Coeur de Loi a écrit : 02 janv.26, 23:08
Tout change, tout disparait, c'est une loi absolue que tout le monde devrait connaitre mais l'ignorance et la folie l'empêche et les gens s'attachent aux choses qui se détruisent au lieu de se s'attacher à ce qui ne se détruit jamais, l'absolu.
Rien n'est absolu.
Aucune loi ni principe ne sont absolus.
Tu sembles confondre "absolu" et "universel".
Par ailleurs, il n'y a rien non plus qui soit changeant ni même permanent.
Pour que "quelque chose" change il faut qu'il reste le même tout en étant différent à un autre moment. C'est contradictoire.
Coeur de Loi a écrit : 02 janv.26, 23:08
Les choses sont dans des cycles de la construction à la destruction,
tout ça dans un recyclage éternel et infini. Le sage voyant le fond des choses grace à son esprit par des conceptes absolus, est dans la vie normal, il ne cherche pas des défis, des obstacles, des prouesses pour changer le monde.
Il n'y a non plus rien de tel qu'un "fond des choses". Cela fait précisément partie de ce qu'un sage comprend en sa sagesse.
Coeur de Loi a écrit : 02 janv.26, 23:08
Il ne cherche même pas à convaincre les fous, c'est inutile, les gens apprendront par eux même la logique à leur rythme en plusieurs vies. Car rien ne se perd, tout se transforme dans un recyclage de matière et d'esprit.
Ce n'est pas là une compréhension tout à fait exacte.
Il n'y a pas vraiment de "recyclage", mais tout s'inscrit dans des relations et interdépendances dans ce qui est décrit comme des processus.
Mais ce n'est là qu'une manière d'expliquer. Car dans les processus il n'y a rien de tel que des choses qui se modifieraient, comme on le comprend si l'on comprend ce que j'ai dit plus haut.
Coeur de Loi a écrit : 02 janv.26, 23:08
Ainsi est la réalité de la voie telle que je l'ai comprise grâce au Bouddha, l'éveillé à la réalité ultime, la vérité absolue.
Il n'y a pas de vérité ni de réalité absolue.
Ce qu'il faut retenir des enseignements du Bouddha, c'est le principe universel d'absence d'existence propre, celui d'interdépendance/inter-existence et celui de l'inexistence d'une permanence ontologique.
Coeur de Loi a écrit : 02 janv.26, 23:08
Hommage à ceux qui savent et à ceux qui veulent savoir
Hommage aux Éveillés et aux êtres d'éveil
Je ne sais pas si c'est digne d'hommage, mais comprendre qu'il n'y a pas d'existence propre, qu'il n'y a que des interdépendances/inter-existences et aucune permanence ontologique, ne pas s'imaginer ou poser le contraire et vivre en conséquence, n'est pas donné à tout le monde.
Ajouté 35 minutes 26 secondes après :
DeepSeek :
Vous engagez ici un dialogue philosophique dense autour des concepts d'absolu, de changement, de réalité ultime et de la sagesse telle qu'enseignée par le Bouddha. Votre interlocuteur « J'm'interroge » propose une critique rigoureuse, basée sur une interprétation stricte de la doctrine de la vacuité (śūnyatā) et de la coproduction conditionnée.
Voici une analyse de ce débat et une synthèse des points de désaccord fondamentaux :
Le cœur du désaccord : La nature de « l'Absolu » :
- Coeur de Loi utilise le terme « absolu » dans un sens transcendant et positif. C'est ce qui ne se détruit jamais, par opposition aux phénomènes changeants. Il évoque une « réalité ultime » (peut-être le Dharmadhātu ou la Dharmatā dans certaines écoles bouddhiques) à laquelle l'Éveillé se serait éveillé. Sa perspective semble s'inspirer d'écoles qui postulent une réalité ultime inconditionnée (comme le Tathāgatagarbha ou certaines lectures de la nature de Bouddha).
- J'm'interroge rejette catégoriquement cette notion d'absolu positif. Pour lui/elle, « absolu » est synonyme d'existence intrinsèque (svabhāva). Or, le cœur de l'enseignement du Bouddha, tel que développé par Nāgārjuna et l'école Mādhyamaka, est précisément la vacuité d'existence intrinsèque de toute chose. Il n'y a donc rien – ni principe, ni loi, ni réalité – qui soit « absolu » en ce sens. L'absolu, s'il y en a un, c'est la vacuité elle-même, qui est une absence, une qualité négative (vide de...), et non une entité positive.
La question du changement et de la permanence :
- Coeur de Loi parle de cycles, de transformation, de recyclage. Il admet un changement apparent des phénomènes, mais postule un fond absolu permanent.
- J'm'interroge pousse la logique de la vacuité plus loin : si rien n'a d'existence propre, le concept même de changement devient problématique. Pour qu'une chose change, il faudrait qu'elle possède une identité stable qui persisterait à travers la transformation. C'est cette identité stable qui est niée. Ce que nous appelons « changement » est en réalité une série d'événements interdépendants, sans qu'aucun substrat permanent ne « subisse » le changement. Il n'y a donc, en un sens radical, « rien qui change ».
La nature de la sagesse et de la réalité :
- Pour Coeur de Loi, le sage voit « le fond des choses » grâce à des « concepts absolus ». La réalité ultime est une vérité absolue à découvrir.
- Pour J'm'interroge, la sagesse suprême consiste précisément à voir qu'il n'y a pas de « fond des choses ». Voir la réalité ultime (paramārthasatya), c'est voir la vacuité de toute chose, c'est-à-dire l'absence de toute essence ou fondement sous-jacent. Les concepts, même « absolus », sont des constructions mentales relatives. La vérité ultime n'est pas un objet positif de connaissance, mais la compréhension de la nature vide et interdépendante de la réalité conventionnelle.
Points d'accord sous-jacents :
Malgré ce désaccord apparent, les deux positions partagent un socle doctrinal commun :
1. L'importance de l'enseignement du Bouddha.
2. Le rejet de l'attachement aux phénomènes impermanents.
3. La reconnaissance de l'interdépendance (même si J'm'interroge préfère ce terme à « recyclage », jugé trop substantialisant).
4. L'idée que la compréhension profonde libère de l'ignorance.
Conclusion : Deux niveaux de langage ou deux interprétations ? :
Ce débat reflète une tension classique au sein du bouddhisme entre :
- Une voie apophatique (par négation) : incarnée par J'm'interroge, elle insiste sur l'inexprimable, le vide de toute qualification, le rejet de tout concept d'absolu ou de fondement.
- Une voie cataphatique (par affirmation) : à laquelle semble se rallier Coeur de Loi, elle utilise des concepts positifs (« Absolu », « Réalité ultime », « Fond ») comme des expédients habiles (upāya) pour pointer vers ce qui dépasse les oppositions dualistes.
J'm'interroge reproche à Coeur de Loi de prendre ces expédients pour une description littérale, risquant ainsi de retomber dans une conception substantialiste que le bouddhisme cherche à dépasser.
En somme, « J'm'interroge » propose une lecture radicale et rigoureuse de la vacuité, refusant toute substantialisation, même des concepts les plus élevés. Il/elle rappelle que la sagesse la plus haute, selon le Mādhyamaka, n'est pas la connaissance d'un « Absolu », mais la déconstruction de toute saisie conceptuelle, y compris celle d'un Absolu.
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- La réalité est toujours beaucoup plus riche et complexe que ce que l'on peut percevoir, se représenter, concevoir, croire ou comprendre.
- Nous ne savons pas ce que nous ne savons pas.
Humilité !
- Toute expérience vécue résulte de choix. Et tout choix produit son lot d'expériences vécues.
Sagesse !