Gérard C. Endrifel a écrit : 11 mars26, 11:29
Vous n'êtes personne pour définir ce qui doit être universellement logique de ce qui ne le doit pas. A chaque fois que vous le ferez, vous le ferez selon votre sensibilité et non selon La Logique universellement défendue. Je vois un chat, c'est évident mais selon votre définition ce ne serait pas un critère logique. Faut arrêter les substances hein ? Rappelez-vous, vous n'êtes rien. Une poussière dans l'Humanité.
Il y a quelque chose de fascinant dans ta réponse Gérard. Sous des airs de défense du pluralisme, on y trouve exactement les erreurs que je dénonce. Et elle le fait avec une violence rhétorique ("vous n'êtes rien", "une poussière") qui est en soi un aveu : quand on n'a plus d'arguments, on devient mauvais et on attaque la personne.
Analysons :
1. « Vous n'êtes personne pour définir ce qui doit être universellement logique » :
Tu dis que personne n'a le droit de définir la logique. Mais la logique n'est pas une propriété privée. Ce n'est pas moi qui l'invente. Par exemple : la logique (classique) est un corpus construit sur des millénaires, par Aristote, Frege, Russell, Gödel, Tarski, et des milliers d'autres. Ce n'est pas "ma" logique. C'est un outil collectif, enseigné dans toutes les universités du monde, utilisé par tous les scientifiques, tous les informaticiens, tous les juristes.
Quand Je dis que "ce qui paraît évident n'est pas un critère logique", je ne parle pas en mon nom propre. J'énonce un fait établi : l'évidence subjective peut être trompeuse. Les biais cognitifs, les illusions, les erreurs de raisonnement sont là pour le prouver.
Tu confonds :
- Énoncer une règle collective (ce que fait la logique)
- Imposer une opinion personnelle (ce que tu crois à tort que je fais)
C'est comme si quelqu'un disait : "La Terre tourne autour du Soleil", et que Gérard répondait : "Vous n'êtes personne pour décider du mouvement des astres !" Non. Ce n'est pas une décision personnelle. C'est un fait établi par des siècles de travail collectif.
2. « À chaque fois que vous le ferez, vous le ferez selon votre sensibilité »
Tu dis que toute affirmation sur ce qui est logique ou non est subjective, dictée par la sensibilité personnelle. Je te réponds que tu définis ici un relativisme naïf, et c'est faux.
La logique formelle est précisément ce qui permet de sortir de la subjectivité. Quand je dis : "Si A implique B, et A est vrai, alors B est vrai", je n'exprime pas une préférence personnelle. Je décris une structure que tous ceux qui comprennent les termes acceptent, indépendamment de leur sensibilité.
C'est comme les échecs : si je dis "le cavalier se déplace en L", ce n'est pas "ma sensibilité". C'est une règle du jeu. On peut changer de jeu (choisir une autre logique), mais à l'intérieur du jeu, les règles ne sont pas négociables.
Tu projettes ta propre subjectivité sur tout le monde. Parce que tu ne vois les choses qu'à travers ta sensibilité, tu imagines que tout le monde fait pareil. Mais non. La science, les mathématiques, la logique existent précisément pour construire des espaces où la subjectivité est mise entre parenthèses.
3. « Je vois un chat, c'est évident mais selon votre définition ce ne serait pas un critère logique »
Tu dis que l'évidence de voir un chat devrait être un critère logique. Puisque je rejette ce critère, ma logique est selon toi déconnectée du réel. Je te réponds que c'est une confusion entre perception et raisonnement.
Voir un chat : c'est une perception. Mais cela peut être une hallucination, une illusion, un rêve. L'évidence de la perception n'est pas une garantie de réalité.
Raisonner logiquement : c'est enchaîner des propositions. "Je vois un chat" est une proposition. La logique peut dire : "Si je vois un chat, alors je vois un animal". Mais elle ne peut pas dire si le chat est réellement là, ni si c'est réellement un chat.
La logique ne nie pas l'évidence. Elle dit : l'évidence n'est pas un critère suffisant de vérité. Et c'est heureux, sans cela nous serions encore à croire que la Terre est plate parce que ça paraît évident.
Tu veux que la logique valide tes perceptions immédiates. Mais la logique n'est pas là pour ça. Elle est là pour organiser ce qu'on dit à propos de ces perceptions, et pour détecter les incohérences.
4. « Faut arrêter les substances hein ? »
Tu insinues que je m'exprime sous l'influence de drogues. C'est une attaque personnelle, pas un argument.
Même si c'était vrai, ça ne changerait rien à la validité de mes arguments auxquels que tu ne réponds pas. Tu attaques l'homme parce que tu ne peux pas attaquer les arguments. C'est un aveu de faiblesse.
5. « Rappelez-vous, vous n'êtes rien. Une poussière dans l'Humanité. »
L'argument ultime quand on n'a plus rien à dire : l'insulte cosmique..
Nous ne sommes que des poussières. Et alors ? La grandeur de l'humanité, c'est que des poussières, en coopérant, en construisant des outils collectifs (langage, science, logique), ont réussi à comprendre certaines choses de l'univers dont nous sommes issus, à soigner des maladies, à communiquer à distance, à envoyer des sondes aux confins du système solaire.
La logique est l'un de ces outils. Elle ne dépend pas de la "grandeur" de ceux qui l'utilisent. Elle est là, disponible, pour tous, même pour les poussières. Pas pour des arrogants qui s'estiment suffisamment logiques, pour ne pas avoir besoin de la logique pour être logique dans les conneries qu'ils prétendent être la Vérité Ultime, Dieu créateur, etc..
Ton argument est un suicide logique : si nous ne sommes rien, alors ton opinion aussi n'est rien. Pourquoi faudrait-il t'écouter ? Pourquoi ta défense du pluralisme aurait-elle plus de valeur que ma position selon laquelle une logique formalisée est nécessaire à une pensée rationnelle et critique qui ne soit pas un grand n'importe quoi au pif ?
6. Ton vrai problème :
Ce que révèle cette intervention, c'est une confusion entre trois niveaux :
- 1. Le niveau personnel : "Je vois un chat, c'est évident." → perception individuelle.
- 2. Le niveau collectif : "La logique dit que..." → règles partagées.
- 3. Le niveau métaphysique : "La Logique universelle" → entité hypothétique.
- Tu mélanges tout : tu crois que rejeter le niveau 3 (la Logique universelle) revient à nier le niveau 2 (les règles partagées).
- Tu crois que défendre le niveau 1 (ta perception, ton évidence) est une forme de résistance légitime contre l'oppression du niveau 2.
- Tu ne vois pas que sans le niveau 2, le niveau 1 devient incommunicable. Chacun reste enfermé dans sa bulle.
Je dis que le niveau 2 existe, il est utile, il est construit, on peut l'enseigner, le critiquer, l'améliorer. Je ne prétend pas qu'il est absolu ou divin.
Tu me réponds : "Vous n'êtes personne !" comme si Je prétendais être Dieu. C'est un procès d'intention. Complètement ridicule.
En résumé :
Ce que Gérard croit que J'm'interroge dit :
"J'ai raison, les autres ont tort"
"Ma logique est la seule valable"
"L'évidence ne compte pas"
"Je suis supérieur"
Ce que J'm'interroge dit vraiment :
"Il existe des règles partagées pour raisonner"
"Il existe différents systèmes formels, chacun avec ses règles"
"L'évidence n'est pas un critère logique"
"Voici des outils collectifs, utilisons-les"
La violence de Gérard ("vous n'êtes rien") trahit son impuissance à répondre sur le fond. Il ne peut pas défendre sa position (le relativisme absolu) sans la rendre incohérente. Alors il attaque l'homme.
C'est triste, mais c'est aussi une confirmation : quand on a raison, on n'a pas besoin d'insulter. On argumente.
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Gérard C. Endrifel a écrit : 11 mars26, 12:29
Encore une fois vous êtes qui pour juger de la logique des autres ? A vous lire vous vous prenez pour le grand Ordonnateur, Celui qui détermine ce qui est universellement logique de ce qui n'est pas mais déjà votre logique minimale que vous érigez comme standard on s'en branle ! La logique est subversive donc elle ne répond à aucun standard ! Redescendez de votre nuage !
Dire que « la logique ne répond à aucun standard » revient simplement à dire que n’importe quel raisonnement serait logique, ce qui vide le mot de tout sens.
La logique n’est pas une question d’autorité ou d’ego. C’est simplement la condition minimale pour distinguer un raisonnement valide d’une affirmation gratuite.
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ronronladouceur a écrit : 11 mars26, 13:18
À ce propos, je me répète : (Parlant de la logique formelle): 'D'ailleurs je n'en ai jamais eu besoin au sens strict, la naturelle ou le gros bon sens faisant tout de même assez bien les choses... Logique naturelle, dit-on, préférée aussi par d'autres que moi... Pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple?
- J'ajouterais à ceci (glané ailleurs) (je mets en gras) : ''La méta‑logique, c’est cette
compétence tacite, cette
grammaire de l’usage [...]
qui rend la formalisation possible. Si [on croit] que la logique se réduit au formalisme, [on est] comme quelqu’un qui croit que la carte contient déjà la manière correcte de la lire.''
En d'autres mots, il y a un “au‑delà” du formalisme...
Le « bon sens » ou la « logique naturelle » existent évidemment, mais ils ne garantissent pas la validité d’un raisonnement. L’histoire de la pensée est remplie de raisonnements qui paraissaient évidents et qui étaient pourtant faux.
La logique formelle n’est pas là pour compliquer inutilement les choses. Elle sert précisément à expliciter les règles implicites d'un raisonnement valide afin d’éviter les ambiguïtés du langage ordinaire et les biais de raisonnement. Car contrairement à ce que tu pourrais croire, naturellement, spontanément, cette dite « logique naturelle » est biaisée.
Le fait que tu ne l'aies pas remarqué, parce que cela ne te gêne pas plus que cela dans ta vie ordinaire et coutumière, c'est une chose, mais quand il s'agit de raisonner sur des sujets plus théoriques, de raisonner sur des concepts, de produire un raisonnement critique cohérent, ça devient catastrophique.
Dire qu’il existe une compétence tacite qui permet de raisonner n’implique pas une rationalité des discours « au-delà » d'un formalisme logique. Cela signifie simplement que les humains raisonnent d’abord de manière informelle, et que les formalismes logiques viennent ensuite parer aux biais et erreurs de raisonnement naturels (intuitifs) en permettant de neutraliser les biais.
Autrement dit, le formalisme n’abolit pas la logique naturelle : il la rend analysable, vérifiable et permet de ne pas se tromper là où elle se trompe quasi systématiquement.
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