Les non musulmans en Algérie

Sujet d'actualité Au Québec l'accommodement raisonnable, un sujet d'actualité.
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loubnaen86

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Re: Les non musulmans en Algérie

Ecrit le 09 nov.09, 10:55

Message par loubnaen86 »

salam,
Il a déclaré que leurs responsables « portent atteinte à la foi des Algériens ».
5000 euro à chaque personne qui parvient à convertir quelqu’un au Christianisme.

Cheikh Abderrahmane Chibane, président de l’association des oulémas, a appelé « les parties qui légifèrent » à faire face à la campagne d’évangélisation menée par l’Eglise protestante. Cheikh Chibane a indiqué à El Khabar que l’association des oulémas considère qu’« il incombe aux autorités de faire face à l’activité de l’Eglise protestante qui sévit en Kabylie », tout en indiquant : « des sommes d’argents et des avantages sont proposés aux habitants de Bejaïa afin de se convertir au christianisme ».

La même source a précisé : « l’association a remarqué une recrudescence dangereuse de l’activité de l’Eglise protestante ces derniers temps », et elle a appelé à appliquer la loi sur la pratique des rites religieux des non musulmans « de façon à ne pas porter atteinte à la foi des Algériens, sans pour autant empêcher quiconque de pratiquer sa religion ». Dans ce contexte, Chibane a fait l’éloge des catholiques d’Algérie, qui selon lui, « n’agissent pas comme les protestants ». El Khabar a appris qu’une délégation de l’association avait établi un constat sur le terrain, concernant l’activité de l’Eglise protestante en Kabylie, et elle a remis à ses supérieurs un rapport où il a été mentionné que les responsables protestants s’engagent à verser la somme de cinq mille euro à chaque personne qui parvient à convertir quelqu’un au christianisme, en plus de facilités offertes aux étudiants pour leur permettre de poursuivre leurs études à l’étranger. Par H. Yes/ Traduit par F.L

http://collectifalgerie.free.fr/fr/?p=36#more-36
dorcas, tu raconte des âneries!des hommes qui battent leur femme y'en a plus parmis les occidentaux, ce sont des hommes malades qui méritent d'être puni musulmans ou pas!

petite fleur

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Re: Les non musulmans en Algérie

Ecrit le 09 nov.09, 11:00

Message par petite fleur »

occidentaux, ce sont des hommes malades qui méritent d'être puni musulmans ou pas!
c'est vrai il y en a a pelleter ocidental ..a tous les jours la police a des rapports alors.c'est au 4 coin de la terre sa..un autre fléau il y en as tu des fléau mondial?
ce qui ne nous tue pas nous rends plus forts!
le temps dévoilera ce que l'astuce cache en ses replis:la honte finira par confondre ceux qui dissimulent leurs vices!

témoin de Jésus.

http://www.lelivredevie.com/

dorcas

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Re: Les non musulmans en Algérie

Ecrit le 09 nov.09, 11:56

Message par dorcas »

La chère religion de paix ne laisse même pas libre de choisir sa religion.

dorcas

loubnaen86

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Re: Les non musulmans en Algérie

Ecrit le 09 nov.09, 11:58

Message par loubnaen86 »

je vois que tu manques affreusement d'argument!quand on a plus rien à dire c'est fou ce qu'on deviens intéressant!

dorcas

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Re: Les non musulmans en Algérie

Ecrit le 09 nov.09, 11:58

Message par dorcas »

dorcas a écrit :La chère religion de paix ne laisse même pas libre de choisir sa religion.

dorcas
dorcas, tu raconte des âneries!des hommes qui battent leur femme y'en a plus parmis les occidentaux, ce sont des hommes malades qui méritent d'être puni musulmans ou pas!
C'est vrai il y en a partout mais la permission est quand même dans le coran.

dorcas

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Re: Les non musulmans en Algérie

Ecrit le 09 nov.09, 11:59

Message par dorcas »

loubnaen86 a écrit :je vois que tu manques affreusement d'argument!quand on a plus rien à dire c'est fou ce qu'on deviens intéressant!
Pourquoi parce que je dénonce ta religion de paix?

dorcas

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Re: Les non musulmans en Algérie

Ecrit le 09 nov.09, 12:02

Message par loubnaen86 »

ma religion n'est pas une religion de paix,c'est une religion de juste milieu, on est pas aux pays des merveilles, ceux qui prétendent détenir la religion de paix sont des menteurs!une religion digne de ce nom appelle à la paix en premier lieu mais si la guerre est inévitable elle commande d'aller au devant, c'est le cas de l'islam, les musulmans ne doivent pas se laisser faire par les pourritures!

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Re: Les non musulmans en Algérie

Ecrit le 09 nov.09, 12:14

Message par dorcas »

loubnaen86 a écrit :ma religion n'est pas une religion de paix,c'est une religion de juste milieu, on est pas aux pays des merveilles, ceux qui prétendent détenir la religion de paix sont des menteurs!une religion digne de ce nom appelle à la paix en premier lieu mais si la guerre est inévitable elle commande d'aller au devant, c'est le cas de l'islam, les musulmans ne doivent pas se laisser faire par les pourritures!
Pareils pour les juifs et les mécréants, ils ne doivent pas se laisser faire par les pourritures.

Pourtant bon nombre d'entre vous proclament une religion de paix.

Tu parle si la guerre est inévitable, ? mais 98% de guerre dans le monde a rapport avec les arabes et surtout la religion de votre faux prophète.
Qui prends les pays Africains ? bien les arabes non? qui envahit le monde ? les musulmans non ? qui essaye de se rendrent maître partout et mettre votre loi de votre religion de paix? les musulmans non?

salut bonne nuit

yacoub

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Re: Les non musulmans en Algérie

Ecrit le 10 nov.09, 02:06

Message par yacoub »

dorcas a écrit :La chère religion de paix ne laisse même pas libre de choisir sa religion.

dorcas
Le "prophète" a dit
celui qui quitte sa religion islamique, tuez le
Sami Aldeeb a fait un intéressant document sur l' apostasie en dar el islam
les pays qui pratiquent la loi "divine" égorgent ou pendent les apostats sans problème de conscience
Pour les autres on leur pourrit la vie jusqu' à ce qu' ils s'exilent.
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yacoub

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Re: Les non musulmans en Algérie

Ecrit le 12 mai16, 22:29

Message par yacoub »

Algérie : «Être chrétien, c'est un combat quotidien»
Depuis 1998, Mahmoud Yahou est pasteur d'une communauté chrétienne en Kabylie. Il affronte la justice de son pays, qui lui reproche de ne pas être musulman. En s'e n prenant à lui, les autorités espèrent disperser son petit troupeau. Témoignage d'un converti.

«Vous serez jugés devant les tribunaux et les rois.» C'est écrit dans la Bible, et elle ne m'a pas trompé: j'étais prévenu! Depuis 1998, je suis pasteur au sein d'une petite communauté protestante, dans le village d'Aït Atelli, en Kabylie, à 30 kilomètres au sud de Tizi Ouzou. Parmi les 6000 habitants musulmans, nous sommes une petite centaine d'irréductibles chrétiens.
En tant que pasteur, je suis harcelé depuis des mois par les autorités algériennes. J'ai été traîné devant la justice pour ouverture de lieu de culte illicite. Les réquisitions du procureur ont été sévères: un an de prison ferme et 20.000 dinars d'amende. La sentence est tombée le 12 dé cembre: trois mois de prison avec sursis et 10.000 dinars d'amende. Ce procès n'est pas le mien, c'est celui de tout le monde, car il rappelle que, dans ce pays, nous ne sommes pas libres.
Mon seul tort est d'avoir fait l'acquisition d'une maison pour célébrer le culte. Le maire a mis en demeure la communauté chrétienne de renoncer à pratiquer: selon lui, nous sommes dans l'illégalité. Et pourtant, nous sommes affiliés à l'Eglise protestante d'Algérie, reconnue par l'Etat depuis 1975.
Je ne suis coupable que d'une chose, en réalité: j'ai renié l'islam pour me convertir au christianisme. Ici, on naît arabe et forcément musulman. Faire le choix d'une autre religion est perçu comme un acte contre-nature ou de haute trahison. C'est ma foi qui est en procès, mais rien ne me fera plier. Pourtant j'ai été un fervent musulman. Mais au fond, quelque chose me dérangeait: cette religion faisait de moi un être fermé et intolérant.
En 1993, à 26 ans, je suis parti en France. Installé à Marseille, j'ai fait la connaissance d'un groupe de jeunes protestants. Ils m'ont parlé de Jésus, de l'amour de Dieu et de la Bible. Je me suis montré très agressif à leur égard, mais ne cessais de les rencontrer. Nous avons fini par discuter de nos croyances respectives. J'étais intrigué par leur façon de prier, en agitant les bras et en chantant. Un jour, ils m'ont fait lire un passage de la Bible. Je l'ai fait par curiosité avant de m'enfuir. Je me suis senti traître à ma foi. J'ai fait la chahada * pour me débarrasser de ce sentiment de péché, mais rien n'y faisait: cette religion m'attirait, car elle m'apaisait. Après six mois de lecture et d'étude, je me suis décidé et je suis rentré en Algérie avec l'intention d'y rester. J'avais enfin trouvé la joie. Dès lors, il était inutile de chercher la fuite ou l'exil. Je me suis fait baptiser par immersion, le 4 novembre 1994, au temple protestant de Ouadhia, en Kabylie.
Une vie de tous les jours faite de vexations et de brimades
Etre chrétien dans ce pays, c'est un combat quotidien. Il faut se battre pour être accepté, pour trouver le juste équilibre dans notre pratique, sans déranger les musulmans dans la leur. Pendant le ramadan, par exemple, je fais attention de ne pas manger devant eux. L'essentiel, pour nous, est de respecter notre prochain. Le temple du village n'est pas marqué d'une croix. Ce n'est pas nécessaire, car je suis moi-même une croix! Et c'est parfois lourd à porter... Notre quotidien est fait de vexations et de brimades. Il y a les regards, la violence de certains propos, les rumeurs les plus folles sur les mœurs de notre communauté. Mais aussi la surveillance et les contrôles incessants des policiers. Je me suis récemment rendu à la préfecture afin de faire renouveler mon passeport. Le fonctionnaire m'a répondu qu'il m'était refusé, car, en tant que chrétien, j'étais un traître à la patrie et indigne d'être algérien. Que répondre face à tant d'ignorance et d'intolérance? Ils ne savent pas ce qu'ils font, car ils sont manipulés par les extrémistes religieux mais aussi par l’État. Je leur pardonne.
* Attestation de la foi musulmane.
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yacoub

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Re: Les non musulmans en Algérie

Ecrit le 14 juin16, 08:07

Message par yacoub »

Arrestation de Facebookers pour leurs opinions sur la Religion/La Gendarmerie assume et s’explique


La Gendarmerie nationale a confirmé ce mardi l’arrestation d’au moins deux Facebookers à M’sila en raison de leurs opinions sur l’Islam et le Coran diffusés sur les réseaux sociaux. Pour la Gendarmerie nationale, il ne s’agit nullement d’une atteinte à la liberté de croyance et de conscience. Au contraire, le commandement de la Gendarmerie affirme qu’il s’agit d’une opération pour démantelé “un réseau criminel auteur d’actes blasphématoires et de prosélytisme antimusulman via Internet”.

“Les enquêteurs de la Gendarmerie nationale du centre de prévention des crimes cybernétiques ont identifié et arrêté deux éléments d’un dangereux réseau criminel international spécialisé dans le prosélytisme antimusulman via internet, en relation avec des ramifications internationales de prosélytisme antimusulman dans des pays du proche Orient notamment la Syrie et l’Égypte”, explique clairement dans un communiqué rendu public ce mardi le commandement de ce corps de sécurité. D’après la même source, les investigations menées par les enquêteurs de la brigade de recherches de M’sila a permis d’identifier les prévenus répondant aux initiales de R.F, ouvrier journalier âgé de 27 ans et H.S âgé de 28 ans. “A l’issue d’une perquisition dans le local commercial du premier prévenu au centre ville de M’sila (il activait sans registre de commerce), les effets et matériels utilisés dans la réalisation des méfaits ont été saisis. Il s’agit précise la même source de quatre unités centrales d’ordinateurs et deux téléphones mobiles avec des enregistrements de récitation du coran par la voix du prévenu principal”.

Soulignons, d’autre part, que la Gendarmerie confirme que les deux personnes arrêtées ont été présentés “devant le procureur de la République prés le tribunal de Sidi Aissa qui a ordonné leur mise en détention”. Cependant, cette troublante affaire n’a pas encore livré tous ses secrets et beaucoup de commentateurs sur les réseaux sociaux ne partagent pas les faits avancés par la Gendarmerie nationale. Les deux personnes arrêtées animaient une Page Facebook où ils commentaient le Coran avec l’Algérien dialectal. Est-ce pour autant du blasphème ? La question se pose avec acuité d’autant plus que les explications fournies par la Gendarmerie nationale concernant ce soi-disant “réseau criminel” s’avèrent très peu convaincantes.
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ultrafiltre2

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Re: Les non musulmans en Algérie

Ecrit le 15 juin16, 01:41

Message par ultrafiltre2 »

dorcas a écrit :
Je connais un missionnaire qui a travailler en Algérie, qui a même étudier pour aider les enfants handicapés, donc pour servir les algériens, lui, sa femme, et ces deux enfants ont du s'enfuir car ils étaient menacé de mort.
Entout cas mieux vaut pour un évangéliste travaillant comme ça d'être américain que d'une autre nationalité donc ce sont les évangélistes americains qui sont les plus aptes à travailler dans ces pays là

Contrairement à un évangéliste français qui se ferai assassiner et pour lequel la France ne fera pas grand chose en vue d'établir une enquête criminelle sur l'assassinat d'un ressortissant français à l'exterieur de son pays, laquelle enquête sera en effectuée avec l'accord du pays dont la religion d'etat est l'islam

l'assassinat d'un ressortissant américain dans un autre pays que les Etats-Unis entraine automatiquement une enquête du FBI avec ou sans l'accord des autorités de ce pays et sans dependance du bon vouloir de ces autorités et cela avec des moyens illimités .

Les moyens du bureau federal américain qui eux sont illimités ...et c'est pas le cas des pauvres français qui lorsqu'ils enquêtent dans ces pays là obtiennent les informations que les autorités locales de ces pays veulent bien leur fournir

bref pour dire rapidement : VIVE LES USA!
the sound - contact the fact l’hyper monde est un infty-simplexe triangulairement scalairisé
...ccnc ...et la lumière fut

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Re: Les non musulmans en Algérie

Ecrit le 02 août16, 06:44

Message par yacoub »

LARBI BEN M’HIDI ET LES AUTRES La deuxième mort des Immortels
par chems eddine Chitour

« Donnez-nous vos avions et nous vous donnerons nos bombes »

Larbi Ben M'hidi



« Entre ici Jean Moulin avec ton terrible cortège.. et écoute aujourd'hui jeunesse de France ce qui fut pour nous le chant du malheur, c'est la marche funèbre des cendres que voici..(...) »

André Malraux Discours pour le transfert des cendres de Jean Moulin au Panthéon



« Gare au terrorisme à bas coût ! » C'est par ces mots que Boualem Sansal qualifie le terrorisme islamique à qui il trouve une analogie avec la Révolution algérienne. Réduire une glorieuse révolution, fruit d'une condition sociale abominable imposée par la France, à un acte abject d'un pschychopathe qui a fauché la vie de dizaines de personnes à Nice le 14 juillet. I

Il écrit : « Chaque terroriste a besoin d'inventer son mode opératoire à lui, qui sera sa signature et produira l'effet le plus important pour le coût le plus bas. Ce fut l'attentat à la bombe dans des cafés phares de la capitale, très courus par la bourgeoise algéroise (le Cafétéria, le Milk-Bar, L'Otomatic, le Coq Hardi), commis par de jeunes Algériennes se faisant passer pour des Européennes délurées ».(...) On a envie de crier je suis la France'', je suis Nice'' pour dire sa peine et sa solidarité. »

Les mots de Sansal ne sont pas gratuits, ils sont là pour apitoyer et dire en creux sa proximité. Je n'ai toujours pas compris à quoi cela correspondait les Je suis... surtout quand on sait que derrière chaque attentat il y a une manipulation, bref une opération de false flag. Personne ne disait : « Je suis Alger quand l'Algérie saignait... »

Le paléo-algérien de coeur : L'éloge sincère de la révolution

Pourtant, il fut une époque où vous témoigniez du respect non feint pour le pays qui vous a vu naître. Dans un de vos ouvrages, lucide vous écriviez avec sincérité à propos de l'Algérie et de sa révolution. Vous sembliez fier de l'Algérie de cette époque, avant que l'intégrisme ne la rattrape Nous lisons : « (...) Socialiste, révolutionnaire, tiers-mondiste, matérialiste jusqu'au bout des ongles, que partout dans le monde progressiste on appelait avec admiration 'la Mecque des révolutionnaires'', qui recevait quotidiennement et avec quelle ferveur les héros de ce temps, les Cubains Che Guevara et Fidel Castro, affectueusement surnommés 'los barbudos'', le légendaire général Giap, le vainqueur de la déjà mythique bataille de Diên Biên Phu, Gamal Abdel Nasser, le champion du panarabisme triomphant, Mehdi Ben Barka, le Marocain panafricaniste activement engagé dans la révolution tricontinentale, Mandela, qui un jour abattrait l'apartheid et serait le premier président noir de l'Afrique du Sud, les Black Panthers, dont le célèbre Eldridge Cleaver, et les Black Muslims, et des personnages sulfureux et excitants comme Ilitch Ramírez Sánchez, dit « Carlos », ami inconditionnel de nos frères les Palestiniens de l'OLP (Organisation de libération de la Palestine) que l'Algérie soutenait avec une passion intensément anti-impérialiste, anticolonialiste et antisioniste ».

Allant plus loin dans votre plaidoyer pour effectivement nous convaincre de l’aura de l’Algérie, vous écriviez : « Il y avait tous ceux qui avaient courageusement soutenu les révolutionnaires algériens pendant la guerre d'Algérie, et parmi eux ceux qu'on appelait les « porteurs de valise », qui acheminaient en Suisse l'argent collecté en France par le FLN auprès des travailleurs émigrés. Tous ces gens venaient à Alger chercher refuge, solliciter des subsides, s'initier auprès du FLN à l'art de la lutte révolutionnaire, ou simplement respirer l'air romantique d'Alger la Blanche et faire la fête entre militants de la cause des peuples opprimés, les guerriers doivent aussi se reposer. (...) l'armée algérienne était dirigée par des hommes qui avaient fait une guerre révolutionnaire contre la France et ne manquaient ni de technique ni de détermination. C'était en janvier 1991. Le pays entrait dans une guerre civile qui allait durer une douzaine d'années. Le monde entier a suivi cette barbarie qui au fil des mois prenait des allures de génocide, mais jamais personne n'est intervenu, ni le Conseil de sécurité, ni un quelconque État. »

Les faux-fuyants de Boualem Sansal

Que s’est-il passé pour qu‘il y ait ce virage à 180° ? Comment en êtes vous arriver à brûler des icones que vous respectiez à une certaine époque ? D’aucun diront que tout change, que c’est l’air du temps auqule il faut s’adapter, Qu’il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis ! Que Paris et ses avantages valent bien ce bûcher . Mais vous vous rendez compte que ce n’est pas un problème de liberté d’expression, cette liberté du renard formaté à l’occidental dans le poulailler des sans grades des faibles. Honnêtement pourriez vous gloser de cette façon sur des « icône » ou supposés telles en France ? De plus le plus grand reproche que l’on pourrait vous faire , est que vous touchez à un équilibre subtil invisible mais là celui du vivre ensemble et d’une communion autour d’un certain nombre d’invariants admis par tout et qui constitue en dehors de l’histoire officiel un modus vivendi entre algérien s’agissant de la glorieuse Révolution de novembre qui est non seulement fierté pour les Algériens mais pour tous les peuples épris de liberté, amenés à secouer les jougs de l’oppression et du colonialisme. Vous vous souvenez certainement d’Amilcar Cabral Pour qui : « les Musulmans se tournent vers la Mecque, les révolutionnaires se tournent vers Alger la Mecque des révolutionnaires » Vous avez certainement entendu parler des dizaines de thèses sur la Révolution algérienne aux Etats

Je rapporte ci-après quelques indignations pour que vous mesuriez monsieur Sansal l’étendue de votre faute que vous assumez sans regret, Nous vous demandons pourtant ni remord ni ni repentir « Boualem Sansal est allé chercher un exemple dans la tactique de guérilla urbaine qu'était la bataille d'Alger pour suggérer au gouvernement français la méthode dure utilisée par les généraux tortionnaires contre les vaillants combattants pour la Libération nationale. Il reprend insidieusement une sémantique que même les militaires français ont fini par abandonner depuis fort longtemps : comparer les compagnons de Larbi Ben M'hidi aux faux dévots et autres ayatollahs de la mort est une démarche aussi hasardeuse que malheureuse. (...) Sollicité par El Watan pour s'exprimer après les critiques suscitées par sa tribune, Boualem Sansal ne répond pas sur le fond. Il adopte une attitude victimaire, criant à la persécution. Il en fait sa ligne de défense. (...) L'écrivain qui, souvent, dans ses interventions médiatiques, exprime du mépris pour l'Algérien, le maintenant dans l'« indigénat » intellectuel - comme en témoigne son interview accordée au Monde, en juin dernier. » (1)

Maâmar Farah journaliste au long cours fondateur du Journal Le Soir d’Algérie, avec des mots simples tente de convaincre Boualem Sansal qu'il ne faut pas toucher aux icônes, aux invariants : « Notre fond commun, le point de départ et la source restaient la Révolution armée, toujours sacralisée. Nos héros étaient solidement assis sur de fermes convictions, que nous pensions inébranlables. Nous nous risquions même à travestir légèrement la réalité, à faire pousser un peu la démagogie, à montrer les nôtres sous le meilleur jour, parce que nous avions la certitude d'agir pour le bien de ce pays, pour que les générations montantes ne soient pas démoralisées (..) qu'il ne fallait donc pas les descendre de leur piédestal. Maâmar a eu raison de rappeler la loi Gayssot qui inflige une amende à tous ceux qui osent faire bouger un cil s'agissant de la shoah. « Nous sommes écrit-il, contre les censures et les anathèmes, mais nous devons fraternellement lui rappeler que, même là où il vit, la loi républicaine protège le martyr du peuple juif et toute l'histoire héroïque de la résistance contre le nazisme. » Et le comble de tout est que vous l'évoquez en citant la glorieuse 'bataille d'Alger'' qui fut un grand moment de la lutte héroïque de notre peuple et une référence mondiale dans l'art de la guérilla urbaine. Quand ils se sont retrouvés coincés dans les villes irakiennes, les Américains ont projeté la 'bataille d'Alger'' pour savoir comment agissent les cellules dormantes et celles qui ne dorment jamais ! C'est cette grandeur, ce monumental exercice de la guerre d'indépendance, que vous avez tenté de rabaisser. » (2)

« Assimiler les couffins de Zohra Drif, Djamila Bouhired et Hassiba Ben Bouali, écrit Saïd Rabia du journal El Watan , aux terroristes de Nice est un raccourci, le moins que l'on puisse dire, indécent. Larbi Ben M'hidi, un des chefs emblématiques de la Révolution, avait opposé cette cinglante réplique, restée dans les annales, à ce genre de condamnation à un journaliste français qui lui avait posé une question sur le 'terrorisme'' pratiqué par le FLN lors de la bataille d'Alger : « Donnez-nous vos chars et vos avions, nous vous donnerons nos couffins. » Pour Boualem Sansal, la bataille d'Alger est donc une somme d'actes de terrorisme contre un gentil colonialisme. Qu'est-ce qui lui a pris pour oser un tel parallèle ? Ce n'est assurément pas les outils intellectuels qui manquent à l'écrivain pour faire la différence entre le mouvement de Libération nationale et les terroristes de Daesh. Sa contribution, qui prétend être une explication aux nouvelles méthodes du terrorisme de Daesh, s'aventure aux limites du révisionnisme. Faire le parallèle entre les héros de la bataille d'Alger et les terroristes de Daesh est une contrevérité que rien ne justifie. » (3)

Faut-il déchoir Monsieur Sansal de la nationalité algérienne ?

Nous ne crierons pas avec les loups et faire de monsieur Sansal un persécuté, voire un martyr. De ce fait nous ne sommes pas d'accord sur la déchéance proposée dans un accès de colère compréhensible au vu du préjudice moral à toute une nation. Ainsi : « Des juristes affirment qu'il n'est point exclu de voir l'écrivain Boualem Sansal, déchu de sa nationalité pour deux erreurs jugées très graves. La première étant de s'être rendu en Israël dans une démarche en faveur de la normalisation culturelle avec l'Etat sioniste et ainsi que la comparaison de l'attentat terroriste de Nice en France à la bataille d'Alger. Le juriste ajoute que cela pourrait être jugé comme grande trahison qui est passible d'une condamnation à perpétuité ou condamnation à mort ainsi que d'une déchéance de nationalité. Le président de la Commission des droits de l'homme plaide à ce que Sansal soit déchu de sa nationalité, estimant que les procédures juridiques seront faciles du fait que ce dernier détient une autre nationalité. » (4)

La réalité : s’attirer les bonnes grâces des puissants

En fait les attaques ad patria de monsieur Sansal sont récurrentes. Ce n’est donc pas la première fois. Avec une rare lucidité, l'urbaniste Abderrahamane Zakad donne quelques leçons à tout ceux qui font dans l'Algérien bashing à longueur de journée en fait qui démonétisent leur pays pour une poignée d’euros et une visibilité en météore obligeant l’obligé à toujours en rajouter, à toujours pédaler en tapant sur ce qui plait aux puissants du moment. Il écrit : « (...) Boualem Sansal a écrit un texte sur l'International Herald Tribune, texte repris par Le Monde du 13 juillet 2013. (...) Tu devrais mieux te contenir à écrire des romans au lieu de te lancer dans des considérations politiques qui te dépassent, en plus invérifiables autant par toi que par nous. A moins que tu pointes aux officines ou chez Enrico Macias, un autre embobineur chez qui certains artistes algériens vont faire une « ziara » sous couvert de « malouf ». Quel Algérien ne sait pas que nous avons des problèmes, que nos institutions boitent, que la justice n'est pas efficace ou sous les ordres et que le doute s'installe ? Pourquoi ce tollé sur la corruption sans cesse rabâchée alors qu'il n'existe aucun tollé pour la combattre ? Aide-nous, ya si Boualem Sansal, à régler nos problèmes au lieu de t'atteler à toujours nous insulter de Paris. (...) C'est le rôle d'un homme de culture d'aider les autres au lieu de leur taper dessus à coups d'hypothèses. Quel Algérien également ne sait pas que notre pays est en danger avec ce qui se passe à nos frontières et elles sont immenses ? (...) C'est de cela qu'il convient de parler, toi qui veut monter sur la scène. (...) Voilà de quoi il faudrait parler. Mais ayant trop tété à la mamelle de la littérature coloniale, ton esprit est embué par les métastases de la colonisation dont parle Frantz Fanon Si tu veux parler ou écrire viens ici, petit ! Viens vivre avec nous où tu peux dire ce que tu veux, sinon, boucle-la ! » (5)

Enfin, pour Khidr Ali cette provocation du point de vue des Algériens, n'est pas gratuite il y a un message de son auteur, à passer : « Boualem Sansal écrit-il est un écrivain algérien qui aime cultiver le sens de l'iconoclastie, de la provocation, pour exister. (...) A son retour d'Israël, il avait commis un papier dans lequel il décrivait le « bonheur » des Palestiniens vivant en Israël, un pays qu'il présente comme un exemple de démocratie et de vivre ensemble A le suivre dans son faux parallélisme, les Hassiba Ben Bouali, Djamila Bouhired, Djamila Boupacha, Ourida Meddad, Djouher Akrour, qui déposaient les bombes dans les quartiers européens, dans le cadre de la quête de l'indépendance du pays, ne seraient pas moins coupables que le désaxé-criminel de Nice. Quel outrage pour la mémoire des héros éternels de la bataille d'Alger ? Du révisionnisme ? (...) Le terroriste tunisien, pris de fanatisme démentiel a écrasé sous les roues d'un camion des dizaines de personnes. Boualem Sansal a fait pire en l'occurrence, il a souillé la mémoire de la Révolution algérienne et la noblesse de sa cause. » (6)

Pas de procès en sorcellerie

Nous devons pas faire de procès en sorcellerie mais nous devons réagir car la liberté invoquée par monsieur Sansal s’apparente comme je l’ai écrit plus haut à la liberté du renard dans le poulailler. Nous ne ferons pas comme en France de texte qui interdisent sous peine d’amende de prison et naturellement de mort médiatique de toucher à des tabous. Un vrai intellectuel libre de ses idées doit les développer à l’encontre de tout ce qui lui parait indigne et inconvenant en tout cas qui fait problème avec la dignité humaine

Pourquoi monsieur Sansal le choix de l'Algérie comme exemple pour le terrorisme ? Je comprend votre empathie envers ce crime atroce, qui ne ferez pas devant des dizaines de vies fauchées ? Le faites vous pour toutes les victimes de la barbarie ? Les 300 morts de l’Aid el Adha une semaine plus tôt en Irak vous ont-ils scandalisés de la même façon ?

Vous auriez pu aussi dans le même mouvement d'honnêteté intellectuelle prendre comme exemple le terrorisme légitime de la résistance française. Pourquoi ne pas dire que le résistant Jean Moulin, dirigeant des Forces françaises libres, un révolutionnaire qui usa de tous les moyens dont il disposait pour contrer la puissance allemande, était un terroriste ? A ces messieurs qui vous pressent de donner un avis conforme à ce qui est attendu de vous, Doit-on leur rappeler d'où vient le mot terreur et comment Victor Hugo a décrit cette période tragique dans son fameux roman 93 ? Doit-on leur rappeler les mots de la Marseillaise de Rouget de l'Isle « Aux armes citoyens Formez vos bataillons Marchons, marchons Qu'un sang impur Abreuve nos sillons » ?

Monsieur Sansal ceux qui vous ont demandé un avis sur la tuerie de Nice, connaissent ou devraient connaitre le Chant des partisans de Joseph Kessel que mêmes en tant qu’algériens , nous identifiant aux maquisards de la Résistance , nous ânonnions tout loupiots au lycée « Ami, entends-tu les cris sourds du pays qu'on enchaîne ? Ce soir, l'ennemi connaîtra le prix du sang et des larmes. Ohé ! Les tueurs à la balle et au couteau, tirez vite ! Ohé ! Saboteur, attention à ton fardeau : dynamite ! » N'utilisaient-ils pas les mêmes méthodes ?

L'attentat abject de la rue de Thèbes à Alger fait par des terroristes européens et qui ensanglanta la Casbah, n'était ce pas du terrorisme ! Le plasticage de la maison où étaient cachés Ali la Pointe, Petit Omar et Hassiba Ben Bouali n'était-ce pas du terrorisme ? Comment peut-on qualifier l'assassinat de Ben M'hidi, ou la guillotine de dizaines d'Algériens, n'était-ce pas du terrorisme d’Etat ?

En cautionnant la colonisation israélienne en Palestine, en visitant l'Etat hébreu pour une vulgaire rencontre littéraire quelque part on ne peut être que complice de la politique inhumaine et d’apartheid à l'encontre des Palestiniens. Leur Si vous étiez parti en Israël pour porter la bonne parole pour la juste cause comme ce fut le cas des combats des écrivains israéliens Gédéon Levy, Uri Avnéri et tant d'autres Israéliens qui font de la défense de la dignité humaine à propos du calvaire palestinien, nous aurions applaudi.

Souvenez-vous, monsieur Sansal de ce postulat en mathématiques cher au professeur Aoudjehane : « Pour qu'un produit de facteur soit nul, il faut et il suffit qu'un facteur soit nul », en l'occurrence vous avez annulé en une fois tous les facteurs positifs, et pourquoi ne pas le dire, quelque fierté qu'un Algérien maîtrise la langue de Vauvenargues. Quelle mouche vous as prise de problématiser les rares fondations Arkaïz pour reprendre le bon mot de Lacheraf auxquels les Algériens s'accrochent comme à une bouée, devant cette anomie identitaire. les pouvoirs n'ont jamais voulu mettre en œuvre un récit national fait certaines fois de mythes, pour éviter aux jeunes cette apesanteur identitaire.

Monsieur Sansal, en traitant Larbi Ben M'hidi - à qui même son tortionnaire le général Bigeard a tenu à présenter les honneurs - de terroriste banal comme le psychopathe de Nice qui n'a rien à voir avec l'islam, vous avez tort.

Je vous reproche peut-être à votre corps défendant d'avoir problématisé le récit historique du pays qui vous a vu naître. S'il vous plaît monsieur Sansal laissez-nous avec nos rêves, notre fond rocheux identitaire avec la glorieuse révolution de Novembre. Je suis sûr que si vous en faites un motif de fierté, vous allez avoir la reconnaissance des Algériens et le vrai respect de ceux qui ont combattu les Algériens. Par votre comparaison maladroite, c'est une seconde mort pour nos icônes, mais rassurez-vous, ils sont immortels : Dans mille ans on racontera encore leur épopée dans les chaumières. Ils auront quitté le récit historique pour le mythe.



1.http://www.algerie.xyz/2016/07/les-faux ... ansal.html
2.http://www.lesoirdalgerie.com/articles/ 2016/07/28/ article.php ?sid=199785&cid=8
3.Dérapage de Boualem Sansal Said Rabia, El Watan, El Watan 21.07.16
4.http://rmbuzz.com/2016/07/des-juristes- ... -a-sansal/
5.Abderrahamane Zakad, http://www.algeriepatriotique.com/artic ... ment-23074
6.http://www.algerie1.com/actualite/monsi ... ou-a-lier/

Article de référence http://www.lexpressiondz.com/chroniques ... professeur_ chitour /246821-un-heros-peut-il-mourir.html



Professeur Chems Eddine Chitour

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yacoub

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Re: Les non musulmans en Algérie

Ecrit le 05 sept.16, 06:42

Message par yacoub »

A partir de Kamel Daoud : essentialisme, universalisme et désir de citoyenneté

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Kamel Daoud

De la chronique de Kamel Daoud, parue dans le journal français Le Monde en date du 31 janvier 2016, s’exprimant sur les événements de Cologne, a fait couler beaucoup d’encre des deux côtés de la Méditerranée.

En France particulièrement où des universitaires se sont exprimés pour dire leur indignation. Ils accusent le chroniqueur d’essentialisme, parce qu’il aurait traité les musulmans comme une masse homogène, constituée de frustrés sexuellement et, par là-même, suspects de harceler des femmes occidentales, voire de passer à l’acte et de les violer. Il alimenterait, d’après eux, la stigmatisation et l’islamophobie de populations déjà fortement discriminées.

Évidemment, plusieurs autres écrits ont suivi, ici en Algérie ou en France. Certains auteurs pour aller dans le même sens,, citons pour l’exemple, le livre d’Ahmed Bensaada (2016), traitant l’écrivain de «néocolonisé du XXIe siècle… complètement phagocyté par la bien-pensante occidentale, il s’extirpe du terroir qui l’a enfanté…». D’autres comme l’écrivain Amine Zaoui, pour rappeler les jours sombres traversés par l’Algérie au cours des années 1990/2000 où les intellectuels et les femmes étaient l’une des cibles du terrorisme islamiste et où, de l’autre rive, on parlait de «groupes armés et du ‘‘qui tue qui’’».

Dans les temps présents et pour une autre chronique, Kamel Daoud, lui-même a été traité d’apostat par un certain prédicateur appelant à son exécution. Le journal algérien en ligne TSA a rapporté les termes de la déclaration du prédicateur salafiste à l’encontre de Kamel Daoud : «L’écrivain apostat, mécréant, ‘‘sionisé’’, criminel, a insulté Dieu. Nous appelons le système algérien à le condamner à mort publiquement.»

Nous avons lu la chronique de Kamel Daoud qui lui a valu cette fatwa. Mais je parlerai d’abord de son livre : Meursault, contre-enquête (2013). J’ai lu ce livre avec beaucoup de plaisir et j’ai trouvé l’idée de faire revivre l’Arabe de Camus géniale.

Car, il y a très longtemps, lorsque j’avais lu L’Etranger, j’étais très mal à l’aise face à l’Arabe, personnage flou, présent tout en étant absent de son humanitude, sans histoire, sans passé, sans avenir… seul acte possible : le meurtre. Cela m’a mise mal à l’aise. Et m’a renvoyée à l’expression les Arabes, souvent utilisée pour rejeter, humilier, stigmatiser ceux qui gênent, qui dérangent, en fait ceux qui ne sont pas comme les Occidentaux, signant ainsi leur altérité absolue, celle à laquelle on ne pourrait s’identifier.

Le fait que Kamel Daoud retourne à Tipasa, donne à l’Arabe un nom, une famille, l’inscrive dans une histoire et l’humanise m’a réchauffé le cœur, car l’Arabe de Camus me renvoyait au triste sort des Algériens sous colonisation qu’on appelait, pour les femmes, «Fatma», pour les garçons porteurs des couffins au marché «yaouled» et tous les autres «Mohamed».

Et voilà que Kamel Daoud réhabilite, répare ce monde, du moins à mes yeux. Bien sûr, le personnage de Meursault, contre-enquête est loin d’être flamboyant, il ne s’agit pas, loin s’en faut, d’un «héros positif», d’un personnage qui réussit, qui va de l’avant, qui… mais il pense, il souffre, il aime… C’est vrai qu’il est dépressif, inhibé, sous emprise maternelle, prisonnier d’une histoire et voué à une mission impossible, comme beaucoup d’autres êtres humains.

Le chroniqueur

Ceci, pour l’écrivain. Pour le chroniqueur : j’ai lu plusieurs de ses chroniques, j’ai souvent apprécié la belle plume, les métaphores et la liberté de ton, rare dans notre contrée : oser tenir un discours critique sur le religieux au moment où la norme religieuse devient de plus en plus pesante et qu’aucun écart n’est permis, voire où il est dangereux de se permettre un avis, un comportement, un vêtement diffèrent de la doxa dominante. Cette liberté de ton s’en prend aussi aux politiques, Kamel Daoud n’hésite pas à pointer les tenants du pouvoir, leur discours, leurs sorties médiatiques, leur insanité. Il lui arrive aussi de cibler les travers de sa société, les comportements incivils, le chaos dans l’espace public, le non-respect du vivre-ensemble et bien d’autres choses encore.

Ces chroniques sont un coup de gueule, elles expriment un amour immense pour le pays, car elles souhaitent, elles aspirent à un environnement où nous aurons des rapports plus sereins les uns avec les autres, où les femmes seraient libres de circuler, de s’habiller comme elles l’entendent, où les hommes et les femmes seraient des camarades, des amis, des amoureux… sans que cela ne soulève l’ire de la bien-pensance et que cela ne mobilise des troupes de wahhabites pour lesquels l’existence de la femme dans l’espace public reste une hérésie. C’est tout cela, qu’exprime Kamel Daoud.

Et Il va plus loin, il se lamente sur un environnement laid où les immondices s’accumulent à chaque coin de rue, où partout en Algérie, des plus beaux sites au plus petit village, des déchets s’amoncellent, où des constructions anarchiques se dressent contre tout bon sens, détruisant l’histoire du pays. Oui, car nous ne retrouvons plus le «beau», le parfum du fel et du yasmine. Des nouvelles bâtisses hideuses peuplent tout le paysage algérien et expriment sa déculturation en affichant l’arrogance de l’argent au nombre d’étages et de garages alignés.

De belles œuvres architecturales auraient pu être construites par les tenants de l’argent afin de contribuer à faire des grandes villes algériennes des métropoles modernes exhibant des chefs-d’œuvre architecturaux. Non, béton, béton, les plages où pour certaines, le sable n’existe plus (ayant été raclé), nos belles montagnes de Kabylie et d’ailleurs présentant aux visiteurs des sortes de construction bâtardes qui peuvent faire hurler de douleur les amoureux du relief algérien..

Et puis, cet interdit religieux qui empêche la pensée, qui inhibe la réflexion ; l’interdit politique lui interdit la pensée tout court.
Kamel Daoud ose, il écrit, il dit. Au cours des années 1990/2000, pour expliquer l’assassinat des leurs, des victimes nous disaient : «Il a parlé», expression très condensée qui signifiait : il a osé critiquer, il a osé exprimer son refus du terrorisme… ce qui signait son acte de décès. Kamel Daoud, lui a osé, il s’exprime, il dit sa colère, haut et fort, il dit que la liberté d’expression est malmenée dans le pays et il a raison, que des journalistes et des militants des droits de l’homme sont en prison.

La parole a son pesant d’or. Et Kamel est un ciseleur d’or. Et il a, lui aussi, parlé des «Arabes», des «musulmans» qui violent les femmes ici et à Cologne. Essentialisme, ont dit les intellectuels occidentaux, oui c’est vrai, contribution à l’islamophobie ambiante en Europe, les djihadistes et l’extrême droite occidentale, s’en chargent mieux que quiconque. Avait-il tord de s’empresser et de pointer du doigt une population déjà malmenée ?

L’essentialisme


L’essentialisme, nous les colonisés d’hier le connaissons très bien : l’Ecole de psychiatrie d’Alger a été l’exemple flagrant de la représentation de l’indigène par le colonisateur. Antoine Porot (1876-1965), fondateur de cette école, en est l’illustre représentant, il écrira : «L’indigène nord-africain, dont le cortex cérébral est peu évolué, est un être primitif, dont la vie est essentiellement végétative et instinctive, est surtout réglé par le diencéphale.» (cité par Collignon, 2006).

Lorsqu’on est régi par les instincts, on échappe au travail de la culture au sens freudien du terme, c’est-à-dire qu’on est incapable de refréner ses instincts, de les sublimer en s’intéressant à la vie sociale et culturelle, à l’amour.
Pour les scientifiques de l’Ecole d’Alger, le primitif ne peut avoir les mêmes droits que l’homme blanc, il en ferait mauvais usage, le coloniser est donc normal, c’est en fait le protéger contre lui-même… Il est évident que tenir ce genre de propos, du moins dans cette forme brute, est «politiquement incorrect», du moins dans le registre des sciences humaines et sociales, certains politiciens, par contre, ne se gênent pas pour le faire.

Déterrant ainsi la question de la race : les supérieurs et les inférieurs, les purs des impurs, les civilisés et les autres. Or, nous savons aujourd’hui que la notion de race est une construction sociale et non un donné, qu’elle est instrumentalisée par certains pour caser, légitimer l’asservissement des êtres humains. Revenons à Kamel Daoud, à sa chronique et à son essentialisme. Il a mis tous les «musulmans» dans le même couffin, comme le font les musulmans eux-mêmes et les Occidentaux parlant des immigrés de deuxième, voire de troisième génération.

Essentialisme quand tu nous tiens, il n’y a plus, pour parler des musulmans, de classe sociale (il est vrai, le terme est devenu désuet), des pauvres et des riches, des précaires, ceux qui ont accès aux meilleurs soins, aux meilleurs écoles, et des milliardaires des gens cultivés et d’autres qui le sont moins. Mais aussi que ces «musulmans» appartiennent à des cultures différentes : les Maghrébins, les Turcs, les Moyen-Orientaux, les Asiatiques — et j’ai dû en oublier — où l’islam se pratique et se vit différemment d’un pays à un autre. Dans ces contrées musulmanes, vivent aussi des chrétiens, des juifs, des agnostiques, des athées…

Non, pour l’essentialisme, il y a déni de la pluralité de l’islam, de ses diverses expressions, les musulmans sont tous pareils et échappent à ce qui construit «le petit de l’homme», selon l’expression de Freud, à savoir des parents, une culture, une histoire familiale et sociale. Ces personnes, qu’on appelle «musulmans», sont réduites à une religion et leur religion érigée comme la seule instance explicative de leurs comportements, de leur mode d’être et de faire.

Kamel Daoud observe et décrit la société algérienne où le patriarcat régit les représentations et les comportements de beaucoup d’entre nous et particulièrement les rapports entre les genres. Ces rapports sont très complexes, très difficiles et malgré le partage de certains espaces (l’école, le monde du travail), ces rapports restent marqués par l’idée que celle qui parle avec les garçons, qui sort avec les garçons n’est pas bint familia ( fille de bonne famille).

J’ai toujours en tête l’histoire de jeunes filles belles et intelligentes, venues en consultation psychologique, non parce qu’elles présentaient une quelconque pathologie, mais désespérées, car ayant fait confiance à un garçon, en le fréquentant, se voyaient larguées au moment où celui-ci devait prendre une épouse. Les jeunes filles vivent leur célibat comme une hantise, de peur que la chance de se marier s’amenuise, elles sont prêtes à épouser quelqu’un de plus âgé qu’elle, moins diplômé qu’elle, voire d’être la deuxième épouse, de se contenter de la Fatiha. L’amour est une denrée rare.

Je n’oublierai pas les campagnes agressives menées par de zélés prédicateurs pour obliger les femmes à porter le hidjab. Où les enfants à l’école primaire subissaient la fameuse leçon sur «adeb el kabr» à un âge de fragilité psychique, où ils ont besoin d’être maternés, rassurés, étayés, ce qui donnait lieu à bien des cauchemars, les réveillant en pleine nuit, trempés de sueur, les parents avaient beaucoup de mal à les réconforter, à les calmer… où leurs journées étaient saturées par la peur panique qu’il arrive quelque chose à leurs parents, lorsqu’ils sortaient de la maison.

Et nous tous, terrorisés à l’écoute des dernières informations provenant des différentes régions d’Algérie : assassinat d’amis, enlèvement de femmes, massacres de populations entières, départ de proches épuisés, désabusés, n’y tenant plus. Les communiqués, des GIA, des islamistes… menaçaient ceux et celles qui n’étaient pas entièrement acquis à leur cause. Les intellectuels, traités d’apostats, assassinés : Djaout, avec la création de l’hebdomadaire Ruptures dénonçait l’islamisme et prônait la liberté de penser, la liberté de conscience…

Ce qu’on appelle les lois universelles, la démocratie, etc. Kamel Daoud parle de ce pays où des femmes furent violées, assassinées parce qu’elles étaient femmes, où des écrivains ont perdu la vie, où des chanteurs, des artistes furent poussés à l’exil pour fuir les terroristes qui, au nom du takfirisme se donnaient le droit d’assassiner. Ceci pour la décennie noire. En écrivant, il pense à ces hommes machistes qu’il rencontre partout dans les cafés, dans les rues, dans les transports publics et dont le sport favori est le harcèlement des femmes.

Kamel Daoud essentialise, j’essentialise moi aussi, mais nous parlons d’une chronique, non d’études empiriques recueillant des données de terrain en vue de sérier les comportements des Algériens et des Algériennes, d’analyses sociologiques, anthropologiques et psychologiques donnant sens aux comportements des unes et des autres. Kamel Daoud dessine des tableaux de la vie quotidienne des Algériens, fruit de son observation directe, de son humeur. Il n’a pas fait œuvre de spécialiste en sciences sociales, il a écrit une chronique.

Kamel Daoud a vécu dans un pays où dire et écrire pouvait être passible de mort et il sait de quoi il parle. Kamel vit dans une société où les rapports entre les genres sont inscrits dans un système patriarcal qui tente de résister aux changements sociaux en rigidifiant ses bases structurelles. Kamel Daoud vit dans une société où des prédicateurs de tout bord s’érigent en érudits de l’islam pour délivrer la norme sociale et enfermer la pensée et la créativité.
Il a écrit une chronique.

En revanche, je n’ai rien lu de la part de ces intellectuels français concernant les dires d’un Eric Zemmour, d’un Finkelkrauft qui officient sur des plateaux de télévisions françaises reprenant à leur compte «le choc des civilisations» de Huttington. Leurs interventions exprimant la haine, la détestation, le venin — et ils sont payés pour le faire —… à l’égard des musulmans. Je n’ai pas entendu dire que ce groupe d’intellectuels ait réagi à leurs propos, pour dénoncer leur essentialisme.

Le livre des comptes

Deux questions découlent de ce qui précède. Ce qui se fait aujourd’hui au nom de l’islam dans les pays occidentaux : les assassinats d’hommes et de femmes, d’enfants, soulève, chez tout humain «normalement constitué» horreur, révolte, compassion pour les parents et les proches … Osons un décompte macabre.

En Algérie, on compte 200 000 morts au cours de la décennie noire. Du côté des pays «musulmans», on pense au millier de personnes qui meurent tous les jours en Syrie, en Irak, en Afghanistan et à la plaie ouverte dans notre imaginaire collectif à savoir la question palestinienne. Où des enfants sont emprisonnés, où des territoires sont tous les jours spoliés, des maisons détruites, des massacres perpétrés contre une population entière dans l’indifférence générale. Et pourtant, aucune grande puissance n’intervient pour sauver un peuple en danger, aspirant, comme tous les autres peuples, à un Etat, à être libre dans son pays, à quitter les camps dans lesquels certains sont parqués depuis leur naissance.

Comment l’Occident qui parle de droits de l’homme, de démocratie, du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes s’offusque du dictateur libyen et reste indifférent face à ce qui se passe en Palestine ? Droit d’ingérence pour des populations qui n’ont rien demandé, du moins à la France et aux Etats-Unis, et intervention «humaniste» en Syrie, Libye… l’Occident nous somme d’être des «êtres civilisés». Il a raison, mais il est loin de détenir le label Civilisation. Son intervention en Afghanistan devant libérer les femmes du joug des taliban et instaurer la démocratie a échoué, quel fiasco !

La possession des armes de destruction massive détenues par Saddam et justifiant l’intervention de la coalition internationale qui a détruit ce pays, son histoire, ses hommes et ses femmes restera dans toutes les mémoires. Aujourd’hui, Tony Blair acculé, avoue qu’il a menti, quel culot ! la CPI va-t-elle intervenir, le juger comme elle juge les dictateurs africains ? La Syrie, berceau de la civilisation humaine est détruite, Al Assad est toujours en place et des milliers de Syriens errent à travers le monde, frappant désespérément aux portes de l’Europe devenant de plus en plus forteresse impénétrable.

La Syrie, l’Irak, la Libye, l’Afghanistan n’existent pratiquement plus. Les interventions, le droit d’ingérence pour se débarrasser des dictateurs n’ont pas apporté la démocratie, ils ont juste dépecé, violenté et fait disparaître des populations, des cultures, des hommes et des pays.
En disant cela je ne soutiens aucunement les dictateurs Al Assad, Saddam, El Gueddafi, je n’omets en aucune manière les horreurs dont sont capables les djihadistes dans nos pays et les appels au meurtre lancés par eux contre ceux qu’ils jugent «hypocrites», c’est-à-dire les faux musulmans de leur propre pays.

Par contre en disant cela, j’exprime un point de vue largement partagé par des gens d’ici et d’ailleurs : les arguments avancés par Bush, Blair, Hollande…, pour instaurer la démocratie et lutter contre l’islamisme, ne sont guère crédibles. Et comme du temps de la colonisation et de ses missions civilisatrices se cachent des desseins autrement plus prosaïques. Il faut, entre autres, disposer librement du pétrole et faire fonctionner les usines d’armements (d’où viennent les armes de Daech ?) et d’autres raisons relevant toutes de la géostratégie et de la domination du monde.

Pour dire deux choses : l’Occident dit aussi que les djihadistes attaquent «son genre de vie», «ses manières de vivre», «ses valeurs». C’est vrai qu’il y a une douceur de vivre en Occident où une femme peut s’attabler à une terrasse, prendre son café en regardant les passants, dans un environnement propre, organisé, où des bacs de fleurs vous entourent, déambuler dans les rues le nez en l’air.

Aller dans les bibliothèques, trouver les livres que vous avez cherchés désespérément… lire les journaux où des gens expriment leurs opinons sans risquer d’aller en prison, critiquent leur religion sans être voués aux gémonies, traités d’apostat par des fatwas express livrées en quelques heures et risquer leur vie. Liberté de culte, liberté d’expression, liberté de critiquer, liberté d’entreprendre, élections libres, égalité pour tous, etc. ce sont-là certes de belles valeurs que l’Occident nous rappelle constamment.

Mais, car il y a un mais, ce dont on ne parle guère, ce sont d’autres inégalités qui, pour ma génération du moins, sont essentielles, c’est de la situation économique de plusieurs millions d’Européens et d’Américains empêchés d’aller à l’université car n’ayant pas l’argent nécessaire pour payer les prix exorbitants, les sans dent car le dentiste coûte cher. Où la finance règne en maître au détriment des plus pauvres condamnés au licenciement, aux CDD, au chômage…

De quels droits disposent les citoyens ?


En France, des millions de citoyens français dénoncent la loi du travail (loi promulguée par le gouvernement français et devant régir le monde du travail, 2016), défilent, se mobilisent… le gouvernement la fait passer sans en référer au Parlement. Que devient la citoyenneté ?
Qui a payé le prix des subprimes, quand des personnes coachées par des banquiers bien intentionnés ont fait des emprunts qu’elles ne pourront pas rembourser, se retrouvant sans domicile fixe parce que les banques étaient en crise et ce sont les couches populaires qui en paient le prix. L’exemple de la Grèce est édifiant, un pays à genoux, une troika qui régit un pays exsangue, chômage, diminution des retraites, des salaires… fermeture des services publics, des services sociaux.

Faire des réformes, opérer des réformes consiste à licencier, à humilier des personnes en leur ôtant la possibilité de travailler et de gagner leur vie dignement. Et pourtant, les Grecs dans leur majorité, en tant que citoyens, ont manifesté, refusé la politique d’austérité mais le diktat de la commission européenne est imposé : licencier, désengager l’Etat de ses devoirs en direction des citoyens. Ceux qui ont espéré une autre alternative ont été vite rappelés à l’ordre ou carrément débarqués. Thatcher l’a bien dit : il n’y a pas d’alternative. L’ordre néolibéral s’impose à tous.

C’est simple, on peut fermer l’entreprise, licencier, délocaliser : il existe sous d’autres cieux des travailleurs moins chers, corvéables à merci. Est-ce être citoyen sans pouvoir bénéficier d’un salaire, d’un logement, de la possibilité pour ses enfants de s’instruire, de bénéficier de la culture qui est celle de leur pays ? Peut-on dire qu’ils sont de vrais citoyens ? La dimension économique ne participe-t-elle pas à faire des personnes des citoyens ? Suffit-il d’écrire dans sa Constitution des droits pour tous alors qu’une majorité se bat quotidiennement pour faire face à une vie de plus en plus dure ?

Faut-il jeter pour autant certaines valeurs prônées par l’Occident ? Je dirais non, moi aussi en tant que femme algérienne, j’opte pour l’égalité entre les genres, pour l’émancipation des femmes, pour les droits humains, de culte, d’expression, etc. Je dirais donc universalisme et je le défends. Et j’irais plus loin, les droits universels nous appartiennent à tous, ils sont le fruit de tous les hommes et les femmes du monde (les anciens esclaves, les anciens colonisées, les femmes, les ouvriers).

Je fais partie d’une génération de féministes algériennes qui ont revendiqué des lois civiles pour régir le droit de la famille, et non pas des lois inspirées par la charia. Se pensant de ce fait, comme être humain, pouvant bénéficier des droits acquis par l’humanité et qui seraient valables pour tous. Car si les êtres humains sont différents, ils sont aussi semblables : ils aiment, ils détestent, ils pleurent, ils sont traversés par des conflits existentiels, ils ont des partenaires, des enfants et ils ont des besoins, des désirs…, ils aspirent aussi à un mieux être pour eux et pour leurs enfants. Ils tombent malades, physiquement et mentalement.

Pour résumer : oui les musulmans devraient repenser les textes, s’adonner à l’ijtihad, poursuivre la pensée de ceux qui ont illuminé cette religion (Ibn El Arabi, Ibn Rushd et plus près de nous Arkoun, Seddiki et bien d’autres encore) et instiller chez les jeunes l’idée que nous partageons avec les autres des croyances, une foi, une spiritualité… En finir avec une idéologie wahhabite, totalitaire et mortifère qui, à l’instar de toute production cognitive fermée ne supporte pas le souffle de la pensée, ses doutes et son déploiement.

Se suffisant d’un corpus de règles et d’obéissance donné une fois pour toutes, empêchant la spiritualité et transformant l’islam en religion opératoire. Le wahhabisme, comme l’essentialisme, dénie aux êtres humains, et en premier lieu aux musulmans, leurs différences, leurs ressemblances, leur histoire et leur culture. Là aussi, les «musulmans» sont un ensemble homogène, uniforme. Ils doivent aussi, pour être de bons «musulmans» exclure l’autre — voire l’assassiner —, celui qui refuse de se soumettre.

Oui, pour la citoyenneté pour tous, à condition qu’elle signifie participation à la vie de la cité mais celle-ci ne se résume pas à des droits juridiques, électoraux... elle doit inclure aussi l’économique, que les citoyens d’un pays aient la possibilité d’avoir une vie d’hommes et de femmes dignes et non être réduits à des objets jetables du néolibéralisme dominant, dont on se débarrasse parce qu’il faut augmenter de plus en plus les avoirs des financiers.

Utopie tout cela ? Oui, mais nous manquons terriblement d’utopie, nous avons besoin d’utopie, car elle est ce ferment qui permet à l’humain de penser que l’ultralibéralisme n’est pas une fatalité, la fin de l’histoire est de croire au partage, au care, au projet commun. Une autre alternative. Tout cela pour dire deux ou trois choses.

Dans sa course pour la démocratisation des dictatures, l’Occident évite d’évoquer l’Arabie Saoudite, qui exécute sur la place publique, qui lapide, qui exporte le wahhabisme en Europe et dans nos pays, effaçant, ce faisant, certaines de nos belles traditions religieuses. Elle n’est pas à dénoncer. L’argent fait fonctionner les banques et vendre des rafales et autres joujoux pour attaquer le Yémen, les chiites, les non-wahhabites…

Mais je ne tomberai pas dans le piège des tous pourris, j’ai des amis très chers en France, j’ai appris à leurs côtés de très belles choses, je les ai vu s’engager, dénoncer, militer, produire des idées, créer, partager. Ceux -là rejettent le néolibéralisme et conjuguent citoyenneté avec droits juridiques et droits économiques et culturels, eux aussi aspirent à un monde sans clivage, se reconnaître en l’autre, s’enrichir et aimer. Où nous pourrions nous enrichir les uns des autres. Ne soyons pas naïfs pour autant, le conflit est inhérent à la psyché de l’homme, à la structuration sociale aussi.

Mais les uns et les autres peuvent être pensés et gérés dans le respect de tous. Et pour finir, je voudrais être une citoyenne dans un monde où les gens aient droit à un salaire universel, le droit de travailler et d’aimer, où la parole libre ne mène pas à la mort, où une promenade le nez en l’air est un plaisir… où l’islam est foi, spiritualité et élévation de l’âme côtoyant d’autres religions, des non-religieux, sans que cela ne se transforme en terreur.

Et c’est dans ce contexte que j’inscris ma citoyenneté. Un dernier mot : Kamel Daoud est le fils de l’Algérie en sang et en larmes, d’une époque où l’appel au meurtre était quotidien. Et j’ose une comparaison avec Charlie Hebdo, ils ont caricaturé le prophète, ils ont dessiné des choses très insultantes à l’égard des musulmans, ce ne sont que des caricatures, Kamel n’a écrit qu’une chronique.
Chérifa Bouatta
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yacoub

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Re: Les non musulmans en Algérie

Ecrit le 30 oct.16, 02:21

Message par yacoub »

Qui se souvient d'Abdelkader Meksa ?

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Meksa avec sa femme Nathalie et sa fille Missiva.

L'immense auteur de "Zelgum", "Anzar", Abdelkader Meksa, est né le 4 juin 1954 à Mira (Timizart) en Algérie. Il est décédé à Créteil (France) le dimanche 30 octobre 1988, à l'âge de 34 ans.



Meksa, un talent fou et un parcours digne d'une étoile filante qui continue de nous illuminer de ses morceaux musicaux. Tous les mélomanes qui l'écoutent diront qu'il est parti trop tôt. Abdelkader Meksa a, en une brève carrière artistique, apporté énormément à la chanson kabyle. Son jeu de guitare tout en sensibilité et sa voix cristalline gorgée de douceur ont fait de lui un chanteur hors pair.

Missiva Meksa qui a perdu son père alors qu'elle avait seulement huit ans a raconté à kabyle.com, que son père est mort suite à une bavure, non par accident comme beaucoup le laissent croire.

"Mon père est mort d’une bavure policière. Ce jour fatidique du 30 octobre 1988, après son travail, mon père est passé boire un coup dans un bar. Ayant voulu passer un coup de fil, il descendit au sous-sol où se trouvait l’appareil téléphonique. Mais il trébucha dans les escaliers et tomba. En le découvrant ainsi, le patron du bar appela la police qui est venue le récupérer. On le mit dans une cellule de dégrisement sans examen médical préalable. C’est quand ils ont vu qu’il ne bougeait plus depuis un bon moment que les policier ont décidé de le transporter dans un hôpital. Le rapport de l’hôpital que j’ai pu récupérer stipule que mon père était dans un état éthylique. Et le rapport du médecin légiste affirme que mon père avait reçu un coup (sans doute de matraque) à la tempe…"

Missiva se rappelle d'un papa poule qui aimait la chanson et sa famille. "Durant sa courte vie, il avait deux passions : celle de la famille et celle de son travail d’artiste engagé. Il était très attaché à ses racines kabyles, et à tout ce qui a trait à la civilisation berbère", a-t-elle confié dans ce témoignage.

L'inimitable Meksa Abdelkader est enterré dans son village natal, Mira, auprès de ses parents. Sa fille regrette profondément que sa tombe ne soit pas entretenu comme il se doit. Il est évident qu'un grand chanteur comme Meksa mérite les égards. "Asif asif", "Anzar" "Loundja", "Avava Amghar"... Son patrimoine est d'une richesse inouïe et d'une profondeur musicale aura marqué plusieurs générations.

Repose en paix Meksa.

Hamid Arab
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