vic a écrit : 27 mai26, 06:14
Ben si jm , c'est même de l'anatomie .
Le souvenir est la manifestation visible d'une fonction sous-jacente que l'on appelle... la mémoire.
C'est anatomie Qui dis-tu ?
Donc, si je te suis, si j'ausculte une anatomie je vais voir une "fonction sous-jacente" à partir de laquelle se manifeste des souvenirs ?
Et comment on fait pour observer une fonction sous-jacente ?
Tu as déjà vu une fonction sous-jacente toi ? Moi jamais. Ni quoi que ce soit d'ailleurs d'où sortirez les souvenirs...
Je n'ai jamais vu non plus une fonction en réalité...
vic a écrit : 27 mai26, 06:14
Dire qu'il y a des souvenirs sans mémoire, c'est comme dire "il y a des battements de cœur, mais le cœur n'existe pas".
Non ce n'est pas du tout la même chose car des battements de cœur c'est quelque chose qui s'observe.
Donc non l'analogie est très mal choisie.
vic a écrit : 27 mai26, 06:14
Le battement est l'activité de l'organe ; le souvenir est l'activité de la mémoire.
Je retiens l'idée.
Le souvenir serait selon toi l'activité de la mémoire.
vic a écrit : 27 mai26, 06:14
L'imagerie cérébrale (IRMf) : Quand on se souvient de quelque chose, on voit des réseaux de neurones se réactiver (hippocampe, cortex). Cette structure et ce mécanisme de stockage/rappel, c'est précisément ce que la science nomme "la mémoire".
L'amnésie rétrograde : Si on lèse l'hippocampe d'une personne, elle perd ses souvenirs. Si les souvenirs existaient "concrètement" tout seuls sans le système de la mémoire pour les porter, détruire le système ne détruirait pas les souvenirs.
Oui je suis très au fait de toutes les recherches en neurosciences, tu ne m'apprends rien vic.
Donc voilà je pense que tu m'as partiellement répondu : selon toi les souvenirs sont produits par des activations de zones cérébrales visibles sur un écran. Et c'est cela que tu nommes une mémoire.
Tu parles de structures visibles sur un écran qui "s'activent", tu parles de mécanismes, mais concrètement c'est quoi alors la mémoire ?
Tu dis que c'est précisément ce que l'on nomme la mémoire mais je n'ai rien lu de très précis dans ce que tu dis là.
Et surtout observe-t-on que ces "activations" visibles sur un écran produisent des souvenirs ?
D'ailleurs comment ce qui est visible sur un écran pourrait-il avoir un lien concret avec les souvenirs ?
Or, observe-t-on de tels liens ?
Ou bien ces liens ne sont-ils pas plutôt des choses présumées de nature théorique ?
Pour parler de souvenirs qui sont l'activité d'une mémoire comme tu le fais, tu vois, je m'en suis rappelé, il ne suffit pas seulement de supposer une relation, il faudrait observer une continuité entre ce qui est visible sur l'écran, ce qui se produit dans le cerveau (observe-t-on d'ailleurs cela ?) et ces souvenirs tels qu'ils se présentent.
Et si comme tu le dis "le souvenir est l'activité de la mémoire", si je suis bien tes explications, il y a plusieurs possibilités :
- soit tu penses que ces activations visibles sur l'écran sont les souvenirs tels qu'ils se présentent,
- soit tu penses que ces activations visibles sur l'écran sont elles-mêmes l'activité de la fonction sous-jacente dont tu as parlé,
- soit tu penses que l'on voit sur l'écran ce qui se passe dans le cerveau, et ainsi que le souvenir tel qu'il se présente est dans le cerveau,
- soit tu penses que ce que l'on voit sur l'écran, ce qui se passe dans le cerveau et le souvenir tel qu'il se présente comme vécu sont trois choses distinctes, mais que ce qui est visible sur l'écran est lié à ce qui se passe dans le cerveau, et que ce qui se passe dans le cerveau produit le souvenir en tant que tel.
Quoi que ce soit ce que tu penses, c'est très problématique vic. Car même dans le dernier cas. Ces liens présumés ne sont jamais observés mais seulement, au mieux, inférés à partir d'observations et sont par conséquent irréductiblement de nature théorique.
Ce que je remets en question ici, ce ne sont donc pas les observations neuroscientifiques elles-mêmes ni même l’existence de corrélations robustes entre certaines activations cérébrales et certains types de souvenirs.
Ce que je questionne, c’est le glissement consistant à transformer une modélisation théorique explicative en réalité soit disant observée.
Observer des activations corrélées à des souvenirs n’est pas observer une "fonction mémoire" en tant que telle, ni observer une production du souvenir par cette fonction. Ce sont des interprétations théoriques construites à partir d’observations, et non des choses qui se présentent directement comme telles.
Autrement dit, je ne critique pas ici la science, mais la tendance à oublier le statut théorique de certaines notions explicatives, jusqu’à les traiter comme si elles étaient elles-mêmes des données observables.
.