Bonjour à toutes et à tous,
Concernant l’Arbre de la connaissance du bon et du mauvais…
keinlezard a écrit : 04 mai26, 03:23
Reste ici à voir si cela n'est pas encore et toujours culturel dans le système de pensé des populations qui étaient contemporaine de l'écriture du texte.
Ce n’est pas parole d’évangile, c’est assurément culturel.
Cette citation n’est qu’une illustration du fait que les rédacteurs bibliques ne sont sans doute pas encore prêts à manipuler des concepts philosophiques.
Une façon de lire ce passage est qu’avant d’avoir mangé du fruit défendu, (i.e. avant la culture ?) les aléas de la vie quotidienne n’étaient peut-être pas catégorisés en Bien et en Mal, ils étaient vécus agréables ou désagréables. Dès lors, en conséquence de cette fatale manducation, le Mauvais surgit et accroît la peine et la souffrance «
J’augmenterai la souffrance de tes grossesses » et «
C’est à force de peine que tu en tireras ta nourriture tous les jours de ta vie »
D'ailleurs, je perçois la continuité de ce mouvement sémantique dans l’usage actuel du mot "
frustration" resté longtemps du domaine juridique avant d’être adopté par la psychanalyse, aujourd’hui il remplace le mot "
déception" en rajoutant une nuance d’anomalie voire d’injustice, accroissant ainsi la souffrance psychologique. Comme si le Mauvais gagnait du terrain au fur et à mesure de l’inflation des droits individuels au détriment des devoirs. On imagine la frustration de celui qui pensait
avoir droit à…
keinlezard a écrit :C'est surtout oblitérer que l'un et l'autre son intimement lié. Il y a une dichotomie artificielle alors même que nous serions plus face à un concept proche de Janus plus que d'un conflit manichéen.
Je ne sais pas.
J’ai le sentiment qu’au plan individuel le bon et le mauvais n’ont guère de rapport entre eux. Dans la vie courante il y a énormément de "
ni bon ni mauvais" et beaucoup de mélange des deux.
D’ailleurs, toujours à titre d’illustration, quand Saint-Just lance son «
Le bonheur est une idée neuve en Europe » je ne peux songer que l’idée du malheur venait elle aussi de surgir, car il me semble que le sentiment d’être malheureux n’est pas né au XVIIIème siècle.
Enfin, et toujours au plan strictement individuel le "bon/mauvais" se lit aussi sous l’éclairage du "
principe de plaisirVS
principe de réalité". Ce qui est bon aujourd’hui peut s’avérer mauvais plus tard et inversement.
Le virus Ebola a tort de tuer très vite, il court à sa perte.
keinlezard a écrit :Ce qui est bien pour moi peut être mal pour l'autre ( quel que soit l'autre )
À partir du moment où un être vivant prélève sur la nature (même minérale, même un gaz…) il court le risque de nuire à un autre être vivant.
Il y a donc un moment où l’on réalise que l’opposition/complémentarité "
bon pour moi/mauvais pour moi" n’est plus pertinente et je suppose que c’est à ce moment-là que la société se doit inventer l’opposition/complémentarité "
Bien/Mal".
Précieuse opposition notamment pour juger, autoriser, prescrire, interdire, sanctionner…
keinlezard a écrit :nous sommes à nouveau non pas dans une lutte manichéenne , mais dans un équilibre qui ressemble à "Janus"
Sans doute,
Mais un équilibre instauré par une classe à son profit ou mieux encore un équilibre systémique produit socialement pour garantir la pérennisation de ce système.
keinlezard a écrit :La peine est AMHA partagée par nombre d'espèce…
La douleur et la souffrance sont des choses partagée…
Il y a donc une réalité objective…
keinlezard a écrit :La science n'est qu'un outils pour acquérir de la connaissance. Rien d'autre.
Je ne crois pas qu’un "
outil" au sens large (ou un "
savoir scientifique") soit neutre ni moralement ni socialement.
Il est conçu pour un objectif humain et produit socialement, il suppose une intention dès les premiers pas de sa conception jusqu’à son usage et cet usage a un impact social, culturel et psychologique. La preuve en est que, dans certains domaines, des comités d’éthiques essaient vainement d’interdire ne serait-ce que la simple recherche sur un sujet qu’ils jugent brûlant.
keinlezard a écrit : La radioactivité en tant que découverte n'est ni bonne ni mauvaise
Sauf que l’un ne va pas sans l’autre.
Et dans une société où prime le principe de plaisir le scientifique ne peut se réfugier derrière l’alibi de la neutralité en faisant porter la responsabilité des mésusages sur les autres, il sait très bien comment ça se passe.
keinlezard a écrit :C'est AMHA une dichotomie artificielle ( une de plus ) qui tend à faire croire que l'on servirait une entité autre que notre bon vouloir et nos propres désir… .
Raymond Aron aurait dit : «
Ce sont les hommes qui font l'histoire mais ils ne savent pas l'histoire qu'ils font »
keinlezard a écrit :Ce ne sont que nos désirs et pulsion que nous servons…
… Je revendique être responsable de toutes mes actions.
Quand il s’agit d’actions individuelles, je suis très réservée vis-à-vis de l’usage moderne du mot "
responsabilité", la tournure arrogante «
Oui ! J’assume pleinement… » est banale et le plus souvent sans grande signification car cette responsabilité ne s’accompagne d’aucune charge.
On peut dire «
Oui, je suis responsable du réchauffement climatique. » ça ne coûte rien…
keinlezard a écrit :"Je suis imparfait"
C’est encore pire comme excuse sauf maladie mentale.
Néanmoins, souvent «
Je ne savais pas » n’est pas faux même si ce n’est pas vraiment une excuse.
Très cordialement
Votre sœur pauline