J'm'interroge a écrit : La fabrication n'est pas dans le doute, mais dans ton approche qui t'amène à concevoir ce qui se présente comme illusoire ou comme le produit d'une réalité cachée inobservable.
vic a écrit :Encore une fois , ni toi ni moi n'avons les moyens de vérifier si il fabrique une théorie ou non .
Puisqu'on peut produire des théories à son propre insu .
Pour ça il faudrait connaitre la vérité ultime pour le savoir et faire des comparaisons entre ce qui est théorique ou non .
Je ne prétends pas ne pas fabriquer de théorie ou en fabriquer une , je n'en sais rien , c'est même un non sujet .
Je suis sans opinion à ce sujet .
Toi même tu sembles évoquer une théorie , la théorie de la non théorie .
Encore là on voit ton coté rigide JM .
Cette invention de la non théorie , et d'une sensation qui existerait descendue du ciel n'étant pas produite par une théorie, je ne peux juste rien en dire de particulier ni l'affirmer ni l'infirmer .
C'est ta croyance .
@ vic,
Je vais rester sur ma ligne, sans me laisser entraîner dans un débat métaphysique sur la "vérité ultime". Tu déplaces constamment la discussion dans cette direction, je vais te ramener à ce qui se présente.
Tu écris : « Ni toi ni moi n'avons les moyens de vérifier s'il fabrique une théorie ou non. »
Je n'ai jamais prétendu déterminer ce qui se passe dans la tête de quelqu'un. Je regarde uniquement ce qui est effectivement dit. Quand quelqu'un affirme qu'il existe une réalité cachée, un observateur, un implicite nécessaire ou que ce qui se présente pourrait ne pas réellement se présenter, je constate simplement qu'il ajoute quelque chose qui n'est pas montré. Je n'ai pas besoin de connaître ses mécanismes psychologiques pour le constater.
Tu écris : « Pour ça il faudrait connaître la vérité ultime. »
Non. Il n'y a pas besoin de connaître une vérité ultime pour distinguer une description d'un ajout théorique. Si quelqu'un décrit une douleur, il décrit une douleur. S'il ajoute qu'elle nécessite un sujet transcendantal invisible, il ajoute quelque chose, et dans ce cas c'est une entité postulée métaphysique. Cette distinction ne dépend d'aucune vérité ultime. Elle dépend uniquement de la prise en compte de ce qui est dit et du fait que ce soit vérifiable ou non dans ce qui se présente ou y correspond ou non à quelque chose d'identifiable en particulier. Ce critère est purement empirique.
Tu écris : « Tu évoques une théorie de la non-théorie. »
Non. Contrairement à toi je ne propose ni ne présuppose aucune théorie sur le réel. Je propose une discipline méthodologique très simple : décrire ce qui est effectivement décrit et distinguer ce qui est ajouté. Ce n'est pas une théorie supplémentaire. C'est précisément une manière de suspendre les théories.
Tu écris : « C'est ta croyance. »
Une croyance affirme quelque chose qui dépasse ce qui est montré ou montrable. Moi, je demande constamment : Montre-le. C'est exactement l'inverse d'une croyance.
Le point important est que tu essaies encore de déplacer le débat vers "es-tu sûr de ne pas avoir une théorie cachée ?". Mais ce n'est pas la question. La question est beaucoup plus simple : Peux-tu montrer ce que tu affirmes, ou es-tu en train de l'ajouter ?
Je n'ai jamais prétendu être immunisé contre toute théorisation psychologique inconsciente. Je dis simplement : dans le discours, je distingue ce qui est décrit de ce qui est ajouté.
C'est une distinction opératoire, pas une prétention à connaître la "vérité ultime". C'est là que tu glisses systématiquement.
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PS :
La différence entre un empiriste et un théoriste (c'est un mot que je viens d'inventer), c'est que l'un s'en tient à ce qui se présente sans rien postuler d'invérifiable, alors que l'autre spécule allègrement.
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1. S’en tenir au concret, c’est-à-dire à ce qui se présente, tel que cela se présente, sans ajout purement spéculatif.
2. Ne rien affirmer qui ne réfère à rien d’identifiable dans ce qui se présente.
3. Ne rien postuler qui ne puisse s’y vérifier.
4. Reconnaître toute construction théorique pour ce qu’elle est : une construction langagière.