.
@ vic,
Tu mélanges plusieurs plans distincts et crée précisément la confusion que la logique minimale permet d’éviter.
Clarifions point par point :
1) L’exemple chaise / vert : c'est correct mais mal ciblé :
« Qu’une chaise soit verte implique-t-il que le vert soit une chaise ? »
Ici, tu dénonces à juste titre une erreur classique : la confusion entre implication et réciprocité.
Mais, cette remarque concerne la sémantique et la catégorisation, pas le fondement de la logique.
L’erreur n’est pas “sensorielle”, elle est formelle :
- « être vert » est un prédicat,
- « être une chaise » est une catégorie d’objet.
Même sans aucune expérience sensible, l’erreur reste une erreur structurelle. Donc l’exemple ne soutient pas ta thèse empiriste : il la contredit.
2) « La logique se base sur l’expérience » : faux logiquement :
Dire que la logique se fonde sur l’expérience et l’observation est une thèse empiriste, pas une nécessité logique.
La logique ne décrit pas le monde, elle décrit les conditions de validité des inférences et de cohérence dans les discours.
Une hallucination n’est pas « illogique » :
elle est non fiable épistémiquement, mais elle peut être parfaitement cohérente logiquement dans sa structure.
La logique ne garantit jamais la vérité d’un contenu.
Elle ne garantit que la validité et la cohérence des constructions à partir d’hypothèses explicites.
3) Confusion entre indétermination logique et indétermination empirique :
« Ce qu’on ne peut pas expérimenter, on ne peut rien en dire. »
C’est faux en logique minimale.
On peut toujours dire ceci : « rien n’a été construit ». Et cela suffit.
L’indétermination logique n’est pas :
- un mystère métaphysique,
- un déficit sensoriel,
- un aveu d’ignorance psychologique.
C’est un statut formel précis : absence de preuve et absence de contradiction.
4) L’erreur sur les « limites » :
« Pour dire voilà ma limite, il faudrait se situer au-delà. »
C’est un sophisme classique.
En logique minimale, on ne voit pas une limite comme un objet. On constate simplement :
- qu’aucune construction n’est possible au-delà,
- qu’aucune contradiction n’est construite non plus.
Ce n’est pas une limite “visible”, c’est une suspension. Parler de limite n’implique aucun point de vue transcendant.
Cela décrit seulement un statut logiquement indéterminé et stagnant en l'état des hypothèses et constructions disponibles.
5) « Chacun n’a pas sa logique » : faux diagnostic :
Il est vrai que tout n’est pas logique et que tout discours n’a pas statut logique.
Mais, il est faux de croire qu’il n’existe qu’une seule logique fondée sur l’expérience.
Ce qu’on appelle « logique commune » est un mélange de :
- langage naturel,
- habitudes perceptives,
- conventions sociales,
- inférences natutrelles implicites non déclarées.
La logique minimale, elle, ne prétend pas remplacer cela.
Elle dit seulement : ce qui n’est pas construit comme preuve, n’a pas de statut logique. Ce n' est ni vrai, ni faux. C'est suspendu.
Conclusion claire :
- Tu as raison de refuser le relativisme mou (« tout est logique »).
Mais tu as tort de dire que la logique est fondée sur l’expérience sensorielle.
- Tu confonds logique, épistémologie et phénoménologie.
- Tu traites l’indétermination comme un échec, alors qu’elle peut être un résultat formel.
- La logique minimale ne dit pas : « tout est logique ».
- Elle dit : « seul ce qui est construit peut être évalué logiquement, le reste est indéterminé. »
- Et cela ne dépend ni des sens, ni de l’expérience, ni d’une ontologie cachée.
_________________
J'm'interroge a écrit : 24 janv.26, 08:24
La logique minimale ne ferme aucune possibilité, mais ne transforme pas une affirmation gratuite en vérité.
.
Gaetan a écrit : 11 févr.26, 23:52
La logique est normalement supporté par des preuves mais il peut s'avéré que la preuve n'existe pas encore ou qu'il n'y ait pas d'étude spécifique qui confirme que ce que tu dis est logique. Exemple: Un mathématicien peut dire que logiquement telle chose existe mais la preuve physique n'a été confirmé. Autre exemple: Je peux affirmer que le privé en santé ne fera pas économiser de l'argent à la population mais peut être qu'il n'y a pas d'étude spécifique qui le prouve. Autre exemple: Je peux affirmer que logiquement des extraterrestres existent sur d'autres planètes mais nous n'en avons pas vu encore. Ce qui est logique n'est pas nécessairement supporté par de la preuve.
Ce que tu dis là repose sur une confusion entre trois registres distincts : logique, preuve empirique, et plausibilité intuitive. Il faut les séparer nettement.
1) « Ce qui est logique sans preuve » : ambiguïté du mot logique :
Quand tu dis :
« logiquement telle chose existe »
Tu n’emploies pas "logique" au sens formel, mais au sens de plausible, raisonnable, cohérent avec ce que l’on sait ou suppose.
En logique minimale, cela n’a aucun statut logique tant qu’il n’y a pas :
- soit une preuve construite,
- soit une hypothèse explicitement posée.
Dire « c’est logique » au sens courant ≠ dire « c’est valide logiquement ».
2) Mathématiques vs physique : erreur de parallèle :
Tu dis :
« Un mathématicien peut dire que logiquement telle chose existe mais la preuve physique n’a pas été confirmée »
En mathématiques : l’existence n’est jamais physique, elle est entièrement démonstrative.
Un mathématicien ne dit pas « ça existe logiquement » sans preuve : il dit soit j’ai une preuve, soit j’émets une conjecture.
Sans preuve, ce n’est pas établi, même si c’est intuitivement convaincant.
3) Exemples socio-politiques et extraterrestres : hors logique :
Les exemples : santé privée, extraterrestres, relèvent de :
- probabilités,
- inférences inductives,
- raisonnements empiriques incomplets.
Ils peuvent être :
- plausibles,
- raisonnables,
- discutables,
mais pas logiquement validés au sens minimal.En logique minimale, on dirait simplement :
aucune preuve construite, aucune contradiction construite → indéterminé.
4) Point clé : la logique minimale ne dit jamais « c’est vrai » :
Elle dit seulement :
- preuve construite → valide dans le cadre
- contradiction construite → invalide
- ni l’un ni l’autre → indéterminé
Donc quand tu dis :
« Ce qui est logique n’est pas nécessairement supporté par de la preuve »,
ta phrase est fausse au sens logique strict.
Elle n’est vraie qu’au sens rhétorique ou intuitif du mot logique.
Conclusion nette :
- La logique minimale ne transforme pas une affirmation gratuite en vérité.
- Elle ne transforme pas non plus une intuition plausible en résultat logique.
- Sans preuve construite, une affirmation reste hors statut logique, même si elle « paraît logique ».
Autrement dit : ce qui semble logique n’est pas forcément logique — et ce qui est logique exige toujours une construction.
_________________
Ajouté 19 minutes 22 secondes après :
@ vic,
Je réponds à ton dernier post.
Ta position mélange encore preuve empirique, preuve mathématique et validité logique. Il faut remettre les niveaux en ordre :
1) Comment sont établies les règles de la logique et des mathématiques ?
Pas par l’observation physique.
Les règles logiques (→, ⊥, décharge d’hypothèse, etc.) ne sont pas déduites de lois physiques.
Elles sont définies comme règles d’inférence et évaluées par cohérence interne.
En logique minimale : une règle est acceptable si elle préserve la construction de preuves, pas parce qu’elle décrit un phénomène observé.
La gravité n’a jamais servi à justifier le modus ponens.
2) Confusion entre prévoir et prouver :
« Si tu te jettes d’un toit, on peut prévoir que tu t’écrases »
Cela relève de : lois physiques, inductions empiriques et modèles expérimentaux.
Ce n’est pas une preuve logique au sens formel, mais une inférence causale fondée sur l’expérience.
La logique ne prédit rien. Elle structure des inférences conditionnelles, lesquelles peuvent être des énoncés prédictifs.
3) Probabilité ≠ preuve ≠ existence :
Tu déclares correctement :
« Il n’est nullement logique d’affirmer que les extraterrestres existent si on n’en a pas la preuve. »
Exact — et c’est précisément la position de la logique minimale.
Mais tu te trompes sur le statut de la probabilité : une probabilité élevée n’est pas une preuve, elle n’autorise qu’un énoncé du type : « sous telles hypothèses, la probabilité est élevée ».
En logique minimale :
- « probabilité forte » = énoncé conditionnel,
- « existence » = nécessite une construction.
4) Point décisif : la logique ne dépend pas du réel :
Tu affirmes implicitement :
« la logique se base sur l’expérience et l’observation commune »
C’est faux.
La science se base sur l’expérience, la logique quant à elle, se base sur des règles formelles explicites.
Sinon :
- les mathématiques cessent d’exister en dehors du monde physique,
- les contre-exemples abstraits deviennent impossibles,
- les expérience de pensée de même,
- la preuve par contradiction n’a plus de sens.
5) Là où tu as raison (mais c'est mal formulé) :
Tu as raison sur un point : on ne peut pas affirmer une existence sans preuve.
Mais tu en tires une conclusion erronée, quand tu dis que la logique dépend de la preuve empirique.
Non.
La logique exige une preuve, mais pas une preuve empirique.
Conclusion claire :
- Les règles logiques ne sont pas dérivées de la physique.
- La probabilité n’est pas une preuve.
- La prévision empirique n’est pas une validation logique.
En logique minimale :
- sans preuve construite → indéterminé,
- sans contradiction → cohérent,
- sans construction → pas d’existence logique.
Autrement dit :
Tu défends la preuve — mais tu confonds preuve au sens ligique et expérience.
.