Ikarus a écrit :Mais s'il vous plait, ce genre de clicher sur la jeunesse... Oui, y'a des gars comme ça, et non, il ne le sont pas tous et ce n'est d'ailleurs pas du tout la majorité! Faut pas tomber dans le piège des reportages télé qui décrivent des truc totalement surréaliste, c'est truqué.
Heu ... cliché ? Non, c'est beaucoup plus courant que ce qu'on croit. Moi aussi j'ai été bien foutue dans ma jeunesse, je sais sur quoi s'arrêtaient les jeunes dans la rue : certainement pas sur mes yeux. Et je n'étais pas forcément habillée de façon provocante ... Et les mots parfois qui vont avec, merci bien. Et maintenant, c'est au tour de ma grande.
Si vous saviez le nombre de fois où je me suis faite suivre, ou qu'on a tenté de me mettre des mains aux fesses, sans compter les mots salaces lancés au passage et les mecs qui sont même allés un peu plus loin, vous comprendriez que non, ça n'est certainement pas du cliché, mais la réalité. Et ça passe par les jeunes, les vieux, les BCBG, les traîne-savates et j'en passe. Les hommes quoi.
Alors après, oui, tous ne se conduisent pas comme ça (heureusement d'ailleurs), mais malheureusement il y en a une bonne partie qui court les rues. Et avec le porno, je crois que les choses sont pires parce qu'en plus les gens ont des images un peu particulières dans la tête. ça n'est plus des images normales issues de l'esprit d'une personne, non, ça tourne en boucle dans le cerveau pour certains. On ne s'émoustille plus parce qu'on voit une cuisse et qu'on s'imagine remonter jusqu'au triangle d'or, non, on compare cette cuisse avec celle qu'on a vu la veille au soir en pleine action. C'est déjà radicalement différent.
D'ailleurs, en y réfléchissant bien, autrefois quand je me faisais "salement" abordée, c'était avec des "tu veux sortir avec moi", "Mademoiselle, t'es trop jolie", "je vous verrai bien nue dans mon lit", mais certainement pas avec des "t'es trop bonne, tu b... ?" ou des "P't... t'as des lèvres, elles donnent trop envie de m'en tailler une" ... Le vocabulaire a changé, c'est indéniable. Et pas en mieux. Ok, tous les jeunes ne parlent pas comme ça, mais faut quand même avouer que ça devient un vocabulaire courant, faut pas le nier. Les jeunes d'autrefois ne connaissaient pas ces termes crus, ni ces actes sexuels et ce n'était pas plus mal. On considérait encore la femme comme un être humain. Le but était sans nul doute le même, mais la manière d'y parvenir était quand même plus acceptable.
Disons que c'est plus simple que de se procurer un magazine porno comme à l'époque.
Un magazine porno ne bouge pas. L'imagination fonctionne encore. Franchement, quel jeune homme n'a pas cherché à voir sa mère ou sa soeur nue ? Ou même les voir en action par le trou de la serrure ? Et ça intéresse aussi les filles (moins quand même, mais il arrive un âge où on cherche également, pas de la même façon, mais quand même).
Voir des images qui bougent, c'est être confronté à une situation qu'on ne connait pas et de façon brutale. Souvent on est déçu de ce qu'on voit.
Tu sais, quand j'ai eu 12 ans et que je suis devenue une jeune fille, ma mère a cru bon de me laisser voir le film "les valseuses" à la télé avec Miou-Miou, Depardieu et Dewaere. Il n'y avait pas de scènes porno comme maintenant et pourtant, même si ça m'a donné un effet certain, je suis ressortie de ce film un peu dégoûtée. Parfois, on a envie de voir et puis on est déçu parce que ce qu'on voit ne correspond pas à l'idée qu'on se fait de la chose. Et pourtant, ça procure l'effet escompté.
D'ailleurs, les scènes de viol à la Charles Bronson d'autrefois me faisaient de l'effet également, et pourtant, comment avoir envie de se faire violer pour de vrai ? J'étais jeune, je voyais du Q et ça me faisait réagir. Le message sous-jacent comme quoi le viol c'est crade et tout ça, je l'avais acquis, mais en même temps je rêvais de me faire violer par un type que j'aimais bien (pas vraiment un viol hein, mais voyez comment l'esprit peut faire d'un acte barbare un geste chouette ...).
Je ne pense pas que d'être confronté à des scènes crues sans connaître le sexe à la base soit une bonne chose. Au final, on en arrive à avoir des réactions et des comportements déviants.
Un truc tout bête. Dans le temps, il était courant que les jeunes hommes aillent aux putes pour se faire dépuceler. Beaucoup en sont ressortis déçus aussi. Quand on pratique sans sentiment, c'est ce qui arrive. Et si on prend l'habitude de ce genre de plaisir sans sentiment, on finit par avoir des comportements déviants.
Le porno engendre des déviances, voulues ou pas, mais c'est indéniable. La réalité des choses est déformée. ça n'est pas bon.