Salut Navam,
Navam a écrit :Ce qu'elle comprend ou non n'est pas ton problème et ne doit pas t'empêcher de l'aimer, sans porter de jugement, telle qu'elle est, pour ce qu'elle est ! Que cette dernière fasse des différences entre sa liberté et la liberté des autres est autre chose et ne devrait pas te gêner au point de le dénoncer puisque tu l'aimes pour ce qu'elle est, non ? Ou alors si tu le dénonces c'est qu'il y a forcément un point qui te dérange chez elle et donc par conséquent que tu ne l'aimes pas pour ce qu'elle est, telle qu'elle est, sans jugement !
Dénoncer n'est pas juger. Il y a une différence de taille. Si tu dis a ton enfant que telle ou telle chose est mal, est ce pour autant que tu ne l'aimes pas sans condition ? Est ce que si il viole une fille, je vais lui dire, « c'est bien !!! ». Ne pas juger l'autre, ça ne signifie pas que l'on ne porte pas son propre jugement sur les choses et les événements. Cependant, on apprend à ne pas prendre comme référence son propre jugement dans les relations avec les autres. Ils ont leur propre modèle du monde, et nous le notre. On ne peut pas les juger selon notre modèle du monde.
Mais si tu veux faire évoluer les consciences, tu dois dénoncer ce qui te semble être mal à condition que ce soit motivé par l'amour. Quand Gandhi, Martin Luther King ou Mandela luttaient contre l'oppression et la ségrégation raciale, n'était ce pas légitime ? N'ont-ils pas fait progresser l'humanité toute entière en éclairant leurs consciences ?
Ainsi, dénoncer la différence de point de vue des musulmans qui veulent être tolérés, mais ne sont pas pour autant tolérants, c'est une façon de faire évoluer les consciences. Ca ne signifie pas qu'ils ne sont pas aimables, ni aimés de façon inconditionnelle. Aimer les gens tels qu'ils sont, ce n'est pas refuser qu'ils deviennent une meilleure version d'eux mêmes.
Navam a écrit :L'amour inconditionnel n'est pas aussi simple que ça je pense, je parle non pas du fait d'en parler mais d'en arriver à l'éprouver !
Pour beaucoup de gens, c'est difficile, parce qu'ils ont peur de perdre quelque chose. Si tu veux aimer sans condition, tu ne dois avoir rien à perdre. Tu ne dois donc avoir besoin de rien.
Navam a écrit :Oui mais l'acceptation de l'autre tel qu'il est ne devrait pas te faire dire qu'il faille des lois pour les autres et non pour toi, non ?
C'est le paradoxe de l'amour véritable et de la liberté.
Aimer, c'est laisser libre. Mais, si tu abuses de ta liberté, c'est ce même amour qui me fera intervenir pour protéger la liberté des autres. Tu ne peux pas violer une enfant, parce que tu abuserais de ta liberté. Et moi, je me dois de protéger la liberté de cet enfant.
MonstreLePuissant a écrit :Si j'exige de pouvoir exercer ma liberté, est ce que parallèlement, je ne dois pas défendre la liberté des autres ?
Navam a écrit :Très bonne question ! Mais dans ce cas je suppose que tu défends autant les femmes avec des burkini que ceux qui caricaturent des prophètes ? N'a-t-on déjà pas assez à faire sur nous même afin d'être conscient quand nous empiétons sur les libertés des autres avant de s'occuper de la conscience des autres sur ce qu'est la liberté ?
Ce que tu es à l'intérieur se reflète à l'extérieur. Tu dois modifier ta propre conscience, si tu veux ensuite tenter de modifier celle des autres. Les hommes apprennent par l'exemple. Certains prennent pour exemple des terroristes, des salafistes, des gens dont l'esprit est largement corrompu, et choisissent de les imiter. Il faut donc d'autres exemples, des personnes dont la conscience est élevée et dans la spiritualité est suffisamment grande pour guider ceux qui le veulent.
On ne peut pas renoncer à travailler sur nous, et encore moins sur les autres. L'éveil des consciences est un enjeu majeur, et il s'est toujours opposé à l'obscurantisme religieux qui enferme la conscience des hommes et les soumets à la peur d'un châtiment.