Bonjour Adlv.
Merci de m’avoir vu que ma lettre était un peu longue et merci d’y avoir répondu.
Adlv a écrit :
« pure spéculation vu que la bible énonce le contraire : genèse 2:7; c'est le corps qui devient sous l'action du souffle de vie, âme vivante. Et la condamnation d'Adam (Genèse 3:19) montre ce que signifie la mort de l'âme [vivante] : tu retournes à la poussière d'où tu as été pris.
Comme je vous l’ai déjà écrit ce
développement de l’après mort ne s’est pas fait sur quelques décennies mais plutôt sur 8 siècles environs. C’est un fait biblique
incontestable !
Vous nous ramené souvent — et je le comprends — votre verset « fondateur » Gn 2, 7 pour nous dire
qu’il n’y plus rien après la mort puisque c’est l’annihilation.
Il faut dire — pour être précis — que le terme « annihilation » que vous utilisez est faux et ne correspond pas
à la réalité physique de notre corps biologique composée de matière ! Quand nous mourons la matière de notre corps ne s’annihile pas mais se décompose en molécule simple ! Enfin, pour vous le corps est détruit ainsi que le cerveau et donc sa pensée et tout le reste…
Mais — et c’est là que c’est très important à considérer —
on ne peut pas faire une doctrine de l’anthropologie biblique à partir
d’un seul verset de la Bible qui fut écrit 9 siècles avant la venue du Christ !!! La vision de l’homme du temps de l’écrivain sacré au 10e siècle av. J.-C. était plutôt archaïque.
Si on lui avait parlé que le corps allait ressusciter
il l’aurait rejeté car la doctrine de la résurrection de la chair
n’avait pas encore été révélé. Il en va de même pour ce « quelque chose » de la personne qui subsiste après sa mort, la révélation à ce sujet
n’avait pas encore été donnée et cela se fera lentement.
Les Sadducéens au temps de Jésus rejetaient non seulement l’immortalité de l’âme
mais la résurrection !!! Ils devaient se baser justement sur ce passage de
Gn 2, 7, tout au plus il s’en tenait uniquement au Pentateuque et dans celui-ci, il n’est pas question de résurrection de la chair. Devant cette attitude de rejet,
Jésus les réprimanda « sévèrement » et il leur dire qu’ils a avaient tords.
Encore une fois c’est une erreur que de se baser
uniquement sur Gn 2, 7 pour élaborer une anthropologie biblique. Il y eut
manifestement un développement doctrinal en ce domaine.
C'est clair, pas compliqué mais ça heurte l'homme au fond de lui car l'idée qu'il n'existe rien après la mort qui est insupportable parce qu'il n'a pas été crée avec ce cycle naturel de vie-mort qui existe chez les animaux. »
Vous avez parfaitement raison, l’homme n’a pas été fait pour l’annihilation !

Dans toutes les religions on ne peut pas concevoir qu’après la mort ce soit l’annihilation. On dirait qu’il y a d’inscrit
profondément en notre être intérieur, que nous ne sommes pas faits pour la mort et l’annihilation, mais pour la vie. Après la mort Dieu nous attends !
Adlv a écrit :
« Donc la géhenne ça n'existe pas ou alors Dieu est injuste parce qu'il jetterai des âmes immortelle et incorruptible (donc pures, sans souillures, sans péchés) dans la géhenne ?
Là j’ai encore commis une bévue !

Si l’âme est immortel par don de Dieu, par contre
elle n’a pas reçue l’impossibilité de ce corrompe et ce de part notre libre arbitre qui doit nous donner le droit de faire le bien ou le mal. J’étais encore trop centré sur la discussion que nous avons eut autour de l’« immortalité » et l’« incorruptibilité » donné au corps physique d’Adam
avant le péché.
Un point qu’il ne faut pas oublier, c’est que pour le Judaïsme tardif comme pour le christianisme naissant l’âme immortelle
est indestructible. Ce dernier point si je ne me trompe vous le rejetez …
Vous faites donc d'un coup volt face et de plus le christianisme originel n'a jamais cru à la survie de l'âme après la mort. Pas plus qu'il n 'y a une révélation progressive sur une âme qui se sépare du corps pour aller on ne sait où ,
Le christianisme originel a fortement crut en la survit de l’âme après la mort puisque depuis un bon deux siècles av. J.-C. le Judaïsme avait fait clairement ce pas. Bien sûr tout cela est à démontrer, mais pour ma part je ne suis pas encore rendu là !
par contre progressivement la corruption de l'enseignement notamment par la philosophie grecque au sein de la chrétienté va aller en grandissant.
Vous faite grandement erreur car il y a une nette distinction entre l’immortalité de l’âme selon la philosophie grec et le Judaïsme tardif avec à sa suite le christianisme. Ça depuis le temps vous devriez le savoir !
Sinon, quel serait cette supposé corruption par la philosophie grecque au sein de la chrétienté ?
Et c'est de là que vient vos croyances en l'immortalité et l'incorruptibilité d'une âme qui se sépare après la mort.
Je réaffirme, de l’immortalité et de l’indestructibilité de l’âme nous y croyons, mais pas de
l’incorruptibilité.
ça rend même caduque la nécessité du sacrifice du Christ, de produire une rançon puisque dans votre théologie, le corps n'est rien mais l'âme est tout.
Vous connaissez bien notre théologie !!! ( J’ironise ---> ) Le corps est tellement rien dans notre théologie que nous avons un dogme qui dit :
« … nous croyons à la résurrection de la chair … »
Ce dogme de la résurrection de la chair est nettement affirmé
et énergiquement défendu contre les païens, depuis les tous débuts de l’Église par S. Clément, Hermas, Barnabé, S. Justin.
Et je réaffirme que la chair — biologique de notre corps — en elle-même n’est pas mauvaise, elle est bonne en soi.
Or si l'âme ne peut être ni corrompu ni mourir, alors il n'y a pas de péchés à pardonner.
L’âme pouvant se corrompe à besoin d’être pardonné et aimé car en réalité elle représente notre « moi », ce que nous sommes profondément …
Et au bout du compte on ne comprends même plus ce qu'est l'âme. Vous seriez bien incapable d'en fournir une définition claire et précise. »
L’âme est créés par Dieu au moment de notre conception, elle n’est pas de nature divine, mais par don de Dieu elle reçoit l’immortalité qui la conduira avec ou sans Dieu. Cette âme est aussi indestructible parce que spirituelle et elle est appelée à vivre pour toujours, avec ou sans Dieu…
Finalement :
« 3. L’Église affirme la survivance et la subsistance après la mort d’un élément spirituel qui est doué de conscience et de volonté en sorte que le « moi » humain subsiste. Pour désigner cet élément, l’Église emploie le mot « âme », consacré par l’usage de l’Ecriture et de la Tradition. Sans ignorer que ce terme prend dans la Bible plusieurs sens, elle estime néanmoins qu’il n’existe aucune raison sérieuse de le rejeter et considère même qu’un outil verbal est absolument indispensable pour soutenir la foi des chrétiens. »
Dans : Lettre « Recentiores episcoporum synodi sur l'eschatologie », 17 mai 1979
J’espère que cette courte définition est assez claire et précise pour vous.
Adlv a écrit :
« J'ai été clair, vous revenez dessus vous voyant coincé. »
Je n’étais pas coincé je me suis seulement mal exprimé, pour ne pas dire que je me suis fourvoyé …
Adlv a écrit :
« Aucune car la conception de l'âme chez les juifs fut par la suite corrompue par l'influence de la philosophie grecque. Et la bible n'enseigne toujours pas l'immortalité de l'âme ou l'incorruptibilité de l'âme.
Elle n’enseigna pas effectivement l’incorruptibilité de l’âme, mais indirectement son immortalité en nous signifiant que « quelque chose » de la personne subsiste après sa mort.
Là-dessus elle est formelle.
Par contre ça va bien dans le sens de la parole du serpent. »
Ça, ça reste à
bien démonter à partir du récit de la création. Nous allons y venir à un moment donné …
Adlv a écrit :
« Adam ne ressuscitera pas tout simplement, car pour lui le jugement fut le jugement de la géhenne, par contre les résurrections opérées par Christ, annoncent bien la résurrection terrestre sous le royaume messianique. »
La Bible dit-elle qu’Adam que pour lui, le jugement fut le jugement de la géhenne ?
Pour vous, le jugement de la géhenne signifie-t-il l’annihilation de la personne ?
Voilà pour l’instant.
Je m’excuse pour la longueur, mais c’était nécessaire, pour vous aider à mieux me comprendre.
À la prochaine.
Bertrand