Le Kharidjisme
Règles du forum
Le dialogue interreligieux est une forme organisée de dialogue entre des religions ou spiritualités différentes. Ultérieurement, la religion a considéré l'autre comme n'étant pas la vérité révélée. C'est ainsi que les premiers contacts entre l'islam et le christianisme furent souvent difficiles, et donnèrent lieu à des guerres impitoyables comme les croisades.
Le dialogue interreligieux est une forme organisée de dialogue entre des religions ou spiritualités différentes. Ultérieurement, la religion a considéré l'autre comme n'étant pas la vérité révélée. C'est ainsi que les premiers contacts entre l'islam et le christianisme furent souvent difficiles, et donnèrent lieu à des guerres impitoyables comme les croisades.
- malikveron.
Le Kharidjisme
Ecrit le 24 janv.16, 02:16Le Kharidjisme, la première scission dans la Oumma
Origine du Kharidjisme
Le kharidjisme est le troisième courant de l’Islam après le sunnisme et le chiisme. Sa formation est historiquement due à l’absence d’arbitrage entre le 4ème calife de l’islam Ali et le gouverneur de Damas de l’époque Muawiya à l’issu de la fameuse bataille de Siffin(1). Les futurs Kharidjites, dont l’opinion penchait alors en faveur du calife régnant, n’acceptèrent jamais que ce dernier se soumette à l’arbitrage humain proposé par Muawiya fils de Abî Sufyan, se référant au texte coranique qui stipule que « seul l’arbitrage de Dieu prévaut ». Le calife, en sa qualité d’élu, ne doit pas se laisser influencer ou se laisser contredire par un autre parti, en l’occurrence celui de Muawiya.
Un musulman du nom de Shith bin Rab, considérant que ces deux hommes étaient tout deux dans l’erreur, décida de faire scission et ainsi de former un nouveau courant religieux qui très vite s’est déclaré indépendant vis-à-vis du pouvoir califal. Ceux qui le rejoignirent formèrent donc avec leur chef le courant du Kharidjisme (les dissidents ou les sortants en arabes).
Voici le verset coranique sur lequel les Kharidijtes se basent pour prouver l’erreur dans laquelle étaient Ali et Muawiya :
9. Et si deux groupes de croyants se combattent, faites la conciliation entre eux. Si l'un d'eux se rebelle contre l'autre, combattez le groupe qui se rebelle, jusqu'à ce qu'il se conforme à l'ordre d'Allah. Puis, s'il s'y conforme, réconciliez-les avec justice et soyez équitables car Allah aime les équitables.
Sourate 49 : AL-HUJURAT (LES APPARTEMENTS)
Les Kharidjites entrèrent peu après en révolte contre Ali, remettant en cause son statut même de calife. Ce dernier du mater la rébellion à Nehrwân, ce qui aboutit à faire grandement baisser sa popularité et une partie de son armée se désolidarisa de lui.
La tradition rapporte que ce sont également les Kharidjites qui organisèrent l’assassinat d’Ali et de Muawiya (2).
Dogme et pratique religieuse
Le Kharidjisme prône un islam relativement rigoriste, dont la pratique doit être la plus proche possible des enseignements du prophète Muhammad (PBSL). Toute innovation est donc complètement proscrite, et les actes prennent une place très importante dans la pratique de l’Islam.
Le califat ne doit être assuré que par des personnes élues parmi la Oumma pour leurs qualités de croyants, quelque soient leur origine et leur race. La prise du pouvoir par droit de succession est considérée comme culte de la personnalité et est donc condamnée, tout comme la montée des privilèges sous la dynastie Omeyyades.
Les différentes écoles du Kharidjisme
On dénombre quatre écoles relativement connues au sein du Kharidjisme :
- Sufrisme : elle représente une version modérée du Kharidjisme, qui admet pour ses fidèles la dissimulation de la foi, et rejette le meurtre d’enfants de mécréants et ceux commis pour cause politique (c'est-à-dire envers les opposants au pouvoir en place). Cependant, il rejette entièrement la sourate XII du Coran (Sourate Yussuf ou Joseph) et considère qu’elle ne fait pas partie du texte sacré.
- Azraqisme : courant extrémiste dont les membres considèrent les autres musulmans non alignés sur leur dogme comme « Mushrik » (Mécréants). Les pratiquants considèrent que la foi ne doit pas être dissimulée, et que le meurtre d’hommes, de femmes et d’enfants mécréants est autorisé. De même, la mise à mort d’un prisonnier par décapitation faisait partie du rite initiatique d’entrée dans ce courant religieux, pour tout nouvel arrivant, afin qu’il puise prouver sa loyauté envers cette branche du Kharidjisme.
- Najidisme : courant opposé à l’Azraqisme, mais qui partage cependant quelques unes de ses idées rigoristes comme le devoir de prendre les armes si cela s’avère nécessaire pour la prise du pouvoir.
- L’Ibadisme : peut être le courant le plus connu des quatre. Il s’agit d’une école fondée par Abdullah ibn-Ibad at-Tamimi. Elle prône l’indissociabilité entre les gestes et la parole chez le musulman. En effet, l’acceptation de la religion par la foi seule n’est pas suffisante, et les gestes doivent être en accord avec la pensée. Ainsi, pour ces personnes, le musulman qui n’accomplit par d’œuvres pieuses, est semblable à celui qui commet la fornication, boit de l’alcool ou à commis un meurtre ou un vol. Et même si personne ne peut se permettre de juger le musulman égaré, il est important de le ramener dans la voie de la droiture et de l’accomplissement des bonnes actions.
Origine du Kharidjisme
Le kharidjisme est le troisième courant de l’Islam après le sunnisme et le chiisme. Sa formation est historiquement due à l’absence d’arbitrage entre le 4ème calife de l’islam Ali et le gouverneur de Damas de l’époque Muawiya à l’issu de la fameuse bataille de Siffin(1). Les futurs Kharidjites, dont l’opinion penchait alors en faveur du calife régnant, n’acceptèrent jamais que ce dernier se soumette à l’arbitrage humain proposé par Muawiya fils de Abî Sufyan, se référant au texte coranique qui stipule que « seul l’arbitrage de Dieu prévaut ». Le calife, en sa qualité d’élu, ne doit pas se laisser influencer ou se laisser contredire par un autre parti, en l’occurrence celui de Muawiya.
Un musulman du nom de Shith bin Rab, considérant que ces deux hommes étaient tout deux dans l’erreur, décida de faire scission et ainsi de former un nouveau courant religieux qui très vite s’est déclaré indépendant vis-à-vis du pouvoir califal. Ceux qui le rejoignirent formèrent donc avec leur chef le courant du Kharidjisme (les dissidents ou les sortants en arabes).
Voici le verset coranique sur lequel les Kharidijtes se basent pour prouver l’erreur dans laquelle étaient Ali et Muawiya :
9. Et si deux groupes de croyants se combattent, faites la conciliation entre eux. Si l'un d'eux se rebelle contre l'autre, combattez le groupe qui se rebelle, jusqu'à ce qu'il se conforme à l'ordre d'Allah. Puis, s'il s'y conforme, réconciliez-les avec justice et soyez équitables car Allah aime les équitables.
Sourate 49 : AL-HUJURAT (LES APPARTEMENTS)
Les Kharidjites entrèrent peu après en révolte contre Ali, remettant en cause son statut même de calife. Ce dernier du mater la rébellion à Nehrwân, ce qui aboutit à faire grandement baisser sa popularité et une partie de son armée se désolidarisa de lui.
La tradition rapporte que ce sont également les Kharidjites qui organisèrent l’assassinat d’Ali et de Muawiya (2).
Dogme et pratique religieuse
Le Kharidjisme prône un islam relativement rigoriste, dont la pratique doit être la plus proche possible des enseignements du prophète Muhammad (PBSL). Toute innovation est donc complètement proscrite, et les actes prennent une place très importante dans la pratique de l’Islam.
Le califat ne doit être assuré que par des personnes élues parmi la Oumma pour leurs qualités de croyants, quelque soient leur origine et leur race. La prise du pouvoir par droit de succession est considérée comme culte de la personnalité et est donc condamnée, tout comme la montée des privilèges sous la dynastie Omeyyades.
Les différentes écoles du Kharidjisme
On dénombre quatre écoles relativement connues au sein du Kharidjisme :
- Sufrisme : elle représente une version modérée du Kharidjisme, qui admet pour ses fidèles la dissimulation de la foi, et rejette le meurtre d’enfants de mécréants et ceux commis pour cause politique (c'est-à-dire envers les opposants au pouvoir en place). Cependant, il rejette entièrement la sourate XII du Coran (Sourate Yussuf ou Joseph) et considère qu’elle ne fait pas partie du texte sacré.
- Azraqisme : courant extrémiste dont les membres considèrent les autres musulmans non alignés sur leur dogme comme « Mushrik » (Mécréants). Les pratiquants considèrent que la foi ne doit pas être dissimulée, et que le meurtre d’hommes, de femmes et d’enfants mécréants est autorisé. De même, la mise à mort d’un prisonnier par décapitation faisait partie du rite initiatique d’entrée dans ce courant religieux, pour tout nouvel arrivant, afin qu’il puise prouver sa loyauté envers cette branche du Kharidjisme.
- Najidisme : courant opposé à l’Azraqisme, mais qui partage cependant quelques unes de ses idées rigoristes comme le devoir de prendre les armes si cela s’avère nécessaire pour la prise du pouvoir.
- L’Ibadisme : peut être le courant le plus connu des quatre. Il s’agit d’une école fondée par Abdullah ibn-Ibad at-Tamimi. Elle prône l’indissociabilité entre les gestes et la parole chez le musulman. En effet, l’acceptation de la religion par la foi seule n’est pas suffisante, et les gestes doivent être en accord avec la pensée. Ainsi, pour ces personnes, le musulman qui n’accomplit par d’œuvres pieuses, est semblable à celui qui commet la fornication, boit de l’alcool ou à commis un meurtre ou un vol. Et même si personne ne peut se permettre de juger le musulman égaré, il est important de le ramener dans la voie de la droiture et de l’accomplissement des bonnes actions.
Re: Le Kharidjisme
Ecrit le 24 janv.16, 03:22La toute première scission a été faite par Mahomet lorsqu'il déclara la guerre aux mecquois en 622 (avant l'Hegire) par le "Second serment d'allégeance d'al-Aqaba". A partir de là, les arabes n'ont pas cessé de se faire la guerre jusqu'à aujourd'huimalikveron. a écrit :Le Kharidjisme, la première scission dans la Oumma
- Akenoï
- [Religion] baha'i
- [Religion] baha'i
- Messages : 1393
- Enregistré le : 22 sept.15, 13:05
- Localisation : Burgundy
Re: Le Kharidjisme
Ecrit le 24 janv.16, 03:27Quoi ?La toute première scission a été faite par Mahomet lorsqu'il déclara la guerre aux mecquois en 622 (avant l'Hegire) par le "Second serment d'allégeance d'al-Aqaba". A partir de là, les arabes n'ont pas cessé de se faire la guerre jusqu'à aujourd'hui
Mais non. Ils se tapaient dessus déjà avant, c'est endémique.
"Supplie Dieu d’accorder aux hommes une oreille attentive, une vue perçante, un coeur réceptif et empli d’amour afin que ses serviteurs parviennent à celui que leur coeur désire et tournent leur visage vers leur Bien-Aimé."
Re: Le Kharidjisme
Ecrit le 24 janv.16, 03:38Donne-nous des détails et les sourcesAkenoï a écrit : Quoi ?
Mais non. Ils se tapaient dessus déjà avant, c'est endémique.
- Akenoï
- [Religion] baha'i
- [Religion] baha'i
- Messages : 1393
- Enregistré le : 22 sept.15, 13:05
- Localisation : Burgundy
Re: Le Kharidjisme
Ecrit le 24 janv.16, 03:54Tout le monde sait que l'Arabie est divisée en tribus et clans rivaux. Qui dit clans rivaux dit guerre perpétuelle. Regarde aujourd'hui, les arabes se divisent encore au niveau des clans. Or, ce n'est pas Muhammad qui a inventé l'esprit clanique.
J'admets ne pas être spécialiste de l'histoire pré-islamique, mais il me paraîtrait étonnant qu'elle ne fourmille pas de conflit en tous genres.
De toute manière, c'est toi qui a posé sur la table l'idée que les arabes ont été désunis à partir de l'époque islamique. C'est donc à toi de prouver que ces charmantes peuplades arabiques abhorraient la guerre et les armes.
J'admets ne pas être spécialiste de l'histoire pré-islamique, mais il me paraîtrait étonnant qu'elle ne fourmille pas de conflit en tous genres.
De toute manière, c'est toi qui a posé sur la table l'idée que les arabes ont été désunis à partir de l'époque islamique. C'est donc à toi de prouver que ces charmantes peuplades arabiques abhorraient la guerre et les armes.
"Supplie Dieu d’accorder aux hommes une oreille attentive, une vue perçante, un coeur réceptif et empli d’amour afin que ses serviteurs parviennent à celui que leur coeur désire et tournent leur visage vers leur Bien-Aimé."
- hugo14
Re: Le Kharidjisme
Ecrit le 24 janv.16, 04:38Au sujet de l'esprit clanique, je trouve étonnant que l'Islam, religion universelle, ne soit pas venu à bout de cette plaie archaïque qu'est le clan. Au contraire il s'est coulé sans encombre dans ce système pour même le renforcer.
Cela a vraiment valut la peine que Allah vienne discipliner les arabes si c'était pour ne rien changer à leurs moeurs archaiques.
Ceci dit en passant.
Cela a vraiment valut la peine que Allah vienne discipliner les arabes si c'était pour ne rien changer à leurs moeurs archaiques.
Ceci dit en passant.
- malikveron.
Re: Le Kharidjisme
Ecrit le 24 janv.16, 05:01Le khâridjisme aujourd’hui
Aujourd’hui, les derniers khâridjites sont représentées par la branche ibadite. Cette dernière est surtout présente à Oman, le seul pays à majorité ibadite (75% de la population). D’autres communautés se sont implantées principalement en Algérie (région du Mzâb) mais également au Zanzibar, en Libye (dans le Djebel Nafûsa et à Zuwâra) et en Tunisie (l’île de Djerba).

Les communautés ibadites dans le monde musulman
A Oman, un Etat autoritaire et centralisé s’est mis en place au XXème siècle, à rebours du système politique démocratique et collégial qui était préconisé par les premiers khâridjites. A partir de la découverte de gisements de pétrole en 1967, le pays entame un développement économique et social. En 1970, le sultan Qabus ibn Saïd renverse son père jugé tyrannique et met peu à peu en place un modèle politique et religieux original. Il promeut une vision consensuelle de la société omanaise, où les musulmans prient dans les mêmes mosquées quel que soit leur courant religieux, et où l’islam ibadite est à la fois intégrateur et en phase avec la modernité . Au niveau international, le sultanat d’Oman se pose en médiateur des puissances régionales. Seul Etat riverain du Golfe persique à avoir maintenu des relations proches avec l’Iran depuis la révolution islamique de 1979, Oman cherche également à renforcer les liens au sein du Conseil de Coopération du Golfe. Le sultan Qabus, à travers sa politique pragmatique et multipolaire, vise à pacifier la région tout en maintenant son indépendance .
Dans le Mzâb en Algérie, les ibadites vivent repliés autour de villes très anciennes telles que Ghardaïa. Classée au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1982, la région est devenue un laboratoire d’une nouvelle forme de tourisme plus respectueux des réalités culturelles locales . Cependant, la présence d’importants gisements de pétrole a entraîné un afflux de population dans la région, et les ibadites n’y représentent plus la majorité des musulmans . Les croyants n’en conservent pas moins l’aspect rigoriste du khâridjisme, et considèrent leur territoire comme sacré. Le droit mozabite demeure ainsi très strict. En effet, l’une des plus sévères sanctions est l’exclusion de la communauté, ce qui s’apparente pour les habitants à une véritable excommunication .
L’île de Djerba, en Tunisie, est devenue depuis les années 1980 un des hauts lieux du tourisme de masse. La communauté ibadite maintient toutefois sa présence, et peut se targuer de disposer d’un patrimoine très riche, notamment en ce qui concerne l’architecture sacrée et les manuscrits. Quant aux communautés berbères ibadites de Libye, durement réprimées tout au long du régime de Mouammar Khadafi (1969-2011), elles ont participé à la prise de Tripoli lors de la guerre civile . Enfin, dans l’archipel du Zanzibar, au large de la Tanzanie, l’influence de l’ibadisme d’Oman s’y est étendue depuis le XVIIIème siècle. En devenant la religion de nombreux marchands et propriétaires fonciers, l’ibadisme s’était aménagé une place aux côtés du sunnisme. Cependant, en 1964, lors de la fusion de Zanzibar avec la Tanzanie, les ibadites représentaient uniquement 3% de la population . La pression démographique des sunnites a peu à peu aboutie à la transformation de l’architecture des mosquées ibadites afin de les faire correspondre au style sunnite .
Ainsi, que ce soit au Mzab ou à Oman, les deux principales communautés ibadites, les khâridjites d’aujourd’hui ont encore le sentiment d’appartenir à « un peuple élu » qui se doit de faire preuve d’irréprochabilité morale. Le salut doit être mérité en priant, en travaillant durement et en évitant le plus possible de commettre des péchés . L’austérité parfois extrême de l’ibadisme ne l’empêche pas de prôner le dialogue et la coopération avec les autres religions. Certains ibadites nient d’ailleurs aujourd’hui leur affiliation au khâridjisme, jugé trop marqué par l’extrémisme et l’intolérance des azraqites. Le khâridjisme a subi jusqu’à nos jours les critiques d’historiens musulmans très souvent hostiles à son égard et prompts à le classer comme une hérésie. Dès lors, le terme même de khâridjisme s’en retrouve profondément stigmatisé et écarté, au point où l’ibadisme moderne est parfois présenté comme la cinquième école du sunnisme (madhbab).
Aujourd’hui, les derniers khâridjites sont représentées par la branche ibadite. Cette dernière est surtout présente à Oman, le seul pays à majorité ibadite (75% de la population). D’autres communautés se sont implantées principalement en Algérie (région du Mzâb) mais également au Zanzibar, en Libye (dans le Djebel Nafûsa et à Zuwâra) et en Tunisie (l’île de Djerba).

Les communautés ibadites dans le monde musulman
A Oman, un Etat autoritaire et centralisé s’est mis en place au XXème siècle, à rebours du système politique démocratique et collégial qui était préconisé par les premiers khâridjites. A partir de la découverte de gisements de pétrole en 1967, le pays entame un développement économique et social. En 1970, le sultan Qabus ibn Saïd renverse son père jugé tyrannique et met peu à peu en place un modèle politique et religieux original. Il promeut une vision consensuelle de la société omanaise, où les musulmans prient dans les mêmes mosquées quel que soit leur courant religieux, et où l’islam ibadite est à la fois intégrateur et en phase avec la modernité . Au niveau international, le sultanat d’Oman se pose en médiateur des puissances régionales. Seul Etat riverain du Golfe persique à avoir maintenu des relations proches avec l’Iran depuis la révolution islamique de 1979, Oman cherche également à renforcer les liens au sein du Conseil de Coopération du Golfe. Le sultan Qabus, à travers sa politique pragmatique et multipolaire, vise à pacifier la région tout en maintenant son indépendance .
Dans le Mzâb en Algérie, les ibadites vivent repliés autour de villes très anciennes telles que Ghardaïa. Classée au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1982, la région est devenue un laboratoire d’une nouvelle forme de tourisme plus respectueux des réalités culturelles locales . Cependant, la présence d’importants gisements de pétrole a entraîné un afflux de population dans la région, et les ibadites n’y représentent plus la majorité des musulmans . Les croyants n’en conservent pas moins l’aspect rigoriste du khâridjisme, et considèrent leur territoire comme sacré. Le droit mozabite demeure ainsi très strict. En effet, l’une des plus sévères sanctions est l’exclusion de la communauté, ce qui s’apparente pour les habitants à une véritable excommunication .
L’île de Djerba, en Tunisie, est devenue depuis les années 1980 un des hauts lieux du tourisme de masse. La communauté ibadite maintient toutefois sa présence, et peut se targuer de disposer d’un patrimoine très riche, notamment en ce qui concerne l’architecture sacrée et les manuscrits. Quant aux communautés berbères ibadites de Libye, durement réprimées tout au long du régime de Mouammar Khadafi (1969-2011), elles ont participé à la prise de Tripoli lors de la guerre civile . Enfin, dans l’archipel du Zanzibar, au large de la Tanzanie, l’influence de l’ibadisme d’Oman s’y est étendue depuis le XVIIIème siècle. En devenant la religion de nombreux marchands et propriétaires fonciers, l’ibadisme s’était aménagé une place aux côtés du sunnisme. Cependant, en 1964, lors de la fusion de Zanzibar avec la Tanzanie, les ibadites représentaient uniquement 3% de la population . La pression démographique des sunnites a peu à peu aboutie à la transformation de l’architecture des mosquées ibadites afin de les faire correspondre au style sunnite .
Ainsi, que ce soit au Mzab ou à Oman, les deux principales communautés ibadites, les khâridjites d’aujourd’hui ont encore le sentiment d’appartenir à « un peuple élu » qui se doit de faire preuve d’irréprochabilité morale. Le salut doit être mérité en priant, en travaillant durement et en évitant le plus possible de commettre des péchés . L’austérité parfois extrême de l’ibadisme ne l’empêche pas de prôner le dialogue et la coopération avec les autres religions. Certains ibadites nient d’ailleurs aujourd’hui leur affiliation au khâridjisme, jugé trop marqué par l’extrémisme et l’intolérance des azraqites. Le khâridjisme a subi jusqu’à nos jours les critiques d’historiens musulmans très souvent hostiles à son égard et prompts à le classer comme une hérésie. Dès lors, le terme même de khâridjisme s’en retrouve profondément stigmatisé et écarté, au point où l’ibadisme moderne est parfois présenté comme la cinquième école du sunnisme (madhbab).
Re: Le Kharidjisme
Ecrit le 24 janv.16, 08:59De mémoire, c'était plus des razzias inter-tribales que des conflits réels et des guerres. On pillait le voisin, et on ne verser jamais le sang sous peine de vendetta et de représailles interminables.Akenoï a écrit :Tout le monde sait que l'Arabie est divisée en tribus et clans rivaux. Qui dit clans rivaux dit guerre perpétuelle. Regarde aujourd'hui, les arabes se divisent encore au niveau des clans. Or, ce n'est pas Muhammad qui a inventé l'esprit clanique.
J'admets ne pas être spécialiste de l'histoire pré-islamique, mais il me paraîtrait étonnant qu'elle ne fourmille pas de conflit en tous genres.
De toute manière, c'est toi qui a posé sur la table l'idée que les arabes ont été désunis à partir de l'époque islamique. C'est donc à toi de prouver que ces charmantes peuplades arabiques abhorraient la guerre et les armes.
Il faut d'abord avoir raison. Une idée fausse est une idée fausse.
Re: Le Kharidjisme
Ecrit le 24 janv.16, 09:22Bonjour la désinformation: mettre l'Iran et l'Arabie dans le même sac c'est dire si les sources sont fiablesmalikveron. a écrit :Le khâridjisme aujourd’hui
Re: Le Kharidjisme
Ecrit le 24 janv.16, 21:37Je n'ai jamais dit que c'est Mahomet qui a inventé l'esprit clanique. Il l'a consolidé puisqu'il a dès le départ fait la distinction entre mecquois (Hégiriens) et médinois (Ansars) et ensuite la succession a été transmise à son clan : les qoraychites ...Akenoï a écrit :Tout le monde sait que l'Arabie est divisée en tribus et clans rivaux. Qui dit clans rivaux dit guerre perpétuelle. Regarde aujourd'hui, les arabes se divisent encore au niveau des clans. Or, ce n'est pas Muhammad qui a inventé l'esprit clanique.
J'admets ne pas être spécialiste de l'histoire pré-islamique, mais il me paraîtrait étonnant qu'elle ne fourmille pas de conflit en tous genres.
De toute manière, c'est toi qui a posé sur la table l'idée que les arabes ont été désunis à partir de l'époque islamique. C'est donc à toi de prouver que ces charmantes peuplades arabiques abhorraient la guerre et les armes.
Je n'ai pas dit que les arabes ont été désunis à partir de l'époque islamique, j'ai dit qu'ils n'ont pas cessé de se faire la guerre depuis 622 (Hégire). Je n'ai pas dit qu'ils abhorraient la guerre et les armes, chacun respectait le territoire de l'autre. Et comme le dit Seleucide, il y avait du brigandage comme partout. La Mecque était un territoire respecté puisque toute l'Arabie y venait pour le pèlerinage.
......................................
@ Seleucide
Il y avait des règles, par exemple respecter les 4 mois sacrés de trêve, or c'est Mahomet qui a violé cette trêve sacrée
https://fr.wikipedia.org/wiki/Raid_de_Nakhla
Il a ensuite maquillé cette violation en la légitimant par le verset 214 de la sourate II « la vache »
Lorsque le sang était versé, la règle était de verser le "prix du sang", ce passage en parle
https://books.google.fr/books?id=-66GDi ... ng&f=false
.......................
@ malikveron.
Les musulmans ne considèrent-ils pas le Kharidjisme comme une secte ? (woir wiki)
- malikveron.
Re: Le Kharidjisme
Ecrit le 25 janv.16, 01:06Oui mais l'islam tout court est une secte à la base comme les musulmans considèrent qu'ils n'y qu'une religion la leur.eric121 a écrit :Les musulmans ne considèrent-ils pas le Kharidjisme comme une secte ?
Les sunnites sont la branche la plus nombreuse qui dominent mais cela peut changer. ça peut devenir les Chiites ou les Kharidjimes car ça ne se jouent pas sur la sagesse (pour moi l'islam n'a aucune réel sagesse) mais sur la force voir le terrorisme.
-
- Sujets similaires
- Réponses
- Vues
- Dernier message
-
- 2 Réponses
- 1226 Vues
-
Dernier message par CHAHIDA
Qui est en ligne
Utilisateurs parcourant ce forum : Amazon [Bot], Bing, SemrushBot et 1 invité
![[Modérateur] [Modérateur]](./images/ranks/pic_moderateur.gif)