Votre mouvement fait plus que la privilégier, mais soit, c'est son choix. Pouvez-vous cependant accepter que d'autres choisissent une autre traduction pour le Tétragramme יהוה et appellent Dieu Yahvé, ou YHWH, ou Dieu, Seigneur, Eternel, Père... ?
BuddyRainbow a écrit :Je ne suis pas un censeur. Chaque traducteur fait son choix en conscience. Je hiérarchise cependant les traductions du nom divin et je range d'un côté les titres (Seigneur, Dieu, l'Eternel) et d'un autre côté les noms propres (Yahvé, YHWH, Jéhovah), les second étant à mes yeux supérieurs. Et Yahvé et Jéhovah me semblent dans cette catégorie de loin préférable à un nom dépourvu de voyelles.
J'ai bien compris que vous aviez un penchant certain pour "Jéhovah". Mais pouvez-vous admettre que d'autres personnes aient une autre hiérarchie que la vôtre et que, pour elles, des "titres" soient plus parlants, pour désigner Dieu, que votre médiéval Jéhovah qui ne veut rien dire en français ?
Il y a quelque chose que je ne comprends pas dans votre explication : vous réfutez que Jean ait traduit "Alléluia" par "Louez (notre) Dieu" (au verset 5) parce que, dites-vous, Jean n'a pas besoin de traduction pour saisir le sens de ce que dit la voix en hébreu. C'est oublier que le texte de l'Apocalypse est écrit en grec. Si la voix entendue par Jean s'est exprimée, comme vous semblez le croire, en hébreu, alors il a bien fallu que Jean traduise en grec. Et si elle s'est exprimée en grec et que Jean n'a fait que rapporter ses paroles, alors elle a dit "Alléluia" et "Louez notre Dieu", pas "Louez Yah".
En outre, comment savez-vous que la langue maternelle de Jean, c'était l'hébreu ?
BuddyRainbow a écrit :Là, ça frise le ridicule. J'ai pour ma part assez développé ce point : continuez à tourner en rond si vous avez du temps à perdre.
C'est vous qui aviez évoqué "Alléluia" comme preuve de la présence du nom divin dans le Nouveau Testament. Ce qu'Alléluia n'est pas. Je n'ai pas plus que vous envie de m'éterniser sur ce point, n'y revenons donc pas.
Là, vous cherchez des poils sur les oeufs. D'autant que c'est vous qui aviez parlé de lexique hébreu ou grec, sans préciser hébreu-français ou grec-français. L'idée générale reste que, pour des chrétiens d'origine non-juive, et parfois illettrés, pas besoin de connaître l'étymologie de "Alléluia" pour comprendre cette exclamation d'allégresse.
BuddyRainbow a écrit :Et vous, vous me cherchez des poux. En remontant ce fil, le lecteur attentif découvrira comment vous exploitez l'ambiguité des mots. Cette façon que vous avez de jouer sur les mots devrait m'agacer mais, curieusement, c'est l'inverse qui se produit : je vois dans ce procédé le signe que votre argumentation a atteint ses limites. Elle est à bout de souffle.
Et que dire de quelqu'un qui, en lieu et place d'arguments, dénigre la personne, comme vous venez de le faire dans ce paragraphe ? Oublions donc ces propos qui ne mènent à rien.
Mais justement, le Tétragramme hébraïque n'apparaît jamais dans aucune des références au Nom de Dieu que vous venez de compiler. Et je vous rappelle que ni les Evangiles, ni les épîtres ou autres livres du Nouveau Testament n'ont été écrit pour l'usage exclusif des Juifs. Si c'est le nom יהוה qui devait être sanctifié, glorifié, manifesté... par les chrétiens, pourquoi ne le retrouve-t-on jamais ni en toutes lettres (hébraïques) ni en transcription grecque (donc prononçable comme il s'écrit) dans le Nouveau Testament ?
BuddyRainbow a écrit :Vous enfoncez des portes ouvertes et votre question a déjà eu réponse : la tradition manuscrite qui s'est montrée négligente avec ce nom comme le prouvent de nombreux témoignages. Peut-être ne l'avez-vous pas trouvé satisfaisante... Peut-être ne pouvez-vous pas accepter l'idée que la tradition manuscrite ait failli sur ce point... je ne crois pas pour autant que cette question devrait mettre un point d'arrêt à votre questionnement. Au contraire, menez vos investigations et demandez vous pourquoi ce silence assourdissant quand le nom divin est surabondant dans l'AT et qu'il y est fait référence fréquemment dans le NT. (l'argument pertinent de RT2). Il faut dépasser les mots (le nom n'est pas écrit en toute lettre) et saisir le sens des phrase : "Je veux annoncer ton nom". Avec en regard le texte de l'AT qui, lui, contient le nom divin incontestablement, et sur ce point on se rejoint, 10 fois 100 fois 1000 fois ... 7000 fois !
C'est un peu facile, çà, d'invoquer une négligence de la "tradition manuscrite". Sur quoi d'autre, selon vous aurez-elle pu aussi faillir ? Et comment même concevoir une "traduction manuscrite" si défaillante qu'elle aurait réussi à faire
complètement disparaître le nom divin du texte du NT sans que personne ne le remarque ou ne s'en émeuve pendant des siècles !? Depuis quand une négligence se transforme-t-elle en un si grand succès ?
Enfin, si la "tradition manuscrite" est si défaillante, pourquoi s'en réclamer ?
Ou bien est-ce le contraire ? Même lorsqu'ils citent l'Ancien Testament qui, dans sa langue originale, porte יהוה, les rédacteurs néo-testamentaires utilisent des substituts grecs comme theos et kurios.
BuddyRainbow a écrit :Vous n'en savez rien parce que vous n'étiez pas au dessus de l'épaule de Matthieu, Marc, Luc, Jean, ... quand ils ont rédigé leur livre ou lettre. Je ne vois pas au nom de quoi ces Juifs, attachés aux Ecritures, auraient choisi de ne pas reproduire le nom divin tel qu'il se trouvait dans les copies de l'AT à l'époque. Au nom de la tradition manuscrite ? Eh bien moi je sais vous dire, manuscrits à l'appui, que les copistes de l'époque postapostolique préféraient kurios au nom divin, et que même il était d'usage de remplacer systématiquement le nom divin par ce terme.
Vous n'étiez pas non plus au-dessus de l'épaule de Matthieu, Marc, Luc, Jean... La différence entre nous, c'est que je lis ce qu'ils ont écrit grâce au texte de leurs évangiles qui nous est parvenu, alors que vous croyez en ce que, selon vous, ils auraient dû écrire mais n'ont pas écrit, jusqu'à preuve du contraire (que vous n'avez pas).
Quel nom divin aurait été systématiquement remplacé par kurios ? Et comment savez-vous que kurios n'était pas le terme d'origine ?
Ou bien, avec un effort supplémentaire, vous pouvez comprendre que ce qui se faisait, en milieu juif, pour l'Ancien Testament, n'était pas la même chose que, en milieu chrétien, pour le Nouveau Testament.
Je n'ai jamais prétendu que Jésus et ses disciples n'avaient que faire du nom divin ; j'ai dit que Jésus et ses disciples n'appelaient pas leur Dieu et Père, יהוה (quelle que soit la façon dont vous estimez qu'ils auraient pu le prononcer).
BuddyRainbow a écrit :Vous dites qu'il ne l'appelait pas parce que vous ne lisez pas le nom écrit en tout lettre mais vous oubliez que Jésus fait référence à ce nom et si celui-ci "n'avait pas que faire du nom divin" alors c'est que vous estimez qu'il lui accordait un minimum d'importance. Allez encore un petit effort et vous concevrez que le nom divin n'est pas caduque dans le christianisme primitif, qu'il est même actuel et digne d'emploi.
Je n'ai jamais prétendu que Jésus et ses disciples n'avaient que faire du nom divin ; j'ai dit que Jésus et ses disciples n'appelaient pas leur Dieu et Père, יהוה (quelle que soit la façon dont vous estimez qu'ils auraient pu le prononcer).
Jésus a prononcé le nom de son Père mais il ne l'a pas appelé יהוה (en tout cas selon le témoignage des évangélistes et apôtres).
BuddyRainbow a écrit :Là ça devient compliqué. "Jésus a prononcé le nom de son Père" mais il ne l'a pas appelé יהוה c'est à dire le nom de son Père... Non vraiment je ne vois pas où vous voulez en venir.
Vous arrive-t-il de prononcer le nom du Père de Jésus ? Prononcez-vous יהוה pour autant ? Comment ?
A quel nom l'apôtre Paul se référait-il ? L'a-t-il cité dans ses lettres ?
BuddyRainbow a écrit :Bah à celui de son Père... Mais je veux bien reconsidérer ma compréhension de ce passage de la lettre aux Hébreux si vous avez des éléments nouveaux.
Et quel nom, d'après ses propres mots, l'apôtre Paul donnait-il à son Père ?
Non, ce n'est un paradoxe que pour vous qui confondez le Nom de Dieu avec Jéhovah. Dans le Nouveau Testament, Jésus, Paul, Jean... se réfèrent abondamment au nom de Dieu (en témoigne votre compilation ci-dessus), mais jamais ils n'emploient, n'écrivent ou ne sont spécifiés prononçant le Tétragramme hébraïque יהוה ou une transcription grecque. Dans le Nouveau Testament, יהוה n'apparaît que sous forme d'une traduction que vous récusez mais qui est pourtant celle des rédacteurs : à savoir theos et kurios. Comme plus tard, d'autres traducteurs choisiront de rendre le Tétragramme en français par l'Eternel (bien que votre "L'Eternelle" me plaît encore davantage, voir ci-dessous).
BuddyRainbow a écrit :"Les rédacteurs n'emploient pas le nom divin" mais ils "s'y réfèrent abondamment". Qu'en conclure ? Que le nom divin n'a plus sa place dans le christianisme ? Que le nom divin conserve sa place ?
Que le nom divin conserve sa place, mais non pas sous sa forme hébraïque de יהוה.
Le nom Jéhovah (ou plutôt le Tétragramme יהוה) n'a pas plus été remplacé par "Seigneur" ou "L'Eternelle" dans le texte en langue originale de l'AT que le nom de Jésus ne l'aurait été par "Fils de l'homme" dans le texte en langue originale du NT.
Vous ne parvenez toujours pas à faire la différence entre un texte dans sa langue originelle et dans sa traduction en d'autres langues.
יהוה est hébreu, il figure dans un ensemble de textes en hébreu, que l'on appelle aujourd'hui l'Ancien Testament ; à partir du moment où l'AT est traduit, se pose le problème de savoir comment rendre יהוה dans la langue de destination : faut-il le traduire ou le laisser tel quel ? A votre avis ?
BuddyRainbow a écrit :Me demander encore si je juge nécessaire de traduire le nom divin après les lignes et les lignes que j'ai grattées à montrer l'intérêt et même la nécessité d'une telle traduction ! Est-ce toujours Zouzouspetals au bout du fil ?
Donc, selon vous, le nom divin doit être traduit : de l'hébreu יהוה, il est rendu en français par "Jéhovah". Mais qu'en est-il pour la langue du NT ? Comment יהוה est-il traduit en grec ? Quelle traduction grecque de יהוה les auteurs néo-testamentaires ont-ils utilisée ?
Justement, j'utilise יהוה pour ne pas ajouter de la confusion à la confusion. Le sujet de ce fil ne porte pas sur Jésus. Vous pouvez l'appeler Ἰησοῦς si vous le voulez, et peut-être signaler à vos lecteurs de quoi il s'agit et comment ça se prononce. Ce que vous serez en mesure de faire, parce que la prononciation et la traduction de Ἰησοῦς sont connues. Dès lors, le nom du Ἰησοῦς du Nouveau Testament pose-t-il problème ? Un hellénophone est-il incapable de le prononcer ? N'a-t-il pas été traduit en français ? Ou l'a-t-il été systématiquement par "Fils de l'Homme" ?
Il en va tout autrement pour יהוה, dont la prononciation est perdue, qui a été traduit en grec, latin, français par des substituts que vous n'approuvez pas puis "transcrit" en latin/français par un nom "Jéhovah" devenu la marque de fabrique de votre mouvement. Aussi, copier-coller יהוה dans un texte en français permet-il, selon moi, de comprendre de qui l'on parle, sans interprétation. Si la lecture vous semble vite inconfortable, pourquoi imaginez-vous donc que l'apôtre Paul aurait infligé un tel "supplice" à ces compagnons chrétiens issus des Nations ?
BuddyRainbow a écrit :C'est à se demander si vous me lisez. Le nom divin a été traduit en grec par des auteurs comme Irénée de Lyon ou Clément d'Alexandrie et en latin comme le montre le témoigne de Jérôme déjà cité. Le problème de sa traduction est un faux problème tout au plus pouvons nous discuter de la meilleure traduction. Victor Hugo a employé "Jéhovah" avant les Témoins de Jéhovah. Donc vos distances, vous les prenez avec la langue française qui a parfaitement intégré la traduction Jéhovah.
Je vous lis très attentivement, soyez rassuré. Comment Irénée de Lyon ou Clément d'Alexandrie ont-ils traduit, en grec, le nom divin יהוה ? Etait-ce la même traduction qu'avaient utilisée les rédacteurs du NT ?
Quant à la traduction latine, pardon, mais ce n'est certainement pas Jérôme qui traduisait יהוה par PIPI.
Pour ce qui est de la traduction française "Jéhovah", je n'ai rien contre elle, à condition qu'on l'emploie pour traduire ce qu'elle traduit vraiment dans le texte, à savoir le Tétragramme יהוה, et non pas les termes grecs kurios ou theos du NT.
Il est d'ailleurs assez étonnant de vous voir défendre la traduction "Jéhovah" au nom de la langue française, alors que vous n'avez pas les mêmes scrupules pour Nabuchodonosor, Jonas ou Sophonie, par exemple...
Personne ne dit que "Christ" traduirait "Jésus". Dans le Nouveau Testament, la figure centrale est appelée "Jésus", ou "Christ" ou "Jésus Christ" ou d'autres noms encore sans que l'on prenne l'une de ces appellations pour la traduction des autres.
Pour l'Eternel, BenFis vous a répondu. Olivétan, plutôt que de vouloir translittérer ou transcrire יהוה en français, a voulu en traduire la signification. C'est une autre optique, pour la traduction des noms signifiants. Par exemple, "Bilbo Bessac (Bilbon Sacquet dans la traduction de Francis Ledoux, Bilbo Baggins en anglais) est le personnage central du roman Le Hobbit. Quel est donc le nom de famille du personnage central du roman Le Hobbit ? Bessac, Sacquet, Baggins ? Les traducteurs français ont-ils trahi le texte original, ou ont-ils donné aux Français une idée plus signifiante pour eux que Baggins du nom de famille de Bilbo(n) le Hobbit ?
Pour qui n'aurait jamais entendu parler de יהוה, qu'est-ce qui serait le plus parlant : c'est le nom hébraïque de Jéhovah ou c'est le nom hébraïque de Dieu, du Seigneur, de l'Eternel ?
BuddyRainbow a écrit :Pour qui n'aurait jamais entendu parler de Ἰησοῦς, qu'est-ce qui serait le plus parlant : c'est le nom propre Jésus ou c'est le nom Fils de Dieu, Seigneur, ou "Jéhovah est salut" ? Quelle est la meilleure traduction d'un nom propre ? un nom propre ou un titre tel que Dieu, Seigneur, ... qui traduise chacun un mot autre que celui du nom dans la langue source ?
Cela dépend du contexte : pour qui n'aurait jamais entendu parler de Iesous et qui ne l'identifierait pas au Jésus des chrétiens, alors "Fils de Dieu", "Seigneur", voire sa signification « Iahvé (Dieu) sauve », serait peut-être plus signifiante. Encore faudrait-il ne jamais avoir entendu parler de Jésus, alors que les chrétiens, à travers les âges, ont proclamé son nom sans relâche.
Bien sûr, car une nouvelle fois, vous déformez mon propos. Je ne dit pas que tout ce qui arrive est forcément la volonté de Dieu, j'ai dit que le choix des traducteurs de rendre le Tétragramme hébraïque utilisé dans l'AT (יהוה) par les termes grecs kurios et theos ne l'avait visiblement pas fait réagir contre.
BuddyRainbow a écrit :"Ils pensent faire oublier mon nom à mon peuple au moyen de leurs rêves qu’ils ne cessent de se raconter l’un à l’autre, comme leurs pères ont oublié mon nom par le moyen de Baal". - Jr 23:27
Et donc ?
Nous ne parlons pas d'une traduction libérale de la Bible, mais du choix de traduction qui a été fait dans l'Antiquité. Vous n'avez d'ailleurs pas répondu à ma question : vous l'auriez traduit comment, יהוה, en grec ?
BuddyRainbow a écrit :Vous n'avez pas non plus répondu à la mienne. Mais je vais me donner cette peine : si vous aviez était Suédoise comment auriez vous traduit le nom divin en chinois ? ...
Je ne suis pas Suédoise, et je ne connais pas le chinois. Mais si une Suédoise connaissant le chinois m'expliquait que les Chinois, pour appeler Dieu, écrivent 神, je ne pense pas que je rétorquerais que ce ne peut pas être là le nom de Dieu, que forcément, les Chinois, à l'origine, avaient écrit autre chose mais que de méchants scribes sont ensuite passés par là pour remplacer le vrai nom de Dieu par 神.
Je ne parle pas de ce qui est respectable mais de ce qui est. Point. C'est vous qui portez des jugements de valeur sur des choix de traduction que vous n'avez pas eu à faire.
BuddyRainbow a écrit :Ah parce que vos nombreuses critiques sur la TMN ne ressemblaient pas à des jugements de valeurs : "présupposés religieux", "motivation opaque", blablabla. Nooon ces critiques était parfaitement équilibrées et raisonnées. Il ne fait aucun doute que l'objectivité a toujours été poursuivie. Bon, le résultat n'est pas forcément au rendez-vous puisqu'on a d'un côté des traductions acceptables avec 7000 substituts de Jéhovah>Seigneur, sans raison sinon que la traduction risque d'être imparfaite, et quand on vous pousse dans vos retranchements, c'est en raison d'un concept flou d'un Dieu ineffable ; et de l'autre on a 237 substituts de Seigneur>Jéhovah, avec pour le coup, l'AT comme raison donnée puisqu'il y est fait référence et qu'il contient le nom divin. Il y a même une différence notoire entre ces deux choix de traduction. Celui de la traduction que vous voyez d'un mauvais oeil n'a pas remplacé tous les Seigneurs par Jéhovah (il y a des centaines de kurios traduits Seigneurs), tandis que celui de la traduction que vous applaudissez ne laisse rien. Nada. Pas une trace d'un quelconque nom divin (7000 Jéhovah = 7000 substituts).
Vous voyez, c'est vous qui portez des jugements de valeur sur les traductions bibliques. Le fait que certaines traductions de l'AT n'aient pas rendu יהוה par Jéhovah, ou Yahweh ou YHWH mais par Dieu ou Seigneur n'a rien à voir avec l'introduction de 237 "Jéhovah" dans le NT version TMN.
Dans le premier cas, il s'agit de choix de traduction, qui peuvent vous sembler inadéquats certes, mais qui s'expliquent : Dieu ou Seigneur ou Eternel sont des traductions tout autant, si ce n'est plus, validées par l'Histoire biblique chrétienne que le trop connoté aujourd'hui "Jéhovah". Dans le second cas, il s'agit d'imposer au texte une lecture partisane, en introduisant un nom qui n'y est pas. Que votre Ancien Testament traduise יהוה par Jéhovah, cela ne pose aucun problème ; mais que votre Nouveau Testament mette 237 "Jéhovah" là où le texte grec porte kurios (Seigneur en français) ou theos (Dieu en français), là une limite a été franchie, car cela induit les lecteurs en erreur.
Vous n'êtes certainement pas plus fidèle à la Parole de Dieu que les copistes qui ont rendu יהוה par kurios ou theos. Parce que "Jéhovah" est, tout comme "Seigneur" ou "Dieu", une traduction de יהוה, destinée à permettre la lecture orale (puisque, comme vous l'avez vous-même constaté, truffer un texte en français de יהוה rend rapidement la lecture inconfortable. Et ce devait être la même chose en grec, non ?)
BuddyRainbow a écrit :Il est un choix de traduction mais il n'est pas une traduction fidèle. Je ne vais pas vous redonner l'exemple de Jésus qui n'est pas équivalent à Seigneur ou Fils de Dieu, tous désignent la même personne mais un seul a la qualité de nom propre, Jésus. Et ce n'est pas parce que les traducteurs ont fait le choix de remplacer le nom divin par "Seigneur" que ce mot peut prétendre au rang de nom propre. Ca me parait être élémentaire. Et parce que je sais que vous aimez tourner en rond, je poursuis le raisonnement avec cet exemple : en qualité de traductrice, vous pouvez remplacer toutes les mentions de Jésus par "Seigneur" votre choix ne fera pas autorité au point de faire admettre, du moins quand on se donne la peine de réfléchir 2 seconde, que Seigneur est devenu le nom propre de Jésus, ou que Seigneur traduit parfaitement le nom propre de Jésus. Absurde. Bien entendu, cette règle vaut aussi pour Jéhovah.
Quelle est donc la traduction fidèle de יהוה en grec ?
Pour la "qualité de nom propre", certains noms communs, en français, l'obtiennent par l'usage : le Général, le King, le Roi Soleil, la Ville Lumière... Dieu, l'Eternel.
Votre exemple sur Jésus est faux : d'abord, personne n'a rendu systématiquement le grec Ἰησοῦς / Iēsoûs par Seigneur. Parce que Ἰησοῦς / Iēsoûs, ça se lit facilement en grec, ça se prononce, ça se traduit. Ce qui n'est pas (ou plus) le cas pour l'hébraïque יהוה.
Je vous répète ma question : Quelle est donc la traduction fidèle de יהוה en grec ?
Jésus était attaché à l'esprit, non à la lettre. Je n'ai pas dit que Jésus ou son Père approuvaient les remaniements de textes ou les traductions de la Bible, j'ai dit que, manifestement, ils n'avaient rien à y redire. Et vous nous avez vous-même montré, par votre compilation, que le NT faisait place au nom divin, sans toutefois jamais écrire יהוה.
C'est vous qui jugez la TMN supérieure à toutes les autres parce qu'elle aurait "restauré" le nom divin dans un Nouveau Testament qui, pourtant, dans sa version originale, ne contient pas un seul mot grec pouvant se traduire en français par "Jéhovah", pas plus que le Tétragramme hébreu יהוה.
BuddyRainbow a écrit :Je n'ai pas dit que la TMN était supérieure à toutes les autres. Je dis que sur la question du nom divin, elle a fait le job dans l'AT, contrairement à une majorité de traductions chrétiennes, et sur la présence du nom divin dans le NT je pense qu'elle est fondé à le faire apparaitre pour toutes les raisons que j'ai déjà développées.
L'AT ne fait pas l'objet du présent sujet, et la TMN a "fait le job" comme d'autres aussi l'ont fait avec d'autres traductions de יהוה. Ce n'est pas le problème. Pour ce qui est du NT, elle introduit dans le texte un nom qui n'y est pas, pour des raisons qui relèvent plus du rêve que de la réalité, à mon sens.
BuddyRainbow a écrit :Quand vous dites que le NT ne contient pas le nom divin "dans sa version originale", vous illustrez bien les raisons de notre désaccord. Vous confondez les copies de copies du NT qui nous sont parvenues et "la version originale".
Non, je ne confonds pas les copies de copies du NT à "la version originale" ; je considère que la seule façon d'avoir une idée de ce qu'était "la version originale" et les mots des auteurs néo-testamentaires passe forcément par la lecture de ces copies de copies du NT. Parce que, en l'absence d'archives audio-visuelles, de fac-similés ou d'une machine à voyager dans le temps, c'est tout ce que nous avons pour approcher le texte original. Si vous ne faites pas confiance aux copies de copies du NT, à quoi faites-vous donc confiance pour savoir ce que Jésus a dit ou fait ? Aux apocryphes ? A une révélation divine ? Aux visions de vos rêves ?
BuddyRainbow a écrit :Or ce que j'ai tenté de vous faire comprendre, c'est que le texte du NT repose pour l'essentiel sur des témoignages du IVe siècle, époque au cours de laquelle la règle qui s'impose aux copistes, c'est de remplacer le nom divin par un substitut.
Vous n'avez pas de preuves de ce "remplacement" dans le NT. D'ailleurs, plus haut, vous souteniez que le nom divin devait figurer dans le NT non pas sous sa forme hébraïque יהוה mais en traduction. Vous imaginez-vous le degré de concentration et d'efficacité de vos hypothétiques scribes falsificateurs pour éradiquer complètement d'un texte grec un nom et un seul écrit lui aussi en grec ? Sans même que quiconque s'en aperçoive. A ce niveau d'efficience, ce devaient être des magiciens, les mecs.
BuddyRainbow a écrit :Donc vous pouvez affirmez tout au plus, si vous voulez être exacte sur ce point, que les copistes chrétiens de 150 à 400 de notre ère nous ont transmis un texte où le nom divin n'apparait pas en toute lettre. Ce à quoi je réponds qu'il y ait fait écho dans Alléluia, que le NT y fait référence fréquemment, et que les chrétiens de cette période ont clairement fait le choix d'abandonner purement et simplement le nom divin, comme cela se vérifie avec leur traduction de l'AT.
Tous les chrétiens, entre 150 et 400, auraient donc fait le choix "d'abandonner purement et simplement le nom divin" ? Comment se seraient-ils mis d'accord sans même mentionner ce choix une seule fois ? Par télépathie ? Ou bien pensez-vous qu'un jour J, un diablotin est passé au-dessus de toutes les copies du NT, et de l'AT, et des apocryphes, et des lettres des évêques, et des commentaires des Pères de l'Eglise, et de tout ce qu'un chrétien aurait pu écrire, et aurait tout simplement effacé toutes les occurrences du nom divin tout en plongeant chaque chrétien dans une amnésie sélective ? Et pas que les chrétiens d'ailleurs, leur entourage païen aussi.
Du style, le 24 décembre de l'an 258, la famille de Petros, composée de croyants fidèles à Iaô, part se coucher après une dernière prière à Iaô. Le lendemain matin, le père de cette famille, qui officie au culte dominical, invite ses coreligionnaires à prier Dieu. Puis il rencontre, sur le chemin du retour à la maison, son voisin Paulus qui sort du temple de Mars et qui lui lance un ironique "Alors, cher voisin, encore en train de prier Iaô ?" Interloqué, le père Petros se demande ce qu'a bien voulu dire son voisin avec ce "Iaô" ? Est-ce là un nouveau nom offensant pour se moquer de son Dieu et Père et Seigneur ? Rentré chez lui, le chef de famille demande à sa servante Emilia, qui est aussi la cousine de Paulus : "Sais-tu toi, de quoi parlait ton cousin lorsqu'il m'a demandé si j'étais encore en train de prier Iaô ? Tu le connais, toi, ce Iaô ?" Et, grâce à une païenne, le père Petros, ex-adepte de Iaô dont il avait oublié le nom dans la nuit, redécouvrit le nom de son Dieu. L'Histoire ne dit pas s'il l'a retenu.
Défend-il la thèse ou émet-il la théorie ? Relisez plus attentivement la citation de la WT.
BuddyRainbow a écrit :Quelle différence ? Ma remarque visent à montrer que la thèse du nom divin dans le NT autographe ne sort pas de mon chapeau, ni de celui de ses défenseurs religieux en général, elle est scientifiquement posée. Et George Howard n'est pas le seule universitaire à supposer la présence du nom divin dans les originaux du NT.
Il y a une marge conséquente entre "supposer la présence du nom divin dans les originaux du NT" et affirmer que ce fut effectivement le cas. Un grand pas que George Howard, pas plus que les autres universitaires n'a jamais franchi.
Ce n'est pas un présupposé religieux, c'est ce que l'on constate en lisant le texte du NT. Et pas que Dieu aurait "changé", comme vous dites, mais qu'il aurait "changé" de nom en passant de l'hébreu au grec (tout comme Bilbo Baggins est devenu Bilbo Bessac ou Sacquet en français, avec différence supplémentaire que, de l'hébreu au grec, on passe à un nouvel alphabet et à un sens inversé de lecture).
BuddyRainbow a écrit :Non, on ne constate pas que le nom a disparu de l'AT. Il a disparu des traductions de l'AT. Sinon je n'ai rien compris à vos "Bilbo Baggins", "Bilbo Bessac" ou "Sacquet". C'est peut être l'heure tardive ou la difficulté à suivre votre raisonnement tant il s'est éparpillée de post en post.
Nous sommes d'accord sur ce point, le nom de Dieu יהוה n'a pas disparu de l'AT, seulement de ses traductions. Non pas parce que, par mépris, mauvaise foi, diablerie..., de méchants copistes auraient enlevé les יהוה des traductions, mais parce que, יהוה n'étant plus reconnu et lu couramment, il a été jugé préférable de le traduire.
Dans le texte en langue originale, le Hobbit s'appelle Bilbo Baggins ; mais, pour les Français qui lisent l'oeuvre en traduction, il est devenu Bilbon Sacquet (trad. Francis Ledoux) puis Bilbon Bessac (trad. Daniel Lauzon). Voilà un exemple fameux de transformation de nom lors de la traduction.
Le texte du Nouveau Testament est l'oeuvre de chrétiens, pas de Juifs. Même si les rédacteurs étaient d'origine et de culture juive, ils ont rapidement cessé de s'adresser uniquement aux Juifs et se sont tournés vers les nations. Un texte grec avec quatre lettres hébraïques יהוה (sans même une explication sur la signification et la prononciation de ce nom) est un non-sens quand on s'adresse à des Romains, des Corinthiens, des Galates, des Ephésiens, des Philippiens, des Colossiens...
BuddyRainbow a écrit :C'est bien ce que je disais : vous ne recontextualisez pas. Les rédacteurs de la Bible sont tous Juifs. Et la distinction entre judaïsme et christianisme n'est pas immédiate, elle se fait progressivement. Le concile de Jérusalem qui traite des questions de circoncision illustre ce phénomène progressif de séparation. Les rédacteurs du NT sont Juifs. Et même quand la frontière est plus nette entre judaïsme et christianisme, ce dernier ne perd pas sa base : l'AT. L'AT est l'explication à ces chrétiens d'origine gentiles que vous évoqués. Relisez les lettres de Paul vous verrez qu'il construit ses raisonnements à partir de l'AT. Ses auditeurs/lecteurs connaissent parfaitement la source de son inspiration et ils leurs suffit de se procurer un rouleau de l'AT pour approfondir une question. Par ailleurs le livre des Actes montre comment les Juifs et prosélytes sont présents partout en 'Asie mineure, et sont aussi là pour éclairer leurs compagnons étrangers au judaïsme. Les Galates pour ne prendre que cet exemple sont composés aussi de chrétiens d'origine juive, lisez le chapitre 1 pour le vérifier. Même des auteurs profanes comme Diodore de Sicile (Ier siècle a.n.è) rapporte que Moïse tenait ses lois "du dieu appelé Iaô" (cf. Diodori bibliotheca historica, ed. Vogel, Fischer, Bekker et Dindorf, Leipzig, 1964, Livre I, ch. 94). C'est dire que le nom de Dieu n'était pas le grand inconnu. En tout cas certainement pas à l'époque de Jésus et ses disciples.
D'une part, les chrétiens de l'époque, même d'origine juive, lisaient essentiellement l'AT en traduction grecque (la Septante) ; d'autre part, si Iaô était le Dieu de ces chrétiens, nom connu aussi des profanes, pourquoi ne figure-t-il pas dans le NT ? Pourquoi aussi choisissez-vous de défendre la traduction "Jéhovah", si Jésus et ses disciples priaient Iaô ? Entre la traduction d'un moine dominicain du Moyen Age et celle utilisée par Jésus lui-même, pourquoi n'êtes-vous pas aujourd'hui Témoin de Iaô ?
Non, les rédacteurs du NT ne se sont pas référés à l'AT pour éclairer la foi chrétienne ; c'est leur foi chrétienne qui leur a permis d'éclairer l'AT d'une nouvelle lumière. Ils n'ont pas eu besoin de lire l'AT pour comprendre le Christ ou expliquer la doctrine chrétienne.
BuddyRainbow a écrit :J'ai cru lire quelques part que "Toute Ecritures est inspirée et utile" pour les compagnons de Paul. Que sont les "Ecritures" à l'époque de Paul ?
Ce que je voulais dire, c'est que les chrétiens ne lisaient pas l'AT pour comprendre ou "éclairer la foi chrétienne" (selon votre expression). Les textes du (futur pour eux) NT n'avaient pas besoin d'un éclairage plus ancien, il ne s'agissait pas de lire les évangiles ou les lettres de Paul et de se demander "mais qu'en disent au juste les Ecritures de l'AT ?". Ce n'était pas : "Tiens, Paul nous parle de Dieu, mais quel est donc le nom de ce Dieu ? Prenons ensemble notre exemplaire des Ecritures hébraïques en grec pour le découvrir." La Bible n'est pas un jeu de piste.
L'AT est et restera toujours premier chronologiquement, mais, pour un chrétien, la foi en Christ surpasse, dépasse et abolit la loi de Moïse.
BuddyRainbow a écrit :Mais l'AT n'est pas que la loi. Il y a un pan entier de prophéties. Il y a les Psaumes que Paul commente et interprète. Bien sûr que l'AT a un rôle à jouer dans la construction de la foi chrétienne.
Je pense le contraire : non pas que la foi chrétienne a eu besoin de l'AT pour se construire, mais qu'elle a redéfini ce qu'il disait. Comme vous le dites, Paul commente et interprète. Il lui arrive même d'appliquer à Jésus des expressions employées dans l'AT concernant יהוה ; ou de tirer des enseignements symboliques d'une réalité concrète (cf ses développements sur Sarah et Agar dans Galates 4, par exemple).
Ne réponds pas à un homme stupide selon sa sottise, de peur que tu ne deviennes pareil à lui, toi aussi.
Réponds à un homme stupide selon sa sottise, de peur qu’il ne devienne un sage à ses yeux.
(Proverbes 26:4,5, TMN)