@ ronronladouceur,
Il n’y a pas ici une expérience décrite, mais une interprétation élevée au rang de vécu. Tu ne relates aucun fait phénoménal précis, aucune donnée expérientielle identifiable. Tu poses directement un sens métaphysique global, puis tu l’appelles « expérience ». C’est une confusion classique entre ressenti interprété et expérience vécue.
Ce que tu présentes comme vécu est en réalité un récit explicatif a posteriori, saturé de concepts empruntés, recyclés et réagencés. L’« Ouvert », le « moi transcendantal », la « démesure », ne décrivent rien de vécu. Ils servent à requalifier subjectivement une impression vague sur la base de croyances que tu ne remets pas en question.
Autrement dit : tu ne pars pas de l’expérience vers le concept, tu pars de ton système de croyance pour prétendre une expérience qui les validerait.
C’est précisément pour cela que ton discours est imperméable à toute critique : il ne repose sur aucun contenu contrôlable, seulement sur une auto-interprétation absolutisée. Ce n’est pas de la mystique vécue. C’est de la métaphysique imaginative projective, prise pour du réel. Et c’est exactement ce que la méthode rationnelle sert à distinguer.
En effet :
1. « L’inexpérience ne peut pas juger » :
Quand tu dis cela, tu ne fais pas que déplacer l’argument : tu t’ériges en autorité supérieure. Tu te places implicitement du côté de ceux qui savent, face à ceux qui seraient trop « fermés » ou trop « immatures » pour comprendre. C’est une tentative de prise d'ascendance rhétorique. Tu ne démontres rien, tu dis simplement : je vois plus loin que toi. Ce n’est pas de la philosophie. C’est une posture de gourou low-cost qui remplace l’argument par l’auto-proclamation.
2. Le « moi transcendantal » et l’Ouvert à concepts tous azimuts :
Tu ne rapportes aucune expérience réelle. Ce que tu appelles vécu est en fait un récit interprétatif, saturé de concepts recyclés et prétendument reliés. L’Ouvert, la démesure, le moi transcendantal ne décrivent rien de phénoménal : ils servent à justifier par avance ce que tu veux voir. Ce n’est pas de la découverte, c’est de la projection métaphysique.
3. « L’incomplétude permet d’interroger » et « nouvelle vision » :
L’incomplétude de Gödel ne valide aucun de tes ajouts poétiques. Tu ne prolonges pas la limite formelle, tu la re-sémantises pour y loger ce que tu avais déjà imaginé. Tu confonds suggestion métaphorique et extension rationnelle.
4. « Sky is the limit » et « tout à perte de vue » :
Ces images ne démontrent rien. Elles n’apportent aucun critère, aucune condition, aucune contrainte vérifiable. Appeler à l’Ouvert n’ajoute aucun savoir, seulement un vernis esthétique pour masquer l’absence d’argumentation.
Ton texte n’est pas une discussion rationnelle : c’est un festival d’auto-validation, où l’argument cède la place à l’auto-proclamation et aux métaphores poétiques. L'argumentation est esquivée, ton auto-validation étant l’axe central. Les propositions indécidables et l’incomplétude de Gödel n’existent plus comme concepts, mais comme prétexte à ton théâtre intérieur. La logique est mise en fond noir, pour mieux faire briller ton « moi transcendantal ». Bravo, spectacle garanti, zéro contenu.
Quand les raisons pour affirmer telle ou telle chose ne sont pas de bonnes raisons, c'est ce qui arrive..
Quand un discours assertif repose sur l’autorité, l’intuition privée, la rhétorique ou la métaphore creuse, au lieu de critères clairs, les affirmations deviennent du vent : on croit savoir, mais il n’y a rien de démontré. Et l'on se positionne en maître spirituel autoproclamé.
.
