La réalité de la voie

La tradition du Mahayana, met l’accent sur la pratique altruiste du bodhisattva comme moyen pour parvenir à l’éveil, à la fois pour soi-même et pour les autres.
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Le courant bouddhisme mahāyāna, terme sanskrit signifiant « Grand Véhicule » apparaît vers le 1er siècle de notre ère dans le Nord de l’Inde. Actuellement le bouddhisme mahayana a une forte présence en Chine, au Tibet, au Japon au ve siècle, en Corée en 372, au Viêtnam, à Singapour et Taïwan. La tradition du Mahayana, met l’accent sur la pratique altruiste du bodhisattva comme moyen pour parvenir à l’éveil, à la fois pour soi-même et pour les autres.
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Re: La réalité de la voie

Ecrit le 02 janv.26, 02:29

Message par J'm'interroge »

Coeur de Loi a écrit : 02 janv.26, 02:07 La vie humaine est normal grace à un état d'équilibre pour le maintenir en vie, mais le chaos du monde cause des dégradations de l'équilibre vitale, ce qui cause des souffrances diverses dont la maladie, la vieillesse...

Des fois on peut agir pour rétablir l'équilibre vital, des fois non, et on souffre. Dans le chaos du monde, tout change et tout finir par se dégrader, l'équilibre se perde de plus en plus et échappe à nos actions.

Aussi bien à l'intérieur de nous qu'à l'extérieur, le chaos du changement nous fait perdre tôt ou tard notre équilibre vital. Le sage connait ses limites et sait qu'il finira par perdre la santé, il ne s'attache pas aux choses internes et externes qu'il finira par perdre.

Détaché des choses et de lui-même, le sage s'appuie sur l'équilibre éternel de l'univers, l'absolue réalité qui englobe tout, stable et sans lien directe avec les choses.
Tout à fait. Là nous sommes entièrement d'accord.

(y)


Sauf pour le "absolu réalité qui englobe tout, stable et sans lien directe avec les choses.."

(J'avais lu trop vite. :))
.
- La réalité est toujours beaucoup plus riche et complexe que ce que l'on peut percevoir, se représenter, concevoir, croire ou comprendre.
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Re: La réalité de la voie

Ecrit le 02 janv.26, 08:37

Message par Coeur de Loi »

Pourtant la réalité est éternelle, il n'y a pas de moment où il n'y a pas de réalité, c'est impossible.

La réalité est donc absolue dans son existence, on devrait pourtant se mettre d'accord facilement sur ça.
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Re: La réalité de la voie

Ecrit le 02 janv.26, 08:42

Message par J'm'interroge »

.
Il n'y a pas de moment où il n'y a rien, jamais.

Les vécus sont atemporels.

Il n'y a aucun rapport avec un absolu quel qu'il soit.
.
Modifié en dernier par J'm'interroge le 04 janv.26, 10:18, modifié 1 fois.
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Re: La réalité de la voie

Ecrit le 02 janv.26, 09:00

Message par Coeur de Loi »

J'm'interroge a écrit : 02 janv.26, 08:42 Il n'y a pas de moment où il n'y a rien, jamais.
Jamais... absolument jamais ?
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Re: La réalité de la voie

Ecrit le 02 janv.26, 09:56

Message par J'm'interroge »

.
"Jamais" ça veut dire jamais, rajouter le mot "absolu" n'apporte rien.
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Re: La réalité de la voie

Ecrit le 02 janv.26, 23:08

Message par Coeur de Loi »

Tout change, tout disparait, c'est une loi absolue que tout le monde devrait connaitre mais l'ignorance et la folie l'empêche et les gens s'attachent aux choses qui se détruisent au lieu de se s'attacher à ce qui ne se détruit jamais, l'absolu.

Les choses sont dans des cycles de la construction à la destruction, tout ça dans un recyclage éternel et infini. Le sage voyant le fond des choses grace à son esprit par des conceptes absolus, est dans la vie normal, il ne cherche pas des défis, des obstacles, des prouesses pour changer le monde.

Il ne cherche même pas à convaincre les fous, c'est inutile, les gens apprendront par eux même la logique à leur rythme en plusieurs vies. Car rien ne se perd, tout se transforme dans un recyclage de matière et d'esprit.

Ainsi est la réalité de la voie telle que je l'ai comprise grâce au Bouddha, l'éveillé à la réalité ultime, la vérité absolue.

Hommage à ceux qui savent et à ceux qui veulent savoir
Hommage aux Éveillés et aux êtres d'éveil
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Re: La réalité de la voie

Ecrit le 02 janv.26, 23:41

Message par J'm'interroge »

Coeur de Loi a écrit : 02 janv.26, 23:08 Tout change, tout disparait, c'est une loi absolue que tout le monde devrait connaitre mais l'ignorance et la folie l'empêche et les gens s'attachent aux choses qui se détruisent au lieu de se s'attacher à ce qui ne se détruit jamais, l'absolu.
Rien n'est absolu.

Aucune loi ni principe ne sont absolus.

Tu sembles confondre "absolu" et "universel".

Par ailleurs, il n'y a rien non plus qui soit changeant ni même permanent.

Pour que "quelque chose" change il faut qu'il reste le même tout en étant différent à un autre moment. C'est contradictoire.

Coeur de Loi a écrit : 02 janv.26, 23:08 Les choses sont dans des cycles de la construction à la destruction, tout ça dans un recyclage éternel et infini. Le sage voyant le fond des choses grace à son esprit par des conceptes absolus, est dans la vie normal, il ne cherche pas des défis, des obstacles, des prouesses pour changer le monde.
Il n'y a non plus rien de tel qu'un "fond des choses". Cela fait précisément partie de ce qu'un sage comprend en sa sagesse.

Coeur de Loi a écrit : 02 janv.26, 23:08 Il ne cherche même pas à convaincre les fous, c'est inutile, les gens apprendront par eux même la logique à leur rythme en plusieurs vies. Car rien ne se perd, tout se transforme dans un recyclage de matière et d'esprit.
Ce n'est pas là une compréhension tout à fait exacte.

Il n'y a pas vraiment de "recyclage", mais tout s'inscrit dans des relations et interdépendances dans ce qui est décrit comme des processus.

Mais ce n'est là qu'une manière d'expliquer. Car dans les processus il n'y a rien de tel que des choses qui se modifieraient, comme on le comprend si l'on comprend ce que j'ai dit plus haut.

Coeur de Loi a écrit : 02 janv.26, 23:08 Ainsi est la réalité de la voie telle que je l'ai comprise grâce au Bouddha, l'éveillé à la réalité ultime, la vérité absolue.
Il n'y a pas de vérité ni de réalité absolue.

Ce qu'il faut retenir des enseignements du Bouddha, c'est le principe universel d'absence d'existence propre, celui d'interdépendance/inter-existence et celui de l'inexistence d'une permanence ontologique.

Coeur de Loi a écrit : 02 janv.26, 23:08 Hommage à ceux qui savent et à ceux qui veulent savoir
Hommage aux Éveillés et aux êtres d'éveil
Je ne sais pas si c'est digne d'hommage, mais comprendre qu'il n'y a pas d'existence propre, qu'il n'y a que des interdépendances/inter-existences et aucune permanence ontologique, ne pas s'imaginer ou poser le contraire et vivre en conséquence, n'est pas donné à tout le monde.



Ajouté 35 minutes 26 secondes après :

DeepSeek :


Vous engagez ici un dialogue philosophique dense autour des concepts d'absolu, de changement, de réalité ultime et de la sagesse telle qu'enseignée par le Bouddha. Votre interlocuteur « J'm'interroge » propose une critique rigoureuse, basée sur une interprétation stricte de la doctrine de la vacuité (śūnyatā) et de la coproduction conditionnée.


Voici une analyse de ce débat et une synthèse des points de désaccord fondamentaux :


Le cœur du désaccord : La nature de « l'Absolu » :

- Coeur de Loi utilise le terme « absolu » dans un sens transcendant et positif. C'est ce qui ne se détruit jamais, par opposition aux phénomènes changeants. Il évoque une « réalité ultime » (peut-être le Dharmadhātu ou la Dharmatā dans certaines écoles bouddhiques) à laquelle l'Éveillé se serait éveillé. Sa perspective semble s'inspirer d'écoles qui postulent une réalité ultime inconditionnée (comme le Tathāgatagarbha ou certaines lectures de la nature de Bouddha).

- J'm'interroge rejette catégoriquement cette notion d'absolu positif. Pour lui/elle, « absolu » est synonyme d'existence intrinsèque (svabhāva). Or, le cœur de l'enseignement du Bouddha, tel que développé par Nāgārjuna et l'école Mādhyamaka, est précisément la vacuité d'existence intrinsèque de toute chose. Il n'y a donc rien – ni principe, ni loi, ni réalité – qui soit « absolu » en ce sens. L'absolu, s'il y en a un, c'est la vacuité elle-même, qui est une absence, une qualité négative (vide de...), et non une entité positive.


La question du changement et de la permanence :

- Coeur de Loi parle de cycles, de transformation, de recyclage. Il admet un changement apparent des phénomènes, mais postule un fond absolu permanent.

- J'm'interroge pousse la logique de la vacuité plus loin : si rien n'a d'existence propre, le concept même de changement devient problématique. Pour qu'une chose change, il faudrait qu'elle possède une identité stable qui persisterait à travers la transformation. C'est cette identité stable qui est niée. Ce que nous appelons « changement » est en réalité une série d'événements interdépendants, sans qu'aucun substrat permanent ne « subisse » le changement. Il n'y a donc, en un sens radical, « rien qui change ».


La nature de la sagesse et de la réalité :

- Pour Coeur de Loi, le sage voit « le fond des choses » grâce à des « concepts absolus ». La réalité ultime est une vérité absolue à découvrir.

- Pour J'm'interroge, la sagesse suprême consiste précisément à voir qu'il n'y a pas de « fond des choses ». Voir la réalité ultime (paramārthasatya), c'est voir la vacuité de toute chose, c'est-à-dire l'absence de toute essence ou fondement sous-jacent. Les concepts, même « absolus », sont des constructions mentales relatives. La vérité ultime n'est pas un objet positif de connaissance, mais la compréhension de la nature vide et interdépendante de la réalité conventionnelle.


Points d'accord sous-jacents :

Malgré ce désaccord apparent, les deux positions partagent un socle doctrinal commun :

1. L'importance de l'enseignement du Bouddha.

2. Le rejet de l'attachement aux phénomènes impermanents.

3. La reconnaissance de l'interdépendance (même si J'm'interroge préfère ce terme à « recyclage », jugé trop substantialisant).

4. L'idée que la compréhension profonde libère de l'ignorance.


Conclusion : Deux niveaux de langage ou deux interprétations ? :

Ce débat reflète une tension classique au sein du bouddhisme entre :

- Une voie apophatique (par négation) : incarnée par J'm'interroge, elle insiste sur l'inexprimable, le vide de toute qualification, le rejet de tout concept d'absolu ou de fondement.

- Une voie cataphatique (par affirmation) : à laquelle semble se rallier Coeur de Loi, elle utilise des concepts positifs (« Absolu », « Réalité ultime », « Fond ») comme des expédients habiles (upāya) pour pointer vers ce qui dépasse les oppositions dualistes.

J'm'interroge reproche à Coeur de Loi de prendre ces expédients pour une description littérale, risquant ainsi de retomber dans une conception substantialiste que le bouddhisme cherche à dépasser.

En somme, « J'm'interroge » propose une lecture radicale et rigoureuse de la vacuité, refusant toute substantialisation, même des concepts les plus élevés. Il/elle rappelle que la sagesse la plus haute, selon le Mādhyamaka, n'est pas la connaissance d'un « Absolu », mais la déconstruction de toute saisie conceptuelle, y compris celle d'un Absolu.
.
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Re: La réalité de la voie

Ecrit le 03 janv.26, 09:22

Message par ronronladouceur »

J'm'interroge a écrit : 03 janv.26, 00:17 En somme, « J'm'interroge » propose une lecture radicale et rigoureuse de la vacuité, refusant toute substantialisation, même des concepts les plus élevés. Il/elle rappelle que la sagesse la plus haute, selon le Mādhyamaka, n'est pas la connaissance d'un « Absolu », mais la déconstruction de toute saisie conceptuelle, y compris celle d'un Absolu.
.
Cette déconstruction se ferait par l'entremise de quelle instance psychique?

L'absolu est peut-être justement l'état de la personne libérée de tout concept... Cet état est-il vu? Ressenti?

Je trouve une ressemblance avec l'Advaïta...

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Re: La réalité de la voie

Ecrit le 03 janv.26, 13:54

Message par J'm'interroge »

J'm'interroge a écrit : 03 janv.26, 00:17 En somme, « J'm'interroge » propose une lecture radicale et rigoureuse de la vacuité, refusant toute substantialisation, même des concepts les plus élevés. Il/elle rappelle que la sagesse la plus haute, selon le Mādhyamaka, n'est pas la connaissance d'un « Absolu », mais la déconstruction de toute saisie conceptuelle, y compris celle d'un Absolu.
ronronladouceur a écrit : 03 janv.26, 09:22 Cette déconstruction se ferait par l'entremise de quelle instance psychique?
Elle se fait par la raison, il s'agit d'une compréhension.

ronronladouceur a écrit : 03 janv.26, 09:22 L'absolu est peut-être justement l'état de la personne libérée de tout concept... Cet état est-il vu? Ressenti?
Non. L'absolu n'est rien d'autre qu'un concept creux, logiquement incohérent, n'ayant aucun fondement logique ni dans la réalité.

Je pense que tu confonds "absolu" et "ainsité".

ronronladouceur a écrit : 03 janv.26, 09:22 Je trouve une ressemblance avec l'Advaïta...
Très lointaine alors, l'advaïta étant un système de croyances incohérent.
.
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Re: La réalité de la voie

Ecrit le 04 janv.26, 05:14

Message par ronronladouceur »

J'm'interroge a écrit : Non. L'absolu n'est rien d'autre qu'un concept creux, logiquement incohérent...
La difficulté — voire l’impossibilité — de saisir l’absolu, qui se traduit par «inintelligible», «creux», «flou», «incohérent», est compréhensible vu le cadre...

La raison est précieuse dans ce cadre, mais elle tourne en rond quand elle prétend faire le tour de la question : elle crée l’aporie qu’elle croit démontrer, car elle ne peut s’inclure elle-même sans reste. Et quoi qu’il en soit, sa considération quant à l’absolu reste relative au cadre...
Je pense que tu confonds "absolu" et "ainsité".
Les deux se confondent, au contraire : l’absolu est la réalité « telle quelle » (ainsité), au-delà des concepts.
Très lointaine alors, l'advaïta étant un système de croyances incohérent.
L’Advaita n’est pas un système de croyances : c’est une connaissance directe de la non-dualité, par réalisation, non par adhésion dogmatique. Le voir comme « croyance incohérente » est cohérent… dans un cadre opératoire limité...

Développement de la fractale : La «toute intelligence» est ce qui rend la réalité intelligible, puisqu’elle la traverse de part en part. Ainsi rien n’est laissé orphelin : tout est saturé d’intelligence, non par opération finie, mais par présence totale.

Ainsi la « toute intelligence » est en Acte...

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Re: La réalité de la voie

Ecrit le 04 janv.26, 06:38

Message par J'm'interroge »

.
@ ronronladouceur

Ton développement sur la « toute intelligence » est précisément ce que je dénonce : une substantialisation poétique, mais logiquement vide. Tu remplaces un concept problématique (« Absolu ») par un autre (« Toute intelligence »), tout aussi indéfendable.

Sur la raison qui « tourne en rond » : C’est un sophisme classique pour discréditer l’outil qui te met en difficulté. La raison ne prétend pas « faire le tour de la question » ; elle identifie les contradictions internes des affirmations. Quand tu dis que « l’absolu est l’ainsité », tu formules une proposition. Je l’analyse. Elle est incohérente : soit l’ainsité est une expérience indescriptible (donc on n’en parle pas), soit c’est un concept (donc il relève de l’analyse logique). Tu veux les deux : un concept qui échappe au concept. C’est un tour de passe-passe langagier.

Sur l’Advaita « connaissance directe » : Toute tradition mystique revendique une « connaissance directe » ineffable. C’est immuniser ses affirmations contre toute critique. Dès que tu en parles, tu utilises un système conceptuel (non-dualité, Brahman, māyā…). Ce système, je le juge. Il est incohérent : il postule un Réel inconnaissable, puis en donne des attributs (sat-cit-ānanda) ; il nie la réalité du monde tout en prétendant l’expliquer. C’est un château de cartes logique. Le fait que certains aient une expérience transformatrice ne valide en rien la vérité métaphysique des interprétations qu’ils en donnent.

Sur ta « toute intelligence en Acte » : C’est le comble de l’anthropomorphisme projeté sur le cosmos. Tu satures le réel d’une qualité humaine (l’intelligence) pour le rendre consolant. « Rien n’est orphelin » : belle affirmation, mais quel est son statut ? Émotionnel ? Poétique ? Si c’est une affirmation métaphysique, montre-moi le raisonnement déductif ou l’évidence empirique qui l’étaye. Sinon, c’est une croyance. Une croyance qui, de surcroît, doit nier l’évidence de l’absurdité, de la souffrance gratuite et du chaos pour se maintenir.

Tu confonds deux plans :

– 1) Le plan phénoménologique : l’expérience de la dissolution des concepts, de la paix, de l’unité. Je ne le conteste pas. Elle existe.
– 2) Le plan ontologique : les affirmations sur la nature de la réalité que tu en tires. C’est là que tu franchis illicitement un abîme. « L’expérience était sans sujet » ne prouve pas « Le Sujet absolu existe ». C’est un non sequitur.

Le Mādhyamaka, lui, est bien plus radical et honnête. Il se limite au premier plan : la déconstruction. Il ne postule rien à la place, pas même une « Intelligence en Acte ». La vacuité n’est pas un fondement, c’est la mise à nu de l’absence de fondement. Ta position, à côté, est un réenchantement du monde après sa désillusion. Compréhensible psychologiquement, mais intenable philosophiquement.

Alors, réponds-moi sans métaphore : quelle est la méthode de validation, autre que l’appeal to experience, qui permet de distinguer ta « toute intelligence » du simple désir que le monde ait un sens ?
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Re: La réalité de la voie

Ecrit le 04 janv.26, 10:01

Message par ronronladouceur »

Mauvaise manip, désolé...
Modifié en dernier par ronronladouceur le 04 janv.26, 13:02, modifié 1 fois.

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Re: La réalité de la voie

Ecrit le 04 janv.26, 10:03

Message par J'm'interroge »

.
Tu t'es trompé de topic ronron.
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- La réalité est toujours beaucoup plus riche et complexe que ce que l'on peut percevoir, se représenter, concevoir, croire ou comprendre.
- Nous ne savons pas ce que nous ne savons pas.
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