Dialogue ou polémique
Posté : 16 mars14, 07:09
Bonjour,
je suis nouveau ici, et déjà, je dois dire que dans l'ensemble je n'aime pas ce que je vois. La plupart des messages et des discussions ont, me semble-t-il pour but de "défendre" une croyance, la sienne, en dénigrant celle des autres, de montrer la supériorité d'une religion sur les autres, etc. Je n'aime pas cet esprit exclusiviste et prosélyte, contraire à la notion de dialogue.
Moi je suis musulman, mais je respecte la vérité des autres religions, en particulier du christianisme. Ma position est qu'il n'y a pas d'opposition entre les deux, à condition de bien comprendre.
En particulier, beaucoup de chrétiens et de musulmans se fourvoient car ils pensent que la notion de trinité est ignorée en islam, alors qu'elle est reconnue par les grands maîtres spirituels, ainsi S. H. Amulî, un des plus grands savants musulmans de toutes les époques, écrivait :
"Une fois que tu as réalisé ceci, sache que la Science qu'Il a de Lui-même, sous le rapport envisagé, précède toute multiplicité attribuable à l'Être. Et la première détermination par laquelle l'Essence S'est déterminée Elle-même, procède de la Science qu'Il possède de Lui-même – exalté soit-Il – car dès lors qu'il devient connaissant par Lui-même, Son Essence devient connue de Lui. Et toute chose connue doit nécessairement être déterminée, de sorte que Sa première détermination est la Science qu'Il a Lui-même de Son Essence. Et dès lors que Son Essence acquiert pour Lui le statut de Science, et Lui, de Savant relativement à Elle, il faut nécessairement que la Science devienne un moyen terme entre les deux, à savoir entre Allâh en tant que connaissant, et Son Essence sanctifiée en tant qu'objet de connaissance pour Lui. Il y a donc ici trois entités virtuelles : la Science, l'objet de la Science et le Savant, [ou (de façon plus synthétique, NdT) la Connaissance, le Connu et le Connaissant]. Et ceci constitue l'essence de la multiplicité. Dès lors qu'il en est ainsi, Sa connaissance de Son Essence est la raison de Sa détermination, et de la détermination de chacune des choses connues de Lui, qui constituent les essences et les réalités nommées : oeuvres intra-essentielles. Et Il est Lui-même – exalté soit-Il – l'agent et le patient, réellement et symboliquement, Lui et nul autre que Lui. Et tel était le thème de la présente enquête."
Et il n'est pas le seul ; on voit donc que l'idée de trois entités divines qui n'en font qu'une en réalité était familière aux musulmans, je veux dire aux vrais musulmans, savants, etc. Si des passages comme celui-ci étaient plus familiers aux musulmans, certes il y aurait moins d'incompréhension entre chrétiens et musulmans ; encore faut-il que les chrétiens soient disposés à reconnaître que "leur" trinité n'a rien de spécifiquement chrétien, ce qui ne semble pas non plus gagné. De toute façon, chacun devrait faire d'énormes efforts de compréhension de soi-même et des autres, avant que l'on se rende compte que de prétendus sujets de polémique n'ont aucune raison d'être, vu que toutes les religions prêchent essentiellement et substantiellement le même message. D'ailleurs, pour finir, je propose aussi bien aux musulmans qu'aux chrétiens, de méditer ces passages très profonds du grand maître spirituel al-Jîlî :
"Sache que c'est Muhammad qui constitue la relation entre le serviteur et le Seigneur. De sorte qu'Adam et tous ceux qui viennent après lui n'ont droit à revêtir les Attributs divins que parce qu'ils sont à l'image de Muhammad ; il te faut donc, cher frère, connaître tout d'abord la validité du lien entre Allâh et toi. Ensuite, il faut que tu saches ce qui revient à Allâh comme attributs de perfection, et ce qui revient dans sa sainteté au Très-grand, Exalté dans Sa transcendance ; enfin, il faut que tu connaisse la façon dont Muhammad revêt ces noms et ces attributs divins, afin de cheminer vers eux selon sa voie excellente et son chemin parfaitement droit.
La Vérité principielle – al-Haqq – a dit : « il y a certes pour vous dans l'Envoyé d'Allâh le meilleur exemple ».
Et il t'est nécessaire, cher frère qui chemine sur sa voie, de te connaître toi-même (ou de connaître ton âme). Ce sont là quatre connaissances qu'il te faut maîtriser. Et pour cela, j'ai découpé ce livre en quatre parties :
la première : de la connaissance que Muhammad est le lien entre Allâh et Ses serviteurs
la deuxième : de la connaissance des noms et des attributs d'Allâh
la troisième : de la connaissance du revêtement par Muhammad des attributs divins
la quatrième : de la connaissance de ce qu'il y a dans l'homme comme ordres de perfection possible, et du moyen de parvenir jusqu'à cela.
3. Première partie
De la connaissance de Muhammad comme lien entre Allâh et Son serviteur
3.1
Allâh a dit : « et Nous ne t'avons envoyé que comme une Miséricorde pour les mondes » (anbiyyâ' 107)
Sache que cette miséricorde est celle qui est commune à tous les êtres, et à elle il est fait allusion par Sa parole « et Ma Miséricorde embrasse toute chose » (a'râf 156).
C'est-à-dire que Muhammad est celui qui embrasse tout ce qui tombe sous le nom de chose, tant dans l'ordre divin que dans l'ordre créaturiel. Et c'est pourquoi Il l'a mentionné à la fin du verset et a dit : « et Je l'écrirai certes pour ceux qui sont pieux et qui donnent l'aumône (zakât), et pour ceux qui croient en Nos signes », « ceux qui suivent le Messager, le prophète illettré » (a'râf 157)
comme un avertissement pour ceux qui suivent Muhammad dans sa station réservée à la différence de tant de gens, qu'ils seront bientôt rattachés à sa station, comme l'annonce Sa parole : « Je l'écrirai certes pour ceux qui sont pieux... », c'est-à-dire qu'ils deviendront à leur tour Miséricorde.
3.2
Sache que la Miséricorde est de deux sortes : particulière et générale.
Quant à la Miséricorde particulière, c'est celle par laquelle Ses serviteurs connaissent Allâh dans des moments déterminés.
Et quant à la Miséricorde générale, c'est la Réalité de Muhammad, et par elle Allâh a fait miséricorde aux réalités de toutes les choses, de sorte que toute chose s'est manifestée dans le degré qu'elle occupe dans l'Être ; et par elle les réceptacles des êtres furent disposés à recevoir l'émanation [divine] et le bien.
C'est pour cela que la première chose qu'Allâh a créée fut l'esprit de Muhammad, comme rapporté dans le hadith de Jâbir (qu'Allâh soit satisfait de lui), afin qu'Il fasse par lui miséricorde aux êtres manifestés et qu'Il les crée suivant un modèle, et les fasse sortir de son être.
Ensuite, Il créa à partir de lui le Trône, le Marchepied, et toutes les créatures d'en haut comme d'en bas, afin qu'il leur soit fait Miséricorde grâce à lui, car elles furent créées à partir de son être très-noble, selon le modèle de son exemple immense.
C'est pour cela que la Miséricorde d'Allâh a précédé Sa Colère, car le monde tout entier est créé selon le modèle du Bien-aimé, et le Bien-aimé est celui à qui il est fait miséricorde. De sorte que le statut ontologique de la Miséricorde est la nécessité, tandis que celui de la Colère est l'accident. Car la Miséricorde est parmi les attributs de l'Essence, tandis que la Colère est parmi les attributs de la Justice, et la Justice est un acte (et il existe une grande différence entre les attributs de l'Essence et ceux de l'Acte).
Et c'est en raison de cette signification qu'Allâh Se nomma le Tout-miséricordieux et le Très-miséricordieux, mais jamais le Tout- ni le Très-colérique ; et il est permis de dire : Allâh ne cesse de faire miséricorde, mais point de dire : Allâh ne cesse d'être en colère, ni qu'Il est Colérique dans l'absolu. Et le secret de tout ceci est que la Miséricorde a précédé la Colère car l'existence est pour le Bien-aimé comme un miroir pour la forme, ou comme l'attribut pour l'Essence, ou comme la partie pour le Tout, de sorte que la Miséricorde a englobé la totalité des êtres grâce à lui – qu'Allâh répande sur lui Sa Grâce et Sa Paix.
Les êtres sont remplis de toi, ô le meilleur d'entre eux
Comme les rameaux rayonnent de leur tronc commun
Tu es le Bien-aimé et de toute chose le modèle
Et tout ce qui relève du Bien-aimé est bien aimé (poésie)."
Le drame est qu'aujourd'hui, les musulmans sont les premiers à rejeter ces idées qui sont pourtant l'expression de l'islam le plus traditionnel.
Bien cordialement à tous,
M. M.
P.S. Pour ceux qui veulent en savoir plus : www.limbes1.blogspot.com
je suis nouveau ici, et déjà, je dois dire que dans l'ensemble je n'aime pas ce que je vois. La plupart des messages et des discussions ont, me semble-t-il pour but de "défendre" une croyance, la sienne, en dénigrant celle des autres, de montrer la supériorité d'une religion sur les autres, etc. Je n'aime pas cet esprit exclusiviste et prosélyte, contraire à la notion de dialogue.
Moi je suis musulman, mais je respecte la vérité des autres religions, en particulier du christianisme. Ma position est qu'il n'y a pas d'opposition entre les deux, à condition de bien comprendre.
En particulier, beaucoup de chrétiens et de musulmans se fourvoient car ils pensent que la notion de trinité est ignorée en islam, alors qu'elle est reconnue par les grands maîtres spirituels, ainsi S. H. Amulî, un des plus grands savants musulmans de toutes les époques, écrivait :
"Une fois que tu as réalisé ceci, sache que la Science qu'Il a de Lui-même, sous le rapport envisagé, précède toute multiplicité attribuable à l'Être. Et la première détermination par laquelle l'Essence S'est déterminée Elle-même, procède de la Science qu'Il possède de Lui-même – exalté soit-Il – car dès lors qu'il devient connaissant par Lui-même, Son Essence devient connue de Lui. Et toute chose connue doit nécessairement être déterminée, de sorte que Sa première détermination est la Science qu'Il a Lui-même de Son Essence. Et dès lors que Son Essence acquiert pour Lui le statut de Science, et Lui, de Savant relativement à Elle, il faut nécessairement que la Science devienne un moyen terme entre les deux, à savoir entre Allâh en tant que connaissant, et Son Essence sanctifiée en tant qu'objet de connaissance pour Lui. Il y a donc ici trois entités virtuelles : la Science, l'objet de la Science et le Savant, [ou (de façon plus synthétique, NdT) la Connaissance, le Connu et le Connaissant]. Et ceci constitue l'essence de la multiplicité. Dès lors qu'il en est ainsi, Sa connaissance de Son Essence est la raison de Sa détermination, et de la détermination de chacune des choses connues de Lui, qui constituent les essences et les réalités nommées : oeuvres intra-essentielles. Et Il est Lui-même – exalté soit-Il – l'agent et le patient, réellement et symboliquement, Lui et nul autre que Lui. Et tel était le thème de la présente enquête."
Et il n'est pas le seul ; on voit donc que l'idée de trois entités divines qui n'en font qu'une en réalité était familière aux musulmans, je veux dire aux vrais musulmans, savants, etc. Si des passages comme celui-ci étaient plus familiers aux musulmans, certes il y aurait moins d'incompréhension entre chrétiens et musulmans ; encore faut-il que les chrétiens soient disposés à reconnaître que "leur" trinité n'a rien de spécifiquement chrétien, ce qui ne semble pas non plus gagné. De toute façon, chacun devrait faire d'énormes efforts de compréhension de soi-même et des autres, avant que l'on se rende compte que de prétendus sujets de polémique n'ont aucune raison d'être, vu que toutes les religions prêchent essentiellement et substantiellement le même message. D'ailleurs, pour finir, je propose aussi bien aux musulmans qu'aux chrétiens, de méditer ces passages très profonds du grand maître spirituel al-Jîlî :
"Sache que c'est Muhammad qui constitue la relation entre le serviteur et le Seigneur. De sorte qu'Adam et tous ceux qui viennent après lui n'ont droit à revêtir les Attributs divins que parce qu'ils sont à l'image de Muhammad ; il te faut donc, cher frère, connaître tout d'abord la validité du lien entre Allâh et toi. Ensuite, il faut que tu saches ce qui revient à Allâh comme attributs de perfection, et ce qui revient dans sa sainteté au Très-grand, Exalté dans Sa transcendance ; enfin, il faut que tu connaisse la façon dont Muhammad revêt ces noms et ces attributs divins, afin de cheminer vers eux selon sa voie excellente et son chemin parfaitement droit.
La Vérité principielle – al-Haqq – a dit : « il y a certes pour vous dans l'Envoyé d'Allâh le meilleur exemple ».
Et il t'est nécessaire, cher frère qui chemine sur sa voie, de te connaître toi-même (ou de connaître ton âme). Ce sont là quatre connaissances qu'il te faut maîtriser. Et pour cela, j'ai découpé ce livre en quatre parties :
la première : de la connaissance que Muhammad est le lien entre Allâh et Ses serviteurs
la deuxième : de la connaissance des noms et des attributs d'Allâh
la troisième : de la connaissance du revêtement par Muhammad des attributs divins
la quatrième : de la connaissance de ce qu'il y a dans l'homme comme ordres de perfection possible, et du moyen de parvenir jusqu'à cela.
3. Première partie
De la connaissance de Muhammad comme lien entre Allâh et Son serviteur
3.1
Allâh a dit : « et Nous ne t'avons envoyé que comme une Miséricorde pour les mondes » (anbiyyâ' 107)
Sache que cette miséricorde est celle qui est commune à tous les êtres, et à elle il est fait allusion par Sa parole « et Ma Miséricorde embrasse toute chose » (a'râf 156).
C'est-à-dire que Muhammad est celui qui embrasse tout ce qui tombe sous le nom de chose, tant dans l'ordre divin que dans l'ordre créaturiel. Et c'est pourquoi Il l'a mentionné à la fin du verset et a dit : « et Je l'écrirai certes pour ceux qui sont pieux et qui donnent l'aumône (zakât), et pour ceux qui croient en Nos signes », « ceux qui suivent le Messager, le prophète illettré » (a'râf 157)
comme un avertissement pour ceux qui suivent Muhammad dans sa station réservée à la différence de tant de gens, qu'ils seront bientôt rattachés à sa station, comme l'annonce Sa parole : « Je l'écrirai certes pour ceux qui sont pieux... », c'est-à-dire qu'ils deviendront à leur tour Miséricorde.
3.2
Sache que la Miséricorde est de deux sortes : particulière et générale.
Quant à la Miséricorde particulière, c'est celle par laquelle Ses serviteurs connaissent Allâh dans des moments déterminés.
Et quant à la Miséricorde générale, c'est la Réalité de Muhammad, et par elle Allâh a fait miséricorde aux réalités de toutes les choses, de sorte que toute chose s'est manifestée dans le degré qu'elle occupe dans l'Être ; et par elle les réceptacles des êtres furent disposés à recevoir l'émanation [divine] et le bien.
C'est pour cela que la première chose qu'Allâh a créée fut l'esprit de Muhammad, comme rapporté dans le hadith de Jâbir (qu'Allâh soit satisfait de lui), afin qu'Il fasse par lui miséricorde aux êtres manifestés et qu'Il les crée suivant un modèle, et les fasse sortir de son être.
Ensuite, Il créa à partir de lui le Trône, le Marchepied, et toutes les créatures d'en haut comme d'en bas, afin qu'il leur soit fait Miséricorde grâce à lui, car elles furent créées à partir de son être très-noble, selon le modèle de son exemple immense.
C'est pour cela que la Miséricorde d'Allâh a précédé Sa Colère, car le monde tout entier est créé selon le modèle du Bien-aimé, et le Bien-aimé est celui à qui il est fait miséricorde. De sorte que le statut ontologique de la Miséricorde est la nécessité, tandis que celui de la Colère est l'accident. Car la Miséricorde est parmi les attributs de l'Essence, tandis que la Colère est parmi les attributs de la Justice, et la Justice est un acte (et il existe une grande différence entre les attributs de l'Essence et ceux de l'Acte).
Et c'est en raison de cette signification qu'Allâh Se nomma le Tout-miséricordieux et le Très-miséricordieux, mais jamais le Tout- ni le Très-colérique ; et il est permis de dire : Allâh ne cesse de faire miséricorde, mais point de dire : Allâh ne cesse d'être en colère, ni qu'Il est Colérique dans l'absolu. Et le secret de tout ceci est que la Miséricorde a précédé la Colère car l'existence est pour le Bien-aimé comme un miroir pour la forme, ou comme l'attribut pour l'Essence, ou comme la partie pour le Tout, de sorte que la Miséricorde a englobé la totalité des êtres grâce à lui – qu'Allâh répande sur lui Sa Grâce et Sa Paix.
Les êtres sont remplis de toi, ô le meilleur d'entre eux
Comme les rameaux rayonnent de leur tronc commun
Tu es le Bien-aimé et de toute chose le modèle
Et tout ce qui relève du Bien-aimé est bien aimé (poésie)."
Le drame est qu'aujourd'hui, les musulmans sont les premiers à rejeter ces idées qui sont pourtant l'expression de l'islam le plus traditionnel.
Bien cordialement à tous,
M. M.
P.S. Pour ceux qui veulent en savoir plus : www.limbes1.blogspot.com