Re: Qu'est ce que le Sionisme ?
Posté : 11 mars26, 06:02
Salut Prisca,
Je n'entrerai pas dans la formation des IA dont les concepteurs engendrent par trop souvent des querelles de tranchée sur le marché de la concurrence. Je vais toutefois me permettre de revenir sur un édit dont tu rejettes jusqu'à l'existence en citant moi aussi une IA en guise d'appui de mes dires. Ensuite, dépendant de ton ouverture d'esprit quant à nos divergences d'opinion, je jugerai s'il est préférable que je quitte ou pas ce topic.
NATURE DE L'EDIT
Le 21 mars 1844, la Sublime Porte adresse une note aux ambassades britannique et française, annonçant qu’elle mettra fin à l’exécution des chrétiens apostats de l’islam. Cet engagement marque une limitation importante de l’application de la peine de mort pour apostasie dans l’Empire ottoman, même si, en pratique, cette peine était déjà peu appliquée à cette époque. L’édit est bref, essentiellement diplomatique : il vise à apaiser les puissances européennes et à montrer une orientation plus « tolérante » vis‑à‑vis des minorités chrétiennes.
Contexte ottoman et réformes
Cet édit s’inscrit dans le mouvement plus large des Tanzimat, amorcé par le rescrit de Gülhané de 1839, qui promettait une protection plus égale des sujets de l’Empire, quelle que soit leur religion. La « tolérance » ottomane reste toutefois structurée par le système des millets : les différentes communautés religieuses sont reconnues mais hiérarchisées, avec des inégalités juridiques et fiscales persistantes.
Dimension « Edit de tolérance » de 1844 et Palestine
Dans certains milieux chrétiens puis bahá’ís, on a donné à cette note de 1844 le nom d’« Edict of Toleration », en l’interprétant comme un tournant permettant, entre autres, un assouplissement de l’exclusion des Juifs de la Palestine ottomane.
Des auteurs bahá’ís l’ont relié à des prophéties bibliques, voyant dans l’année 1844 à la fois le début de l’ère bahá’íe et un signe de « fin des temps des nations » du point de vue chrétien.
Sur la « signature »
Juridiquement, ce n’est pas un grand édit détaillé signé solennellement comme une constitution, mais une déclaration/note officielle émanant de la Sublime Porte, exprimant la volonté du sultan Abdülmecid Ier d’empêcher à l’avenir l’exécution des chrétiens apostats.
Comment cet édit s'inscrit-il dans les Tanzimat
Il s’inscrit comme un petit jalon, très ciblé, dans le vaste mouvement réformateur des Tanzimat, mais il n’en est ni le cœur ni l’aboutissement.
Rappel rapide des Tanzimat
Les Tanzimat commencent officiellement avec le rescrit de Gülhane (1839), qui proclame la sécurité des personnes et des biens et l’égalité de tous les sujets devant la loi, « quelle que soit leur appartenance confessionnelle ». Ce programme est prolongé par le Hatt‑i Hümayun de 1856, qui consacre plus explicitement l’égalité civile des musulmans et des non‑musulmans, ouvre les fonctions publiques et garantit la liberté de culte et l’interdiction de contraindre quelqu’un à changer de religion.
Place spécifique de l’édit de 1844
L’édit de tolérance de 1844 intervient au milieu de ce processus : dans un contexte de pressions diplomatiques britanniques après des cas d’exécution d’apostats chrétiens (1843), la Sublime Porte promet de cesser ces exécutions.
Il illustre concrètement, mais de manière très ponctuelle, la logique des Tanzimat : limiter l’arbitraire, répondre aux attentes des puissances européennes, et avancer (au moins formellement) vers une protection plus égale des sujets non musulmans.
Continuités et limites
Continuité : comme les grands rescrits de 1839 et 1856, l’édit de 1844 va dans le sens d’une égalité juridique accrue et d’une réduction de la violence légale liée à la religion (ici, la peine de mort pour apostasie chrétienne).
Limite : à la différence des grands textes des Tanzimat, il ne refonde pas le statut des communautés religieuses, n’abolit pas les discriminations structurelles et reste avant tout une note diplomatique, réagissant à une crise précise.
Articulation avec le Hatt‑i Hümayun (1856)
Le Hatt‑i Hümayun de 1856 reprend, élargit et systématise des principes que l’édit de 1844 ne fait qu’effleurer : liberté de pratiquer sa religion, impossibilité de contraindre un sujet à changer de religion, égalité d’accès aux emplois publics, réformes fiscales.
CONCLUSION DE PERPLEXITÉ
On peut donc voir l’édit de 1844 comme un précédent limité, annonciateur de la formulation plus globale de 1856, sans qu’il constitue pour autant une charte de tolérance au sens plein.
Ensuite l'IA en question m'a proposé 8 autres sources en guise d'approfondissement de mes minces connaissances, ce qui fut fort apprécié.
Bonne fin de journée.
Je n'entrerai pas dans la formation des IA dont les concepteurs engendrent par trop souvent des querelles de tranchée sur le marché de la concurrence. Je vais toutefois me permettre de revenir sur un édit dont tu rejettes jusqu'à l'existence en citant moi aussi une IA en guise d'appui de mes dires. Ensuite, dépendant de ton ouverture d'esprit quant à nos divergences d'opinion, je jugerai s'il est préférable que je quitte ou pas ce topic.
NATURE DE L'EDIT
Le 21 mars 1844, la Sublime Porte adresse une note aux ambassades britannique et française, annonçant qu’elle mettra fin à l’exécution des chrétiens apostats de l’islam. Cet engagement marque une limitation importante de l’application de la peine de mort pour apostasie dans l’Empire ottoman, même si, en pratique, cette peine était déjà peu appliquée à cette époque. L’édit est bref, essentiellement diplomatique : il vise à apaiser les puissances européennes et à montrer une orientation plus « tolérante » vis‑à‑vis des minorités chrétiennes.
Contexte ottoman et réformes
Cet édit s’inscrit dans le mouvement plus large des Tanzimat, amorcé par le rescrit de Gülhané de 1839, qui promettait une protection plus égale des sujets de l’Empire, quelle que soit leur religion. La « tolérance » ottomane reste toutefois structurée par le système des millets : les différentes communautés religieuses sont reconnues mais hiérarchisées, avec des inégalités juridiques et fiscales persistantes.
Dimension « Edit de tolérance » de 1844 et Palestine
Dans certains milieux chrétiens puis bahá’ís, on a donné à cette note de 1844 le nom d’« Edict of Toleration », en l’interprétant comme un tournant permettant, entre autres, un assouplissement de l’exclusion des Juifs de la Palestine ottomane.
Des auteurs bahá’ís l’ont relié à des prophéties bibliques, voyant dans l’année 1844 à la fois le début de l’ère bahá’íe et un signe de « fin des temps des nations » du point de vue chrétien.
Sur la « signature »
Juridiquement, ce n’est pas un grand édit détaillé signé solennellement comme une constitution, mais une déclaration/note officielle émanant de la Sublime Porte, exprimant la volonté du sultan Abdülmecid Ier d’empêcher à l’avenir l’exécution des chrétiens apostats.
Comment cet édit s'inscrit-il dans les Tanzimat
Il s’inscrit comme un petit jalon, très ciblé, dans le vaste mouvement réformateur des Tanzimat, mais il n’en est ni le cœur ni l’aboutissement.
Rappel rapide des Tanzimat
Les Tanzimat commencent officiellement avec le rescrit de Gülhane (1839), qui proclame la sécurité des personnes et des biens et l’égalité de tous les sujets devant la loi, « quelle que soit leur appartenance confessionnelle ». Ce programme est prolongé par le Hatt‑i Hümayun de 1856, qui consacre plus explicitement l’égalité civile des musulmans et des non‑musulmans, ouvre les fonctions publiques et garantit la liberté de culte et l’interdiction de contraindre quelqu’un à changer de religion.
Place spécifique de l’édit de 1844
L’édit de tolérance de 1844 intervient au milieu de ce processus : dans un contexte de pressions diplomatiques britanniques après des cas d’exécution d’apostats chrétiens (1843), la Sublime Porte promet de cesser ces exécutions.
Il illustre concrètement, mais de manière très ponctuelle, la logique des Tanzimat : limiter l’arbitraire, répondre aux attentes des puissances européennes, et avancer (au moins formellement) vers une protection plus égale des sujets non musulmans.
Continuités et limites
Continuité : comme les grands rescrits de 1839 et 1856, l’édit de 1844 va dans le sens d’une égalité juridique accrue et d’une réduction de la violence légale liée à la religion (ici, la peine de mort pour apostasie chrétienne).
Limite : à la différence des grands textes des Tanzimat, il ne refonde pas le statut des communautés religieuses, n’abolit pas les discriminations structurelles et reste avant tout une note diplomatique, réagissant à une crise précise.
Articulation avec le Hatt‑i Hümayun (1856)
Le Hatt‑i Hümayun de 1856 reprend, élargit et systématise des principes que l’édit de 1844 ne fait qu’effleurer : liberté de pratiquer sa religion, impossibilité de contraindre un sujet à changer de religion, égalité d’accès aux emplois publics, réformes fiscales.
CONCLUSION DE PERPLEXITÉ
On peut donc voir l’édit de 1844 comme un précédent limité, annonciateur de la formulation plus globale de 1856, sans qu’il constitue pour autant une charte de tolérance au sens plein.
Ensuite l'IA en question m'a proposé 8 autres sources en guise d'approfondissement de mes minces connaissances, ce qui fut fort apprécié.
Bonne fin de journée.
