Le règne de la dynastie des Pahlavis a été une période de considérables améliorations de la condition féminine en Iran.
En 1931, le parlement iranien, le Majlès, approuvera finalement le projet de loi qui devait accorder à la femme iranienne le droit de demander le divorce et devait élever l'âge légal du mariage pour les filles à 15 ans (au lieu de 13 ans). Sous l'impulsion de Reza Shah, des lois seront votées en 1934 afin d'imposer des réformes fondamentales pour améliorer la condition féminine, et en 1936, un même système d'éducation nationale et sans distinction entre les filles et les garçons verra enfin le jour. La même année, une loi abolira la contrainte du port du voile : la loi imposera l'interdiction pure et simple du port du voile pour les femmes (et pour les hommes de porter l'habit religieux).
Reza Shah en fera le fer de lance de sa politique d'encouragement du travail des femmes en dehors des travaux domestiques. Son fils, Mohammad-Reza Shah continua l'oeuvre de son père pour parachever l'émancipation féminine en Iran. Cependant les femmes n'eurent le droit d'éligibilité et de vote qu'en 1962 et c'est 5 ans plus tard, en 1967, que la « Loi de la Protection de la famille » sera approuvée par le parlement.
La femme iranienne avait acquis en quelques années des droits politiques et civils importants. De telle sorte qu'il y avait 22 femmes parmi les députés à l'assemblée nationale et 2 sénateurs. L'Iran a même connu avec Mme Farrokh-Rou Parsa sa première femme ministre. Dans les années 1970, elle fut ministre de l'éducation nationale. En 1979, la femme iranienne avait acquis une quasi-égalité en terme de statut social avec les hommes et bénéficiait des mêmes avantages éducatifs. Les femmes travaillaient dans de nombreux domaines professionnels. En 1978 déjà, 33% des étudiants étaient des femmes et le monde du travail en comptait 2 millions. L'OFI (Organisation des Femmes Iraniennes) fondée en 1967 par la princesse Ashraf Pahlavi réunissait divers organismes qui traitaient du confort familial, de la protection des enfants, de la formation professionnelle, du planning familial et du conseil juridique.
Les femmes iraniennes ont contribué très largement au succès de la Révolution de 1979. Sans avoir une revendication féminine propre, elles ont cependant défilé aux côtés de leurs époux et leurs enfants dans les marches contre le régime du Shah. Mais l'instauration d'une République islamique a sonné le glas de la loi sur "la protection de la famille", loi votée sous le Shah et favorable au statut des femmes. L'application d'un modèle islamique au droit des femmes et au droit de la famille devait institutionnaliser les inégalités entre les hommes et les femmes. Ainsi, si la Constitution de la République islamique affirme l'égalité des droits entre l'homme et la femme, elle la place aussitôt dans le cadre du respect des préceptes religieux.
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