elle-même de sa condamnation.
1618 à 1648
Guerre de trente ans. Les très catholiques souverains Habsbourg forcent à la conversion leurs sujets protestants de Bohème, déclenchant la plus grande guerre que le continent européen ait connu jusqu'alors. La population de l'Allemagne est réduite de moitié. De nombreuses villes sont dévastées. Des épidémies de peste dévastent toute l'Europe centrale, de la Lombardie à la Prusse.
Il s'agit bien d'une guerre de religion, même si les églises ont par la suite essayé de faire croire qu'il s'agissait d'un conflit politique: la guerre est déclenchée par un conflit religieux, par la suite des rois étrangers, comme Gustave II de Suède, interviennent sur la base de leurs convictions religieuses. Le cas de Gustave II de Suède est particulièrement significatif. il oblige ses soldats à chanter des cantiques chrétiens chaque soir, mais ceux-ci sont d'autre part de redoutables pilleurs: l'armée suédoise se verra conférer le titre de "Schrecken des Krieges" par la population allemande, qui craint les pillages (c'est à dire les cas où une armée entre dans une ville, égorge les hommes adultes, viole femmes et enfants avant d'égorger aussi tout ou partie de ces derniers et de mettre le feu à la ville) suédois encore plus que ceux de l'armée Habsbourg.
Lorsque les négociations de paix s'ouvrent enfin en Westphalie en 1644, le légat du Pape, Fabio Chigi, ancien Grand Inquisiteur de Malte et futur Pape Alexandre VII, a pour instruction de faire en sorte que le conflit entre puissances catholiques (France contre Espagne et Empire) cesse, et que par contre la guerre continue contre les protestants. Chigi échoue: épuisés par la guerre, l'Empire conclut la paix avec les protestants. Le pape Innocent X condamne alors la paix, la déclarant nulle et non avenue dans la bulle Zelo Domus Dei (1648). Heureusement pour ce qui reste de la population allemande, la bulle est ignorée par tous les signataires, et la guerre de trente ans sera la dernière grande guerre de religion en Allemagne.
1650
L'archevêque d'Irlande James Ussher utilise la Bible pour calculer l'âge de la terre: celle-ci a été crée le dimanche 23 octobre de l'an 4004 avant Jésus-Christ. Cela peut faire sourire aujourd'hui. Mais il faut tout de même rappeler que un an avant (1649), Blaise Pascal construisait la première machine à calculer: on est en pleins temps modernes du point de vue scientifique et technique, mais l'église catholique persiste à rechercher la vérité sur les questions scientifiques dans la Bible. Le calcul de Ussher est d'ailleurs toujours utilisé aujourd'hui par les créationnistes américains, qui s'obstinent à nier tout ce qui a plus de 6000 ans d'âge: dérives des continents, fossiles anciens, etc., sont, encore aujourd'hui, pour ces individus, des "œuvres du démon" destinées à nous tromper.
1652 - La dernière sorcière exécutée à Genève
Il faut le reconnaître, l'Esprit de Genève, cet esprit tant vanté des nombreux maîtres du monde qui ont négocié des paix et des accords de désarmement à Genève, puise ses racines loin dans l'histoire. Genève cesse en effet les exécutions de sorcières des décennies avant les autres grandes villes européennes. La dernière malheureuse à mourir à Genève pour cause de pacte avec le diable est une dénommée Michée Chauderon, lavandière de son état, originaire de Boège en Faucigny. L'accusation provient d'une femme hystérique, qui se prétend possédée par le diable. Traditionnellement à Genève, le tribunal demandait un rapport médical, qui fournissait des preuves sous la forme de marques diaboliques sur le corps: une cicatrice, un grain de beauté, un mélanome, étaient vite reconnus comme tels, et l'on peut dire qu'à cette époque le cancer de la peau pouvait tuer très vite, indirectement. Mais en 1652 le corps médical se rebiffe: les deux experts médicaux déposent, avec un courage qui force l'admiration, un rapport disculpant la malheureuse. Poussé par des théologiens, le tribunal demanda un second rapport médical. Comme l'on ne trouvait pas à Genève de médecins disposés à contredire leurs confrères, on alla chercher à Nyon des médecins plus malléables: des médecins de cette petite ville des bords du la Léman consentirent, eux, à trouver sur le corps de la lavandière des marques diaboliques, et le 6 avril 1652, Michée Chauderon est brûlée sur la place publique pour le plus grand plaisir des théologiens calvinistes.
1664
Première exécution de sorcières dans le nouveau monde. Les européens exportent cette tradition si importante pour les chrétiens. En Amérique, cette tradition culminera en 1692, par l'affaire des sorcières de Salem, qui se termine par l'exécution de 19 personnes (18 femmes, un homme), accusées d'être en liaison avec le diable.
XVIIIème siècle - L'Espagne et le Siècle des Lumières
Alors que l'Europe sort lentement de l'obscurantisme, en Espagne, l'inquisition termine son travail d'éradication des conversos. Il est difficile d'estimer le nombre de victimes au cours de tout le siècle, mais l'on sait que, au cours du seul règne de Philippe V (1700-1746), l'on célébrera environ 60 Autodafés, avec un total d'environ 1000 condamnés, parmi lesquels 100 furent exécutés et plusieurs centaines finirent leur vie en prison. Les condamnés ne sont pas seulement des conversos, mais aussi des blasphémateurs, des possédés et des sorciers et sorcières.
1750-1767
"Affaire des réductions" au Paraguay. Cette affaire est particulièrement intéressante, les catholiques se massacrant et s'excommuniant entre eux. Les Jésuites, arrivés au Paraguay en 1604, avaient établi au XVIIème un petit empire privé, fait de "réductions", c'est à dire des petits villages fortifiés dans la forêt, ou vivent des indiens convertis au catholicisme. A partir de 1640, ces indiens sont munis d'armes fournies par les Jésuites, qui sont, dans ces village, tout à la fois curés, maires et administrateurs. Hélas, une correction de la frontière porte plusieurs de ces réductions dans le territoire portugais: or le Portugal, pays chrétien et catholique, perpétue à l'époque la tradition de l'esclavage: les portugais pensent prendre aux Jésuites leurs indiens pour les vendre comme esclaves.
Le pape intervient, excommunie les Jésuites des "réductions". Puis une armée, dont les canons et épées sont bénis par les prêtres de service, attaque les réductions. La guerre se prolongera: en 1756, les indiens obtiennent même une victoire décisive contre les portugais. La guerre se terminera en 1767: une armée commune des portugais en des espagnols massacre les Jésuites et prend les indiens comme esclaves. Un Te Deum est célébré pour la victoire, comme il se doit, et les Jésuites sont expulsés des territoires espagnols.
Peu après, en 1773, le pape Clément XIV interdira l'ordre des Jésuites, coupable d'être trop intelligent et rationnel, et surtout de n'avoir pas assez loyalement servis la famille de Bourbon, rois de France et d'Espagne, monarques absolus et grands amis de l'église catholique. Il fait emprisonner le Père Général des Jésuites, qui mourra prisonnier au Château Saint-Ange à Rome.
1766
En plein siècle des lumières, un jeune homme de 19 ans, le Chevalier de la Barre passe "à vingt pas d'une procession sans ôter son chapeau". Il est arrêté, soumis à la torture. Enfin, il est décapité, après qu'on lui ait coupé la langue. Son corps est alors placé sur un bûcher et brûlé ensemble avec un exemplaire du "Dictionnaire Philosophique" de Voltaire devant une foule enthousiaste.
1788
Dans le canton de Glaris, en Suisse, la dernière sorcière est brûlée.
Cette exécution n'est pas la dernière de l'inquisition, qui continuera à brûler des hérétiques jusqu'en 1826.
1793
Kant, professeur de philosophie à Königsberg et "star" internationale de la philosophie moderne depuis la publication de "Kritik der reinen Vernunft" publie "Die Religion innerhalb der Grenzen der bloßen Vernuft" ("La religion dans les limites de la seule raison"), où il met les doctrines chrétiennes à l'épreuve de la raison et du "kategorische Imperativ". C'en est trop pour le pieux roi de Prusse. Poussé par des prélats protestants, il intervient et Kant est forcé de se rétracter publiquement sous peine de licenciement immédiat de son poste de professeur de l'université de Königsberg. Un à un, les autres professeurs de l'université doivent signer, sous peine de licenciement immédiat, un document où ils s'engagent à ne pas citer dans leur enseignement des écrits de Kant ayant trait à la religion. Comme dans le cas de Galilée, la renommée internationale de Kant le sauve de conséquences plus sévères. Kant songera à s'exiler, mais il est en cette fin de siècle peu de cieux cléments pour les penseurs qui osent critiquer des aspects de l'idéologie chrétienne: il finira donc la vie à Königsberg.
1826
Le dernier hérétique est brûlé vif par l'inquisition en Espagne. Une riche tradition chrétienne prend fin. Désormais, l'église va recourir à des moyens plus subtils pour tuer, comme par exemple en interdisant l'assistance aux femmes qui doivent avorter, en sabotant la planification familiale dans les pays pauvres, en interdisant le préservatif comme moyen d'endiguer l'épidémie du SIDA, etc.
1832 - la liberté de conscience condamnée
En 1830, l'Europe entière est secouée par des mouvements révolutionnaires: les peuples supportent mal la chape absolutiste imposée par la restauration de 1815. En France, le roi est chassé et remplacé par Louis-Philippe, qui se proclame Roi Citoyen. Ces progrès de la liberté horrifient l'église catholique, au point que le pape Grégoire XVI publie une encyclique, Mirari Vos, où il condamne formellement la liberté de conscience:
De cette source empoisonnée de l'indifférentisme, découle cette maxime fausse et absurde ou plutôt ce délire : qu'on doit procurer et garantir à chacun la liberté de conscience ; erreur des plus contagieuses, à laquelle aplanit la voie cette liberté absolue et sans frein des opinions qui, pour la ruine de l'Église et de l'État, va se répandant de toutes parts, et que certains hommes, par un excès d'impudence, ne craignent pas de représenter comme avantageuse à la religion. Eh ! " Quelle mort plus funeste pour les âmes, que la liberté de l'erreur ! " disait saint Augustin (S. Aug. Ep. CLXVI).
Le pontife condamne également nommément la liberté de la presse, la liberté d'association, la liberté d'enseignement, la souveraineté du peuple et le suffrage universel. Dans la lutte entre progrès et réaction, entre liberté et obscurantisme, l'église catholique choisit ainsi clairement son camp.
1847
Guerre du Sonderbund: la Suisse est déchirée par une guerre de religion. Les cantons catholiques, dont les gouvernements sont fortement influencés par des conseillers jésuites, fondent une alliance militaire spéciale (Sonderbund), qui réclame l'annexion aux cantons catholiques des régions catholiques des cantons majoritairement protestants. Ils appellent les monarques catholiques d'Autriche à leur aide, puis engagent les hostilités. Seule la victoire rapide des troupes fédérales/protestantes permet d'éviter une intervention autrichienne, qui aurait provoqué une extension du conflit à l'échelle européenne.
Les protestants se livrent pour leur part à des féroces "Chasses aux catholiques" dans les campagnes genevoises.
Les Jésuites, considérés comme responsables de la guerre, sont expulsés de Suisse, et leur expulsion restera en vigueur jusqu'aux années 1970.
1848
La population de Rome se révolte contre la dictature papale. Le pape Pie IX est chassé. Une république est proclamée et les murs du ghetto de Rome sont abattus. Le Pape sera est remis au pouvoir en 1849 par les troupes françaises dépêchées sur place par Louis - Napoléon Bonaparte, président de la république française. Les opposants sont fusillés. L'Etat de l'Église redevient une monarchie absolue dont le souverain est le pape. Le ghetto est refermé: les juifs de Rome devront attendre la chute du régime papal en 1871 pour pouvoir enfin circuler librement dans la ville éternelle. En 1849, à l'occasion d'un débat au parlement français, Victor Hugo décrira de manière poignante la réalité de l'Etat de l'Église catholique: "Pour toute législation, un chaos de lois féodales et monacales, qui produit la barbarie des juges criminels et vénalité des juges civils. Quatorze tribunaux d'exception qui fonctionnent en permanence; devant ces tribunaux, aucune garantie. Les débats sont secrets. La défense orale est interdite. Des juges ecclésiastiques jugent les causes et les personnes laïques. Les juifs sont parqués et enfermés tous les soirs comme au XVème siècle; le clergé est mêlé à tout, même à la police. Les gens de finance ne rendent compte qu'à Dieu, Deux censurent pèsent sur la pensée: la censure politique et la censure cléricale. L'une garrotte l'opinion, l'autre bâillonne la conscience. On vient en outre de rétablir l'inquisition".
Le pape Pie IX sera béatifié en septembre 2000.
1858
La police pontificale enlève un enfant juif sur ordre du Pape: Une bonne (catholique) a fait secrètement baptiser un enfant juif dont elle avait la garde. Sa motivation était que l'enfant était malade, et il fallait le sauver avant qu'il n'aille aux enfers en mourant. Hélas, cela se passe dans les états de l'Église: dès qu'elle est informée du baptême, la police pontificale enlève de force l'enfant à la famille. L'enfant, Edgardo Mortara, est adopté par le bienheureux Pape Pie IX (béatifié par Jean-Paul II en septembre 2000), qui l'élève pour qu'il devienne un prêtre.
1863
Le bienheureux Pape Pie IX publie le Syllabus. Ce document est un recensement des "erreurs" de la pensée moderne, que le pape condamne sans appel. Sont entre autres condamnées:
Le mariage civil, la tolérance en pays catholique de rites d'autres religions, la liberté de religion, le panthéisme, le libéralisme, le socialisme, la rébellion contre un souverain "légitime", la critique au pouvoir temporel du pape, la possibilité de progresser par la raison, la non-intervention du religieux dans les sciences et la philosophie. En 1870, il fera voter par le concile Vatican I l'infaillibilité du pape avec effet rétroactif, pour s'assurer que ses condamnations ne soient plus remises en question.
Le reste ici
Giordano Bruno est brûlé vif à Rome, condamné pour hérésie. Il avait osé définir l'univers comme étant "infini", et émis l'hypothèse de l'existence de formes de vie hors de la terre. C'en était trop pour l'église. Au bout de huit ans de procès, au cours duquel des aveux lui sont arrachés par la torture, il est condamné à mort comme "hérétique obstiné et impénitent". Il se défend en essayant de montrer que ses idées ne sont pas en contradiction avec les doctrines chrétiennes, en vain. Il est brûlé en public à Rome, au Campo dei Fiori. On aura soin de le bâillonner avant de l'amener au lieu d'exécution, pour éviter tout risque que ses paroles ne troublent la foule venue assister au spectacle. Son principal accusateur, le Cardinal Bellarmin, un pieux et docte Jésuite, qui donnera tous ses biens aux pauvres, sera plus tard canonisé, et, en 1930, proclamé "Docteur de l'église".
Il est intéressant de noter que, si, dans le cas de Galilée, l'église catholique exprimera quelques regrets à la fin du XXème siècle, et le réhabilitera même partiellement en 1992, elle ne se repentira jamais de l'exécution de Bruno. Bien au contraire, elle s'opposera avec véhémence à l'installation d'une statue de Giordano Bruno à Rome en 1889. En 1929, le pape demandera à Mussolini de détruire cette statue, avant de canoniser, puis de nommer "Docteur de l'Église" le Cardinal Robert Bellarmin, accusateur de Giordano Bruno. Plus récemment, en février 2000, lorsque se tient à la faculté théologique de Naples une conférence sur Giordano Bruno, le Saint Siège fait envoyer au président de la conférence un "message", signé par le Cardinal Angelo Sodano, secrétaire d'état au Vatican, ou il est écrit que "Le cheminement de sa pensée [de Giordano Bruno, note de l'éditeur] (...) l'a porté à des choix intellectuels qui se révélèrent progressivement, sur certains points décisifs, incompatibles avec la doctrine chrétienne.". Le message attribue ensuite "l'issue violente" au "pouvoir civil" : autrement dit la faute n'est pas du commanditaire, l'inquisition, mais du pouvoir civil, qui exécuta la sentence demandée par l'inquisition (on rappelle que c'était le "bras séculier" qui exécutait les sentences de l'inquisition). Pour apprécier à sa juste valeur ce subtil distinguo des prélats de l'an 2000 défendant leurs collègues de 1600, il faut se souvenir que Rome était en 1600 une monarchie absolue ayant à sa tête le Pape, soit le chef de l'église catholique. Le document du Vatican continue sur le même ton en affirmant que "Ce qui émerge historiquement laisse penser que les juges du penseur étaient animés par le désir de servir la vérité et de promouvoir le bien commun, tout en faisant ce qui était possible pour lui sauver la vie". Il faut bien prendre conscience de ce fait que ce texte est une communication officielle et publique du Vatican datée du 17 février 2000, disponible sur Internet (site officiel du Vatican), et pas un obscur texte moyenâgeux.
1609
Expulsion des Maures d'Espagne
Après l'expulsion des juifs d'Espagne, l'inquisition s'ennuyait un peu dans ce beau pays. Elle lance donc la chasse aux Morescos, les arabes convertis au christianisme. Sont suspectés d'être des faux convertis et exécutés tous ceux qui refusent de boire du vin ou de manger du porc, ou qui sont trop propres: en effet, l'Islam, contrairement au christianisme, prescrit des lavages périodiques. La propreté n'a jamais été aussi dangereuse qu'au XVI siècle en Espagne! Enfin, en 1609, craignant sans doute d'avoir raté des "Faux convertis", l'inquisition obtient du roi l'expulsion des Morescos vers l'Afrique du Nord. Le nombre d'expulsés est mal connu: les estimations varient entre 300000 et 3 millions. Des régions rurales furent dépeuplées. Les expulsés arrivent en terre islamique, et l'Islam prévoit la peine de mort pour toute personne qui renie l'Islam.
L'inquisiteur général Diego de Spinoza proclama après l'expulsion que "L'Espagne respire enfin avec soulagement", et salua l'opération comme le triomphe "de la propreté sur la pourriture".
1619
Le philosophe italien Lucilio Vanini est brûlé vif par l'inquisition. Ses fautes: il a donné des explications "naturelles" à des miracles, et émis l'hypothèse que l'homme pourrait descendre des grands singes, et, encore plus grave, il aurait nié l'immortalité de l'âme. Il doit fuir l'Italie, mais l'inquisition le rattrape à Toulouse. Il comparaît devant le Tribunal Ecclésiastique où il est reconnu coupable d'athéisme, et condamné à avoir la langue coupée avant d'être brûlé vif.
1615
Les protestants à la chasse des sorcières
L'on croit souvent que la chasse aux sorcières serait une spécialité catholique. Hélas, les protestants partagent, dès la Réforme, cette passion de leurs frères catholiques. Il est difficile d'évaluer le nombre total de personnes brûlées vives pour sorcellerie par les protestants car il n'y a pas, pour les multiples églises protestantes, de fichier central bien ordonné comparable à celui du Saint Office de l'Inquisition (aujourd'hui Congrégation pour la doctrine de la foi) des catholiques. Or, les protestants intensifient la chasse aux sorcières que les catholiques avaient commencée avant eux. Sont en particuliers accusés de sorcellerie les personnes qui, en pays catholique, sont considérés comme douées de dons divins particuliers, comme les exorcistes et d'autres guérisseurs. Par exemple, à Genève, la folie meurtrière des clercs protestants porte à l'exécution de 21 sorcières au cours du seul mois de mai 1571.
Pour donner une idée de l'étendue, sur la durée, de la chasse aux sorcières pratiquée par les protestants, en absence de chiffre globaux, nous prendrons l'exemple du Pays de Vaud, colonie Bernoise en Suisse Romande, dont le territoire correspond approximativement à l'actuel canton de Vaud en Suisse. Dans cette province rurale, la chasse aux sorcières tue, dans les 200 ans qui suivent la Réforme, 2000 personnes, soit presque une personne par mois. Le 90% des accusés sont condamnés à la peine capitale - exécutée sur le bûcher. En 1615, la folie de la chasse aux sorcières s'abat sur le petit village de Golion (Vaud): de ses 200 habitants, 25 seront brûlés vifs pour "sorcellerie" sur une période de 16 ans, à compter de 1615. Un à un, chaque accusé avoue avoir rencontré un diable, avoir signé avec lui un pacte, puis avoir accompli sur son ordre divers méfaits tels que l'empoisonnement de bétail ou le jet de mauvais sorts. Des marques diaboliques, qui peuvent être un simple mélanome ou une cicatrice, sont découvertes sur le corps de chaque accusé. Chaque accusé avoue aussi le nom d'autres sorciers et sorcières. Il y a parmi les victimes des hommes et des femmes de tous âges et toutes conditions, à l'exception des nobles et des clercs de l'église réformée, car les nobles sont souvent les exécutants de cette chasse initiée par les pasteurs protestants.
Supplice de la corde, détail du tableau "Le Procès" de Alessandro Magnasco, environ 1710-1720
Comme cela est usuel en pays protestant, les aveux sont obtenus par la corde: l'accusé a les bras liés derrières le dos, après quoi le bourreau le soulève par la corde qui lui tient les bras, et diverses fractures en résultent. Si l'accusé est récalcitrant et hésite à passer aux aveux, l'on utilise la corde avec les poids: des poids sont attachés aux pieds de l'accusé, puis l'on procède à de nouveaux levages, jusqu'aux aveux. Comme les aveux ne sont considérés complets que si l'accusé a dénoncé d'autres sorcières, l'alimentation du système répressif protestant en matériel humain à torturer puis à brûler est assurée, et les fréquentes exécutions permettent de maintenir dans la population une saine crainte des diables. Il faudra attendre le siècle des lumières pour que la chasse aux sorcières cesse enfin en Suisse.
1633
Procès à Galilée. Pour avoir douté de la théorie géocentrique de Ptolémée (qui, soit dit en passant, n'était pas chrétien!), Galileo Galilei est forcé à se rétracter: on lui montre les instruments de torture, qui seraient employés si il insiste.
Ses œuvres avaient déjà été mises à l'index en 1616. Il passera le reste de sa vie confiné dans sa villa (arrêts domiciliaires). Sa réputation internationale de scientifique lui permet d'éviter des conséquences plus graves, et seule sa rétractation lui évite la torture.
L'Église catholique sera très lente à admettre le fait que la Terre tourne bien autour du soleil. Jusqu'en 1757, la Congrégation de l'Index interdira la parution d'ouvrages "traitant du mouvement de la terre". Les œuvres de Galilée et de Copernic resteront inscrites à l'Index jusqu'en 1835.
Il faudra attendre le pape Jean-Paul II pour que l'église catholique reparle de Galilée. En 1979, il promet la formation d'une commission de l'Académie pontificale des sciences, chargée d'approfondir "l'examen du cas Galilée (...) dans une reconnaissance loyale des torts de quelque côté qu'ils viennent". La commission est effectivement mise en place en 1981. En 1992, elle rendra ses conclusions au pape, qui émet de nombreuses réserves: tout en admettant les erreurs de juges de l'époque, le pape indique que ni Galilée, ni ses juges, ne surent faire la distinction qui s'impose entre "l'approche scientifique de phénomènes naturels" et "la réflexion sur la nature de l'ordre philosophique". Galilée aurait, d'après le pape, fait une grave erreur en refusant la suggestion qui lui était faite de "présenter comme hypothèse le système de Copernic, tant qu'il n'était pas confirmé par des preuves irréfutables". La commission et le pape s'accordent pour laisser une large part de responsabilité à Galilée, car celui-ci a commis aussi une autre erreur: il avait cru que les marées étaient la preuve irréfutable du mouvement de la terre. L'église absout donc finalement Galilée, tout en insistant sur le fait qu'il est au moins aussi responsable qu'elle-même de sa condamnation.
1618 à 1648
Guerre de trente ans. Les très catholiques souverains Habsbourg forcent à la conversion leurs sujets protestants de Bohème, déclenchant la plus grande guerre que le continent européen ait connu jusqu'alors. La population de l'Allemagne est réduite de moitié. De nombreuses villes sont dévastées. Des épidémies de peste dévastent toute l'Europe centrale, de la Lombardie à la Prusse.
Il s'agit bien d'une guerre de religion, même si les églises ont par la suite essayé de faire croire qu'il s'agissait d'un conflit politique: la guerre est déclenchée par un conflit religieux, par la suite des rois étrangers, comme Gustave II de Suède, interviennent sur la base de leurs convictions religieuses. Le cas de Gustave II de Suède est particulièrement significatif. il oblige ses soldats à chanter des cantiques chrétiens chaque soir, mais ceux-ci sont d'autre part de redoutables pilleurs: l'armée suédoise se verra conférer le titre de "Schrecken des Krieges" par la population allemande, qui craint les pillages (c'est à dire les cas où une armée entre dans une ville, égorge les hommes adultes, viole femmes et enfants avant d'égorger aussi tout ou partie de ces derniers et de mettre le feu à la ville) suédois encore plus que ceux de l'armée Habsbourg.
Lorsque les négociations de paix s'ouvrent enfin en Westphalie en 1644, le légat du Pape, Fabio Chigi, ancien Grand Inquisiteur de Malte et futur Pape Alexandre VII, a pour instruction de faire en sorte que le conflit entre puissances catholiques (France contre Espagne et Empire) cesse, et que par contre la guerre continue contre les protestants. Chigi échoue: épuisés par la guerre, l'Empire conclut la paix avec les protestants. Le pape Innocent X condamne alors la paix, la déclarant nulle et non avenue dans la bulle Zelo Domus Dei (1648). Heureusement pour ce qui reste de la population allemande, la bulle est ignorée par tous les signataires, et la guerre de trente ans sera la dernière grande guerre de religion en Allemagne.
1650
L'archevêque d'Irlande James Ussher utilise la Bible pour calculer l'âge de la terre: celle-ci a été crée le dimanche 23 octobre de l'an 4004 avant Jésus-Christ. Cela peut faire sourire aujourd'hui. Mais il faut tout de même rappeler que un an avant (1649), Blaise Pascal construisait la première machine à calculer: on est en pleins temps modernes du point de vue scientifique et technique, mais l'église catholique persiste à rechercher la vérité sur les questions scientifiques dans la Bible. Le calcul de Ussher est d'ailleurs toujours utilisé aujourd'hui par les créationnistes américains, qui s'obstinent à nier tout ce qui a plus de 6000 ans d'âge: dérives des continents, fossiles anciens, etc., sont, encore aujourd'hui, pour ces individus, des "œuvres du démon" destinées à nous tromper.
1652 - La dernière sorcière exécutée à Genève
Il faut le reconnaître, l'Esprit de Genève, cet esprit tant vanté des nombreux maîtres du monde qui ont négocié des paix et des accords de désarmement à Genève, puise ses racines loin dans l'histoire. Genève cesse en effet les exécutions de sorcières des décennies avant les autres grandes villes européennes. La dernière malheureuse à mourir à Genève pour cause de pacte avec le diable est une dénommée Michée Chauderon, lavandière de son état, originaire de Boège en Faucigny. L'accusation provient d'une femme hystérique, qui se prétend possédée par le diable. Traditionnellement à Genève, le tribunal demandait un rapport médical, qui fournissait des preuves sous la forme de marques diaboliques sur le corps: une cicatrice, un grain de beauté, un mélanome, étaient vite reconnus comme tels, et l'on peut dire qu'à cette époque le cancer de la peau pouvait tuer très vite, indirectement. Mais en 1652 le corps médical se rebiffe: les deux experts médicaux déposent, avec un courage qui force l'admiration, un rapport disculpant la malheureuse. Poussé par des théologiens, le tribunal demanda un second rapport médical. Comme l'on ne trouvait pas à Genève de médecins disposés à contredire leurs confrères, on alla chercher à Nyon des médecins plus malléables: des médecins de cette petite ville des bords du la Léman consentirent, eux, à trouver sur le corps de la lavandière des marques diaboliques, et le 6 avril 1652, Michée Chauderon est brûlée sur la place publique pour le plus grand plaisir des théologiens calvinistes.
1664
Première exécution de sorcières dans le nouveau monde. Les européens exportent cette tradition si importante pour les chrétiens. En Amérique, cette tradition culminera en 1692, par l'affaire des sorcières de Salem, qui se termine par l'exécution de 19 personnes (18 femmes, un homme), accusées d'être en liaison avec le diable.
XVIIIème siècle - L'Espagne et le Siècle des Lumières
Alors que l'Europe sort lentement de l'obscurantisme, en Espagne, l'inquisition termine son travail d'éradication des conversos. Il est difficile d'estimer le nombre de victimes au cours de tout le siècle, mais l'on sait que, au cours du seul règne de Philippe V (1700-1746), l'on célébrera environ 60 Autodafés, avec un total d'environ 1000 condamnés, parmi lesquels 100 furent exécutés et plusieurs centaines finirent leur vie en prison. Les condamnés ne sont pas seulement des conversos, mais aussi des blasphémateurs, des possédés et des sorciers et sorcières.
1750-1767
"Affaire des réductions" au Paraguay. Cette affaire est particulièrement intéressante, les catholiques se massacrant et s'excommuniant entre eux. Les Jésuites, arrivés au Paraguay en 1604, avaient établi au XVIIème un petit empire privé, fait de "réductions", c'est à dire des petits villages fortifiés dans la forêt, ou vivent des indiens convertis au catholicisme. A partir de 1640, ces indiens sont munis d'armes fournies par les Jésuites, qui sont, dans ces village, tout à la fois curés, maires et administrateurs. Hélas, une correction de la frontière porte plusieurs de ces réductions dans le territoire portugais: or le Portugal, pays chrétien et catholique, perpétue à l'époque la tradition de l'esclavage: les portugais pensent prendre aux Jésuites leurs indiens pour les vendre comme esclaves.
Le pape intervient, excommunie les Jésuites des "réductions". Puis une armée, dont les canons et épées sont bénis par les prêtres de service, attaque les réductions. La guerre se prolongera: en 1756, les indiens obtiennent même une victoire décisive contre les portugais. La guerre se terminera en 1767: une armée commune des portugais en des espagnols massacre les Jésuites et prend les indiens comme esclaves. Un Te Deum est célébré pour la victoire, comme il se doit, et les Jésuites sont expulsés des territoires espagnols.
Peu après, en 1773, le pape Clément XIV interdira l'ordre des Jésuites, coupable d'être trop intelligent et rationnel, et surtout de n'avoir pas assez loyalement servis la famille de Bourbon, rois de France et d'Espagne, monarques absolus et grands amis de l'église catholique. Il fait emprisonner le Père Général des Jésuites, qui mourra prisonnier au Château Saint-Ange à Rome.
1766
En plein siècle des lumières, un jeune homme de 19 ans, le Chevalier de la Barre passe "à vingt pas d'une procession sans ôter son chapeau". Il est arrêté, soumis à la torture. Enfin, il est décapité, après qu'on lui ait coupé la langue. Son corps est alors placé sur un bûcher et brûlé ensemble avec un exemplaire du "Dictionnaire Philosophique" de Voltaire devant une foule enthousiaste.
1788
Dans le canton de Glaris, en Suisse, la dernière sorcière est brûlée.
Cette exécution n'est pas la dernière de l'inquisition, qui continuera à brûler des hérétiques jusqu'en 1826.
1793
Kant, professeur de philosophie à Königsberg et "star" internationale de la philosophie moderne depuis la publication de "Kritik der reinen Vernunft" publie "Die Religion innerhalb der Grenzen der bloßen Vernuft" ("La religion dans les limites de la seule raison"), où il met les doctrines chrétiennes à l'épreuve de la raison et du "kategorische Imperativ". C'en est trop pour le pieux roi de Prusse. Poussé par des prélats protestants, il intervient et Kant est forcé de se rétracter publiquement sous peine de licenciement immédiat de son poste de professeur de l'université de Königsberg. Un à un, les autres professeurs de l'université doivent signer, sous peine de licenciement immédiat, un document où ils s'engagent à ne pas citer dans leur enseignement des écrits de Kant ayant trait à la religion. Comme dans le cas de Galilée, la renommée internationale de Kant le sauve de conséquences plus sévères. Kant songera à s'exiler, mais il est en cette fin de siècle peu de cieux cléments pour les penseurs qui osent critiquer des aspects de l'idéologie chrétienne: il finira donc la vie à Königsberg.
1826
Le dernier hérétique est brûlé vif par l'inquisition en Espagne. Une riche tradition chrétienne prend fin. Désormais, l'église va recourir à des moyens plus subtils pour tuer, comme par exemple en interdisant l'assistance aux femmes qui doivent avorter, en sabotant la planification familiale dans les pays pauvres, en interdisant le préservatif comme moyen d'endiguer l'épidémie du SIDA, etc.
1832 - la liberté de conscience condamnée
En 1830, l'Europe entière est secouée par des mouvements révolutionnaires: les peuples supportent mal la chape absolutiste imposée par la restauration de 1815. En France, le roi est chassé et remplacé par Louis-Philippe, qui se proclame Roi Citoyen. Ces progrès de la liberté horrifient l'église catholique, au point que le pape Grégoire XVI publie une encyclique, Mirari Vos, où il condamne formellement la liberté de conscience:
De cette source empoisonnée de l'indifférentisme, découle cette maxime fausse et absurde ou plutôt ce délire : qu'on doit procurer et garantir à chacun la liberté de conscience ; erreur des plus contagieuses, à laquelle aplanit la voie cette liberté absolue et sans frein des opinions qui, pour la ruine de l'Église et de l'État, va se répandant de toutes parts, et que certains hommes, par un excès d'impudence, ne craignent pas de représenter comme avantageuse à la religion. Eh ! " Quelle mort plus funeste pour les âmes, que la liberté de l'erreur ! " disait saint Augustin (S. Aug. Ep. CLXVI).
Le pontife condamne également nommément la liberté de la presse, la liberté d'association, la liberté d'enseignement, la souveraineté du peuple et le suffrage universel. Dans la lutte entre progrès et réaction, entre liberté et obscurantisme, l'église catholique choisit ainsi clairement son camp.
1847
Guerre du Sonderbund: la Suisse est déchirée par une guerre de religion. Les cantons catholiques, dont les gouvernements sont fortement influencés par des conseillers jésuites, fondent une alliance militaire spéciale (Sonderbund), qui réclame l'annexion aux cantons catholiques des régions catholiques des cantons majoritairement protestants. Ils appellent les monarques catholiques d'Autriche à leur aide, puis engagent les hostilités. Seule la victoire rapide des troupes fédérales/protestantes permet d'éviter une intervention autrichienne, qui aurait provoqué une extension du conflit à l'échelle européenne.
Les protestants se livrent pour leur part à des féroces "Chasses aux catholiques" dans les campagnes genevoises.
Les Jésuites, considérés comme responsables de la guerre, sont expulsés de Suisse, et leur expulsion restera en vigueur jusqu'aux années 1970.
1848
La population de Rome se révolte contre la dictature papale. Le pape Pie IX est chassé. Une république est proclamée et les murs du ghetto de Rome sont abattus. Le Pape sera est remis au pouvoir en 1849 par les troupes françaises dépêchées sur place par Louis - Napoléon Bonaparte, président de la république française. Les opposants sont fusillés. L'Etat de l'Église redevient une monarchie absolue dont le souverain est le pape. Le ghetto est refermé: les juifs de Rome devront attendre la chute du régime papal en 1871 pour pouvoir enfin circuler librement dans la ville éternelle. En 1849, à l'occasion d'un débat au parlement français, Victor Hugo décrira de manière poignante la réalité de l'Etat de l'Église catholique: "Pour toute législation, un chaos de lois féodales et monacales, qui produit la barbarie des juges criminels et vénalité des juges civils. Quatorze tribunaux d'exception qui fonctionnent en permanence; devant ces tribunaux, aucune garantie. Les débats sont secrets. La défense orale est interdite. Des juges ecclésiastiques jugent les causes et les personnes laïques. Les juifs sont parqués et enfermés tous les soirs comme au XVème siècle; le clergé est mêlé à tout, même à la police. Les gens de finance ne rendent compte qu'à Dieu, Deux censurent pèsent sur la pensée: la censure politique et la censure cléricale. L'une garrotte l'opinion, l'autre bâillonne la conscience. On vient en outre de rétablir l'inquisition".
Le pape Pie IX sera béatifié en septembre 2000.
1858
La police pontificale enlève un enfant juif sur ordre du Pape: Une bonne (catholique) a fait secrètement baptiser un enfant juif dont elle avait la garde. Sa motivation était que l'enfant était malade, et il fallait le sauver avant qu'il n'aille aux enfers en mourant. Hélas, cela se passe dans les états de l'Église: dès qu'elle est informée du baptême, la police pontificale enlève de force l'enfant à la famille. L'enfant, Edgardo Mortara, est adopté par le bienheureux Pape Pie IX (béatifié par Jean-Paul II en septembre 2000), qui l'élève pour qu'il devienne un prêtre.
1863
Le bienheureux Pape Pie IX publie le Syllabus. Ce document est un recensement des "erreurs" de la pensée moderne, que le pape condamne sans appel. Sont entre autres condamnées:
Le mariage civil, la tolérance en pays catholique de rites d'autres religions, la liberté de religion, le panthéisme, le libéralisme, le socialisme, la rébellion contre un souverain "légitime", la critique au pouvoir temporel du pape, la possibilité de progresser par la raison, la non-intervention du religieux dans les sciences et la philosophie. En 1870, il fera voter par le concile Vatican I l'infaillibilité du pape avec effet rétroactif, pour s'assurer que ses condamnations ne soient plus remises en question.
Le reste ici

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Re: Les arabes dans le monde perspectives
Ecrit le 04 nov.16, 09:21merci c'est bien d'en avoir gardé trace ! 
Ne pas railler, ne pas déplorer ni maudire, mais comprendre. Baruch Spinoza
Re: Les arabes dans le monde perspectives
Ecrit le 06 nov.16, 03:57Salem Benammar
Ils vont au paradis rien que pour se taper 72 houris voire même 343 000 selon le Coran Mahomet promet quant à lui 100 vierges à déflorer chaque jour. Et comme cela ne semble pas assez pour satisfaire les pulsions bestiales des étalons musulmans le Coran leur promet des éphèbes, ghilman, et des enfants, wildan,.
L'islam est bel et bien une religion d'amour mais celle de l'exaltation des bas instincts. Le problème est que le ridicule musulman tue.
Ils vont au paradis rien que pour se taper 72 houris voire même 343 000 selon le Coran Mahomet promet quant à lui 100 vierges à déflorer chaque jour. Et comme cela ne semble pas assez pour satisfaire les pulsions bestiales des étalons musulmans le Coran leur promet des éphèbes, ghilman, et des enfants, wildan,.
L'islam est bel et bien une religion d'amour mais celle de l'exaltation des bas instincts. Le problème est que le ridicule musulman tue.

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